Clip

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Un clip, vidéoclip ou clip vidéo est un film court, réalisé à partir d’un morceau de musique ou d’une chanson. C’est un faux anglicisme, to clip signifie en anglais « pincer » (exemple : assembler une liasse de feuilles avec un trombone), mais aussi « couper », « extraire », « raccourcir », « abréger », agrémenté de off et de out. Le clip désigne ainsi l’extrait caractéristique d’un concert ou d’un spectacle musical, ou le titre choisi comme étant le meilleur dans l’album d’un chanteur. Le sens développé ici insiste sur le rôle de support promotionnel d’un clip pour tel concert ou tel album. Parfois, le clip participe à la promotion d’un film, dont il est extrait, ou qu’il illustre en tant que faisant partie intégrante de la bande originale.

En dehors des concerts, et plus particulièrement sur les chaînes de télévision, le clip est un élément important de la propagation de l'image d’un groupe ou d’un chanteur, et aussi de l’évolution de cette image. Les clips d’une Madonna, d’une Mylène Farmer, ou d’un Michael Jackson ou d’un David Bowie, par exemple, jalonnent les métamorphoses physiques ou vestimentaires de ces stars de la chanson.

Au départ utilisés dans un but strictement promotionnel, les clips sont devenus, peu à peu et depuis leur généralisation dans les années 1980, une forme d'art à part entière étant également un bon moyen de se former aux techniques cinématographiques et de faire passer des messages plus ou moins explicites. D'ailleurs, plusieurs réalisateurs confirmés comme David Fincher, Spike Jonze, Michel Gondry... ont commencé dans le clip. Un grand nombre de styles sont utilisés pour la création de ces vidéos comme les prises de vue réelles, l'animation, le style "documentaire" ou des styles non-narratifs se rapprochant des films abstraits. Plusieurs clips mélangent différents styles, comme l'animation, la musique et les prises réelles. La combinaison de ces styles devient de plus en plus populaire car elle permet d'attirer des publics plus variés en quête de nouveauté ou simplement en quête de choses qu'ils aiment. Beaucoup de clips livrent leurs propres interprétations des paroles de la chanson et de ce qu'elle peut véhiculer, tandis que d'autres en livrent une toute autre approche. D'autres encore se contentent juste de capter le(s) musicien(s) lors d'une performance live.

Histoire & évolution du clip[modifier | modifier le code]

Préhistoire du clip[modifier | modifier le code]

Utilisateur du Kinétophone muni d’écouteurs acoustiques (identiques au stéthoscope inventé depuis le milieu du XIXe siècle) qui propagent le son du phonographe à cylindre situé avec l’image à l’intérieur du coffre (1895).

La recherche de coupler les images animées et le son est un souci qui apparaît dès les premiers films du cinéma. En 1891, l’inventeur et industriel américain Thomas Edison, avec l’aide primordiale de son assistant William Kennedy Laurie Dickson, conçoit une caméra argentique, le kinétographe, qui enregistre les premiers films du cinéma, ainsi que l’affirme Laurent Mannoni, conservateur des appareils de la Cinémathèque française : « Kinétographe (en grec, écriture du mouvement) : caméra de l’Américain Thomas Edison, brevetée le 24 août 1891, employant du film perforé 35 mm et un système d’avance intermittente de la pellicule par "roue à rochet". Entre 1891 et 1895, Edison réalise quelque soixante-dix films[1]. » « Les bandes tournées par Dickson sont à proprement parler les premiers films[2]. » Les films sont ensuite présentés au public sur une machine à visionnement individuel, le kinétoscope. Edison lance une exploitation fructueuse de cet appareil en ouvrant des Kinetoscope Parlors dans quelques villes, ou en autorisant l’exploitation sous licence dans d’autres villes du territoire américain et à l’étranger.

Devant ce succès, Edison se refuse à mettre au point un appareil pour projeter les films sur grand écran, malgré les conseils de Dickson pour qui un tel procédé ne se heurterait à aucun problème de conception mécanique. Dickson va d’ailleurs mettre ses talents à la disposition d’un concurrent d’Edison pour concevoir un appareil de projection, avant même que les frères Lumière ne démontrent l’attractivité supérieure de la projection des images photographiques animées devant un public assemblé. Ce refus d’Edison trouve sa justification dans la démarche même de l’inventeur : il a déjà inventé et commercialisé le phonographe qui fonctionne encore avec des cylindres gravés. Le rêve d’Edison, qui l’a poussé à étudier l’enregistrement et la reproduction du mouvement, c’est de coupler les images avec le son. « On pourrait ainsi assister à un concert du Metropolitan Opera cinquante ans plus tard, alors que tous les interprètes auraient disparu depuis longtemps[3]. » Dès les années 1887-1888, il a pensé avoir résolu le problème en assemblant sur le même axe de rotation (donc en parfait synchronisme) un graveur de cylindre et à côté, un cylindre (appelé tambour photographique) de verre enduit de collodion humide, un produit photosensible. Le négatif image obtenu sur verre est ensuite tiré sur une feuille de papier, et ce positif est découpé pour former un ruban comportant les différentes phases du mouvement. Une difficulté apparaît : si le son se contente de peu de place pour être gravé, les images, elles, nécessitent d’être nombreuses (au moins 12 par seconde, ainsi que l’avait démontré le Belge Joseph Plateau en 1832) et le cylindre image doit être de grandes dimensions. Mais le problème devient insoluble quand Edison veut visionner le ruban obtenu : d’abord, il n’est pas transparent, et d’autre part, ses images ne sont pas égales et ne se prêtent pas au visionnement. Des chercheurs, comme les Français Étienne-Jules Marey et Louis Aimé Augustin Le Prince vont se heurter également au même problème du visionnage (pour leur part, cependant, ils ne cherchent pas à coupler le son et l’image). Une invention fondamentale est faite en 1887 par l’Américain John Carbutt : un film souple, transparent et résistant en nitrate de cellulose que l’industriel George Eastman[4] met sur le marché un an plus tard pour l’usage des photographes, sous la forme de rouleaux de 70 mm de large, avec ou sans substance photosensible, et sans perforations. En le perforant sur les côtés et en le découpant en deux sur sa largeur, « Edison fit accomplir au cinéma une étape décisive, en créant le film moderne de 35 mm, à quatre paires de perforations par image. »[5]

En 1895, le Kinétophone (ou Phonokinétoscope, ou, ainsi que le désigne Dickson, le Kinéto-Phonographe) est la première tentative de visualisation individuelle d’un film sur un kinétoscope, associée à l’audition d’un cylindre de cire gravé, lu par un phonographe solidaire. Le pilote de ce procédé audio-visuel est conservé sous le titre Dickson Experimental Sound Film et date de 1895. On y voit Dickson en personne qui « interprète au violon une ritournelle du compositeur français Jean-Robert Planquette, il n’est pas très bon violoniste et ça grince un peu. Dickson joue devant une sorte de grand entonnoir (pavillon) destiné à récolter le son[6] ». C’est la plus ancienne forme de film musical, et l’on peut le citer comme étant l’ancêtre de tous les clips[7]. Moins d’une cinquantaine de films ont été tournés pour le projet global car, en mars 1895, lorsque la société Edison Studios met cet appareil sur le marché, les films joints sont des films muets figurant déjà dans le catalogue Edison, et les exploitants doivent se contenter de choisir parmi une gamme de cylindres celui qui leur convient pour offrit un semblant de rythme avec l'image[8]. Par exemple, trois cylindres différents sont proposés pour accompagner la danseuse américaine hispanisante Carmencita : Valse Santiago, La Paloma et Alma-Danza Spagnola.

Essai de film sonore synchrone de Dickson (1895).

En 1914, un incendie a éclaté dans le complexe Edison de West Orange et a détruit tous les films et les enregistrements sonores, mettant un point final aux essais d’Edison pour marier le son et l’image[9].

Durant la période du cinéma muet (1891-1927), les essais de couplage images et sons ont été nombreux, mais les plus remarquables ont été ceux que le Français Léon Gaumont produisit à partir de 1902 jusqu’en 1917, dont 140 titres ont été conservés (sur une production de plus de 700)[10]). Le procédé utilisé différaitétait différent de celui mis au point chez Edison. L’enregistrement du son utilisait un disque de cire au lieu d’un cylindre, et était effectué indépendamment du film. Ensuite, sur le plateau de tournage, on actionnait la caméra et on lançait la lecture du disque par un gramophone. Le chanteur mimait alors sa propre chanson, inaugurant ainsi la technique du playback. Ce procédé astucieux permet encore aujourd’hui de se baser sur un enregistrement sonore de bonne qualité et favorise le jeu du corps et du visage du chanteur filmé. Comme la durée du spectacle exploité était courte (3 minutes au maximum), le départ simultané de l’appareil de projection et du gramophone permettait de conserver jusqu’à sa fin le synchronisme du son avec l’image. Les films étaient commercialisés sous l’appellation de phonoscènes (mot féminin). C’est grâce à Gaumont et à Alice Guy, première réalisatrice du cinéma, que l’on peut voir de véritables clips des chanteurs célèbres de l’époque, tels Polin, Félix Mayol, Dranem, Adolphe Bérard, Lina Lande, etc. De nombreux airs célèbres d’opéra ont aussi été enregistrés, également des chants folkloriques, tous ces éléments font des phonoscènes Gaumont une source de documentation audiovisuelle inestimable[11].

1926-1959 : les expérimentations successives[modifier | modifier le code]

Certains historiens citent des expérimentations qui peuvent être rattachées à ce qui deviendra le clip. Ainsi, Peter Fraser cite les expérimentations d’Oskar Fischinger, dès les années 1920. Martin Barnier évoque un certain Lordier qui, durant la Première Guerre mondiale, présentait des films illustrant La Marseillaise et Quand Madelon... en invitant les spectateurs (les poilus, c’est-à-dire les soldats) à reprendre en chœur les couplets[12].

En 1926 est présenté par les frères Warner le premier long métrage sonore : Don Juan, d’Alan Crosland, agrémenté de musique et de bruitage. Le procédé employé, le Vitaphone, développé par la Western Electric, est basé sur la synchronisation parfaite d’un disque avec le projecteur, les deux machines (phonographe et appareil de projection) étant entraînées par des moteurs électriques asynchrones tournant à la même vitesse. La même année, le cartooniste Max Fleischer lance les Screen Songs, de petits dessins animés invitant les spectateurs à chanter sur des airs populaires, procédé semblable à une machine à karaoké. Un an plus tard, en octobre 1927, Le Chanteur de jazz d’Alan Crosland, est le premier film chanté et parlé. Ce film reste muet pour l’essentiel, mais il est considéré comme le point de référence historique du passage du muet au parlant car il comporte un court moment où le personnage principal, Al Jolson, parle entre deux couplets de sa chanson. Le court métrage qui l’a précédé en 1926, Une scène dans la plantation, s’apparente plus au clip puisque sa durée est de 10 minutes et il est composé de trois chansons interprétées déjà par Al Jolson, séparées par quelques phrases adressées à la caméra (regard caméra en direction du public), dont la très célèbre : « Wait a minute, wait a minute, you ain't heard nothin' yet ! (Attendez une minute… Vous n’avez encore rien entendu!) » Les chansons ont pour titre When the Red, Red, Robin Comes Bob, Bob, Bobbin' Along (Harry M. Woods), April Showers (paroles : Buddy DeSylva, musique : Louis Silvers, qui signera la musique du Chanteur de jazz), Rock-a-Bye Your Baby with a Dixie Melody (paroles : Sam Lewis et Joe Young, musique : Jean Schwartz).

En 1929, l’enregistrement sonore par procédé optique dispose le son directement le long de la bande image. Le couple images et sons figure dorénavant sur le même support, facilitant ainsi son transport et son rendu dans les salles de cinéma. Cette année-là, Dudley Murphy réalise des courts métrages musicaux avec Bessie Smith (St. Louis Blues) ou Duke Ellington et son orchestre (Black and Tan) qui préfigurent la captation musicale moderne. En 1930, Germaine Dulac présente au moins trois "impressions cinégraphiques" dont deux sur Fréhel : À la dérive et Toute seule, réunies en diptyque intitulé Celles qui s'en font, mimées par Lilian Constantini[13]. En 1933, Alexandre Alexeieff et Claire Parker réalisent selon la technique originale de l'Écran d'épingles un court métrage d’animation de huit minutes, une illustration du sabbat des sorcières, Une nuit sur le mont Chauve, d’après la musique de Modeste Moussorgski. Produites dans les années 1935-40, les cinéphonies, conçues par le critique musical Émile Vuillermoz, sont aussi des exemples de mise en images de prestations musicales. En 1935, l’animateur néo-zélandais Len Lye, réalise A Colour Box par grattage de la pellicule. En 1940, Walt Disney produit Fantasia, dessin animé utilisant le récit musical en lui adossant un récit filmé. Est repris Une nuit sur le mont Chauve de Moussorgski, et mis en images pour la première fois L’Apprenti sorcier de Paul Dukas, Le Sacre du printemps d’Igor Stravinsky, la Symphonie pastorale de Ludwig van Beethoven, etc. Dans les dessins animés musicaux, citons également les 2 séries "concurrentes" produites par Disney et Warner : les Silly Symphonies (Disney) et les Merrie Melodies (Warner). Les premiers Looney Tunes faisaient aussi cela. En 1939, le Canadien Norman McLaren illustre la Danse macabre de Camille Saint-Saëns en dessin animé (8 minutes), et plus tard la chanson C’est l’Aviron (3 minutes 20), exploitant le synchronisme rythmique entre images et sons. Esthétiquement, le clip actuel est une suite logique de toutes ces expériences liant le son à l'image. Dans les années 1940, le musicien Louis Jordan créa de petits films pour certaines de ses chansons, certains de ces films figurant dans un long-métrage nommé Lookout Sister. Selon l'historien Donald Clarke, ces mini-films sont les ancêtres des clips vidéo.

À Chicago, dans les années 1940, le Panoram voit le jour. C’est un appareil original, développé aux États-Unis par la Mills Novelty Company (la plus grande société de fabrication de juke-boxs de l’époque). Il pouvait projeter sur un petit écran, moyennant une pièce dans le monnayeur, un soundie, film musical en format 16 mm à piste sonore magnétique — pour une très bonne qualité — proposant un choix de huit films en noir et blanc. Ces soundies mettaient en scène les rois du jazz, comme Duke Ellington [14]. Au début des années 1950, l’exploitant d’une salle de cinéma de Californie du Sud, Louis D. Snader, tourné vers le nouveau média qu’est la télévision, produit plusieurs courts métrages en noir et blanc de 3 minutes chacun, les Telescriptions Snader, où il reprend le principe des soundies[15].

Les films musicaux et surtout ceux sortis entre les années 1930 et les années 1950 ont laissé un très important héritage pour tous les clips qui allaient suivre. Pour prendre un exemple, le clip de Material Girl de Madonna (réalisé par Mary Lambert) est très proche du travail de Jack Cole pour Diamonds Are A Girl's Best Friend, du film Les Hommes préfèrent les Blondes. Un autre exemple tout aussi révélateur est le clip de Bad de Michael Jackson (bien que plusieurs des clips de l'artiste s'en soient également très inspirés), prenant comme modèle les séquences de danse des comédies musicales hollywoodiennes classiques, notamment les combats de danse stylisés du film West Side Story. Selon l'Internet Accuracy Project, c'est J.P "The Big Bopper" Richardson qui fut le premier à utiliser l'expression "clip vidéo", en 1959.

Un autre exemple est aussi celui de Tony Bennett, qui fut filmé marchant dans Hyde Park (le célèbre parc londonien). Le résultat donna naissance à la vidéo de Stranger In Paradise et fut diffusé sur les chaînes de télévision anglaises et américaines, dans des émissions telles que le Dick Clark's American Bandstand. Le plus vieux clip vidéo à utiliser des techniques proches des films abstraits est celui pour Dáme si do bytu ("Passons à l'appartement"), créé en 1958 et réalisé par Ladislav Rychman.

1960-1973 : clips promotionnels et uniquement promotionnels[modifier | modifier le code]

Dans les années 1960, une « monstrueuse nouvelle machine » — termes utilisés par le magazine Time en 1964 — appelée Scopitone, apparaît en France, puis conquiert le marché américain. C’est un juke-box comparable au Panoram. Il est équipé comme lui d’un écran et joue, moyennant finance, un court métrage musical. Mais, nouveauté sans précédent, ces petits films sont en couleur. L’utilisation d’un scopitone coûte cher au client : 5 francs, une coquette somme à l'époque où le juke-box comme le flipper ne coûtent que 20 centimes. Pendant les années 1960, de nombreux musiciens pop ont participé à cette mode. Le catalogue Scopitone compte 700 films, qui sont autant de clips.

Au début des années 1960, citons 3 essais parmi les précurseurs de ce qu'allait être le clip vidéo moderne : des vidéos de performances live entièrement réalisées par le producteur de télévision canadien Manny Pittson pour l'émission Singalong Jubilee en 1961, le film expérimental Scorpio Rising de Kenneth Anger, sorti en 1964, et la vidéo de Go Now, une chanson de Bessie Banks plus tard popularisée par The Moody Blues, créée par Alex Murray, le producteur du groupe, la même année. Ce clip prédit à la fois les travaux de Bruce Gowers pour celui de Bohemian Rhapsody de Queen, mais aussi ce que les Beatles allaient faire pour les vidéos promotionnelles de leur double single Rain / Paperback Writer, sorties en 1966.

Pour continuer sur les Beatles, l'année 1964 voit la sortie de leur premier film, A Hard Day's Night, réalisé par Richard Lester. Ce mockumentaire filmé en noir et blanc alterne entre des dialogues et séquences comiques et des séquences musicales. Les performances live des morceaux joués dans le film fournissent des points de départ idéaux pour modeler un bon nombre de clips. Ce fut le modèle direct de la série télé américaine à succès The Monkees (1966-1968), mettant en scène un faux groupe de rock'n'roll également très proche des Beatles (même si ce faux groupe deviendra bientôt vrai après sa création). Beaucoup de chansons des Monkees auront comme clips des extraits de la série TV. Help !, le second film des Fab Four, sorti en 1965, est un plus gros projet.

Filmé en couleur à Londres et autour du monde, il introduit également lors de sa séquence d'ouverture, en noir et blanc, l'un des archétypes du clip de performance live moderne : coupes transversales (c'est-à-dire alterner une séquence avec une autre lors du montage), gros plans, angles de caméra inhabituels... Le groupe continue pendant toutes les années 1960 à créer des vidéos promotionnelles pour certains de leurs singles, comme Day Tripper / We Can Work It Out, en 1965. Ces vidéos passent dans toutes les émissions musicales en vogue, comme Hullabaloo ou Top of the Pops. Elles deviennent peu à peu plus sophistiquées, notamment quand le groupe arrête les tournées à la fin 1966, leur permettant de pouvoir concrétiser toutes leurs envies musicales.

En mai 1966, ils filmèrent 2 ensembles de clips promotionnels en couleur pour Rain / Paperback Writer, tous dirigés par Michael Lindsay-Hogg et étant diffusés dans l'émission The Rolling Stones Rock and Roll Circus et le film Let It Be, dernière production cinématographique des Beatles. Les clips de la double face A Strawberry Fields Forever / Penny Lane sont créés en 1967 et réalisés par Peter Goldman, emmenant le format de la vidéo promotionnelle à un niveau supérieur en y introduisant des techniques issues du cinéma underground et d'avant-garde : caméra renversée, slow motion, angles de caméra inhabituels et filtres de couleur ajoutés à la post-production. Fin 1967 sortit le troisième film créé par les Fab Four, cette fois directement destiné à la télévision : Magical Mystery Tour, entièrement écrit et réalisé par le groupe et diffusé pour la première fois lors du Boxing Day 1967. Bien qu'il fut tièdement reçu à l'époque pour son manque de structure narrative, il est aujourd'hui reconnu comme l'accomplissement du travail des Beatles en tant que réalisateurs de clips.

En 1965, le clip en monochrome de D.A. Pennebaker pour Subterranean Homesick Blues de Bob Dylan invente un nouveau style de vidéo : la lyric video (voir chapitre "Les lyric videos" plus bas). Dans cette vidéo, le cinéaste filme Dylan marchant dans différents lieux et tenant des pancartes affichant les paroles de la chanson. Pink Floyd se met également à produire des vidéos promotionnelles pour certaines de leurs chansons, parmi lesquelles San Francisco : Film (réalisée par Anthony Stern), Scarecrow, Arnold Layne et Interstellar Overdrive (réalisée par Peter Whitehead, qui réalisera plusieurs clips pour les Rolling Stones à la fin des années 1960). Toujours en Angleterre, ce furent les Kinks qui eurent l'idée d'ajouter un scénario dans les clips, idée qu'ils appliquèrent dans le clip de leur single Dead End Street (1966) en créant un petit film comique, hélas refusé par la BBC qui considérait cette vidéo comme "de mauvais goût".

Les Who commenceront eux aussi à créer des vidéos promotionnelles à partir de 1965 et de leur single I Can't Explain. Dans Happy Jack (1966), le groupe se place dans la peau d'un gang de voleurs. Dans Call Me Lightning, les Who racontent la façon dont leur batteur Keith Moon les aurait prétendument rejoint : sont visibles Pete Townshend, Roger Daltrey et John Entwistle en train de prendre le thé dans ce qui ressemble à un hangar abandonné quand soudainement, une "boîte sanglante" arrive, puis une séquence de type slapstick où Moon est présent en compagnie de ses 3 camarades. Nancy Sinatra et Roy Orbison se sont aussi prêtés à l'exercice : l'une pour These Boots Are Made For Walkin', l'autre pour plusieurs de ses tubes de l'époque, dont Walk On, son hit de 1968.

Dans les années 1960, les Rolling Stones créent aussi des vidéos promotionnelles. En 1966, Peter Whitehead réalise 2 vidéos pour le single Have You Seen Your Mother, Baby, Standing In The Shadow ?. L'année suivante, il enchaîne avec We Love You, sorti pour la première fois en août 1967. Ce clip alterne des images du groupe en train d'enregistrer dans un studio et une parodie de procès faisant clairement allusion aux poursuites judiciaires subies par Mick Jagger et Keith Richards à l'époque (la faute à leurs addictions à la drogue). Richards joue le juge et Marianne Faithfull (la petite amie de Mick à l'époque) fait une apparition, un Jagger apparemment nu et ayant des chaînes enroulées aux chevilles étant visible. A la fin, la vidéo alterne des images d'enregistrements studio du groupe et des extraits de la version concert du clip de Have You Seen Your Mother, Baby.... Les Stones collaboreront aussi avec Michael Lindsay-Hogg, qui réalisera un clip pour 2000 Light Years From Home (tiré de l'album Their Satanic Majesties Request), un autre en couleur pour Child Of The Moon et deux vidéos différentes pour Jumpin' Jack Flash. Ils travaillèrent aussi avec Jean-Luc Godard pour son film de 1968, Sympathy For The Devil, qui mixe les avis politiques de Godard avec des images des sessions d'enregistrement de la fameuse chanson donnant son titre au film.

En 1972-73, David Bowie, bénéficiant de sa nouvelle notoriété suite au succès de son album The Rise and Fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars, collabore avec le photographe Mick Rock pour une série de films promotionnels. 4 clips seront créés pour les singles suivants : John, I'm Only Dancing (mai 1972), The Jean Genie (novembre 1972), la nouvelle ressortie américaine de Space Oddity (décembre 1972) et la ressortie de Life On Mars ? (une version légèrement retravaillée depuis l'album Hunky Dory), en 1973. Le clip de John, I'm Only Dancing fut filmé lors de la répétition d'un concert que Bowie devait donner au Rainbow Theatre le 19 août 1972, pour un budget de 200 $. Il montre le musicien et son groupe faisant des mimes, le tout entrecoupé avec des images des Astronettes (le groupe de danseurs engagé par Bowie) en train de pratiquer leur art sur scène et derrière un écran. Le clip fut refusé par la BBC, jugeant les sous-entendus homosexuels présents dans le clip déplaisants, et Top of the Pops remplacera les plans des Astronettes par des imges de motards et d'autres danseurs. La vidéo de The Jean Genie fut tournée en une journée et montée en 2 jours pour un budget de 350 $. Elle alterne entre des images d'un concert de Bowie, des passages dans un studio photo et d'autres passages tournés devant le Mars Hotel de San Francisco avec David et Cynthia Foxe (employée de MainMan et proche amie de David et Angie Bowie), cette dernière posant de façon provocante dans la rue tandis que le musicien longe les murs et fume.

1974-1980 : la télévision musicale prend son envol[modifier | modifier le code]

Contrairement à ce qu'on pourrait penser, ce n'est pas aux Etats-Unis qu'est née la télévision musicale, mais en Australie, lieu de naissance de 2 émissions ayant favorisé la naissance du clip vidéo moderne : Countdown et Sounds. En 1974, Graham Webb, disc-jockey, lance un programme TV musical orienté adolescents retransmis sur ATN-7, chaîne télévisée venant de Sydney, tous les samedis matins. Cette émission eut le nom de Sounds Unlimited en 1975 avant d'être abrégée en Sounds. Ayant besoin de contenu pour l'émission, Webb demande de l'aide à Russell Mulcahy, salarié de la newsroom d'ATN-7, pour lui demander de créer des vidéos pour accompagner les chansons populaires qui n'en possèdent pas (comme Everybody's Talkin' d'Harry Nilsson). Avec cette méthode, les deux hommes purent créer en tout 25 clips pour l'émission. Encouragé par le succès de ses clips, Mulcahy quitte son travail pour devenir clippeur à plein temps, se mettant à réaliser des vidéos pour de très populaires groupes australiens comme Stylus, Marcia Hines, Hush ou AC/DC. Cela attira l'attention de Ian "Molly" Meldrum et Michael Shrimpton, qui s'occupent de l'émission Countdown et qui décident donc de réaliser rapidement leurs propres clips vidéo, la pratique devenant de plus en plus courante dans le marketing musical. Malgré le budget minuscule de l'émission, le réalisateur Paul Drane put réaliser des vidéos mémorables, comme les clips de Jailbreak et It's a Long Way to the Top (If You Wanna Rock 'n' Roll). De son côté, Russell Mulcahy, qui s'est installé en Angleterre à la fin des années 1970, continua son travail de réalisateur et fut à l'origine de plusieurs succès, notamment Making Plans For Nigel (XTC) et Video Killed the Radio Star (The Buggles).

En 1975, Bruce Gowers fut engagé par Queen pour créer un clip vidéo pour leur nouveau single Bohemian Rhapsody, qui doit passer dans Top of the Pops. Selon Paul Fowles, historien du rock, la chanson est souvent créditée comme "le premier single à succès pour lequel une vidéo accompagnant [le single] devient central dans la stratégie marketing". Selon le Rolling Stone, c'est cette vidéo qui a inventé le clip vidéo moderne, 7 ans avant MTV. Le 1er novembre 1979, Jerry Crowe et Charles Henderson lancent Video Concert Hall, la première émission nationale de diffusion de clips vidéo, 3 ans avant MTV. Citons aussi Night Flight de USA Cable Network, l'un des premiers programmes traitant ces clips comme une forme d'art. En 1980, le clip de Ashes to Ashes de David Bowie devient le clip le plus cher jamais produit à l'époque, avec un budget de 582 000 $ (1 671 487 $ en 2016). Elle fut filmée en couleur "solarisée" avec l'ajout de scènes d'un noir et blanc rigide et fut tournée dans de multiples lieux, notamment un salon matelassé et un rivage instable. Elle deviendra l'une des vidéos les plus iconiques de tous les temps et sa nature plus complexe marquera un grand pas en avant dans l'évolution du clip vidéo.

La même année, Split Enz, groupe néo-zélandais, obtient un succès mondial avec son single I Got You et son album True Colours et décide, un peu plus tard, de produire un ensemble complet de clips pour chaque chanson (tous dirigés par Noel Crombie, le percussionniste du groupe) et de vendre le tout en format cassette vidéo. Cet essai fut suivi 1 an plus tard par le premier album vidéo, The Completion Backward Principle, créé par The Tubes, groupe de rock originaire de San Francisco, réalisé par le claviériste du groupe, Michael Cotten, avec l'ajout de 2 clips réalisés par Russell Mulcahy (ceux de Talk to Ya Later et de Don't Wait to Want Anymore). L'ex-Monkee Michael Nesmith commença également à produire de petits films musicaux pour le Saturday Night Live. En 1981, il sort Elephant Parts, réalisé par William Dear et le premier clip à gagner un Grammy. Le Billboard crédite également le Video Concert Hall en tant que premier programme musical national diffusé à la télévision américaine.

1981-1991 : le clip devient à la fois plus mainstream et plus artistique[modifier | modifier le code]

L'avènement mythique du clip date de 1981, lorsque la chaîne américaine MTV (Music Television) inaugure son antenne avec le classique et symbolique Video Killed the Radio Star, des Buggles. MTV fait le pari de ne diffuser que des clips et le succès est au rendez-vous, inaugurant une ère de vidéos diffusées 24 heures sur 24 à la télévision. La chaîne s'étend sur tous les continents. Le principe, comme pour la publicité, est de vendre des spectateurs aux annonceurs : dans ce cas, les annonceurs sont les maisons de disques, qui produisent les clips et, parfois, payent pour les diffuser. De plus, 2 innovations vont permettre au genre de pouvoir véritablement exploser : les équipements vidéo deviennent de plus en plus faciles à maîtriser et de moins en moins chers et les effets visuels pouvant être créés avec une bonne maîtrise de l'image se développent. La qualité croissante de ces caméras et l'apparition de caméras portables coïncident avec l'esprit do it yourself (faites-le vous-même) de l'ère new wave, permettant aux clippeurs de tourner des vidéos plus rapidement et facilement, avec un budget moindre.

Le développement du genre pousse les réalisateurs à privilégier le support film 35 mm et le phénomène commence à être parodié, par exemple avec une vidéo nommée Nice Video, Shame About The Song créée par la BBC pour son programme comique Not The Nine O'Clock News. A cette époque, les réalisateurs commencent à explorer et à étendre le genre et la forme que peut prendre un clip vidéo, usant d'effets plus sophistiqués, mixant les techniques propres à la vidéo et les techniques cinématographiques ou ajoutant un vrai scénario dans le clip. Certaine vidéos ne représentent pas du tout l'artiste, comme Atlantic City (Bruce Springsteen, vidéo réalisée par Arnold Levine), Under Pressure (Queen & David Bowie, vidéo réalisée par David Mallet), The Chauffeur (Duran Duran, vidéo réalisée par Ian Emes) ou encore Sign o' the Times (Prince, vidéo réalisée par Bill Konersman). Toutefois, l'un des buts des clips étant de promouvoir l'artiste, ces vidéos non-représentatives restent particulièrement rares. Les directeurs se mettent également à explorer des thèmes politiques et sociaux - encore une fois, David Bowie ouvre la voie avec ses clips pour China Girl et Let's Dance (1983) qui explorent les questions raciales.

C'est en 1983 que le clip le plus célèbre, influenceur et iconique de tous les temps est révélé : Thriller de Michael Jackson, d'un format inhabituel (14 minutes) et tourné sur un support film (35 mm). Réalisé par John Landis pour un très grand budget de 800 000 $, il va contribuer à faire émerger le genre, en ne le limitant plus à de la « chanson filmée », et va instaurer de nouveaux standards de production. Ce clip, ainsi que ceux de Billie Jean et Beat It, vont permettre la plus grande diffusion d'artistes afro-américains sur MTV, après les controverses et les accusations de racisme lancées contre la chaîne, qui dut revoir ses méthodes de sondage. Dès lors, les producteurs de clips mettent en place une véritable construction scénaristique. L'image ne sert plus de faire-valoir à la musique, ces deux éléments se servent mutuellement.

L'un des groupes pionniers du genre, Duran Duran, propulse chacun de ses singles en tête des classements musicaux (charts) mondiaux. C'est l'avènement de la magie véhiculée par ces mini-films sophistiqués et stylisés, souvent très coûteux, qui sont notamment l'un des fers de lance de la Second British Invasion (Seconde Invasion Britannique) aux États-Unis (avec Billy Idol et Eurythmics entre autres), via la chaîne MTV. À la suite de ces pionniers, de nombreux artistes vont s’investir dans leurs clips, qui deviendront le passage obligé du lancement de tout album. On ne parle plus du dernier titre, mais du dernier clip, notamment pour certains artistes emblématiques comme Mylène Farmer ou encore Madonna, qui suivront l'exemple de Michael Jackson. Le 5 mars 1983 voit la naissance de Country Music Television (CMT), chaîne créée par Glenn D. Daniels émettant depuis Hendersonville, Tennessee. Citons également MuchMusic, lancée au Canada en 1984. La même année, MTV lance ses MTV Video Music Awards (abrégés en VMA's), une cérémonie annuelle récompensant les meilleures vidéos de l'année. La première cérémonie récompense les Beatles ainsi que David Bowie en leur qualité de pionniers du clip vidéo.

En 1985, MTV lance une première chaîne-sœur, VH1, diffusant de la musique plus soft et s'adressant à un public plus âgé que celui de MTV. Cel ne s'arrête pas là, car MTV Europe est lancée en 1987 et MTV Asia suit en 1991. En 1986, Channel 4 lance The Chart Show, programme diffusant des clips sans interruption et sans présentateurs, avec des séquences de transition faites avec de l'animation par ordinateur. L'émission passera sur ITV en 1989. En 1985, Money For Nothing (Dire Straits) devient la première vidéo à utiliser l'animation par ordinateur, ce qui transforma la chanson en un hit planétaire. De façon ironique, car la chanson est un commentaire désabusé sur le phénomène du clip. En 1986, Peter Gabriel fait appel à Nick Park et la société d'animation Aardman pour la réalisation du clip de sa chanson Sledgehammer. Elle devint elle aussi un succès et remporta 9 VMA. En 1988, le grand public peut découvrir le hip-hop grâce au lancement de l'émission Yo ! MTV Raps.

En France[modifier | modifier le code]

Dans l'Hexagone, le clip envahit bientôt tous les écrans et les chaînes de télévision. Et dès 1982, une émission allait compléter cette clipmania : positionnée sur un format plus court, allant de vingt minutes à une demi-heure, plutôt située dans l'après-midi sur Antenne 2, c'est Platine 45, une première émission de clips présentée par Jacky et produite par Pat Le Guen ; suivie de Jackpot sur TF1 le mercredi, animée par Plastic Bertrand, ou encore Clip Jockey le jeudi, seulement emmenée par une voix féminine. Pour nourrir les programmes dits « jeunes », une autre émission culte va incarner cette époque : Les Enfants du Rock, diffusée sur Antenne 2 (ancien nom de France 2). Conçue comme un agrégat de mini-programmes, elle y a accueilli des plumes confirmées mais aussi de futures pointures du milieu rock et audiovisuel. On y voyait par exemple évoluer Philippe Manœuvre aux commandes (avec Jean-Pierre Dionnet) de Sex Machine, un mélange de clips et de séquences humoristiques et coquines (où apparurent par exemple Pauline Lafont et Sophie Favier). Bernard Lenoir y animait Rockline, sur la pop et la new wave anglaise et Antoine de Caunes y œuvrait sur Houba Houba, consacré entre autres au rock australien.

Les autres chaînes de télévision embrayaient le pas. Sur TF1, Alain Maneval livrait Megahertz, bientôt complétée par 22, vl'a l'rock ! de Jean-Bernard Hebey. Sur FR3 (futur France 3), Vincent Lamy proposait L'Écho des Bananes. Ces émissions étaient plutôt conçues comme des généralistes de rock, sur des formats allant au-delà d'une heure, et diffusés tard le soir. Les clips étaient leur matière première et leur programme pivot.

Enfin, le clip servait aussi de programme intercalé entre ou dans des émissions grand public, voire comblant les trous des grilles quotidiennes des chaînes : Jacques Martin en montrait quelques-uns le dimanche matin dans son émission sur l'actualité culturelle. Michel Denisot plaçait quelques clips le dimanche sur TF1, entre deux représentations sportives. Michel Drucker proposait aussi, au sein de Champs-Élysées le samedi soir, le clip exclusif de la semaine. On voulait du clip de partout, tout le temps, sans interruption. Antenne 2 terminait par exemple dès le printemps 1984 chaque journée par Bonsoir les clips : des clips mis bout à bout, sans présentateur ni transition explicative, avant la mise en place de la mire de nuit. Dans le sud de la France, TMC rediffusait hors de ses plages horaires propres, les programmes de Sky Channel (concurrente anglaise de MTV) sur les clips musicaux dont le fameux UK Top 100 des meilleures ventes de disques.

De la surdose précédente des clips diffusés de partout, est née une situation diamétralement opposée, et inédite. Les maisons de disques demandèrent en effet dès 1985 aux chaînes de télévision de payer pour la diffusion des clips de leurs artistes, considérés comme œuvre d'art à part entière. Dans un premier temps, les chaînes françaises ne plièrent pas devant ce diktat osé, et le clip disparut peu à peu des écrans télévisés pour devenir une rareté, seulement montré par de courts extraits, ou remplacé par des tournages de concert. Après presque une année de blocus et la disparition quasi totale des émissions de la période faste, une forme d'accord fut établi. Il consista en un compromis, avec gratuité de diffusion pour les clips de moins d'un an d'ancienneté, c'est-à-dire pour les nouveautés.

Le clip est devenu alors encore davantage un produit de pure promotion et de marketing, montré au lancement d'un disque. D'autres émissions télévisées prirent cependant le relais dès 1986 : Rock Report sur Antenne 2 (85-86), puis Rapido sur TF1 (à partir de 86) toutes deux animées par Antoine de Caunes, davantage basées sur l'actualité musicale. Elles intégraient des clips mais aussi désormais des reportages, interviews, sujets de société, etc. 1986 fut aussi l'année de la naissance en France, cinq ans après MTV, des premières vraies chaînes locales « 100 % clips » ou presque : avec TV6 (lancée en même temps que La Cinq), puis MCM. Cette même année, Les Enfants du Rock renaissaient aussi sur Antenne 2, avec Patrice Blanc-Francard à la production. Plus calme, cette version a proposé surtout des documentaires et portraits d'artistes, avec quelques clips nouveautés ouvrant et fermant l'ensemble. Durant cette période, d'autres pointures de la télévision y faisaient leurs premières armes, comme le défunt Jean-Luc Delarue, qui y coanima Fantasia, un programme consacré à l'actualité du fantastique.

1992-2004 : les clippeurs prennent le pouvoir[modifier | modifier le code]

En novembre 1992, MTV commence à citer les réalisateurs des clips avec le nom de l'artiste et de la chanson, prouvant que ce médium est définitivement une forme d'art et un moyen pour laisser s'exprimer des auteurs. C'est à partir de cette période que débutent les carrières d'auteurs aussi variés que Chris Cunningham, Michel Gondry, Spike Jonze, Floria Sigismondi, Stéphane Sednaoui, Mark Romanek ou encore Hype Williams, en injectant leur propre style et leur propre vision dans les clips qu'ils réalisent. Plusieurs de ces directeurs, comme Gondry, Jonze, Sigismondi ou encore F. Gary Gray, se lanceront plus tard dans le cinéma. Cette tendance des réalisateurs s'étant lancés dans le clip avant le cinéma se prolongera pendant plusieurs années avec des personnes comme Lasse Hallström ou encore David Fincher.

2 vidéos dirigées par Romanek durant l'an 1995 vont devenir 2 des 3 vidéos les plus chères de l'histoire de la musique, encore indépassées à ce jour : Scream (Michael & Janet Jackson), qui a coûté 7 millions de dollars, et Bedtime Story (Madonna), qui en a coûté 5 millions. Comme célèbre réalisateur de cette période "fin 90-début 2000", citons aussi Walter Stern, qui a réalisé quelques vidéos parmi les plus emblématiques : Firestarter (The Prodigy), Bitter Sweet Symphony (The Verve) et Teardrop (Massive Attack). MTV lance également plusieurs chaînes-soeurs pour faire découvrir à tous les publics les clips produits dans certains marchés musicaux. Sont donc créées MTV Latin America en 1993, MTV India en 1996 ou encore MTV Mandarin en 1997. En 1996, il y eut également MTV2, montrant des vidéos plus vieilles ou issues des marchés alternatifs. Le Billboard eut également ses propres Music Video Awards de 1991 à 2001.

2005-aujourd'hui : Internet, le nouveau meilleur ami du clip[modifier | modifier le code]

Le marché de la musique ayant beaucoup changé (le passage en radio lui aussi fait suite à des accords entre labels et radios), le clip ne s'est plus restreint à un seul médium, la télévision, et s'offre maintenant sur CD, DVD ou Internet. Des réalisateurs tels que Michel Gondry, Spike Jonze ou encore Chris Cunningham ont sorti une compilation de leurs clip en DVD. Son but principal restant toujours de faire la promotion de groupes. Les clips sont de plus en plus nombreux, et les festivals de courts-métrages en montrent de plus en plus.

C'est à la fin des années 1990 que Internet commence à distribuer des clips, d'abord avec le site iFilm (1997), premier site de partage de vidéos, puis avec Napster, service de partage de fichiers en peer-to-peer en service entre 1999 et 2001. Internet va également récupérer le créneau délaissé par MTV, qui abandonne la diffusion de clips pour privilégier les programmes de télé-réalité, qui deviennent de plus en plus populaires depuis The Real World, émission lancée en 1992.

Contrairement à ce que l'on pourrait craindre, le vidéoclip n'est sans doute pas mort : l'engouement du public pour le DVD musical (y compris pour des DVD consacrés à des réalisateurs de clips) en est la preuve. Le vidéoclip permet de compléter l'univers des musiciens, c'est aussi l'occasion de produire des images qui, dans un autre cadre, seraient jugées comme du cinéma expérimental. Même si le marché du clip et son mode de diffusion ont changé et n'ont sans doute pas fini de le faire, on peut prendre le pari que le genre n'a pas dit son dernier mot.

L'engouement sur Internet prend un essor important avec les sites de partage vidéo comme YouTube, Dailymotion, Facebook ou Vevo, permettant même aux petits groupes et auteurs de réaliser une promotion touchant rapidement un large public à peu de frais et jouant sur la viralité naturelle des réseaux sociaux. Ces sites permettent même à tous de pouvoir créer leurs propres clips vidéo (leur nature non-officielle leur donne le nom de fanmades), notamment pour les chansons d'un album n'ayant jamais eu de clip vidéo. Parmi les clips rendus célèbres grâce aux sites de partage de vidéos, citons trois clips du groupe OK Go (A Million Ways, Here It Goes Again et This Too Shall Pass, respectivement sortis en 2005, 2006 et 2010), Pork and Beans de Weezer (2008), qui fait figurer 20 célébrités de YouTube ou Kings and Queens de Thirty Seconds to Mars (2009), qui fut nominé 4 fois aux MTV VMA 2010.

Voir aussi : Motion design et Vidéo-jockey

Les lyric videos[modifier | modifier le code]

Première approche, en 1965, Bob Dylan sort une vidéo promotionnelle de son titre Subterranean Homesick Blues dans laquelle il se met en scène tenant un paquet de pancartes qu'il fait défiler au rythme de la chanson, mettant des morceaux de paroles en avant.

En 1987, Prince sort le clip de sa chanson Sign o' the Times. Créé par Bill Konersman, il n'a pour visuel que quelques formes géométriques abstraites et l'utilisation des paroles de son single[16],[17]. Quelques années plus tard, en 1990, George Michael sort son clip de Praying for Time. Il refuse à l'époque de faire un clip traditionnel et contraint son label à sortir un simple clip affichant les paroles de la chanson sur un fond noir[18].

Ces premiers exemples sont précurseurs de ce qui sera dénommé Lyric video. On considère[Qui ?] aujourd'hui la première version du clip de Cee Lo Green Fuck You! (2010), comme la première lyric video. Les jeux de typographie et de mise en page rendent la vidéo dynamique, bien que sans visuels. Ce travail du texte et de la mise en page rappelle le graphisme développé dans les génériques créés par Saul Bass. Quelques mois plus tard, un clip officiel traditionnel de ce même titre a été mis en ligne.[réf. nécessaire]

La lyric video, vidéo avec paroles, est devenue avec le temps un moyen pour les maisons de disques de tester la popularité d'un titre à moindre frais. Le coût d'une lyric vidéo et d'un clip traditionnel n'étant pas le même, les producteurs peuvent par ce biais avoir une idée de l'impact que peut avoir un titre, c'est pourquoi il n'est pas rare de voir la sortie d'une lyric video suivie quelques mois plus tard par celle d'un clip officiel[19].

Ce type de clip vidéo a aussi l'avantage de pouvoir être sorti plus rapidement et d'engendrer encore plus de vues sur l'internet pour un même produit. Ainsi, en 2010, Katy Perry sort quelques jours avant son clip officiel de Firework, une lyrics video simple reprenant sur un enchaînement de photos issues de son futur clip, les paroles affichées sans aucun jeu de typographie[réf. nécessaire].

La lyric video connaît de plus en plus d'exemples où le travail de la typographie et la mise en scène complète est aussi recherchée que pour un clip vidéo traditionnel, faisant de ce type de vidéo, un clip à part entière. De nombreux artistes comme P!nk, Katy Perry, Muse, Maroon 5 ou Avicii ont pris l'habitude de sortir une lyrics video avant de présenter leur clip officiel.

Censure & controverses[modifier | modifier le code]

Comme le clip vidéo est une forme d'expression artistique et sert à faire passer énormément de messages plus ou moins profonds/explicites, il arrive souvent à certains artistes de se faire censurer pour un contenu jugé offensant selon les lois d'un pays, lois pouvant changer selon le pays. Depuis les années 1980 et l'explosion du clip vidéo, il y eut pas mal de cas de censure pour beaucoup de vidéos.

Années 1980[modifier | modifier le code]

Le 1er août 1981 est le jour de lancement de MTV. Directement orientée aux adolescents, la chaîne a comme ambition de promouvoir des tendances sociétales à travers leurs contenus, en aidant le public à identifier les rôles masculins et féminins. Dans les années 1980, les stéréotypes de genre étaient identifiés simplement : la femme est toujours dans l'émotion, soumise à l'homme et doit s'occuper de la maison, tandis que l'homme est le chef de maison, est viril et agressif et a toujours les postes professionnels les plus élevés. Ce qui étonna l'audience, en plus de l'unification des visuels et de la musique. Les figures-clés du MTV des années 1980 étaient les Rolling Stones, AC/DC, Michael Jackson et les Guns N'Roses.

De manière générale, les clips des années 1980 dépeignent énormément les femmes en tant qu'objets sexuels. Selon les stéréotypes de l'époque, les femmes sont attractives et soumises à l'homme. Et même si leurs talents sont reconnus, elles n'arrivent jamais à surpasser le mâle - les clips de Sink the Pink et de Rock n'Roll d'AC/DC en sont de parfaits exemples. Dans une étude menée en 1987, 30 heures de programmes ont été analysées et les conclusions suivantes ont été faites : 57 % des clips affichent clairement les "rôles" féminins, 17 % montrent les talents des femmes, même si leur rôle sexuel est plus mis en avant, 14 % n'usent pas des stéréotypes traditionnels et seulement 12 % reconnaissent que les femmes sont indépendantes. Et plus de 50 % des vidéos présentent les femmes habillées de façon séduisante.

Le premier clip à être banni de MTV fut le tube de Queen Body Language (1982), la raison étant les sous-entendus homosexuels présents dans la vidéo ainsi que la présence de peaux nues et de sueur (bien que les musiciens, eux, apparaissent habillés), ce qui fut jugé inapproprié pour le public de la chaîne. La vidéo de Physical d'Olivia Newton-John (1981) fut également bannie pour la présence de mannequins masculins uniquement vêtus de bikinis et repoussant les avances de la chanteuse. Elle finit finalement par les suivre jusqu'à leurs quartiers privés et le clip est coupé par la chaîne avant la fin ouvertement homosexuelle, une fois encore. La BBC refusa de diffuser le clip de Girls On Film de Duran Duran, car ce clip dépeignait des combats de femmes nues dans la boue et autres fétichismes sexuels. MTV ne diffusa le clip qu'après présentation d'une version censurée.

Laura Branigan refusa de censurer la vidéo de Self Control (1984) mais la menace de bannissement la fit changer d'avis. Il faut dire que le clip, réalisé par William Friedkin, pouvait choquer les mentalités de l'époque : la chanteuse se retrouvait attirée à travers une ambiance de débauche montante et extrêmement stylisée, avec l'apparition (dans une série de boîtes de nuit) d'un homme masqué qui finit par l'emmener au lit. En 1989, If I Could Turn Back Time de Cher, montrant la susnommée en train de chanter dans un maillot de corps très "révélateur" et entourée d'un régiment complet de marins aux anges) fut limité aux programmes nocturnes de MTV. Le clip de God Save the Queen fut banni par la BBC pour avoir traité le Royaume-Uni de régime fasciste. Celui de Girls, Girls, Girls de Mötley Crüe (1987) le fut aussi à cause de la présence de femmes complètement nues dansant autour des membres du groupe dans un strip club. Le groupe dut refaire une autre version du clip pour qu'MTV accepte de le diffuser.

En 1983, Entertainment Tonight consacra un segment de sa programmation à la censure et à la violence dans les vidéos rock. Des extraits de clips de Michael Jackson, Duran Duran, Golden Earring, Kiss, Kansas, Billy Idol, Def Leppard, Pat Benatar et des Rolling Stones furent analysés et une partie de l'opinion publique accusa le business des clips rock de violence excessive. Des musiciens (John Cougar Mellencamp, Gene Simmons, Paul Stanley) et des réalisateurs (Dominic Orlando, Julian Temple), en réponse à ces accusations, défendirent leur travail. D'ailleurs, il n'est pas rare à cette époque que des groupes utilisent le parfum de scandale et la censure pour promouvoir certains de leurs singles, comme pour Girls On Film (Duran Duran) ou Relax (Frankie Goes to Hollywood).

Années 1990[modifier | modifier le code]

Dans les nineties, la musique devint une part très importante de l'évolution culturelle du public. Les sons à la mode devenaient plus noirs et provocants (R&B, hip-hop et musique alternative) et les clips les plus populaires viennent d'artistes comme Nirvana, Notorious B.I.G, Aaliyah, Weezer ou encore Radiohead. Mais tandis que les artistes et genres plus populaires changeaient, leurs représentations visuelles et les messages délivrés au public demeuraient toujours les mêmes. Non pas que les clips créés par, pour prendre un exemple, les artistes cités plus haut soient tous des clips mettant en scène des stéréotypes de genre (des clips comme Heart-Shaped Box ou No Surprises n'en contenant aucun, par exemple) mais pas mal d'autres groupes y recouraient toujours. Plusieurs études furent menées et les chiffres suivants en furent tirés : 44,7 % des clips diffusés échouent à proposer un vrai rôle central féminin et 31,7 % les dépeignent de façon conventionnelle (à savoir soit des objets, soit des personnes promptes à échauffer les sens des hommes). Il est aussi vu que, alors que les hommes sont répartis de façon égale dans les 7 portraits-clés du clip vidéo (artiste, poseur, comique, acteur, super-humain, danseur ou chauffeur de salle), les femmes sont très souvent des danseuses ou des chauffeuses de salle.

En 1991, le segment de danse du clip de Black and White de Michael Jackson fut coupé car Jackson peut être vu en train de se toucher de façon "inappropriée". Sa vidéo la plus controversée, celle de They Don't Care About Us fut bannie de MTV, VH1 et de la BBC à cause de prétendus messages antisémites et de visuels venant de la Prison Version de la chanson. Madonna, alors en pleine explosion à cette époque, fut l'artiste la plus associée à la censure dans les clips, avec des controverses débutant à partir du clip de Lucky Star et se poursuivant avec Like A Virgin, Papa Don't Preach (celui-là faisant référence au sujet de la grossesse adolescente) ou encore Like A Prayer (très critiqué pour son usage d'imageries religieuses, sexuelles et raciales). Le point culminant fut atteint en 1990 avec le clip de Justify My Love, banni de MTV pour ses représentations du sadomasochisme, de l'homosexualité, du travestissement et de la sexualité de groupe.

En 1992, le clip d'Ebenezer Goode (The Shamen) fut banni par la BBC, qui jugeait que ce clip dispersait des messages subliminaux faisant la promotion de l'ecstasy. En 1997, celui de Smack My Bitch Up (The Prodigy) fut victime du même sort pour ses représentations de la nudité et de la prise de drogues. D'ailleurs, ce n'était pas la première fois que le trio techno-punk anglais dut faire face à la censure : le clip de leur célèbre chanson Firestarter fut interdit par la BBC à cause de ses références aux incendies volontaires. Comme autres clips interdits, citons The Gift d'INXS (1993) pour son usage d'images de l'Holocauste et de la Guerre du Golfe, ainsi que Prison Sex de Tool (1994) pour ses références, à la fois dans la vidéo et les paroles, à l'abus sur mineur.

Années 2000[modifier | modifier le code]

A cette époque, la musique est pleinement intégrée dans la vie culturelle des gens, bien que peu de nouveaux genres furent créés en dehors de la musique indépendante et de la musique électronique. Citons tout de même la Teen Pop, qui avait déjà eu une grande influence dans les années 1990 avec des artistes comme Britney Spears, NSYNC ou les Backstreet Boys, ou le R&B contemporain avec des artistes comme Usher. Selon une étude menée en 2008 par Jacob Turner a conclu que les genres musicaux plus "réservés" aux Afro-Américains (hip-hop, R&B) possédaient les contenus les plus sexuels dans leurs clips, contrairement aux genres plus "réservés" aux Blancs (country, rock). 73 % des clips de l'époque possèdent un contenu se révélant sexuel de n'importe quelle façon que ce soit, 90,09 % des clips hip-hop et R&B en possèdent et ce, de façon explicite. Si les analyses se limitent aux clips strictement hip-hop, le nombre tombe à 79,7 % et à 76,9 % pour les clips strictement R&B. A titre de comparaison, les vidéos rock possèdent un contenu sexuel dans 40 % des cas et les vidéos country en possèdent dans 37 % des cas. Ces analyses prouvent aussi que dans les clips, les personnages afro-américains s'habillent plus de façon provocante que les personnages blancs et que les Afro-Américains n'étaient plus sous-représentés dans les clips, l'étude de Turner émettant l'hypothèse des contenus sexuels très présents dans les vidéos où ils apparaissent.

En 2000, la vidéo de Rock DJ (Robbie Williams) fut l'objet de controverses dues à sa nature très graphique : on y voit Williams se déshabiller entièrement puis retirer littéralement sa peau, révélant de la chair sanglante, avant de déchirer ses muscles et organes jusqu'à ne plus être qu'un squelette imbibé de sang. Le clip fut censuré sur les chaînes anglaises durant la journée et ne sera diffusé dans sa version originelle qu'à partir de 22 heures. Elle fut interdite de diffusion en République Dominicaine, suite à des accusations de satanisme. En 2001, ce fut au tour de Björk d'affronter la censure ; ses 2 singles successifs, Pagan Poetry et Cocoon, furent bannis de MTV : le premier pour ses représentations de rapports sexuels, de fellations et de piercings et le second car il présente la chanteuse apparemment entièrement nue (il s'avère qu'en fait, elle était vêtue d'un maillot de corps équipé d'une ficelle rouge). En 2002, le clip de All The Things She Said du duo russe t.A.T.u est à son tour pris dans le tourbillon de la controverse : montrant Lena Katina et Yulia Volkova enlacées et s'embrassant, elle fut l'objet de campagnes pour pousser au bannissement de la vidéo, notamment celle menée par Richard et Judy, présentateurs télé anglais, qui affirmèrent que ce clip flattait les bas instincts des pédophiles avec ce baiser ainsi qu'avec l'usage des uniformes d'école pour les jeunes filles. La campagne échoua et, capitalisant sur la controverse, le fameux baiser fut chorégraphié à chaque fois que t.A.T.u interprétait la chanson. Plusieurs émissions, comme Top of the Pops et The Tonight Show with Jay Leno, censurèrent le passage incriminé. En réponse, les deux musiciennes apparurent durant une tournée promotionnelle avec des t-shirts avec l'inscription "censuré" écrite dessus.

En 2004, le clip de This Love (Maroon 5) devint controversé en raison de scènes intimes entre le chanteur Adam Levine et sa petite amie de l'époque. Ces scènes étant prises sous des angles stratégiques, une version censurée fut diffusée avec des fleurs animées par ordinateur cachant ce qui pouvait choquer. Le clip de (s)AINT (Marilyn Manson) fut aussi interdit, cette fois par le label de l'artiste, à cause de ses contenus violents et sexuels. En 2005, Just Lose It (Eminem) fut banni de la chaîne BET, en raison des références au procès de la même année "People v. Jackson" (où Michael Jackson fut jugé pour comportement inapproprié sur mineur), mais aussi aux opérations de chirurgie esthétique de l'artiste et à l'incident Pepsi (durant le tournage d'une pub Pepsi, ses cheveux prirent feu). Jackson lui-même trouva la vidéo "inappropriée et irrespectueuse envers moi, mes enfants, ma famille et la communauté dans l'ensemble". Toujours en 2004-2005, les autorités égyptiennes bannirent des antennes du pays 20 clips jugés contraires aux valeurs morales de la religion musulmane et aux Etats-Unis, des associations familiales et des politiciens menèrent une campagne de lobbying pour obtenir le bannissement de la vidéo de Call On Me (Eric Prydz), mais cela échoua. Des accusations de racisme et de violence furent portées contre le duo français Justice en 2008, suite à la sortie de leur vidéo pour Stress, montrant des jeunes en train de commettre des crimes dans les rues de Paris, jeunes étant principalement d'origine nord-africaine. Et la musique country n'est pas immunisée contre la censure : I Melt (Rascal Flatts) en est un bon exemple.

Années 2010[modifier | modifier le code]

Même aujourd'hui, les musiciens peuvent recueillir de gros titres avec des clips ayant des scènes provocantes. Pour prendre un exemple, S&M de Rihanna, montrant la chanteuse en train de simuler des rapports sexuels avec une poupée à taille humaine, habillée avec une combinaison pour bondage et accomplissant diverses "activités" de type BDSM, fut bannie dans 11 pays et interdite aux moins de 18 ans sur YouTube.

Parmi les autres cas de censure de clips, citons aussi Hurricane de Thirty Seconds to Mars, qui dut être édité dans une version censurée, Telephone, LoveGame et Alejandro de Lady Gaga ou encore Ride de Ciara. Mais les contenus sexuels ne se limitent plus à l'hétérosexualité, n'hésitant plus à mettre plus en valeur les couples LGBT - Same Love de Macklemore & Ryan Lewis en est un parfait exemple. Le clip d'Everyday d'Ariana Grande, fut loué par les critiques musicaux pour sa représentation positive du sexe (la vidéo montre des couples de tous genres et d'orientations sexuelles différentes commençant à faire l'amour dans des endroits variés) et l'introduction d'orientations sexuelles multiples.

Classement des clips les plus chers de l'histoire[modifier | modifier le code]

Moyens de promotion mais également une manière d'exprimer leur art, les chanteurs internationaux n'ont pas hésité à dépenser des sommes importantes dans la réalisation de leurs clips. Certains ont marqué par leur originalité, d'autres ont fait scandale du fait de leur contenu ambigu voire osé. les clips ci-dessous ont surtout étaient retenus car ceux sont les 5 clips vidéo les plus chers de l'histoire :

  • 1 - Michael Jackson ft. Janet Jackson : Scream (1995) : 7 millions de dollars
  • 2 - Madonna : Die Another Day (2002) : 6,1 millions de dollars
  • 3 - Madonna : Express Yourself (1989) : 5 millions de dollars
  • 4 - Madonna : Bedtime Story (1994) : 5 millions de dollars
  • 5 - Guns'N'Roses : Estranged (2004)  : 4 millions de dollars

Chronologie[modifier | modifier le code]

  • 1908-1917 : Ère des phonoscènes[20] ;
  • 1927 : Une scène dans la plantation, court-métrage d'une bobine (10 min) avec Al Jolson, entièrement chanté et parlé en son direct, prémices de The Jazz Singer, film de long métrage muet avec des séquences chantées par le même Al Jolson ;
  • 1929 : St. Louis Blues ;
  • 1929 : Black and Tan ;
  • 1939 : Fantasia (Walt Disney Pictures) ;
  • 1941 : Introduction du Jukebox Panoram et des Soundies ;
  • 1956 : Une vague de films rock'n'roll commence à Hollywood (Rock Around the Clock, Don't Knock the Rock, Shake, Rattle and Rock, Rock Pretty Baby, The Girl Can't Help It, et les célèbres films d'Elvis Presley). Certains de ces films intégraient des numéros musicaux à une histoire, d'autres étaient des spectacles musicaux ;
  • 1957 : Elvis Presley a créé un clip, et non un film, Jailhouse Rock ;
  • 1962 : La télévision britannique invente une nouvelle forme de diffusion musicale. Des émissions comme Top of the Pops, Ready! Steady! Go! et Oh, Boy ont promu des groupes et créé d'énormes succès ;
  • 1964 : La télévision américaine adapte ce format. Hullabaloo est une des premières émissions américaines du genre, suivie de Shindig! (NBC) et American Bandstand; The Beatles sont les vedettes d'A Hard Day's Night ;
  • 1966 : Les premiers films promotionnels conceptuels sont diffusés : Paperback Writer et Rain des Beatles, suivis en 1967 de Penny Lane et Strawberry Fields Forever.
  • 1968 : Les Rolling Stones collaborent avec Jean-Luc Godard sur Sympathy for the Devil ;
  • 1970 : L'industrie du disque se rend compte que ces émissions télévisées sont une grande opportunité pour la promotion de leurs artistes. Ils se concentrent sur la réalisation de courts films promotionnels qui commencent à remplacer les performances télévisées ;
  • 1974 : ABBA bouleverse le côté statique du clip, en y intégrant des effets visuels innovants pour l'époque ;
  • 1975 : La vidéo Bohemian Rhapsody de Queen marque le début de l'ère vidéo et instaure le langage des vidéos modernes ;
  • 1979: Devo réalise The Day My Baby Gave Me a Surprise, qui fut la première vidéo à inclure des animations virtuelles aux animations traditionnelles ;
  • 1980 : La vidéo Ashes to Ashes est tournée par David Bowie ;
  • 1981: MTV, la première chaine musicale diffusée par satellite en continu, est lancée. Initialement soutenue par des opérateurs de télévision câblée, elle connut rapidement un succès majeur et devint une icône culturelle ;
  • 1984: Premier clip français tourné avec les moyens d'un long métrage : Adrian de Buzy (réal. Hilton McConnico) diffusion dans les cinémas Gaumont ;
  • 1984: Parution du court-métrage de Michael Jackson, Thriller , qui change à jamais le concept du clip. Le Making of Thriller sort aussi cette année-là et est le premier making-of d'un clip de l'histoire. Ont aussi lieu en 1984 les premiers MTV Video Music Awards , cérémonie récompensant les clips les plus audacieux. La soirée est notamment marquée par la prestation de Madonna de Like A Virgin , en robe de mariée.
  • 1986 : Le vidéoclip débarque en France, grâce aux courts-métrages de Mylène Farmer (Plus Grandir, Libertine...), qui incitent la chaîne TV6 à créer des émissions dédiées aux clips ;
  • 1989 : Madonna fait scandale avec le clip de Like a Prayer, suivi l'année suivante de Justify My Love, qui sera censuré. C'est aussi en 1989 que Madonna dévoile le 4e clip le plus cher de l'histoire, Express Yourself, réalisé par David Fincher.
  • 1991 : 14 novembre, Le clip Black or White de Michael Jackson a été diffusé dans le monde entier en même temps pour la première fois, ce soir-là, plus de 500 millions de téléspectateurs l'ont vu. Par la suite, la fin de ce clip a été censuré pour violences et obscénités. De plus, ce clip est l'un des rares clips à l'époque à utiliser la méthode du morphing ;
  • 1992 : MTV commence à créditer les réalisateurs de clips ;
  • 1995 : Sortie de l'un des clips les plus chers de l'histoire, Scream de Michael Jackson & Janet Jackson, avec un budget de 7 millions de dollars ;
  • 1996 : Création de M2 (qui deviendra MTV 2, puis MTV Hits).
  • 2009 : Vevo, service en ligne proposant des vidéoclips, est créé.

Compléments[modifier | modifier le code]

Chaînes musicales[modifier | modifier le code]

Chaînes diffusant des clips sur le territoire français via la TNT ou les boîtiers numériques :

Clips souvent cités[modifier | modifier le code]

Il est souvent dit que le premier groupe à avoir popularisé le clip vidéo à grande échelle est Queen, en 1975, lors de la sortie de Bohemian Rhapsody (issu de leur 4e album A Night at the Opera). Le succès de la chanson fut tellement grand que le groupe britannique ne pouvait plus faire la tournée de tous les studios pour jouer en playback, ils ont donc décidé de tourner un clip vidéo (avec des trucages inclus, les plus chers à l'époque) qui leur évitaient de se déplacer à chaque fois.

Par leur réalisation sophistiquée, certains clips ont fait date, et ont été regroupés à ce titre dans des anthologies sur DVD.

Il convient tout d'abord de citer Thriller, de Michael Jackson, qui donne véritablement au genre sa portée internationale. En effet, pour la première fois, un clip vidéo sert à la promotion d'un album. Autre que le clip de Thriller Michael Jackson élabora plusieurs grands clips : Smooth Criminal (1987), Bad (1987), The Way You Make Me Feel (1987), Liberian Girl (1989), Black or White (1991) a été diffusé dans le monde entier en même temps pour la première fois, ce soir-là, plus de 500 millions de téléspectateurs l'ont vu, Remember the Time (1991), In the Closet (1992), Who Is It (1992), They Don't Care About Us (1995), dont deux versions ont été tournées : la première est la version prison, et l'autre tournée au Brésil, la première n'est plus diffusée pour cause de controverses mais on peut la retrouver dans des DVD dédiés aux clips de Michael Jackson, Scream (1996) avec sa sœur Janet Jackson qui est le clip le plus cher de l'histoire, Ghost (1996) le clip le plus long de l'histoire, 37 minutes. Lire à ce sujet l'analyse d'Yves Gautier dans le livre Michael Jackson - De l'autre côté du miroir[21] qui par ailleurs analyse en détail le scénario du clip Earth Song (1996).

Viennent ensuite Owner of a Lonely Heart (Yes), Take on Me (A-ha), Sledgehammer (Peter Gabriel), Weapon of Choice (en) (Fatboy Slim), Money for Nothing (Dire Straits) et Video Killed the Radio Star (Buggles).

Certains clips ont même eu leurs pastiches. Microsoft a repris Weapon of Choice pour en faire un clip de promotion à usage interne, Windows of Choice. Weird Al Yankovic s'est fait d'ailleurs connaître par ses divers pastiches de clips célèbres.

Parmi les clips français, impossible de ne pas citer ceux de Mylène Farmer, considérés comme de véritables courts-métrages (Pourvu qu'elles soient douces [Libertine II] dépasse les 17 minutes).

Quelques personnalités marquantes du clip[modifier | modifier le code]

Musiciens célèbres par leurs clips[modifier | modifier le code]

Réalisateurs de clips[modifier | modifier le code]

  • Sajeed A. : ayant débuté sa carrière en tant que producteur pour MTV India, il réalisa également des clips pour des groupes comme Blaaze, Fuzön, Lucky Ali ou encore Jigsaw Puzzle.
  • Jonas Akerlund : ce Suédois né en 1965 débute sa carrière en 1988 et gagnera une gloire internationale en travaillant avec des groupes aussi variés que Candlemass, Roxette, Moby, The Prodigy, U2, Lady Gaga, Rammstein... et même Sinclair ! D'ailleurs, sa célébrité est aussi due au parfum de scandale de certains des clips qu'il a réalisés et qui ont été victimes de la censure, comme Smack My Bitch Up (The Prodigy), Telephone (Lady Gaga) ou encore Pussy et Ich Tu Dir Weh (Rammstein), bien que dans le cas de ce dernier, c'est plus les paroles qui ont provoqué la censure.
  • Alex & Martin : duo composé de Alex Courtes et Martin Fougerol créé en 1999 et ayant réalisé dans les années 2000 de multiples clips pour des artistes tels que Cassius, Air, Stereophonics, Jamiroquai ou encore Kylie Minogue. 2 clips leur ont donné une notoriété internationale : Seven Nation Army (The White Stripes) et Vertigo (U2). Bien que le duo se soit séparé en 2007, ils continuent la réalisation de clips, notamment Alex Courtes, qui a dernièrement réalisé Pleasure (Justice).
  • George Ant : réalisateur grec très populaire dans son pays, ayant réalisé des clips pour les plus populaires des artistes grecs, comme Nicko, Marina Sena ou encore Nikos Karvelas.
  • Chris Applebaum : réalisateur américain, sa carrière commença en 1992 avec Everything de Material Issue et à partir de là, il devint le plus jeune réalisateur à signer chez Satellite Films, division de Propaganda. En tout, il a réalisé environ 250 vidéos et reçut de multiples MTV VMA.
  • Tim Armstrong : ce musicien/chanteur/compositeur/producteur/acteur américain spécialisé dans le punk fit partie de plusieurs groupes et réalisa des clips pour les groupes dont il fit partie (Operation Ivy, Downfall...) ainsi que pour d'autres groupes (Green Day).
  • Bryan Barber : né en 1970, ce réalisateur s'est spécialisé dans les clips pour des artistes hip-hop et R&B, comme Rude Boy (Rihanna), Ridin' (Chamillionnaire) ou Roses (OutKast).
  • Steve Barron : réalisateur pour A-Ha, Joe Jackson, Tears for Fears, et bien d'autres.
  • Michael Bay
  • Samuel Bayer : artiste visuel né en 1965, il commença à réaliser des clips en 1991, son premier titre de gloire étant celui de Smells Like Teen Spirit. Il réalise surtout des clips pour des artistes rock, comme Ozzy Osbourne, Garbage, Green Day, Metallica, Iron Maiden, les Ramones, les Smashing Pumpkins, Hole, The Offspring...
  • Big TV ! : duo composé de Andy Delaney et de Monty Whitebloom, ils réalisent des clips et des pubs.
  • Jim Blashfield : né en 1944, cet Américain est très multidisciplinaire, réalisant des courts-métrages, des installations vidéo, une pièce de théâtre et évidemment, des clips pour les Talking Heads, Peter Gabriel, Paul Simon, Michael Jackson ou encore "Weird Al" Yankovic.
  • Benny Boom : né en 1971, il entre dans l'industrie musicale en 2000 avec des clips pour Nicki Minaj, P. Diddy, Akon ou encore 50 Cent. Son catalogue de clips s’élève à plus de 200, principalement pour des artistes hip-hop (Snoop Dogg, Busta Rhymes, Kelly Rowland, LL Cool J, Nelly, Lil Wayne...). Il a aussi réalisé le film comique Next Air Day (2009) et All Eyez On Me, documentaire sur Tupac Shakur sorti en 2017.
  • Laurent Boutonnat : compositeur de Mylène Farmer, il a réalisé plusieurs de ses vidéos.
  • Alan Calzatti : réalisateur ayant créé des vidéos pour des compagnies comme Atlantic, Sony ou encore EMI.
  • Roman Coppola : il fait partie des réalisateurs ayant commencé dans le clip avant de s'orienter vers le cinéma. Dans le milieu du clip, Coppola travailla pour Green Day, Arcade Fire, The Strokes, Marianne Faithfull... Au cinéma, ses travaux les plus connus sont les films co-réalisés avec Wes Anderson, comme Fantastic Mr. Fox, Moonrise Kingdom et The Grand Budapest Hotel.
  • Anton Corbijn : hollandais d'origine, ce photographe est connu pour ses clips de U2, Nirvana, Depeche Mode, Metallica, Joy Division.
  • Mathew Cullen : cofondateur de Motion Theory et du studio Mirada (en compagnie de Guillermo del Toro), il a réalisé le clip de Pork and Beans (Weezer), Boom Boom Pow (Black Eyed Peas) et plusieurs clips de Katy Perry (California Gurls, Dark Horse, Chained to the Rhythm.
  • Chris Cunningham : se considère avant tout comme un artiste multimédia. Ses ambiances malsaines et perturbantes ont fortement marqué le public : ses clips d'Aphex Twin notamment, mais aussi Frozen de Madonna ou encore All Is Full of Love de (Björk).
  • Gregory Dark : il a réalisé plus de 150 clips, notamment pour Ice Cube, Linkin Park ou encore Breaking Benjamin. Il a aussi réalisé quelques films indépendants : See No Evil (2006), Little Fish, Strange Pond (2008) et An Evening With Stephen Lynch (2009).
  • Tamra Davis : ayant commencé en 1986 avec le clip de But Not Tonight (Depeche Mode), elle en réalisa pour Sonic Youth ou encore les Beastie Boys. Après Movies (Alien Ant Farm), datant de 2001, elle arrête la création de clips pour se consacrer à la télévision et au cinéma.
  • Hannah Lux Davis : née en 1986, elle commence à réaliser des clips en 2008. Elle a surtout collaboré avec Nicki Minaj, Fith Harmony, Jessie J, Jason Derulo, Ariana Grande ou encore Demi Lovato.
  • Jonathan Dayton & Valerie Faris : durant les années 1990, ils ont réalisé ensemble des clips pour R.E.M, Weezer, les Ramones, Jane's Addiction, les Smashing Pumpkins, Ringo Starr, les Red Hot Chili Peppers ou encore Korn.
  • Jonathan Demme
  • Brian De Palma
  • Florence Deygas et Olivier Kuntzel : auteurs de Sacré Français et Une Very Stylish Fille (Dimitri from Paris), Photo Girl (Poperetta), Rose Rouge (Ludovic Navarre aka Saint Germain), The Sssound Of Mmmusic (Bertrand Burgalat) ainsi que de vidéos pour les Sparks.
  • Stanley Donen
  • Shane Drake : originaire de Redding, Californie, il commence en 2002 avec Bullet to Binary de mewithoutYou et enchaîne avec des clips pour Paramore, Fall Out Boy, Panic! at the Disco, Avril Lavigne, Kelly Clarkson, Flo Rida ou encore Timbaland.
  • Quentin Dupieux : connu comme musicien sous le nom de M. Oizo, Quentin Dupieux réalise des courts-métrages étranges. Présenté par son père, garagiste, à Laurent Garnier, il a réalisé des clips pour Alex Gopher, Laurent Garnier et lui-même.
  • David Fincher : le réalisateur de Fight Club et de The Game est passé par le clip vidéo après avoir quitté la société ILM de George Lucas. Il est le fondateur de Propaganda, société de production spécialisée dans la création de clips vidéo ou publicitaires avec qui ont collaboré Michael Bay, Alex Proyas, Michel Gondry et bien d'autres. Réalisateur pour Madonna ou Michael Jackson.
  • Antoine Fuqua.
  • Philippe Gautier : réalisateur français très prolifique. Parmi ses classiques : Marcia Baila (Les Rita Mitsouko en 1986), clip qui sera diffusé au MOMA de New York, Take A Chance On Me (Erasure en 1992). Il n'emprunte pas seulement aux processus et aux langages créés historiquement dans le cinéma, la photographie, les arts plastiques, la musique et la danse, il commande aux artistes des œuvres qui prennent place ensuite, dans ses décors.
  • Jonathan Glazer : réalisateur de Sexy Beast et Birth, il tourne pour Jamiroquai, Radiohead, Blur ou Massive Attack. Malgré une vidéographie très limitée, ses clips sont parmi les plus cités (à l'image de « Rabbit in your Headlights » de UNKLE où un homme se fait renverser par des voitures dans un tunnel).
  • Brian Grant : du même genre, avec Tina Turner, Human League, Queen (groupe), The Stranglers, Kim Wilde... a par ailleurs réalisé des épisodes de la série Highlander.
  • Jihad Kahwajy : réalisateur et chef-opérateur suisse, il réalise les clips d'artistes francophones tels que Willy Denzey, Yves Larock, Alizée, Prodyge Crew, C-Sheyn. En 2008 il est vainqueurs du meilleur clip de l'année aux Césaires Français avec le nouveau clip de Willy Denzey "Turn Me Up"- S'enchaînera la même année le meilleur clip de l'année en Suisse ainsi que la meilleure image au Festival international du film de Locarno. Grâce à son concept novateur et ambitieux, il est désormais convoité par les plus grandes maisons de disques. Jihad Kahwajy fait partie intégrante des plus fulgurantes évolutions dans le domaine du clip vidéo.
  • John Landis, réalisateur des clips Thriller et Black or White, de Michael Jackson.
  • H5 : collectif fondé par Ludovic Houplain et Antoine Bardou Jacquet. On leur doit « The Child », pour Alex Gopher - une ville typographique - et « Remind me » (Röyksopp).
  • Pleix. Collectif.
  • Jean-Baptiste Mondino : outre le célèbre et déjanté La danse des mots, C'est d'abord son noir et blanc très pictural qui le fera connaître avec des clips sentimentaux tels que un autre monde (Téléphone), Cargo (Axel Bauer), Russians (Sting) avec Boys of summer (1985), de Don Henley, il recevra le « MTV Music Video Award » du meilleur clip de l'année. Plus tard, Mondino passera à la couleur pour Les Rita Mitsouko, puis Prince, Madonna, Alain Bashung, Björk, etc.
  • Michel Gondry : ancien batteur du groupe Oui-Oui, Gondry se fera connaître comme un des « clipmen » les plus exigeants : IAM (Le Mia), Björk (six vidéos), The Chemical Brothers, The White Stripes, Massive Attack, Kylie Minogue, Cibo Matto... Il est à ce jour le réalisateur de clips le plus célèbre dans le monde et a depuis réalisé cinq longs métrages aux États-Unis (Human Nature en 2002, Eternal Sunshine Of The Spotless Mind en 2004, La Science des rêves en 2006, Soyez sympas, rembobinez! en 2008 et The Green Hornet en 2010).
  • Garth Jennings : réalisateur de H2G2 : le Guide du voyageur galactique, il est aussi célèbre pour ses clips pour Fatboy Slim (Right here, Right now), Blur (Coffee % TV), R.E.M. (Imitation of Life) ou Badly Drawn Boy.
  • Spike Jonze : L'homme des paris un peu fous : faire danser Christopher Walken sur du Fatboy Slim, intégrer Björk à une comédie musicale, incruster le groupe Weezer dans un épisode de la série Happy Days...
  • David LaChapelle : Mariah Carey (Loverboy), Elton John, Moby (Natural blues), Avril Lavigne, etc.
  • Don Letts a filmé les acteurs du mouvement punk britannique, The Clash, Elvis Costello, The Pretenders...
  • David Mallet : Blondie, Billy Idol, AC/DC, Queen ou Erasure.
  • Diane Martel : beaucoup de réalisations dans le Hip-hop ; auteur en outre de plusieurs clips de Mariah Carey.
  • Olivier Megaton : le réalisateur de Exit et de La Sirène rouge est auteur de divers clips pour Fabe, Assassin, les Négresses Vertes, Silmarils, Sens Unik ou encore Jean-Louis Aubert.
  • Russell Mulcahy : le réalisateur emblématique des années 1980. Duran Duran, Ultravox, Spandau Ballet ou Elton John, ainsi que le film Highlander ! Il a réalisé deux des clips videos de Queen, A Kind of Magic et Princes of the Universe.
  • Sophie Muller : de Eurythmics à No Doubt en passant par Sade, Sophie Muller est la réalisatrice de clips classique. Sa manière, apparemment passe-partout, est extrêmement efficace dans la sensation de proximité qu'elle installe entre les musiciens et leurs auditeurs. Elle entretient par ailleurs de longues relations de travail avec les artistes dont elle met la musique en images : 7 clips pour No Doubt, 15 clips pour Eurythmics/Annie Lennox, 9 clips des Shakespeare sisters, etc.
  • Marcus Nispel : réalisateur de Runaway (Janet Jackson), Killer/Papa was a Rolling Stone (George Michael), XXL et L'Instant X (Mylène Farmer), Shy Guy (Diana King), Believe (Elton John), Spice up your Life (Spice Girls), Love is all around (Wet Wet Wet), Ready or not (The Fugees)...
  • Nick Park : devenu célèbre grâce à Sledgehammer de Peter Gabriel (MTV Music Video Award du meilleur clip en 1987), il est aujourd'hui le réalisateur de Wallace and Gromit.
  • Tim Pope : le réalisateur de The Crow 2 est aussi l'auteur des clips de Talk Talk, de Singing in the shower (Les Rita Mitsouko+The Sparks), de Soft Cell, et, surtout, des classiques de Cure.
  • Alex Proyas
  • Mark Romanek : Scream (Michael Jackson/Janet Jackson), Madonna, David Bowie.
  • Stéphane Sednaoui : artiste français touche a tout, et résident a New York, Sednaoui et aussi connu pour ses photos de reportage et de mode que pour son travail de réalisateur. il a réalisé à ce jour plus de 50 vidéos, notamment pour NTM (« le monde de demain »), Björk, MC Solaar, Neneh Cherry et Youssou N'Dour, Garbage, Tricky, U2, Mirwais...
  • Dominic Sena
  • Shynola : collectif, il réalise des clips ou l'animation prend une dimension importante. Parmi les artistes ayant eu recours à eux, on peut citer Radiohead (« Pyramid Song » ), Queens of the Stone Age (« Go with the flow »), Blur (« Crazy Beat », « Good Song ») ou Beck. Ils travailleront, par la suite, aux animations du Guide Galactique dans le film de Garth Jennings.
  • Tarsem Singh : réalisateur de « Losing My Religion » (REM) et du film « The Cell ». Son activité principale est la réalisation de publicités.
  • Julien Temple : réalisateur de nombreux clips de David Bowie, des Rolling Stones, etc. et du film « Absolute Beginers ».
  • Simon West
  • Hype Williams
  • Andrée Davis-Boyer, surnommée Mamy Scopitone, a réalisé plus de 500 scopitones pour les grands noms de la chanson française de l'époque.
  • Claude Lelouch a réalisé plus de 80 scopitones.
  • Dave Meyers a réalisé plus de 200 clips pour des artistes tels que Kid Rock, Lil' Bow Wow, Jennifer Lopez, Korn, etc. Mais il a surtout travaillé pour Missy Elliott et P!nk, il est d'ailleurs le réalisateur principale de cette dernière.

Réalisateurs occasionnels de clips[modifier | modifier le code]

Vidéographie[modifier | modifier le code]

  • Warp Vision: The Videos 1989-2004, DVD, Warp Records, 2004. Compilation des clips vidéos du label Warp
  • Zen TV, DVD, Ninja Tune Records, 2003. Compilation des clips vidéos du label Ninja Tune
  • L'Alternative, M6music, 2004 Compilation regroupant des clips diffusés sur M6 dans l'émission "L'alternative"
  • The Work of Director: Michel Gondry, DVD, Palm Pictures, 2003. Compilation des clips vidéos du réalisateur Michel Gondry
  • The Work of Director: Spike Jonze, DVD, Palm Pictures, 2003. Compilation des clips vidéos du réalisateur Spike Jonze
  • The Work of Director: Chris Cunningham, DVD, Palm Pictures, 2003. Compilation des clips vidéos du réalisateur Chris Cunningham
  • The Work of Director: Stéphane Sednaoui, DVD, Palm Pictures, 2005. Compilation des clips vidéos du réalisateur Stéphane Sednaoui
  • The Work of Director: Mark Romanek, DVD, Palm Pictures, 2005. Compilation des clips vidéos du réalisateur Mark Romanek
  • The Work of Director: Jonathan Glazer, DVD, Palm Pictures, 2005. Compilation des clips vidéos du réalisateur Jonathan Glazer
  • The Work of Director: Anton Corbijn, DVD, Palm Pictures, 2005. Compilation des clips vidéos du réalisateur Anton Corbijn

Chaînes de télévision consacrées à la diffusion de clips[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Laurent Mannoni, conservateur à la Cinémathèque française des appareils du précinéma et du cinéma , « Lexique », in Libération numéro spécial, page 3, supplément au no 4306 du 22 mars 1995, célébrant le 22 mars 1895, année française de l’invention du cinéma.
  2. Georges Sadoul, Histoire du cinéma mondial, des origines à nos jours, Paris, Flammarion, , 719 p., p. 16
  3. (en) W.K.Laurie Dickson & Antonia Dickson, préface de Thomas Alva Edison, History of the Kinetograph, Kinetoscope and Kineto-Phonograph, facsimile edition, The Museum of Modern Art, New York, 2000, (ISBN 0-87070-038-3)
  4. Le créateur de la future société Kodak. Le mot anglais film, qui désigne un voile ou une couche, sera adopté par Edison pour désigner les bobineaux de celluloïd impressionnés
  5. Georges Sadoul, Histoire du cinéma mondial, des origines à nos jours, Paris, Flammarion, , 719 p.
  6. Marie-France Briselance et Jean-Claude Morin, « Grammaire du cinéma », page 159, op. cit.
  7. L’air joué au violon est une barcarolle, La Chanson du mousse (Acte I, scène 1, air no 3), tirée de Les Cloches de Corneville (« Va, petit mousse, le vent te pousse… »).
  8. (en) Terry Ramsaye, « A Million and One Nights : A History of the Motion Picture Through 1925 » , New York, Touchstone, 1926 (réimpr. 1986) (ISBN 0-6716-2404-0)
  9. (en) Rick Altman, « Silent Film Sound », Washington, Presse de l’université Columbia, 8 décembre 2004 (ISBN 0-2311-1662-4) 528 pages
  10. Jean Jacques Meusy, Paris-palaces ou Le temps des cinémas (1894-1918), CNRS Éditions, 1995, 561 p., page 334 (ISBN 9782271053619)
  11. visible sur le DVD Naissance du son de Lobster Films
  12. Voir les travaux de Martin Barnier
  13. DVD Lobster Retour de Flamme vol 1.
  14. Jean-Charles Scagnetti, L'aventure scopitone (1957-1983) : Histoire des précurseurs du vidéoclip, Paris, Éditions Autrement, coll. « Mémoires/Culture », 2010, 158 p. passage=9 (ISBN 978-2-7467-1396-3)
  15. Scott Mac Gillivray & Ted Okuda, The Soundies Book, iUniverse Inc, 2007, 427 p. (ISBN 9780595420605)
  16. Henry Keazor et Thorsten Wübbena, Rewind, Play, Fast Forward: The Past, Present and Future of the Music Video, transcript Verlag, (ISBN 383761185X, lire en ligne), p. 20
  17. David Buckley, R.E.M. | Fiction: An Alternative Biography, Random House, (ISBN 1448132460, lire en ligne), p. 146.
  18. Mark Blankenship, « More Than Words: The Art Of The Lyric Video », NPR, (consulté le 29 décembre 2012)
  19. http://www.tomscott.com/lyric/
  20. "The Genealogy of the clip culture" in Henri Keazor & Thorsten Wübbena (dir) Rewind Play Fastforward, The past, present and future of the music video, transcript, 2010 (ISBN 978-3-8376-1185-4) 2017
  21. Michael Jackson - De l'Autre côté du Miroir

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) Henry Keazor, Thorsten Wübbena, Video Thrills The Radio Star. Musikvideos: Geschichte, Themen, Analysen. Bielefeld 2005.
  • (en) Saul Austerlitz, Money For Nothing - A History of the Music Video from the Beatles to the White Stripes, Continuum Books, New York/ London, 2007.
  • (en) Carol Vernallis, Experiencing Music Video: Aesthetics and Cultural Context, Columbia University Press, New York, 2004.
  • Michel Chion, Un art sonore, le cinéma, Coll. « Cinéma Essais », Cahiers du Cinéma, Paris, 2003.
  • Michel Chion, L’audio-vision - Son et image au cinéma, Coll. « Cinéma », Armand Colin, Paris, 2005, [deuxième édition].
  • (en) Nicholas Cook, Musique, une très brève introduction, traduit de l’anglais par Nathalie Gentili, Éditions Allia, Paris, 2006. Première édition sous le titre Music : A very short introduction, Oxford University Press, 1998.
  • (en) Nicholas Cook, Analysing Musical Multimedia, Oxford University Press Inc., New York, 1998, [reprinted, 2004].
  • (en) Fraser Peter, Clark Vivienne (Editor), Teaching Music Video, Teaching Film and Media Studies Series, BFI (British Film Institute) Publishing, Londres, 2005.
  • (en) Frith Simon, Goodwin Andrew et Grossberg Lawrence (Edited by), Sound and Vision: Music Video Reader, Taylor & Francis Books Ltd., 1993.
  • (en) Goodwin Andrew, Dancing in the Distraction Factory : Music Television and Popular Culture, University of Minnesota Press, Minneapolis, 1992.
  • (en) Huron David, « Music in Advertising: An Analytic Paradigm », The Musical Quarterly, vol. 73, no 4, 1989, p. 557‑574.
  • (en) Johnson William, « Sound and Image: A Further Hearing », Film Quarterly, vol. 43, no 1, automne 1989, p. 24‑35.
  • (en) Prince Stephen, « True Lies: Perceptual Realism, Digital Images, and Film Theory », Film Quarterly, vol. 49, no 3, printemps 1996, p. 27‑37.
  • (en) Smith Jeff, The Sound Of Commerce - Marketing Popular Film Music, Columbia University Press, New York, 1998.
  • (en) Middleton, Richard (1990/2002). Studying Popular Music. Philadelphia: Open University Press. (ISBN 0335152759).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Lien externe[modifier | modifier le code]