Jean-Paul Goude

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Jean-Paul Goude
Jean-Paul Goude IMG 0459.jpg

Jean-Paul Goude au forum Libération, en 2008.

Naissance
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Distinction
commandeur des Arts et des Lettres‎ (d) +

Jean-Paul Goude, né en à Saint-Mandé[1][2], graphiste, illustrateur, photographe, metteur en scène et réalisateur de films publicitaires français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Les parents de Jean-Paul Goude se sont rencontrés vers 1930 à New York, où son père est parti travailler et sa mère est une danseuse américaine de music-hall[1],[3].

Il a été en couple avec Grace Jones et ils ont un fils, Paulo, né en 1979[3],[4]. Sa femme Karen Park Goude donne naissance, en 1996, à une fille Loreleï et, en 1998, à un garçon Théo[2].

Débuts[modifier | modifier le code]

Après une enfance passée à Saint-Mandé[3], il devient illustrateur en 1964 pour les magasins du Printemps, lance Zouzou, puis, en 1970, Art Editor du magazine Esquire à New York aux États-Unis pendant une dizaine d’années[2][5].

« J’étais un illustrateur, illustrant les fantasmes des autres. Je suis devenu, naturellement, un auteur d’images » raconte-t-il[réf. souhaitée].

Années 1980[modifier | modifier le code]

En 1982, il conçoit, met en scène et réalise "A One Man Show" pour Grace Jones.

En 1983, il publie son premier livre intitulé « Jungle Fever » puis réalise en 1984 le film le Flamenco autour du concept « Secouez-moi » et dessine le nouveau code visuel de la marque Kodak[6] : des petits lutins s’échappant d’une diapositive.

Ses films sont proches de son univers personnel et illustrent son goût pour les corps, l’exotisme, la musique, la danse, les contes de fées. Étant dépourvus de textes, il les qualifie de ballets et de pantomimes[réf. souhaitée]. Ses conceptions et réalisations sont au service de prestigieuses marques comme Perrier (On lui doit notamment le film intitulé "La Lionne"), Citroën, Chanel.

Il met en image son ami, le couturier Azzedine Alaia[7][8], « sans doute un des seuls qui restent » souligne-t-il, et forge l'image du couturier « génie miniature, adorateur, comme lui, de géantes sublimes »[9]. Il fait figurer le créateur au côté de sa future muse, Farida Khelfa qu'il rencontre au début des années 1980[10]. Une collaboration évoqué ainsi par le commissaire de la rétrospective du couturier en 2012[11] :

« Sur une photo restée célèbre, une Farida gigantesque fait face au tout petit Alaïa. “L’association Goude-Alaïa incarne vraiment la seconde moitié des années 80, les années Mitterrand, ce moment où la mixité éclot, où l’on croit très fort à l’intégration”, analyse Olivier Nicklaus. »

En juillet 1989, à l'occasion du défilé du bicentenaire de la Révolution française, Jean-Paul Goude se voit confier par le gouvernement la conception d'un défilé monumental sur les Champs-Élysées qui contribue à sa popularité[12].

Années 1990[modifier | modifier le code]

En 1990 pour Égoïste de Chanel, il imagine un film qui commence en noir et blanc comme une tragédie et passe à la couleur comme par un coup de théâtre pour se terminer comme un ballet[réf. souhaitée].

En 1991, sur demande de Jean-Luc Lagardère, il imagine le nouveau logo de La Cinq.

Il conçoit l’année suivante le film et les photos de la nouvelle campagne Chanel pour Coco, avec Vanessa Paradis, se balançant dans une cage comme un petit oiseau[réf. souhaitée]. Plus tard, il métamorphose Carole Bouquet en Marilyn Monroe, et Estella Warren en sirène, pour le no 5 de Chanel.

En 1998, il fait apparaitre Azzedine Alaia aux côtés de Béatrice Dalle[2],[13],[14].

Années 2000[modifier | modifier le code]

De 2001 à 2015, il est directeur artistique des campagnes publicitaires des Galeries Lafayette dont il dit « J’ai voulu aller à contre-courant de tout ce que l’on voyait en ce moment ». Il égrène les affiches pleine de gaieté, de fraîcheur, comme un feuilleton dont l’héroïne Laetitia Casta joue tous les rôles (mariée, père Noël ou dandy)[15].

Il a sorti en 2005 le livre Tout Goude accompagné d'un DVD de 27 minutes aux Éditions de La Martinière (So Far So Goude Ed. Assouline (US) et Ed. Thames & Hudson (UK))

En 2009, il publie Chronique d'une image : Jean-Paul Goude aux Galeries Lafayette en coll. avec Patrick Mauriès aux Éditions de La Martinière.

En novembre 2011, il scénographie sa première rétrospective à Paris "Goudemalion" au musée des Arts Décoratifs[13],[16].

Publication de "Goudemalion" aux éditions de la Martinière et de la BD Biopic Jean Paul Goude : La jungle des images (scénario de Thomas Cadène, dessin d'Alexandre Franc) aux éditions Dupuis.

En 2012, il est élevé au grade de commandeur de l'Ordre des Arts et des Lettres.

En 2014, la ville de Nice lui consacre l'exposition « Une Introspection » au Théâtre de la Photographie et de l’Image[17].

Il est également invité à participer à l'exposition "Image-makers" faiseurs d'images[13] aux côtés de David Lynch, Bob Wilson et Noritaka Tatehana au 21-21 Museum Design Sight à Tokyo[18] .

Style[modifier | modifier le code]

"Depuis plus de quarante ans, s'exprimant à travers le dessin, l'affiche, la photo, le cinéma, la vidéo ou l'événement, Jean-Paul Goude aura semblablement impressionné, à tous les sens de l'expression, notre imaginaire. Des "minets" des années 60 au mythique Esquire de la décennie suivante, de la New York de Warhol et des cultures métissées à Grace Jones, dont il fut le Pygmalion, de l'éclatant défilé du bi-centenaire à la célébration du "Style Beur", des publicités Kodak ou Chanel aux variations sur Laetitia Casta, il a su de fois en fois capter l'air, ou l'esprit du temps et en donner une expression définitive. C’est la richesse et l’intelligence de ce parcours qu’ont mis en lumière, à partir de 2005, une série de livres et d’expositions qui ont fait date : publication de Tout Goude, somme biographique et manifeste artistique, en France, en Italie, en Angleterre et aux Etats Unis, suivie de Chronique d’une image en 2009 (retraçant le travail effectué pendant plus d’une décennie pour les Galeries Lafayette), de Jean Paul Goude, la jungle des images, « biopic » illustré de Thomas Cadenne et d’Alexandre Franc, et de Goudemalion en 2011 (éditions française et anglaise). Ce dernier ouvrage accompagnait une exposition rétrospective au Musée des arts décoratifs de Paris, qui eut un immense succès, et fut suivie d’une autre au Théâtre de la photo et de l’image de Nice (2014) puis d’une participation à l’exposition « Image Makers » au Museum Design Site de Tokyo en compagnie de David Lynch, Bob Wilson et Noritaka Tatehana.

D’autres auraient pu en profiter pour se reposer sur leurs lauriers, et s’arrêter à cette série d’hommages bien mérités ; pas Jean Paul Goude, pour qui vivre, c’est créer, et qui ne saurait cesser de donner corps aux images qui l’habitent : que ce soit à travers un travail publicitaire pour Chanel, Kenzo, Guerlain, Vionnet, Sisheido, ou par des collaborations régulières à des magazines comme Harper’s Bazaar, Vanity Fair, L’Officiel, V ou Paper Magazine. Certaines des métamorphoses qu’il a fait subir aux personnalités de la mode (Nicolas Ghesquières, Ricardo Tisci, Azzedine Alaia , Christian Lacroix) et du show business (Charlotte Gainsbourg, Pharrell Williams, Scarlett Johansson, Pedro Almodovar ou Kim Kardashian, dont l’image enflamma la toile) sont restées dans toutes les mémoires. Curieusement, au moment où l’image et les techniques numériques permettent toutes les transformations et déformations que l’on souhaite en un clic, et bien qu’il mette évidemment ces techniques à contribution, Goude ne saurait abandonner la plume et le crayon et il continue à dessiner le plus précisément possible chacun de ses projets. : c’est à cette dimension obstinément graphique de son œuvre qu’ont aussi fait appel M, le magazine du Monde, pour une carte blanche de trois mois en 2014, ou Vogue pour son numéro de Noël de la même année. Et l’un de ses derniers hauts faits à ce jour aura été de mettre en scène, dans une scénographie hypnotique, le défilé Schiaparelli Haute Couture de janvier 2015 dans la cour de l’Hôtel d’Evreux. Ultime précision, mais essentielle si l’on veut comprendre le sens de cette activité forcenée, et le retentissement qu’elle rencontre : c’est que ce travail par nature "de commande" n'est chez Goude que l'autre face d'une aventure profondément individuelle, d'un parcours (marqué en particulier par la rencontre, et l'exaltation, de quelques figures féminines) transmué en une sorte de mythologie personnelle. La vie et l'œuvre sont pour Goude profondément indissociables, ce qui donne obliquement à son travail un cachet très particulier, et l'élève au-dessus de la simple imagerie." Patrick Mauriès


Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Documentaire Empreinte consacré à Jean-Paul Goude diffusé en sur France 5
  2. a, b, c et d « Dialogue de dandies », L'Officiel, no 910,‎ , p. 108-111 (lire en ligne)
  3. a, b et c « Love, Money, God: Jean-Paul Goude Interview », sur Show Studio
  4. (en) Miranda Sawyer, « State of Grace », The Guardian,‎ (lire en ligne)
  5. Philippe-Jean Catinchi, « Mort d’Alain Le Saux », Le Monde,‎ (lire en ligne) :

    « Mais en marge de cet engagement auprès des tenants d’une critique sociale qui reflète certains des engagements idéologiques les plus radicaux du moment, Le Saux travaille dans la presse. Pour le groupe Filipacchi notamment – il est longtemps le directeur artistique du magazine Lui. Avec ses complices Jean-­Paul Goude, Jean Lagarrigue et Charles Matton, alias Gabriel Pasqualini, il forme un quatuor de mousquetaires qui, de Paris à New York (Goude est bientôt directeur artistique de la revue Esquire) font la loi dans le domaine de l’illustration. »

  6. Géraldine Dormoy « Goude, magicien de mon enfance » L'Express Styles, 22 novembre 2011 [vidéo]
  7. Xavier de Jarcy (Propos recueillis par) (photogr. Jean-Paul Goude (image non créditée)), « Azzedine Alaïa : “J’ai appris la mode avec les femmes” », Telerama,‎ (lire en ligne)
  8. Paul Rambali, « Fashion: Alaia: A life: His clothes helped shape the Eighties and some of the most glamorous bodies in the world. But he is turning his back on fashion's obsession with the new and collections every season. Azzedine Alaia talks about hoiis past in Tunisia and his present in Paris », The Independent,‎ (lire en ligne)
  9. Charlotte Brunel, « La mode célèbre Azzedine Alaïa », L'Express Styles,‎ (lire en ligne)
  10. « Qui est Farida Khelfa ? », Obssession,‎ (lire en ligne) :

    « Elle rencontre Jean-Paul Goude et devient sa muse graphique. Ils se séparent en 1990, au lendemain du défilé du créateur pour le bicentenaire de la Révolution. »

  11. « Azzedine Alaïa, le couturier qui aimait les femmes », sur Les Inrocks,‎ (consulté le 8 mai 2015)
  12. « So Far, So Goude », sur You Tube (consulté le 8 mai 2015)
  13. a, b et c Céline Piettre, « Expo Jean-Paul Goude aux Arts Déco : et Goude créa la femme ? », Première,‎ (lire en ligne)
  14. Marion Galy-Ramounot, « Kim Kardashian et les stars immortalisées par Jean-Paul Goude », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  15. Élodie Lepage, « Goude à son meilleur », Le Nouvel Observateur, no 2453,‎ , p. 142 à 143 (ISSN 0029-4713)
  16. « "Goudemalion", grande rétrospective Jean-Paul Goude aux Arts Décoratifs », Le Nouvel Observateur, 10 novembre 2011
  17. Jean-Paul GOUDE « Une Introspection »
  18. « 21-21 design sight museum »

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Albums[modifier | modifier le code]

  • Alexandre Franc et Thomas Cadène, Jean-Paul Goude : la jungle des images, Dupuis,‎ , 48 p. (ISBN 2800152796)
  • (en) Jean-Paul Goude et Patrick Mauries, So Far, So Goude, Thames & Hudson Ltd,‎ , 352 p. (ISBN 050051240X)

Documentaires[modifier | modifier le code]

Jean-Paul Goude, So Far, So Goude, 2006.