Franca Maï

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Franca Maï
Nom de naissance Françoise Baud
Naissance
14e arrondissement de Paris
Décès (à 52 ans)[1]
Villejuif
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture Français
Genres

Franca Maï, née Françoise Baud le à Paris 14e, décédée le à Villejuif, est une romancière, actrice et productrice française.

Éléments biographiques[modifier | modifier le code]

Quart vietnamienne par son grand-père maternel, Franca Maï grandit entre Paris et l’Eure-et-Loir.

Elle est l’aînée d’une fratrie comprenant deux autres sœurs et un frère. Son père, un CAP de tourneur et un BP industriel en poche, brillant autodidacte, maquettiste par la suite, crée et entretient dans une vie parallèle des voitures de collection[2]. Il est le constructeur de la Saga 55[3]. Sa mère, eurasienne, manutentionnaire puis secrétaire médicale, forme avec lui un couple dès leurs seize ans.

Brune ténébreuse (aspect renforcé par les fines cicatrices qui émaillent sa pommette gauche, legs d’un accident de voiture, qu’elle nomme ses « cruelles »), Franca Maï revendique au fil de ses nombreuses expériences artistiques un statut d’électron libre.

Actrice (1979-1996)[modifier | modifier le code]

Après avoir débuté au cinéma avec le film culte de Jean Rollin Fascination en 1979[4], Franca Maï (parfois au générique comme "Franka Maï") poursuit sa carrière de comédienne en enchaînant les rôles de personnages atypiques et marginaux (vampire donc, puis terroriste, escort girl, pythie…) qui lui permettent de côtoyer des acteurs de renom comme Jean Rochefort (le Moustachu, 1987)[5], Jean Carmet et Jean-Pierre Marielle (Les Idiots (téléfilm, 1987))[6], ou encore Fabrice Luchini (Zig Zag Story, 1982), tout en travaillant sous la houlette de réalisateurs chevronnés comme Patrick Schulmann ou Jean-Daniel Verhaeghe.

Productrice et réalisatrice (1986-2000)[modifier | modifier le code]

Ces expériences cinématographiques l'orientent tout naturellement vers la production de films indépendants, avec à la clé une prolifique collaboration avec le réalisateur Yorame Mevorach[7] (qui est également le père de sa fille Arena, née en 1993). Elle produit une cinquantaine de films courts sous l'égide de sa production Fatale Morgana films immortels (existence de 1986 à 1996), plusieurs d'entre eux faisant partie de la sélection officielle au Fipa en 1987 et en 1988. Entre 1992 et 2000, le PDG et le directeur de communication du groupe LVMH décident, au regard de la qualité des films réalisés et des prises de risques fournies, d'accorder leur confiance sur plusieurs projets.

Une œuvre visuellement poétique voit ainsi le jour sous forme d'objets-lights, Franca Maï n’hésitant pas à l’occasion, tant par plaisir que par exigence artistique, à se retrouver des deux côtés de la caméra en tant qu’actrice (Berceaumniaque, plusieurs clips des Rétrophobies de Yorame Mevorach) (en Sélection Officielle Fipa Cannes entre 1987 et 1991) et réalisatrice (FuckAnge, L’an de mes II, Marie Mad[8]). Également coscénariste pour TF1 et France 2 (Scandale, téléfilm, La Barbe-bleue, téléfilm, Horoscope-Victime 12 x 30).

Romancière (2001-2009)[modifier | modifier le code]

En 2001, « pour des raisons familiales et personnelles », Franca Maï change radicalement de cap et se met à écrire des romans. Repérée par Pierre Drachline grâce à « une lettre, écrite sous forme de nouvelle à un homme qui bien sûr n’a rien compris », elle publiera sept romans au Cherche midi entre 2002 et 2009. Le huitième et dernier, Divino sacrum, sera au final refusé par sa maison d'édition, quelques semaines avant son décès. Un roman noir, rédigé à quatre mains avec Leny Escudero, n'a toujours pas vu le jour. "Les images de cruauté déstabilisent le lecteur par leur cadrage net, leur gros plan sans concession. À travers cette violence crue, Franca Maï dissèque les rapports entre tortionnaire et victime. Les mots peuvent-ils désarçonner la violence ? Comment enrayer le mécanisme infernal de la souffrance infligée pour sortir de sa propre souffrance ? La romancière approfondit les questions qui la passionnaient déjà…" - février 2008, Magazine Littéraire no 472[9] .

De ses débuts remarqués avec Momo qui kills[10] (promo sur le plateau télé de Guillaume Durand) à Crescendo[11] en passant par le diptyque de Mata (Speedy Mata[12], Pedro[13]) et le malaise qui se perche aux tripes à la lecture de L’ultime tabou[14], Jean-Pôl et la môme caoutchouc[15] (télé avec PPDA[16]) ou encore L’amour carnassier[17] (télé avec Frédéric Taddeï), ses romans n'excédent pas les 200 000 signes. Les deux premiers (Momo qui kills et Jean-Pôl et la môme caoutchouc) sont également réédités chez Pocket.

Divino Sacrum (2008-2016)[modifier | modifier le code]

Atteinte d'un cancer en 2008, elle mène un combat de longue durée entre chimiothérapies, radiothérapies et rechutes. Elle se voit contrainte de mettre un terme à sa collaboration avec le E-Torpedo en juillet 2011 et écrit le roman choc Divino sacrum (carnet de bord d'une vieille cancéreuse fripée) (titre provisoire), où elle raconte l'histoire d'une femme animée par une indéfectible rage de vivre confrontée au purgatoire du crabe et de ses dommages collatéraux. Cette fiction crue et poétique est un témoignage de reconnaissance envers les médecins et le personnel soignant, ainsi qu'une forme d'aide concrète pour les patients et leur entourage.

Divino sacrum sera au final publié posthume par les Editions OVNI en septembre 2016.

En juin 2011, à la veille d'un troisième protocole (Cyberknife), elle réalise en collaboration avec Sirieix (Bruno Pochesci) le moyen-métrage Divina sacra. Vinrent ensuite, un court-métrage conçu autour de Momo qui kills (Fleurs vénéneuses) et Soins palliatifs, toujours en duo avec Sirieix.

Expériences diverses[modifier | modifier le code]

Nouvelles et poésies (2001-2012)[modifier | modifier le code]

Politiquement située à l'extrême gauche[18], Franca Maï a signé des textes dans de nombreux recueils collectifs militants : Le clochard ricanant[19], La dérive[20], Altermonde sans frontiere, 27 juillet 2009, Avec ma permission[21], L'oisillon décharné (dédié à Nathalie Ménigon[22]), Les repentis chantent faux (dédié à Cesare Battisti - Humanimal, éditions Archipel93[23]), Jardin secret (le catalogue Vive la mode no 1)[24] et La ligne blanche (revue CCAS infos no 270)[25]. En 2004, elle dédie le poème musical Ouvrez les cages à Nathalie Ménigon[26].

Le Web (2004-2011)[modifier | modifier le code]

En 2004 Franca Maï crée avec Didier "Di2" Delaine le webzine "sans barbelés" E-Torpedo. Actualité hors des sentiers battus, culture indépendante et politique antagoniste y sont à l’honneur, loin du mainstream, avec, outre ses propres articles, un ensemble de contributions externes (Philippe Marlière, Laiguillon, Andy Vérol, Régis Duffour, Gilles Delcuse, Serge Rivron, Marc Alpozzo, André Bouny…) cohérentes avec les mouvances de gauche dites libertaires. En plus de gérer son « Blog de feu »[27] sur son propre site, elle écrit également pour les sites Bellaciao[28], Sistœurs[29], Hermaphrodite, Oulala et Lemague, s’engageant en particulier pour la libération des membres d'Action directe, ou pour le site de musiques en licences ouvertes[30].

La Chanson (1985-1986)[modifier | modifier le code]

Dotée d’une voix chaude, Franca Maï fait une brève incursion dans la chanson en créant un groupe auquel elle donne son nom. Le clip réalisé pour l’occasion, Gauche ou Droite (homme pressé)[31], sera en Sélection officielle au Festival St.Tropez et diffusé sur Canal Plus.

Lectures musicales (2003-2010)[modifier | modifier le code]

Dès 2003, Franca Maï conçoit et interprète des « lectures musicales » comme autant de corollaires à chacun de ses romans. Après en avoir choisi les passages les plus à même de vivre de leur "propre vie", Di2 les met en musique en assurant arrangements, interprétation et production. Des représentations live en duo ont régulièrement eu lieu. Un CD, avec musiques additionnelles de Miss Hélium et Sirieix, est envisagé par ce dernier pour lui rendre hommage.

Exposition (2006)[modifier | modifier le code]

L'Autel des mots, assemblage composite présenté à l’exposition Papiers d'artistes à la Voie Ferrée.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

  • Momo qui kills[32], Cherche-midi (2002), rééd. Pocket, nouvelles voix (2004)
  • Jean-Pôl & La môme caoutchouc[33], Cherche-Midi (2003), rééd. Pocket, nouvelles voix (2005)
  • Speedy Mata[34], Cherche-Midi (2005)
  • L’ultime Tabou[35], Cherche-Midi (2006), rééd. Pocket nouvelles voix (2007)
  • Pedro[36], Cherche-Midi (2007)
  • L’Amour Carnassier[37], Cherche-Midi (2008)
  • Crescendo[38], Cherche-Midi (2009)
  • Divino Sacrum , Editions OVNI (2016)

Nouvelles[modifier | modifier le code]

  • La Passion de la victime[39], recueil collectif, éditions Que, 2003.
  • Humanimal I, recueil collectif humanitaire, éditions Archipel93, 2003, nouvelle : « Le clochard ricanant ».
  • Humanimal II, recueil collectif humanitaire, éditions Archipel93, 2004, nouvelle : « La dérive ».
  • Humanimal III, recueil collectif humanitaire, éditions Archipel93, 2005, nouvelle : « Avec ma permission » et poèmes : « L’oisillon décharné » (dédié à Nathalie Ménigon), « Les repentis chantent faux » (dédié à Cesare Battisti).
  • La Nuit écarlate ou le Repas des fauves, hommage à Grisélidis Réal, éditeur Association Himeros, nouvelle : « Et la lune rit avec ses dents pourries »[40].
  • Jardin secret, nouvelle parue dans le catalogue Vive la mode no 1, 2006.
  • La Ligne blanche, nouvelle parue dans la revue CCAS infos no 270, juillet/août 2006.
  • L’Errance[41], nouvelle parue dans la revue CCAS infos no 282, septembre 2007.
  • Soleil aveuglant[42], nouvelle parue dans la revue CCAS infos no 310, mars 2010.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Comme actrice[modifier | modifier le code]

Comme réalisatrice et scénariste[modifier | modifier le code]

  • 1993 : L'an de mes II, court-métrage
  • 2003 : FuckAnge, court-métrage

Références[modifier | modifier le code]

  1. « L'actrice et romancière Franca Maï est morte », L'Express,‎ (lire en ligne)
  2. Saga 250 GTO : DES GENES D'ALFA, Philippe Dufresne, novembre 2009
  3. SAGA 55, Voitures 1982, 20 juillet 2006
  4. Filmographie, Allo Ciné
  5. le Moustachu, Cinemovies
  6. Les Idiots, Imdb
  7. Yorame Mevorach, Allo cine
  8. Marie Mad, Vidéo
  9. Magazine Littéraire, Magazine Littéraire, février 2008 no 472
  10. Momo qui kills, Tang Loaëc
  11. Crescendo, Séverine Capeille, 31 décembre 2008
  12. Speedy Mata, Marc Alpozzo, 29 janvier 2005
  13. Pedro, Virginie Gruenenberger, 15 décembre 2007
  14. L’ultime tabou, Sarah,
  15. Jean-Pôl et la môme caoutchouc, Liberation, 6 novembre 2003
  16. promo avec Patrick Poivre d'Arvor, Vidéo
  17. L’amour carnassier, Anne Marie Koenig,
  18. Décès de Franca Maï, écrivain singulière et plurielle, Le Mague, 10 février 2012
  19. Le clochard ricanant, Diogene 2001
  20. La dérive, Altermonde sans frontiere
  21. Avec ma permission, Arts livres
  22. L'oisillon décharné, Jc Cabanel
  23. Les repentis chantent faux, Hermaphrodite
  24. Jardin secret, altermonde-sans-frontiere
  25. La ligne blanche, Andy Vérol
  26. Ouvrez les cages, Hermaphrodite
  27. Blog de feu, Blog de feu
  28. bellaciao.org/fr : dossier Franca Maï, Bellaciao, dossier Franca Maï
  29. Sistœurs.net : vous n'avez jamais lu de site féminin, Sistoeurs, Séverine Capeille
  30. Musique libre, pourquoi? comment?, Dogmazic
  31. Gauche ou Droite (homme pressé), Gauche ou Droite (homme pressé)
  32. Momo qui kills, Collection Romans, 26 août 2002
  33. Jean-Pôl & La môme caoutchouc , Collection Romans, 25 août 2003
  34. Speedy Mata, Collection Romans, 06 janvier 2005
  35. L’ultime Tabou, Collection Romans, 05 janvier 2006
  36. Pedro, Collection Romans, 11 janvier 2007
  37. L’Amour Carnassier, Collection Romans, 10 janvier 2008
  38. Crescendo, Collection Romans, 08 janvier 2009
  39. La Passion de la victime, Francois Xavier, 31 mars 2004
  40. Et la lune rit avec ses dents pourries, Diogene, 2008
  41. L’Errance, Diogene, 2008
  42. Soleil aveuglant, Vendemiaire, 22 mars 2010
  43. Quatre femmes, quatre vies: Des chandails pour l'hiver, imdb
  44. La colère de Maigret, imdb
  45. Point mort, imdb

Liens externes[modifier | modifier le code]