Gramophone

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Un gramophone est un appareil ancien permettant de jouer un morceau de musique enregistré sur un disque phonographique. Il a été breveté par Émile Berliner. Ce nom, qui est à l'origine une marque déposée, est bien souvent remplacé populairement par l'appellation de phonographe par extension, celui-ci concernant théoriquement uniquement les appareils à cylindre, mais terme qui reste utilisé majoritairement par le grand public l'étendant à tous les appareils d'autrefois, lisant mécaniquement les disques 90 tours, puis 78 tours par minute.

Description d'un gramophone[modifier | modifier le code]

Un gramophone « Victor V »
Gramophone valise

Il a été inventé et développé par l’Allemand Émile Berliner de 1886 à 1889. Il est le successeur du phonographe à cylindre.

Les supports sous forme de galette, étaient en effet beaucoup plus pratiques pour être rangés et classés, apportant ainsi un gain de place, ainsi que pour la pose directe sur un plateau, que ceux sous forme de cylindre, et prirent donc l'appellation de par leur forme, de "disques".

Une manivelle remplace l'ancienne clé des phonographes à cylindres pour tendre le ressort moteur.

Le disque à gravure latérale sur la surface (popularisé par la firme du même nom "Gramophone", représentant au départ un ange, puis la célèbre étiquette du chien devant un pavillon, qui deviendra vers 1950 "La Voix de son Maître"), et non à gravure en profondeur comme sur les cylindres (ce que continuera de faire durant plusieurs années sur les disques, lus avec une pointe Saphir, la firme Pathé), support moderne de l’enregistrement sonore utilisé par le gramophone, lus avec une aiguille, en constitue l'innovation majeure.

La gravure latérale, correspondant comme celle en profondeur à la courbe en fréquences du signal sonore ou musical, et qui restera similaire pour un microsillon, consiste en un va-et-vient, mais cette fois horizontal du stylet graveur dans le plan du disque. Vu au microscope, un sillon à gravure latérale rappelle les méandres d'un fleuve sur une carte géographique.

Si Berliner est à l'origine de l'adoption de ce procédé, il faut savoir qu'il n'est pas le tout premier à l'avoir essayé. Il existe en effet un disque enregistré déposé à la Smithonian Institution en 1881 et fabriqué la même année par Charles Sumner Tainter et Chichester Bell[1]. À l'opposé, le procédé de Thomas Edison, qui réalisa fin 1877 le premier phonographe, consiste à graver en profondeur à la surface d'un cylindre en rotation. On désigne cette technique sous le nom de gravure verticale (en anglais : hill and dale). Édouard-Léon Scott de Martinville a inventé le « phonautographe », de dix-sept ans antérieur au phonographe d'Edison, bien que n'ayant pas les mêmes ambitions, qui a enregistré un Au clair de la lune le .

Berliner commença ses expériences en gravant sur une plaque de verre d'assez grand diamètre enduite de noir de fumée, mais très vite il adopta un procédé de gravure d'une couche de laque enduisant un disque de zinc d'assez petites dimensions. Les premiers disques de zinc reproduits par pressage et commercialisés par Berliner mesuraient 5 pouces (12,5 cm de diamètre) et étaient faits en gutta-percha. Les disques Berliner de 7 pouces (17,5 cm) apparurent ensuite aux États-Unis en 1895 et étaient constitués d'une matière très proche de l'ébonite. Les 25 cm (10 pouces) apparaissent en 1901, le premier 30 cm (12 pouces) paraît en 1903.

Un gramophone est constitué de trois éléments au minimum :

  • un plateau tournant, sur lequel est déposé le disque. Le plateau est mis en rotation au moyen d'une manivelle ou plus tard d'un moteur à ressort ;
  • un bras comportant à une de ses extrémités une tête de lecture, elle-même composée d'une aiguille, similaire à une aiguille à coudre, et d'un diaphragme, pouvant pivoter et suivre le déplacement de la tête sur le disque ;
  • un dispositif d'amplification, le plus souvent de forme conique. Le plus fréquent de ces dispositifs est un pavillon en tôle décorée.

Vers 1910, sont apparus les phono-valises tels celui illustrant cet article. L'amplification acoustique est assurée par une cavité conique, à l'intérieur du boîtier, dont l’embouchure se situe entre le plateau et le couvercle.

Notes et références[modifier | modifier le code]

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