Jean-Marc Varaut

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Jean-Marc Varaut, né à Neuilly-sur-Seine le 18 février 1933[1] et mort le 26 mai 2005[2], est un avocat français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et origines[modifier | modifier le code]

Sourd dès l'âge de quatre ans à la suite d'otites répétées, ses parents l'envoient guérir ses troubles auditifs dans une école de Villard-de-Lans[3]. Jean-Marc Varaut fait ses études secondaires à l’École Saint-Martin-de-France à Pontoise, tenu par les Oratoriens, et fut profondément imprégné par la spiritualité de son directeur, le père Dabosville. Il a comme professeur de latin et de grec le linguiste Georges Dumézil.

Royaliste, il milite au quartier latin dans les années 1950 et dirige sous le pseudonyme de Jean-Marc Dufay le journal des étudiants d’Action française (Restauration nationale) intitulé Amitiés françaises universitaires[4].

Parcours et engagements[modifier | modifier le code]

Avocat depuis 1956, Jean-Marc Varaut est d’abord collaborateur du bâtonnier Paul Arrighi, puis il s’associe un temps à Richard Dupuy et à Roland Dumas, devenu plus tard président du Conseil constitutionnel. Il est aussi premier secrétaire de la Conférence du Stage. Il épouse en 1956 Daphné Mellor, avocate, fille de l’avocat et historien Alec Mellor. Ils ont eu trois enfants.

En 1965, Jean-Marc Varaut devient l’un des animateurs des comités Tixier-Vignancour. Il rejoint les Républicains indépendants de Valéry Giscard d’Estaing et devient l’un des principaux responsables des clubs Perspectives et Réalités.

Jean-Marc Varaut contribue dans les années 1970 à faire connaître la réalité du système soviétique et des internements psychiatriques réservés aux « dissidents » s’étant rendu avec deux confrères en URSS, afin d’y rencontrer les familles de Léonid Plioutch, Vladimir Boukovski, André Sakharov. Leonid Plioutch est libéré peu de temps après.

Dans les années 1990, Jean-Marc Varaut milite au sein de clubs libéraux tels que l’Association pour la liberté économique et le progrès social (ALEPS) de Jacques Garello, Idées-action, ou Liberalia de Bernard Cherlonneix, et continue son engagement politique au Parti républicain (futur Démocratie libérale, une des composantes qui donnera naissance à l’UMP), avec son ami Alain Madelin.

Monarchiste, Jean-Marc Varaut s’implique en 1993 dans la défense de la mémoire de Louis XVI, pour le bicentenaire de sa décapitation.

Jean-Marc Varaut est directeur des études de l’Institut de droit pénal du barreau de Paris, à partir de 1989. En 1996, il est chargé par le ministère de la Justice d’une mission en vue de l’élaboration d’un code des professions judiciaires et juridiques et il est élu membre de l’Académie des sciences morales et politiques.

Jean-Marc Varaut meurt le 26 mai 2005 des suites d’un cancer. Ses obsèques en l’église Saint-Eustache réunirent des hommes politiques qui, à un titre ou un autre, avaient croisé sa route : Alain Madelin, François Bayrou, Roland Dumas, Jean-Marie Le Pen, Arnaud Montebourg, Philippe de Villiers, mais aussi Jacques Vergès, Jean Picollec, Gérard Leclerc, Yvan Aumont, Gabriel Matzneff, Christian Lançon, François Gibault, Geneviève Dormann, Pierre-Guillaume de Roux, Bertrand Renouvin, Jean d'Ormesson, Jean-René Farthouat, Isabelle Coutant-Peyre, Jean-Denis Bredin, Thierry Lévy, Hélène Carrère d’Encausse.

Clients[modifier | modifier le code]

Jean-Marc Varaut est l’avocat de Jacques Médecin de François Léotard, de Philippe de Villiers, de Jacques Crozemarie, président de l’Association de recherche contre le cancer (ARC), de Jean-Louis Turquin, de Raymond Vulliez, « tycoon » de l’immobilier parisien, du général putchiste Maurice Challe, de Bob Denard le chef des mercenaires katangais, du cycliste Raimondas Rumšas[5], de l'établissement parisien Patachou[6], d’Armand de La Rochefoucauld et de Maurice Papon[3]. Catholique convaincu, il était membre d’honneur de l’Alliance pour les droits de la vie (ADV), de Christine Boutin, et, dans la logique de cet engagement, pourfendeur de la peine de mort.

Jean-Marc Varaut essayiste[modifier | modifier le code]

Jean-Marc Varaut est l’auteur de quinze livres, dont cinq consacrés à des procès célèbres : Pétain, Nuremberg, Petiot, Oscar Wilde, Jésus. Ses autres ouvrages sont consacrés à la bioéthique, la Révolution de 1789, la prison, la poésie. En 1972, il publia La prison pour quoi faire ?, puis en 1974 un Essai sur les libertés publiques et la procédure pénale. Dix ans plus tard, il soutint une thèse intitulée Crime et libre-arbitre, histoire critique du concept de responsabilité pénale, qui lui permit d’obtenir un doctorat de philosophie.

Son livre Pour la nation, paru en 1999, expose une conception très ouverte de la nation, à mille lieues de toute idéologie raciste ou xénophobe. Lors de la sortie de ce livre, un vif débat l’oppose, sur les ondes de Radio Courtoisie, à un contradicteur d’extrême droite qui prétendait refuser aux Français d’origine maghrébine le droit de se dire fiers d’être Français.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Les avocats du Marais ou le Barreau sous la Révolution, Paris, Imprimerie du Palais, 1961.
  • La prison, pour quoi faire ?, Paris, La table ronde, 1972.
  • L'Abominable docteur Petiot, Paris, Balland, 1974, rééd., Presses Pocket, 1989.
  • Le Droit au droit : pour un libéralisme constitutionnel, Paris, Presses universitaires de France, 1986.
  • Criminologie : licence, 1986-1987, Paris, Les cours de droit, 1987.
  • Criminologie : licence, 1987-1988, Paris, Les cours de droit, 1988.
  • Le Possible et l'Interdit : les devoirs du droit, Paris, La table ronde, 1989.
  • Poètes en prison : de Charles d'Orléans à Jean Genet, Paris, Perrin, 1989.
  • Le Droit au juge, Paris, Quai Voltaire, 1991.
  • Le Procès de Nuremberg, Paris, Perrin, 1992, rééd. Hachette, 1993.
  • La défense de Louis XVI par Malesherbes, Tronchet et Desèze, précédée du procès-verbal de l'interrogatoire du Roi (avec Paul et Pierrette Girault de Coursac), François-Xavier de Guibert, 1993 (ISBN 2-86839-248-2)
  • Les Procès d'Oscar Wilde : d'une prison à l'autre, Paris, Perrin, 1995.
  • Le Procès Pétain, Paris, Perrin, 1995.
  • Plaidoirie de Jean-Marc Varaut, devant la cour d'assises de la Gironde, au procès de Maurice Papon, fonctionnaire sous l'occupation, Paris, Plon, 1998.
  • Pour la nation, Paris, Plon, 1999.
  • Faut-il avoir peur des juges ?, Paris, Plon, 2000.
  • Descartes, un cavalier français, Paris, Plon, 2002.
À titre posthume
  • Un avocat pour l’Histoire : Mémoires interrompus, 1933-2005, Flammarion, 2007 (ISBN 978-2081200579)

Citations[modifier | modifier le code]

  • « Mes droits importent moins que de reconnaître en l’autre, mon prochain, celui qui a des droits. »
  • « L’avocat ne doit avoir de cesse de s’être déraciné, dépolitisé, déclassé, d’avoir pris ses distances avec la réalité sociale du moment comme avec ses propres préjugés. »


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « libération » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  2. « L'avocat Jean-Marc Varaut est mort »,‎ 26 mai 2005
  3. a et b Jean-Marc Varaut, 65 ans, avocat de Maurice Papon, Libération, 24 mars 1998
  4. Jean-Paul Gautier, La Restauration nationale. Un mouvement royaliste sous la 5e république, Paris, Syllepse, 2002, p. 319.
  5. Rumsas prépare sa défense en Italie, Le Parisien, 3 août 2002
  6. Patachou condamné pour 39 cm de trop, Le Parisien, 15 juin 1998

Liens externes[modifier | modifier le code]