Paulette Goddard

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Goddard.

Paulette Goddard

alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Paulette Goddard en 1940

Nom de naissance Marion Pauline Goddard-Levy
Naissance 3 juin 1910
New York (États-Unis)
Nationalité Drapeau des États-Unis Américaine
Décès 23 avril 1990 (à 79 ans)
Ronco (Suisse)
Profession Actrice
Films notables Les Temps modernes
Le Dictateur
Les Naufrageurs des mers du sud
Le Journal d'une femme de chambre
Les Conquérants d'un nouveau monde

Marion Pauline Goddard Levy, dite Paulette Goddard, née le 3 juin 1910 à New York et morte le 23 avril 1990 à Ronco en Suisse, est une actrice américaine.

Elle fut la troisième épouse de Charlie Chaplin : ils se marièrent secrètement en 1936 mais divorcèrent en 1942. Elle se remaria en 1958 avec le célèbre auteur d'À l'Ouest, rien de nouveau, Erich Maria Remarque. Elle fut longtemps pressentie pour incarner Scarlett O'Hara dans Autant en emporte le vent[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Chorus girl[modifier | modifier le code]

Paulette Goddard en 1940
Charlie Chaplin et Paulette Goddard dans Le Dictateur

À l’âge de treize ans et après quelques petits emplois, dont celui de mannequin, Paulette Goddard débute comme Ziegfeld girl chez Florenz Ziegfeld dans plusieurs de ses célèbres revues[2]. Elle adopte alors le prénom Paulette et le nom de sa mère, Goddard. Mariée en 1927, à l'âge de seize ans à Edgar James, un riche industriel, elle divorce dès 1929. Par la suite, elle se dirige vers Hollywood et décroche des petits rôles souvent non créditée chez Hal Roach avec Laurel et Hardy et Samuel Goldwyn, où elle joue les Goldwyn girls aux côtés de Betty Grable, Lucille Ball et Jane Wyman dans Le Roi de l'arène, Roman scandals ou Kids millions. Toujours non créditée, elle figure dans des films de prestige signés George Fitzmaurice, Rouben Mamoulian, Raoul Walsh, avec en vedettes Rod La Rocque et Barbara Stanwyck ou Gary Cooper et Sylvia Sidney, côtoyant ailleurs Charley Chase ou Eddie Cantor.

« La Belle et le Clochard »[modifier | modifier le code]

C’est la rencontre avec Charlie Chaplin qui va la propulser star. Rencontrée en 1932, Paulette Goddard va inspirer à Charlie Chaplin le rôle de la gamine dans Les Temps modernes[3]. Pour le film, elle prend des cours de chant, de danse et répète inlassablement des scènes du film jusqu’à l’épuisement[4]. À sa sortie, Les Temps modernes est assez mal accueilli par la critique et c’est de ce film que date l’hostilité persistante dont Charlie Chaplin ne cessa plus de faire l’objet en Amérique[5].

Épuisé par le tournage, le couple embarque en février 1936 pour une croisière en Extrême-Orient et c’est au cours de ce voyage qu’ils se marient, une union qui restera secrète[6] et donnera lieu plus tard à une polémique pendant les préparatifs du casting du film le plus célèbre du cinéma.

En 1938, le producteur David O. Selznick recherche sa Scarlett pour Autant en Emporte le Vent et toutes les actrices se mettent sur les rangs pour remporter le rôle. Paulette Goddard est l’une des actrices pressenties. Elle passe un bout d’essai et tourne deux scènes sous la direction de George Cukor[7]. Selznick est séduit et l’envoie à La Nouvelle-Orléans pour travailler son accent du Sud[8]. Le producteur s’est presque décidé à la choisir pour le rôle de Scarlett quand la rumeur se répand que Paulette Goddard et Charlie Chaplin ne sont pas mariés, et sans preuves irréfutables de leur acte de mariage, le rôle tant convoité va lui échapper[8].

Mais elle saura rebondir, George Cukor lui propose un rôle dans son prochain film Femmes où elle interprète avec énergie le rôle de Miriam. Remarquée à nouveau par la Paramount Pictures, la compagnie va lui faire signer un contrat et Paulette Godard va devenir une des plus grandes stars de la firme pendant dix ans[9].

Star à la Paramount[modifier | modifier le code]

Tout de suite, elle rencontre un triomphe avec Le Mystère de la maison Norman, une comédie débridée remake d’un classique du film d’horreur[10] avec un Bob Hope qui inaugure toute une série de films à succès à la Paramount.

L’année 1940 sera prolifique, elle retrouve Bob Hope pour Le Mystère du château maudit, mêmes ingrédients que pour le précédent et mêmes résultats au box-office. De nouveau Charlie Chaplin fait appel à elle pour jouer le rôle d’une jeune fille juive, Hannah, dans Le Dictateur, brillante satire anti-hitlérienne. Néanmoins, le couple divorcera en 1942.

Elle tourne également une comédie musicale Swing Romance avec Fred Astaire qui vient de se séparer de sa partenaire de prédilection Ginger Rogers. Autre succès, la même année, avec un film de Cecil B. DeMille, qui rapporte à la Paramount les plus grosses recettes de l’année[9], Les Tuniques écarlates. Elle retrouvera par deux fois De Mille dans des superproductions à recettes garanties, Les Naufrageurs des mers du sud en 1942 avec à la clé, tempêtes, naufrages, trésor, calmar géant, combat sous-marin, le tout sublimé par le Technicolor puis Les Conquérants d'un nouveau monde en 1947, épopée à gros budget (à peu près 5 millions de dollars[9]) dédiée aux premiers colons américains. Aux côtés de Gary Cooper, elle affrontera la déportation coloniale, les indiens, les feux, les explosions et un Cecil B. De Mille décidé à lui faire subir les pires tourments.

En 1944, elle reçoit une nomination à l’oscar de la meilleure actrice dans un second rôle pour Les Anges de miséricorde, film consacré aux infirmières de la Seconde Guerre mondiale. Elle contribuera également à l’effort de guerre en participant aux tournées pour le moral des troupes et aux films de divertissement avec une pléiade de stars dans leur propre rôle comme Au pays du rythme ou Duffy's Tavern.

Parmi ses meilleurs films on peut encore citer Par la porte d'or brillant mélodrame avec Charles Boyer et Olivia de Havilland en covedettes et La Duchesse des bas-fonds un film d’époque inspiré par le mythe de Pygmalion, les deux signés Mitchell Leisen (un de ses directeurs de prédilection), et Le Journal d'une femme de chambre. Paulette Goddard produit ce dernier film avec son troisième mari, l’acteur Burgess Meredith rencontré sur le tournage de Swing Romance, ils se marieront en 1944. Grâce à eux, le réalisateur Jean Renoir jouit pour ce tournage d’une entière liberté[11]. Avec cette extraordinaire tragi-comédie, adaptée très librement du roman d'Octave Mirbeau, Jean Renoir se démarque de ses films précédents, plus lyriques, et marque le début d’une période plus stylisée et laconique[12]. Partenaire de James Stewart et Gary Cooper, mais plus souvent de Ray Milland et Fred MacMurray, la star est ailleurs opposée à Claudette Colbert et Veronica Lake ; elle figure également parmi les héroïnes de King Vidor, John Huston et George Stevens - ces deux derniers non crédités sur La Folle Enquête.

Mais à la fin des années quarante, la carrière de Paulette Goddard décline et elle ne tournera plus qu’une dizaine de films. Elle fera néanmoins des apparitions à la télévision. Divorcée de Burgess Meredith en 1949, elle se marie une quatrième et dernière fois en 1958 avec l’écrivain Erich Maria Remarque et s’installe la même année en Europe (Suisse, Tessin, Porto Ronco), dans la villa Casa Monte Tabor jusqu’à la mort de ce dernier époux en 1970. La fin de sa carrière cinématographique la mène du Mexique (The Torch d'Emilio Fernández avec Pedro Armendáriz) en Italie (Les Deux Rivales de Maselli, son dernier film en 1964) ; elle passe de Un mari idéal d'après Oscar Wilde aux Mille et une filles de Bagdad codirigée par Edgar Ulmer ; elle interprète Lucrèce Borgia et la biblique Jézabel (n'échappant pas à la vogue du péplum), un policier avec Edward G. Robinson, Paris Model avec Marilyn Maxwell et Eva Gabor, travaille avec le cinéaste britannique Terence Fisher et l'acteur français Jean-Pierre Aumont.

À la télévision, Goddard s'illustre dans un épisode de Sherlock Holmes (1954) et Aventures dans les îles (1959), un remake de The Women (1955) aux côtés de Ruth Hussey, Shelley Winters, Mary Astor et Cathleen Nesbitt, Mademoiselle Fifi d'après Maupassant (1956, dans la série The Errol Flynn Theatre). Paulette Goddard apparaît une dernière fois devant les caméras pour la série The Snoop Sisters en 1972, avec Helen Hayes et Mildred Natwick en vedettes.

Elle meurt d’une crise cardiaque en 1990.

En 1995, grâce à un don de 20 millions de dollars de Paulette Goddard, est créé au sein de l’université de New York, le Remarque Institute, centre de recherche sur l'histoire contemporaine de l'Europe et les rapports Europe-Amérique. L'historien Tony Judt en a assuré la mise en place et la direction jusqu'à sa mort, en 2010.

Sa villa : la Casa Monte Tabor[modifier | modifier le code]

Les efforts pour lever la somme de 6 millions de francs suisses (7 millions de dollars) afin de sauver de la destruction la villa de Paulette Goddard et d'Erich Maria Remarque, au bord du lac Majeur, vont bon train. Le but est de la transformer en musée et en résidence d'artistes axé sur la créativité, la liberté et la paix (selon les dernières volontés de Paulette Goddard)[13]. Au 1er novembre 2012, la villa n'est toujours pas vendue et est estimée désormais à plus de sept millions de francs suisses[14].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Au cinéma[modifier | modifier le code]

Fred Astaire et Paulette Goddard dans Swing Romance (1940)
Paulette Goddard en 1941

À la télévision[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les bonus du DVD du film montrent quelques-uns de ses bouts d'essai.
  2. Grand dictionnaire illustré du cinéma – volume 2 – 1985 - Éditions Atlas (ISBN 2-7312-0414-0) édité erroné
  3. site officiel des Temps Modernes
  4. Charlie Chaplin, mon père – Chaplin Charles Junior – 1961 - Gallimard, Paris
  5. Le cinéma Grand histoire illustrée du 7e art – volume 9 – 1984 - Éditions Atlas
  6. Site sur Charlie Chaplin
  7. Les grands films – Jacques Zimmer – Éditions J’ai lu Cinéma
  8. a et b Le cinéma Grand histoire illustrée du 7e art – volume 2 – 1984 - Éditions Atlas
  9. a, b et c La fabuleuse histoire de la Paramount – John Douglas Eames – CELIV
  10. The Cat Creeps 1927 (muet) et 1929 (parlant) deux films Universal Pictures - La fabuleuse histoire de la Paramount – John Douglas Eames – CELIV
  11. Paris-Hollywood, Les Français dans le cinéma américain – Dominique Lebrun – Hazan – 1987 (ISBN 2-85025-136-4),
  12. Le cinéma - Grand histoire illustrée du 7e art – volume 3 – 1984 - Éditions Atlas
  13. (de) La villa d'Erich Remarque en danger sur swissinfo.ch (novembre 2010).
  14. « Paulette Goddard et sa villa suisse: la Casa Monte Tabor », site www.paulette-goddard.fr (novembre 2012).

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :