Jean-Paul Goude

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Jean-Paul Goude
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Jean-Paul Goude au forum Libération, en 2008.
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Paulo Goude (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Jean-Paul Goude, né le (82 ans) à Montreuil sous Bois, est un graphiste, illustrateur, photographe, metteur en scène et réalisateur de films publicitaires français.

Depuis plus de quarante ans, s'exprimant à travers le dessin, l'affiche, la photo, le cinéma, la vidéo ou l'événement, Jean-Paul Goude aura semblablement impressionné, à tous les sens de l'expression, notre imaginaire.

Des "minets" des années 60 au mythique Esquire de la décennie suivante, de la New York de Warhol et des cultures métissées à Grace Jones, dont il fut le Pygmalion, de l'éclatant défilé du bicentenaire à la célébration du "Style Beur", des publicités Kodak ou Chanel aux variations sur Laetitia Casta, il a su de fois en fois capter l'air, ou l'esprit du temps et en donner une expression définitive

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Biographie[modifier | modifier le code]

Les parents de Jean-Paul Goude se sont rencontrés vers 1930 à New York, où son père est parti travailler et sa mère est une danseuse américaine de music-hall[1],[2]à Broadway, qui a ensuite dirigé une école de ballet à Saint-Mandé[3].

Il a été en couple avec Toukie Smith, Radiah Frye[4], puis avec Grace Jones avec laquelle il a eu un fils, Paulo, né en 1979[2],[5]. Sa femme Karen Park Goude donne naissance, en 1996, à une fille Loreleï et, en 1998, à un garçon Théo[6].

Débuts[modifier | modifier le code]

Après une enfance passée à Saint-Mandé[2], il entre à l'École nationale supérieure des arts décoratifs. Il devient ensuite illustrateur en 1964 pour les magasins du Printemps, lance Zouzou, puis, en 1970, Art Editor du magazine Esquire à New York pendant une dizaine d'années[6],[7]. « J'étais un illustrateur, illustrant les fantasmes des autres. Je suis devenu, naturellement, un auteur d'images » raconte-t-il.

Années 1980[modifier | modifier le code]

En 1982, il conçoit, met en scène et réalise A One Man Show pour Grace Jones. Il publie son premier livre intitulé « Jungle Fever » puis réalise, en 1984, le film Le Flamenco autour du concept « Secouez-moi » et dessine le nouveau code visuel de la marque Kodak[8] : "Les kodakettes", des petits lutins s'échappant d'une diapositive.

Ses films sont proches de son univers personnel et illustrent son goût pour les corps, l'exotisme, la musique, la danse, les contes de fées. Étant dépourvus de dialogue, il les qualifie de ballets et de pantomimes[réf. souhaitée]. Ses conceptions et réalisations sont au service de prestigieuses marques comme Perrier (Grand prix à Cannes pour La Lionne), Citroën, Chanel.

Il met en image son ami, le couturier Azzedine Alaïa[9],[10]et forge l'image du couturier « génie miniature, adorateur, comme lui, de géantes sublimes »[11]. Il fait figurer le créateur au côté de sa future muse, Farida Khelfa qu'il rencontre au début des années 1980[12]. Une collaboration évoquée ainsi par le commissaire de la rétrospective du couturier en 2012[13] : « Sur une photo restée célèbre, une Farida gigantesque fait face au tout petit Alaïa. « L'association Goude-Alaïa incarne vraiment la seconde moitié des années 80, les années Mitterrand, ce moment où la mixité éclot, où l'on croit très fort à l'intégration », analyse Olivier Nicklaus. »

En juillet 1989, à l'occasion du défilé du bicentenaire de la Révolution française, Jean-Paul Goude se voit confier par le gouvernement la conception d'un défilé monumental sur les Champs-Élysées qui contribue à sa popularité. Le défilé se compose de tableaux célébrant « les tribus planétaires » : les Africains nus avec des tam-tams, les Anglais sous la pluie, etc.

Années 1990[modifier | modifier le code]

En 1990 pour le parfum Égoïste de Chanel, il imagine un film qui commence en noir et blanc comme une tragédie et passe à la couleur comme par un coup de théâtre pour se terminer comme un ballet[14].

En 1991, sur demande de Jean-Luc Lagardère, il imagine le nouveau logo de la chaîne de télévision La Cinq.

Il conçoit l'année suivante le film et les photos de la nouvelle campagne Chanel pour le parfum Coco, avec Vanessa Paradis se balançant dans une cage comme un petit oiseau[15]. Plus tard, il métamorphose Carole Bouquet en Marilyn Monroe, et Estella Warren en sirène, pour le No 5 de Chanel.

En 1998, il fait apparaitre Azzedine Alaïa aux côtés de Béatrice Dalle[6],[16],[17].

Années 2000[modifier | modifier le code]

De 2001 à 2015, il est directeur artistique des campagnes publicitaires des Galeries Lafayette dont il dit « J'ai voulu aller à contre-courant de tout ce que l'on voyait en ce moment ». Il égrène les affiches pleines de gaieté, de fraîcheur, comme un feuilleton dont l'héroïne Laetitia Casta joue tous les rôles (mariée, père Noël ou dandy)[18]. Parallèlement, il conçoit et réalise les campagnes de Chanel Chance depuis 2001

Expositions Années 2010 à aujourd'hui[modifier | modifier le code]

En novembre 2011, il scénographie sa première rétrospective à Paris, Goudemalion, au musée des Arts décoratifs[16],[19].

En 2012, il est élevé au grade de commandeur de l'Ordre des Arts et des Lettres[20].

En 2014, la ville de Nice lui consacre l'exposition « Une Introspection » au Théâtre de la photographie et de l'image[21]. Il est également invité à participer à l'exposition Image-makers (faiseurs d'images)[16] aux côtés de David Lynch, Bob Wilson et Noritaka Tatehana à Tokyo au 21-21 Museum Design Sight[22]. Ses œuvres sont régulièrement exposées au Centre Pompidou depuis 2015. Il a été l’invité du festival Kyotographie 2018 avec une exposition intitulée So Far So Goude. Puis enfin, il présente In Goude We Trust au Chanel Nexus Hall à Tokyo (2018) et au Palazzo Giureconsulti à Milan (2019).

En , il se porte acquéreur de la villa Zilvelli à Paris, une maison moderniste des années 1930 qui tombe en ruine, afin de la restaurer[23].

Style[modifier | modifier le code]

S'exprimant à travers le dessin, l'affiche, la photo, le cinéma, la vidéo ou l'événement, Jean-Paul Goude a marqué l'imaginaire depuis quarante ans. Des minets des années 1960 au mythique Esquire de la décennie suivante, de la New York de Warhol et des cultures métissées à Grace Jones, dont il fut le Pygmalion, de l'éclatant défilé du bi-centenaire à la célébration du style Beur, des publicités pour Kodak ou Chanel aux variations sur Laetitia Casta, il a su capter l'esprit du temps et en donner une expression définitive.

À partir de 2005, une série de livres et d'expositions ont fait date : publication de Tout Goude, somme biographique et manifeste artistique, en France, en Italie, en Angleterre et aux États-Unis, suivie de Chronique d'une image en 2009 (retraçant le travail effectué pendant plus d'une décennie pour les Galeries Lafayette), de Jean Paul Goude, La Jungle des images « biopic » illustré de Thomas Cadenne et d'Alexandre Franc, et de Goudemalion en 2011. Ce dernier ouvrage accompagnait une exposition rétrospective au musée des Arts décoratifs de Paris, qui eut un immense succès[réf. nécessaire], et fut suivie d’une autre au Théâtre de la photo et de l’image de Nice (2014) puis de l’exposition « Image Makers » au Museum Design Site de Tokyo en compagnie de David Lynch, Bob Wilson et Noritaka Tatehana (2016), présentée ensuite au P.A.C. de Milan (2017). Ses œuvres sont régulièrement exposées au Centre Pompidou depuis 2015. Il a été l’invité du festival Kyotographie 2018 avec une exposition intitulée So Far So Goude. Puis enfin, il présente In Goude We Trust au Chanel Nexus Hall à Tokyo (2018) et au Palazzo Giureconsulti à Milan (2019).

D’autres auraient pu en profiter pour se reposer sur leurs lauriers, et s’arrêter à cette série d’hommages bien mérités ; pas Jean Paul Goude, pour qui vivre, c’est créer, et qui ne saurait cesser de donner corps aux images qui l’habitent : que ce soit à travers un travail publicitaire pour Chanel, Kenzo, Guerlain, Vionnet, Lacoste et Shiseido, ou par des collaborations régulières à des magazines comme Harper’s Bazaar, Vanity Fair, L’Officiel, Vogue, V ou Paper Magazine.

Certaines des métamorphoses qu’il a fait subir aux personnalités de la mode (Nicolas Ghesquières, Ricardo Tisci, Jean-Paul Gaultier, Karl Lagerfeld, Azzedine Alaia, Christian Lacroix, …) et du show business (Mariah Carey, Katie Perry, Oprah Winfrey, Pharrell Williams, Scarlett Johansson, Pedro Almodovar ou Kim Kardashian, dont l’image enflamma la toile) sont restées dans toutes les mémoires.

Curieusement, au moment où l’image et les techniques numériques permettent toutes les transformations et déformations que l’on souhaite en un clic, et bien qu’il mette évidemment ces techniques à contribution, Goude ne saurait abandonner la plume et le crayon et il continue à dessiner le plus précisément possible chacun de ses projets : c’est à cette dimension obstinément graphique de son œuvre qu’ont aussi fait appel M, le magazine du Monde, pour une carte blanche de trois mois en 2014, ou Vogue pour son numéro de Noël avec Rihanna en 2017.

Ultime précision, mais essentielle si l’on veut comprendre le sens de cette activité forcenée, et le retentissement qu’elle rencontre : c’est que ce travail par nature "de commande" n'est chez Goude que l'autre face d'une aventure profondément individuelle, d'un parcours (marqué en particulier par la rencontre, et l'exaltation, de quelques figures féminines) transmué en une sorte de mythologie personnelle. La vie et l'œuvre sont pour Goude profondément indissociables, ce qui donne obliquement à son travail un cachet très particulier, et l'élève au-dessus de la simple imagerie.

Production[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Documentaire[modifier | modifier le code]

  • Jean-Paul Goude, So Far, So Goude, 2006. Collection Empreinte France 5

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Documentaire Empreinte consacré à Jean-Paul Goude diffusé en sur France 5
  2. a b et c « Love, Money, God: Jean-Paul Goude Interview », sur Show Studio
  3. Jean-Paul Goude, interviewé par Aurélie Raya, « Jean-Paul Goude, de la publicité au musée », Paris Match, semaine du 23 au 29 mars 2017, pages 7-9.
  4. Bon anniversaire Mia Frye : que devient la célèbre chorégraphe ?, Télé Loisirs, 12 février 2018
  5. (en) Miranda Sawyer, « State of Grace », The Guardian,‎ (lire en ligne)
  6. a b et c « Dialogue de dandies », L'Officiel, no 910,‎ , p. 108-111 (lire en ligne)
  7. Philippe-Jean Catinchi, « Mort d'Alain Le Saux », Le Monde,  : « Mais en marge de cet engagement auprès des tenants d'une critique sociale qui reflète certains des engagements idéologiques les plus radicaux du moment, Le Saux travaille dans la presse. Pour le groupe Filipacchi notamment – il est longtemps le directeur artistique du magazine Lui. Avec ses complices Jean-Paul Goude, Jean Lagarrigue et Charles Matton, alias Gabriel Pasqualini, il forme un quatuor de mousquetaires qui, de Paris à New York (Goude est bientôt directeur artistique de la revue Esquire) font la loi dans le domaine de l'illustration. »
  8. Goude, magicien de mon enfance - Géraldine Dormoy, L'Express Styles, 22 novembre 2011.
  9. Xavier de Jarcy (Propos recueillis par) (photogr. Jean-Paul Goude (image non créditée)), « Azzedine Alaïa : « J'ai appris la mode avec les femmes » », Télérama, (consulté le 8 mai 2015)
  10. (en) Paul Rambali, « Fashion: Alaia: A life », The Independent, (voir archive)
  11. Charlotte Brunel, « La mode célèbre Azzedine Alaïa », L'Express Styles, (consulté le 8 mai 2015)
  12. « Qui est Farida Khelfa ? », Obssession, L'Obs,  : « Elle rencontre Jean-Paul Goude et devient sa muse graphique. Ils se séparent en 1990, au lendemain du défilé du créateur pour le bicentenaire de la Révolution. »
  13. « Azzedine Alaïa, le couturier qui aimait les femmes », sur Les Inrocks, (consulté le 8 mai 2015)
  14. Elvire von Bardeleben, « «Egoïste», le flair du temps », sur Libération.fr, (consulté le 26 janvier 2021)
  15. « 1992 – Pub Chanel : Vanessa Paradis dans « la cage aux oiseaux. » », sur Ipsos (consulté le 26 janvier 2021)
  16. a b et c Céline Piettre, « Expo Jean-Paul Goude aux Arts Déco : et Goude créa la femme ? », Première, (consulté le 8 mai 2015)
  17. Marion Galy-Ramounot, « Kim Kardashian et les stars immortalisées par Jean-Paul Goude », Le Figaro,
  18. Élodie Lepage, « Goude à son meilleur », Le Nouvel Observateur, no 2453,‎ , p. 142 à 143 (ISSN 0029-4713)
  19. « Goudemalion », grande rétrospective Jean-Paul Goude aux Arts décoratifs - Le Nouvel Observateur, 10 novembre 2011
  20. Prisma Média, « Jean-Paul Goude - La biographie de Jean-Paul Goude avec Gala.fr », sur Gala.fr (consulté le 14 décembre 2018)
  21. Jean-Paul Goude « Une Introspection » - Ville de Nice (voir archive)
  22. (en) « 21-21 design sight museum », Site officiel
  23. Denis Cosnard, « À Paris, Jean-Paul Goude sauve le squat de « Vernon Subutex » », sur lemonde.fr, (consulté le 14 novembre 2019)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Patrick Bensard, Jean-Paul Goude : Lafayette nous voilà !, Assouline, 2001, 2004 (ISBN 978-2-8432-3358-6)
  • d'art et de culture, no 24, hiver 2013. Couverture du magazine et interview exclusive : « That's all Goude! » [[ lire en ligne]] (extrait)
  • Alexandre Franc et Thomas Cadène, Jean-Paul Goude : la jungle des images, Dupuis, 2011 (ISBN 2-8001-5279-6)

Liens externes[modifier | modifier le code]