Gramophone

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Un gramophone est un appareil ancien permettant de jouer mécaniquement un morceau de musique enregistré sur un disque phonographique. Il fait suite au phonographe à cylindre de Thomas Edison, et breveté par Émile Berliner.

Ce nom, qui est à l'origine une marque déposée, est bien souvent remplacé populairement par l'appellation de phonographe, voire "phono" par extension, celui-ci concernant théoriquement uniquement les appareils à cylindre, mais terme qui reste utilisé majoritairement par le grand public l'étendant à tous les appareils d'autrefois, lisant mécaniquement les disques 90 tours, puis 78 tours par minute.

Le procédé du phonographe, né au XIXe siècle, fut progressivement remplacé au siècle suivant par le gramophone, puis l'électrophone ou le pick-up ou platine tourne-disques, conjointement au magnétophone, qui furent ensuite eux-mêmes éclipsés par les techniques de reproduction sonores permises par la numérisation.

Les gramophones ne seront fabriqués que jusqu'à l'époque des 78 tours, et n'existeront plus pour les microsillons, s'écoutant électriquement et avec des têtes de lecture beaucoup plus légères.

Origines[modifier | modifier le code]

Si Berliner est à l'origine de l'adoption de ce procédé, il faut savoir qu'il n'est pas le tout premier à l'avoir essayé. Il existe en effet un disque enregistré déposé à la Smithonian Institution en 1881 et fabriqué la même année par Charles Sumner Tainter et Chichester Bell[1]. À l'opposé, le procédé de Thomas Edison, qui réalisa fin 1877 le premier phonographe, consiste à graver en profondeur à la surface d'un cylindre en rotation. On désigne cette technique sous le nom de gravure verticale (en anglais : hill and dale). Édouard-Léon Scott de Martinville a inventé le « phonautographe », de dix-sept ans antérieur au phonographe d'Edison, bien que n'ayant pas les mêmes ambitions, qui a enregistré un Au clair de la lune le .

Berliner commença ses expériences en gravant sur une plaque de verre d'assez grand diamètre enduite de noir de fumée, mais très vite il adopta un procédé de gravure d'une couche de laque enduisant un disque de zinc d'assez petites dimensions. Les premiers disques de zinc reproduits par pressage et commercialisés par Berliner mesuraient 5 pouces (12,5 cm de diamètre) et étaient faits en gutta-percha. Les disques Berliner de 7 pouces (17,5 cm) apparurent ensuite aux États-Unis en 1895 et étaient constitués d'une matière très proche de l'ébonite. Les 25 cm (10 pouces) apparaissent en 1901, le premier 30 cm (12 pouces) paraît en 1903.

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

Un gramophone est constitué de trois éléments au minimum :

  • un plateau tournant, sur lequel est déposé le disque. Le plateau est mis en rotation au moyen d'une manivelle ou plus tard d'un moteur à ressort ;
  • un bras tubulaire comportant à une de ses extrémités une tête de lecture, elle-même composée d'une aiguille, similaire à une aiguille à coudre, et d'un diaphragme, pouvant pivoter et suivre le déplacement de la tête sur le disque ;
  • un dispositif d'amplification, le plus souvent de forme conique. Le plus fréquent de ces dispositifs est un pavillon en tôle décorée.

Il est entièrement mécanique pour la rotation du disque comme pour la reproduction du son,

  • La rotation est assurée par un ressort que l'on remonte et tend au préalable de l'écoute d'un disque, en actionnant une clé ou manivelle de quelques tours, et la vitesse assurée par un régulateur (à l'analogue d'une clé de boite à musique)
  • L'écoute s'effectue par la tête de lecture, pesant de 100 à 200 grammes, constituée d'une membrane vibrant par l'intermédiaire d'une aiguille ou saphir sous l'impulsion des sinuosités du sillon, et amplifiée par un pavillon, entonnoir ou caisse de résonance.

Le fonctionnement du dispositif moteur ainsi que du diaphragme de lecture étant similaires à quelques détails près, sur les phonographes et gramophones, voir le détail sur :

Article détaillé : Phonographe.

Évolution[modifier | modifier le code]

Disque à galette et manivelle du ressort[modifier | modifier le code]

Un gramophone « Victor V »
Gramophone valise

Il a été inventé et développé par l’Allemand Émile Berliner de 1886 à 1889. Il est le successeur du phonographe à cylindre.

Le graphophone, similaire au phonographe, permet d'enregistrer les textes destinés à être dactylographiés. Il dispose à cet effet d'une tête réversible et d'un cornet en guise de micro. Pour effacer le message, on rabote la surface du cylindre constitué de cire.

Les gramophones sont une évolution marquante du phonographe, au point de devenir l'appellation du procédé générique. La différence entre ces deux types d'appareils se fait surtout par le support d'enregistrement : cylindre pour les phonographes, disque pour les gramophones qui tournent au départ à la cadence de 90 à 100 tours par minute.

Les supports sous forme de galette, étaient en effet beaucoup plus pratiques pour être rangés et classés, apportant ainsi un gain de place, ainsi que pour la pose directe sur un plateau, que ceux sous forme de cylindre, et prirent donc l'appellation de par leur forme, de "disques".

Une manivelle remplace l'ancienne clé des phonographes à cylindres pour tendre le ressort moteur.

Évolution de la vitesse et affinement à 78 tours[modifier | modifier le code]

À partir des années 1910, le support disque tourne à 90 à 100 tours par minute, en commençant souvent au centre par l'annonce du titre et de l'interprète, puis 80 tours par minute, et au cours des années 1920, la vitesse précise de 78 tours par minute est adoptée, sous le nom de "disque 78 tours".

Mallettes portatives[modifier | modifier le code]

Vers 1910, les phono-valises apparaissent tels celui illustrant cet article. L'amplification acoustique est assurée par une cavité conique, à l'intérieur du boîtier, dont l’embouchure se situe entre le plateau et le couvercle.

À la fin des années 1920, le gramophone portable dit « mallette » fait son apparition. Le nom de "gramophone pique-nique" fut favorisé par l’essor de l’automobile et des sorties familiales dominicales. Il comporte souvent un compartiment pour y ranger plusieurs disques ainsi qu'un réceptacle pour les aiguilles de remplacement. C'est le couvercle de la valise qui fait office de pavillon. Il existe de nombreuses variétés d'aiguilles suivant le son que l'on veut obtenir. Il existe par exemple des aiguilles en bois. L'amélioration de la qualité sonore est due à l'abandon progressif de la membrane mica pour des membranes plus complexes.

Gravure latérale et lecture par aiguilles[modifier | modifier le code]

Le disque à gravure latérale sur la surface (popularisé par la firme du même nom "Gramophone", représentant au départ un ange, puis la célèbre étiquette du chien devant un pavillon, qui deviendra vers 1950 "La Voix de son Maître"), et non à gravure en profondeur comme sur les cylindres (ce que continuera de faire durant plusieurs années sur les disques, lus avec une pointe Saphir, la firme Pathé), support moderne de l’enregistrement sonore utilisé par le gramophone, lus avec une aiguille, en constitue l'innovation majeure.

La gravure latérale, correspondant comme celle en profondeur à la courbe en fréquences du signal sonore ou musical, et qui restera similaire pour un microsillon, consiste en un va-et-vient, mais cette fois horizontal du stylet graveur dans le plan du disque. Vu au microscope, un sillon à gravure latérale rappelle les méandres d'un fleuve sur une carte géographique.

Développement parallèle des pick-up[modifier | modifier le code]

Lors de l'apparition du pick-up et des amplificateurs à lampes et TSF, de meilleure sonorité concernant notamment la restitution des fréquences basses profondes manquantes sur un phonographe ou gramophone, les gramophones à mallette continuèrent parallèlement d'être tout de même vendus, leur avantage étant d'être légers, pratiques, et de pouvoir être transportés partout de manière autonome.

Les électrophones, portables eux aussi, les supplantèrent lors de l'arrivée des microsillons, ceux-ci devant systématiquement être écoutés électriquement, pouvant par ailleurs continuer de diffuser les 78 tours.

Ventes, musées et expositions[modifier | modifier le code]

De nombreux musées du phonographe et gramophone, souvent étendu aux pick-up, postes à lampes, voire magnétophones, juke-box, et même télévisions et tous appareils de reproduction du son, existent dans toute la France, parfois même associés aux musées des musiques mécaniques, ainsi qu'aux festivals correspondants, tels que ceux de Beaumont, Vichy ou Dijon (orgues de Barbarie, pianos mécaniques, boîtes à musique, etc.)

Ils sont souvent issus de collectionneurs ayant conservé et/ou restauré minutieusement chacun de ces appareils[2].

C'est le cas par exemple du Musée de la Radio, situé à Radio France, ainsi que le "Phono Museum", récemment installé 53 boulevard Rochechouart à Paris[3] [4].

Le site "phonorama" est dédié aux passionnés des phonographes et gramophones et à leurs inventeurs[5].

Vente[modifier | modifier le code]

La vente ou l'achat des phonographes ou gramophones s'effectue très souvent chez les brocanteurs, antiquaires, salles de ventes aux enchères, ou auprès de spécialistes.

Les spécialistes mettent en garde en déconseillant aux acheteurs novices, ce qu'ils appellent les "faux-nographes", présentant un bel aspect ancien et d'une bonne sonorité, mais non authentiques, reconnaissables par leur forme géométrique standardisée, et fabriqués récemment de pièces bon marché en bois blanc verni et pavillon en tôle laitonnée[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]