The Jean Genie

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The Jean Genie

Single de David Bowie
extrait de l'album Aladdin Sane
Face B Hang On to Yourself (États-Unis)
Ziggy Stardust (Royaume-Uni)
Sortie 28 octobre 1972 (États-Unis)
24 novembre 1972 (Royaume-Uni)
Enregistré 6 octobre 1972
studios RCA (New York)
Durée 2:43
Genre glam rock
Auteur David Bowie
Producteur David Bowie, Ken Scott
Label RCA
Classement 2e (Royaume-Uni)
71e (États-Unis)

Singles de David Bowie

Pistes de Aladdin Sane

The Jean Genie est une chanson de David Bowie sortie en septembre 1972 en single, puis en avril 1973 sur l'album Aladdin Sane.

Construite autour d'un riff de Bo Diddley, cette chanson dépeint un personnage fantasque inspiré d'Iggy Pop. Elle se classe no 2 des ventes au Royaume-Uni et devient l'une des compositions les plus populaires de Bowie.

Histoire[modifier | modifier le code]

Composition et enregistrement[modifier | modifier le code]

David Bowie débarque à New York le pour le premier segment américain de la tournée Ziggy Stardust Tour[1]. Il sillonne les États-Unis avec son groupe pendant deux mois et demi, jusqu'à début décembre[2]. Durant le long voyage en autobus Greyhound entre les villes de Cleveland et Memphis, où il doit se produire à deux jours d'intervalle, ses compagnons de route entonnent le chant « We're going bussin', bus, bus, bussin' » sur l'air de I'm a Man, une chanson de Bo Diddley reprise par les Yardbirds en 1965. Cet air constitue le socle sur lequel Bowie élabore une nouvelle composition, The Jean Genie[3]. Il affirme ultérieurement avoir écrit les paroles pour Cyrinda Foxe, une jeune femme de l'entourage d'Andy Warhol avec qui il entretient brièvement une liaison[4].

Bowie profite d'une pause dans son programme de concerts pour se rendre aux studios RCA de New York le . Deux jours plus tard, il y enregistre The Jean Genie avec son groupe d'accompagnement, les Spiders from Mars : Mick Ronson à la guitare, Trevor Bolder à la basse et Mick Woodmansey à la batterie[5]. Il l'interprète pour la première fois sur scène dès le lendemain à l'Auditorium Theatre de Chicago[4] avant de se rendre à Nashville avec Ronson pour assurer le mixage de la chanson aux studios RCA locaux[6].

Parution et accueil[modifier | modifier le code]

The Jean Genie est éditée en 45 tours par RCA Records le aux États-Unis avec Hang On to Yourself en face B. Ce single permet à la branche américaine de RCA de combler un vide dans son calendrier de publication, car elle a choisi de ne pas publier John, I'm Only Dancing, le précédent single de Bowie[7]. Il n'atteint que la 71e place du Billboard Hot 100[8].

Au Royaume-Uni, The Jean Genie ne sort qu'un mois plus tard afin de ne pas concurrencer John, I'm Only Dancing. RCA la publie en 45 tours le avec une autre face B, Ziggy Stardust[9]. Le single reste treize semaines dans le Top 40 et se classe no 2 des ventes en , derrière Long Haired Lover from Liverpool (en) de Little Jimmy Osmond (en)[8]. Lui succède en tête du hit-parade Block Buster! (en) de Sweet, une chanson de glam rock dont le riff est très similaire à celui de The Jean Genie. Les membres du groupe réfutent cependant les accusations de plagiat en affirmant n'avoir pas entendu la chanson de Bowie avant de composer la leur[10].

Postérité[modifier | modifier le code]

The Jean Genie est l'une des chansons que Bowie a le plus joué en concert. Elle fait partie de son répertoire scénique lors des tournées Ziggy Stardust Tour (1972-1973), Diamond Dogs Tour (1974), Isolar Tour (1976), Isolar II Tour (1978), Serious Moonlight Tour (1983), Glass Spider Tour (1987), Sound + Vision Tour (1990), Earthling Tour (1997) et A Reality Tour (2003-2004). Sur scène, The Jean Genie est souvent prétexte à toutes sortes d'improvisations de la part des musiciens qui accompagnent Bowie[11].

The Jean Genie a été reprise par de nombreux artistes, parmi lesquels :

Le groupe de rock écossais Simple Minds doit son nom à un passage des paroles de la chanson : « He's so simple minded he can't drive his module ». Elle est également utilisée dans les films Flashbacks of a Fool et Control, entre autres[12].

Caractéristiques artistiques[modifier | modifier le code]

Paroles et musique[modifier | modifier le code]

Le titre de The Jean Genie est un calembour sur le nom de l'écrivain français Jean Genet, dont les thèmes de prédilection, notamment l'homosexualité, intéressent beaucoup Bowie. Le chanteur, qui prétend en 1973 que ce jeu de mot est accidentel, déclare avoir été marqué par une mise en scène de Notre-Dame des Fleurs réalisée par son ami Lindsay Kemp[4]. Il rencontre en une occasion l'écrivain qui envisage de lui offrir un rôle dans une possible adaptation au cinéma de ce même roman[5]. Les paroles de la chanson dépeignent un personnage fantasque, « scandaleux, il crie et il braille », ouvertement inspiré par Iggy Pop et son comportement outrancier sur scène[4].

Le riff de guitare de Mick Ronson est un emprunt direct à la reprise du I'm a Man de Bo Diddley par les Yardbirds. Pour les parties d'harmonica, Bowie indique avoir cherché à reproduire le son des premiers disques des Rolling Stones[4]. Matthieu Thibault estime que le son boogie rock de T. Rex constitue une autre influence de la chanson[13].

Clip[modifier | modifier le code]

Le photographe Mick Rock réalise un clip pour The Jean Genie qui alterne des extraits des concerts de Bowie des 27 et au Winterland Ballroom de San Francisco avec des séquences filmées au matin du 27 devant le Mars Hotel, sur la 4e rue. Bowie apparaît dans ces séquences aux côtés d'une danseuse interprétée par Cyrinda Foxe, qu'il a fait venir spécialement de New York pour ce tournage. Le chanteur explique avoir voulu donner à son personnage de Ziggy Stardust l'allure d'un « rat d'égout d'Hollywood » et avoir fait appel à Foxe pour incarner son pendant, « une fille dans le genre Marilyn[8] ».

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Chansons[modifier | modifier le code]

Toutes les chansons sont écrites et composées par David Bowie.

45 tours RCA 2302[14]
No Titre Durée
1. The Jean Genie 4:02
2. Ziggy Stardust 3:13

Interprètes et équipe de production[modifier | modifier le code]

Classements[modifier | modifier le code]

Classement Meilleure
place
Année
Drapeau de l'Allemagne Allemagne (Media Control AG)[15] 37 1973
Drapeau des États-Unis États-Unis (Hot 100)[16] 71 1973
Drapeau de la Belgique Belgique (Flandre Ultratop 50 Singles)[17] 26 1973
Drapeau de l'Irlande Irlande (IRMA)[18] 3 1973
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas (Single Top 100)[19] 5 1973
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni (UK Singles Chart)[20] 2 1973
Drapeau de la France France (SNEP)[21] 179 2016

Références[modifier | modifier le code]

  1. Cann 2012, p. 267.
  2. Pegg 2016, p. 545.
  3. Cann 2012, p. 268.
  4. a b c d et e Pegg 2016, p. 139.
  5. a et b Cann 2012, p. 270.
  6. Cann 2012, p. 271.
  7. Cann 2012, p. 273.
  8. a b et c Pegg 2016, p. 140.
  9. Cann 2012, p. 276.
  10. Pegg 2016, p. 140-141.
  11. Pegg 2016, p. 141.
  12. Pegg 2016, p. 141-142.
  13. Thibault 2016, p. 109.
  14. Pegg 2016, p. 780.
  15. (de) Musicline.de – David Bowie. GfK Entertainment. PhonoNet GmbH. Consulté le 12 janvier 2016.
  16. (en) David Bowie - Chart history – Billboard. Billboard Hot 100. Prometheus Global Media. Consulté le 17 mars 2016.
  17. (nl) Ultratop.be – David Bowie – The Jean Genie. Ultratop 50. Ultratop et Hung Medien / hitparade.ch. Consulté le 12 janvier 2016.
  18. (en) « The Jean Genie in Irish Chart », IRMA (consulté le 19 juillet 2013)
  19. (nl) Dutchcharts.nl – David Bowie – The Jean Genie. Single Top 100. Hung Medien. Consulté le 12 janvier 2016.
  20. (en) « David Bowie », sur Official Charts (consulté le 11 avril 2020).
  21. Lescharts.com – David Bowie – The Jean Genie. SNEP. Hung Medien. Consulté le 16 janvier 2016.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Kevin Cann (trad. de l'anglais), Any day now : David Bowie, les années Londres, 1947-1974, Paris, Naïve, , 336 p. (ISBN 978-2-35021-300-2).
  • (en) Nicholas Pegg, The Complete David Bowie, Londres, Titan Books, (ISBN 978-1-78565-365-0).
  • (en) Marc Spitz, Bowie : A Biography, New York, Crown, , 448 p. (ISBN 978-0-307-71699-6).
  • Matthieu Thibault, David Bowie, l'avant-garde pop, Marseille, Le Mot et le reste, , 443 p. (ISBN 978-2-36054-228-4).
  • Paul Trynka (trad. de l'anglais), David Bowie : Starman, Rosières-en-Haye, Camion blanc, , 793 p. (ISBN 978-2-35779-228-9).

Liens externes[modifier | modifier le code]