Télévision analogique terrestre

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Récepteur analogique monochrome des débuts de la télévision.

La télévision analogique terrestre ou TAT est l'ensemble du réseau de diffusion de terre composé d'émetteurs (pilotes) et de réémetteurs locaux. Ce réseau utilise des ondes dites hertziennes.

Les signaux analogiques SECAM et PAL en Europe, NTSC aux États-Unis d'Amérique ou au Japon des émetteurs sont reçus sur les antennes VHF et UHF individuelles ou collectives qui permettent, suivant les caractéristiques du site, des qualités d'image variables, ayant fait l'objet d'une codification, voir : Qualité de réception en télévision terrestre.

En France, le rendement avait du mal à dépasser les 85 % de la population desservie, particulièrement sur les 5e et 6e réseaux. La Télévision numérique terrestre (TNT) remplace la télévision analogique sur l'ensemble du territoire français depuis l'arrêt définitif du signal analogique. La dernière région à être passée au numérique le [réf. nécessaire] fut le Languedoc Roussillon.

Au sein de l'Union Européenne, les flux de télévision analogique doivent cesser d'émettre d'ici 2012.

Composition d'une image[modifier | modifier le code]

Les caractéristiques fondamentales de tous les systèmes de télévision ont été en grande partie définies par rapport à des considérations physiologiques de l’œil humain, telles que :

  • La persistance rétinienne : 1/20 de seconde.
  • Le pouvoir de résolution de l’œil : 1’ d’angle environ.
  • Le nombre d'or : notion de distance normale d’observation d’un objet en fonction de ses dimensions (5 à 7 fois sa diagonale pour un objet rectangulaire, selon les peintres)[réf. nécessaire].

Afin d’éviter un effet de scintillement, le principe de structurer l’image en deux trames entrelacées (trame paire et impaire) a été choisi. La période de chaque trame étant de 1/50 de seconde, soit celle du réseau électrique.

Pour résoudre le problème du décalage vertical des deux trames sans exiger trop de précision des générateurs de balayage, il a été fixé un nombre impair de lignes ; la première trame démarrant au centre du bord supérieur de l’écran et la seconde au coin supérieur gauche.[réf. nécessaire]

Ce système de double trame entrelacées est commun à tous les standards de télévision analogique. La trame est constituée de deux mouvements, l’un horizontal, décrivant une ligne de gauche à droite sur l’image restituée, l’autre vertical, plaçant les lignes les une sous les autres, de haut en bas, ces lignes constituant la trame.

Chacun de ses mouvements comprend deux phases ; une phase utile pendant laquelle se forme le signal utile de traduction de l’image, une phase de suppression lors de laquelle le mouvement du spot s’inverse (retour vers le début de ligne ou trame suivante). Pendant ce temps, le signal est mis à une tension constante de référence : le niveau de suppression.

Il est nécessaire de synchroniser le mouvement ligne et trame :

  • par insertion d'un top de synchro ligne,
  • par insertion d'informations de synchro trame.

Dans les principaux standards, le nombre de lignes est de

Le nombre d’images par seconde est respectivement de 25 et 30.

La période d’une image est fixée à 40 ms, et donc celle d’une trame à 20 ms (Europe).1/64 La fréquence de balayage ligne est donc de 625 x 25, soit 15 625 Hz, ou une période de 64 μs. Pour un format 4/3 le nombre de points par ligne est de 625 x 4/3, soit 833 points.

La bande passante est maximale lorsque l'on alterne les points noirs et blancs, créneau dont la fréquence est la moitié des points transmis :

833/2 points x 625 lignes x 25 images par seconde = 6,5 MHz

Ce créneau nécessiterait la transmission d'une dizaine d'harmoniques pour être restitué, en pratique nous observons de grandes zones uniformes qui induisent des fréquences plus faibles. Le temps entre deux points d'une ligne est de τ =(1/625) x (3/4) x 64 μs ; la bande passante d'un système du premier ordre dont le temps de monté à 90 % donne 2,3 x τ soit une bande passante de 2,3 / (2 x π x τ ) = 4,77 MHz environ qui est une valeur théorique plus proche de la réalité.

Le temps réservé au retour de balayage est utilisé pour transmettre des impulsions assurant la synchronisation des cycles de balayage entre émetteur et récepteur. Ces signaux sont composés de plusieurs phases appelées :

  • pré-égalisation
  • synchro trame
  • post-égalisation

Afin de contrôler la qualité d’une transmission, des paramètres quantifiables ont été définis ; ils permettent de mesurer des distorsions linéaires ou non, ainsi que le bruit introduit par la transmission.

Pour contrôler et éventuellement corriger les performances d’un système de transmission, on a réservé dans l’ensemble des lignes transmettant l’information vidéo, un certain nombre d’entre elles pour transmettre des signaux de contrôle, dont les lignes test.

Elles permettent de caractériser le réseau et sont insérées au début de la chaîne de transmission pendant les périodes de suppression de la trame. Ces signaux subissent donc les mêmes dégradations que l’image.

Le signal vidéo composite[modifier | modifier le code]

Un signal vidéo est constitué de plusieurs parties :

  • l'information de Luminance d'une dynamique de 700 mV,
  • la synchronisation ligne, impulsion de 300 mV,
  • l'information de chrominance (restitution de la couleur),
  • un burst de synchronisation pour la sous porteuse chrominance,
  • des informations de synchronisation trame dans certaines lignes.

Sous une charge normalisée 75 Ω, l'amplitude crête à crête d'un signal vidéo est 1 V. La durée d'une ligne est de 64 μs, soit 15 625 Hz. Le signal utile dure 52 μs, la synchronisation utilise donc 12 μs.

Lignes video.jpg

Synthèse des couleurs[modifier | modifier le code]

Au signal vidéo composite monochromatique, la couleur est gérée en ajoutant une sous porteuse modulée par des signaux de chrominance et ce, afin de constituer un nouveau signal composite CVBS (color video blanking synchronisation). Pour la télévision couleur, l’image est transmise sous la forme de deux informations complémentaires : la luminance qui exprime la luminosité et les contours des formes visualisées et la chrominance, porteuse de l’information couleur.

Pour des raisons de compatibilité avec les systèmes précédents, l’adjonction de la couleur devait se faire de façon à ne pas perturber le fonctionnement d’un téléviseur noir et blanc. Cette information chromatique avait donc comme obligation d’être positionnée dans un canal de 8 MHz, occupé déjà par 5 MHz (ou 6) de luminance vidéo ainsi que la sous porteuse audio.

Le signal de luminance Y est une combinaison linéaire des trois couleurs primaires rouge, vert bleu. Disposant de cette information qui représente le signal noir et blanc, deux signaux complémentaires sont nécessaires afin de transmettre la couleur : signaux de chrominance bleu et signaux de chrominance rouge.

  • Y = 0,587V + 0,299R + 0,114B
  • Cb = 0,564 (B – Y)
  • Cr = 0,713 (R – Y)

systèmes de codage des signaux de chrominance :

  • Le système NTSC (National Television Standards Committee, ou ironiquement "Never Twice Same Color"). 1953
  • Le système SECAM (Séquentiel Couleur à Mémoire). 1957
  • Le système PAL (Phase Alternation line). 1963

Émission, modulation d'amplitude et MA-BLR[modifier | modifier le code]

Le signal vidéo composite (CVS) occupe une largeur de bande d'environ 5 MHz selon le standard utilisé. Ce signal bande de base pourrait moduler en amplitude une porteuse HF (Modulation d'amplitude à double bande) et occuperait alors 10 MHz de bande passante. En principe, l'une des deux bandes peut être supprimée, du fait que chacune d'elle transmet la même information.

Il serait donc possible d'émettre l'information en AM-BLU (Bande latérale unique ou AM-SSB). Toutefois, le signal vidéo dispose d'information aux fréquences basses auxquelles l'œil est très sensible, de plus, la difficulté de réaliser des filtres aux fréquences de coupures sévères, sans distorsion de temps de groupe, oblige à utiliser le système à bande latérale réduite : MA-BLR. Cette modulation est donc utilisée sur les émetteurs de télévision hertzienne (TDF).

         △                △
         |────────────    │
        ╱│            ╲   │ Audio
       ╱ │             ╲  │
      ╱  │  Vidéo       ╲ │ 
     ╱   │               ╲│
 ────────┼────────────────┼───> f [MHz]
   1,25  fp              6,5 

Dans le cas de la MA-BLR, une bande latérale entière est émise ainsi qu'une partie de la seconde appelée talon. À la réception (dans le téléviseur), il faut s'assurer que la zone latérale réduite n'apparaît pas avec une amplitude double au niveau du démodulateur. Afin de s'affranchir de ce problème, on utilise un filtre à flanc de Nyquist normalisé, le principe consiste à transmettre la moitié du signal sous la porteuse et la moitié au-delà sur une certaine bande de fréquence. Dans la plupart des cas, le signal est traité à une fréquence intermédiaire de 38,9 MHz (sous porteuse image).

En réception le signal est transposé à 38,9 MHz le spectre peut se trouver inversé si la fréquence de l'oscillateur est supérieure à celle du canal (transposition supradyne); cette FI est filtrée par un FOS qui récupère uniquement le signal vidéo (par exemple K6257K de Siemens Matsushita S+M) la bande passante est de 5 MHz environ ; les pertes sont d'environ 6 dB à 38,9 MHz et 33,9 MHz. Une réjection importante est présente à 32,4 MHz pour un FOS adapté au standard L, cela représente une fréquence 6,5 MHz avant la porteuse image située à 38,9 MHz; cette réjection est située sur la sous porteuse son.

Le modulateur MABLR est relativement compliqué à réaliser et n'existe pas de façon intégrée. Il faut utiliser dans ce cas un circuit intégré à modulation double bande en fréquence intermédiaire 38,9 MHz. Cette fréquence normalisée est ensuite filtrée par un FOS au gabarit spécifique dont le flanc est identique mais la bande passante inférieure plus importante afin de laisser passer les différentes sous-porteuses audio qui sont 6,5 MHz pour la monophonie et 5,85 MHz pour la sous-porteuse NICAM.

Le signal FI-MABLR subit ensuite une double transposition, une première à une FI plus élevée de 900 MHz par exemple, afin de pouvoir utiliser un FOS gsm, puis une seconde transposition accordable en UHF. La raie de transposition est alors 900 MHz au-delà de la raie utile et donc plus facile à filtrer que dans une transposition simple ou une raie résiduelle parasite subsisterait 38,9 MHz de part et d'autre du signal utile.

Synthèse[modifier | modifier le code]

Caractéristiques des principales normes
Standard B/G D L/L' M (Canada-États-Unis)
VHF bande I 47-68 48,5-100 54-88
VHF bande III 174-230 174-230 174-216
UHF bande IV & V 470-853 471-855 470-890
Écart image/son 5,5 MHz 6,5 MHz 6,5 MHz 4,5 MHz
Largeur du canal 7 MHz(B); 8 MHz(G) 8 MHz 8 MHz 6 MHz
Déviation FM / son FM, 50 kHz FM, 50 kHz AM FM, 25 kHz
Nombre de lignes 625 625 625 525
Fréquence ligne 15 625 Hz 15 625 Hz 15 625 Hz 15 750 Hz
Bande passante vidéo 5 MHz 6 MHz 5 MHz 4,2 MHz
Durée d’une ligne 64 µs 64 µs 64 µs 63,5 µs
Durée trame 20 ms 20 ms 20 ms 16,667 ms

Liens[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]