Sylvie Andrieux

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Sylvie Andrieux
Image illustrative de l'article Sylvie Andrieux
Fonctions
Députée de la 3e circonscription des Bouches-du-Rhône
En fonction depuis le
Élection
Prédécesseur Jean Roatta
Députée de la 7e circonscription des Bouches-du-Rhône
Élection
Réélection
Prédécesseur Bernard Leccia
Successeur Henri Jibrayel
Conseillère régionale de PACA
Biographie
Date de naissance (53 ans)
Lieu de naissance Marseille (Bouches-du-Rhône)
Nationalité Française
Parti politique Parti socialiste (1976-2013)
Père Antoine Andrieux
Diplômée de École supérieure de commerce

Sylvie Andrieux, née le à Marseille (Bouches-du-Rhône), est une femme politique française, exclue du Parti socialiste à la suite d'une condamnation judiciaire. Depuis 1997, elle est députée de la 7e, puis de la 3e circonscription des Bouches-du-Rhône, à Marseille.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse, études et famille[modifier | modifier le code]

Fille du sénateur Antoine Andrieux (proche de Gaston Defferre), et la filleule de la sénatrice Irma Rapuzzi[1], Sylvie Andrieux adhère au Parti socialiste dès l'âge de quinze ans (1976)[2].

Après l'obtention d'un diplôme d'École supérieure de commerce[3], elle entre à vingt-deux ans (1983) à la Société coopérative de manutention (SOCOMA), créée notamment à l'initiative de Gaston Deferre dans les années 1950, une coopérative ouvrière qui a été à cette époque « un acteur influent de la vie portuaire autant qu’une manne financière, un point de chute ou une sorte de centre de formation des cadres du parti »[4].
Sylvie Andrieux a été vice-présidente de la Mutuelle nationale des étudiants de France (MNEF)[5].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Sylvie Andrieux est mariée à Jean-Paul Bouisse, PDG d'une entreprise de métallurgie à Cavaillon (Vaucluse) et ancien président de la chambre de commerce et d'industrie de Vaucluse. Elle est divorcée de Jean-Paul Bacquet (député du PS de la 4e circonscription du Puy-de-Dôme)[6] avec qui elle a été mariée de 1997 à 2004. Elle vit à Malmousque (Endoume, Marseille)[7].

Franc-maçonne, elle fut membre pendant vingt ans de l'ordre maçonnique mixte Le Droit humain jusqu'en 2011[8] qu'elle a quitté en application de la règle interne de l'obédience qui veut que l'on démissionne lorsqu'on fait l'objet d'une procédure judiciaire[9].

Parcours politique[modifier | modifier le code]

Revendiquant son appartenance au courant fabiusien[10], elle obtient son premier mandat de conseiller régional à trente et un ans (1992).

Elle quitte son emploi à la SOCOMA en 1997 (mais y conserve des parts[4]) après avoir été élue pour la première fois députée de la 7e circonscription des Bouches-du-Rhône (quartiers nord populaires de la ville de Marseille), à trente-six ans, face à un député de droite qui se représentait[11]. Elle y est réélue en 2002 et en 2007.

Le 17 juin 2012, elle est élue de justesse députée de la 3e circonscription des Bouches-du-Rhône face au candidat du Front national. L'année suivante, après sa condamnation pour détournements de fonds publics, elle est exclue du groupe socialiste, et siège depuis chez les députés non inscrits de l'Assemblée nationale.

Condamnation judiciaire[modifier | modifier le code]

Sylvie Andrieux est impliquée dans une affaire de détournements de subventions du conseil régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur : plus de 740 000 euros auraient été détournés via le financement d'associations entre 2005 et 2009[12],[13]

Elle s'en défend en prétendant être étrangère aux subventions suspectes, dont l'attribution dépendait selon elle des « responsables administratifs de la région ». Mais suite à ces révélations, le président de la région PACA, Michel Vauzelle, lui retire la délégation à la politique de la ville qu'elle occupait en tant que vice-présidente du conseil régional[14]. Le 7 avril 2010, le bureau de l'Assemblée nationale lève son immunité parlementaire[15].

Elle est mise en examen le « pour complicité de tentative d'escroquerie et de détournement de fonds publics »[16],[17],[18]. Le , le procureur de la République Jacques Dallest considère qu'elle est intervenue « très concrètement » pour attribuer des subventions à des associations inexistantes et qu'elle est au centre d'un « clientélisme politique » destiné à une « fidélisation de l'électorat et d'intérêts politiques »[19]. Le , elle est renvoyée devant le tribunal correctionnel pour « détournement de fonds publics »[20]. Le PS lui retire son investiture le 31 mai 2012[21],[22], mais Sylvie Andrieux maintient sa candidature[23],[24]. Face à Stéphane Ravier (Front national), elle est réélue avec 50,99 % des voix[25]. Le , Sylvie Andrieux est député apparentée[26] au groupe PS à l'Assemblée nationale[27].

Le 4 mars 2013, commence pour trois semaines le procès de Sylvie Andrieux et de 21 autres prévenus[28]. Le 22 mai, elle est déclarée coupable de détournement de fonds publics par le tribunal correctionnel de Marseille, et condamnée à trois ans de prison dont deux avec sursis, 100 000 euros d'amende et cinq ans d'inéligibilité[29]. Les avocats de Sylvie Andrieux interjettent appel du jugement, ce qui suspend l'exécution de celui-ci[30],[31].

En septembre 2014, la cour d'appel renforce la peine et la condamne à quatre ans de prison, dont trois avec sursis. Elle se pourvoit alors en cassation[32].

Détail des mandats et fonctions[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Julien David, « SYLVIE ANDRIEUX, « UNE MILITANTE TRES ACTIVE » », marseille-plus.fr.
  2. « Duel de femmes dans le 7e secteur », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  3. « Les "fils et filles de" en politique », L'Express,‎ (lire en ligne)
  4. a et b « Marseille, Guérini plonge Andrieux dans le Socoma », Bakchich.info,‎ (lire en ligne)
  5. Mnef: Bernardini en garde à vue. Le patron du PS des Bouches-du-Rhône est soupçonné d'avoir bénéficié d'une opération immobilière coûteuse pour la mutuelle. Armelle Thoraval, Libération, 28 octobre 1999
  6. 100 Français qui font les années 2000
  7. « Où habitent les élus marseillais ? », La Provence (presse),‎ (lire en ligne)
  8. « Marseille : La Bonne Mère veille sur plus de 8 000 frères », Capital,‎ (lire en ligne)
  9. Source : François Koch, blog sur l'express.fr « La lumière », 6 mars 2012
  10. Interview de Sylvie Andrieux, diffusée sur Radio Grenouille, le samedi 9 juin 2007
  11. Moi, Sylvie Andrieux, casquée d'Or, son portrait satirique dans le mensuel provençal le Ravi, septembre 2010
  12. « A Marseille, on achète les votes des cités », Le Point,‎ (lire en ligne)
  13. « La députée Sylvie Andrieux chez le juge », Le Figaro, 8 juillet 2010.
  14. « Affaire des subventions détournées : Vauzelle met Andrieux sur la touche », La Provence,‎ (lire en ligne)
  15. L'immunité parlementaire d'une socialiste levée, lci.tf1.fr, 7 avril 2010
  16. Mise en examen/Andrieux: "diversion", Le Figaro, 8 juillet 2010
  17. SUBVENTIONS DOUTEUSES - Michel Vauzelle entendu pendant trois heures par un juge, Le Point, 10 septembre 2010
  18. Détournements de fonds publics à Marseille, Observatoire des subventions, 19 août 2010
  19. « Une candidate présumée innocente », Le Canard enchaîné, 29 février 2012, p. 4.
  20. « La députée PS Sylvie Andrieux sera jugée pour «détournement de fonds» », Mediapart, 30 mai 2012.
  21. Le PS retire à Sylvie Andrieux son investiture aux législatives, Le Figaro, 31 mai 2012.
  22. Montebourg approuve le lâchage de Sylvie Andrieux, Libération, 1er juin 2012.
  23. PS : Andrieux maintient sa candidature, Le Figaro, 31 mai 2012.
  24. Législatives à Marseille : drôle de campagne chez Sylvie Andrieux, Le Point, 1er juin 2012.
  25. http://www.laprovence.com/actu/politique-en-direct/legislatives-3e-circo-du-13-definitifs-sylvie-andrieux-elue-deputee
  26. [1], Composition du groupe Socialiste, Républicain et Citoyen (SRC) de l'Assemblée nationale.
  27. Assemblée : Andrieux dans le groupe PS, Le Figaro, 13 juillet 2012.
  28. La députée PS Sylvie Andrieux au tribunal, Aliette de Broqua, Le Figaro, 3 mars 2013
  29. Olivier Bertrand, « Prison ferme et inéligibilité pour Sylvie Andrieux », Libération,‎ (lire en ligne)
  30. Luc Leroux, « Marseille : un an de prison ferme pour la députée Sylvie Andrieux », La Provence,‎ (lire en ligne)
  31. Détournements de fonds à la sauce bouillabaisse : l’heure de vérité pour Sylvie Andrieux, étoile montante du PS marseillais, Gilles Gaetner, atlantico.fr, 22 septembre 2014
  32. La députée Sylvie Andrieux condamnée en appel à 4 ans de prison, dont 3 avec sursis, lefigaro.fr, 23 septembre 2014

Liens externes[modifier | modifier le code]