I... comme Icare

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Icare (homonymie).
I… comme Icare
Réalisation Henri Verneuil
Scénario Henri Verneuil
Didier Decoin
Acteurs principaux
Sociétés de production Antenne 2 et V Films
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Thriller
Durée 126 minutes
Sortie 1979

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

I… comme Icare est un film français réalisé par Henri Verneuil, sorti en 1979.

Synopsis[modifier | modifier le code]

L'ensemble du film se déroule dans un pays fictif qui évoque cependant fortement les États-Unis (notamment avec les drapeaux et la devise du pays, le dollar). On peut constater dans certains plans, l'insistance sur l’aspect international du scénario par la multitude des langues présentes, par exemple sur les panneaux indicateurs, et par un décor très neutre, rendant l'action possible dans n'importe quel pays.

À la suite de l'assassinat du président Marc Jarry récemment réélu, une commission d'enquête dirigée par le président de la Haute Cour de Justice, Frédéric Heiniger, est instituée afin d'élucider les circonstances de l'attentat.

Le rapport final de cette commission précise qu'il n'y a eu qu'un seul tireur, Karl-Erich Daslow, ayant agi seul, par folie et avec préméditation. Il aurait tiré 3 balles en direction de sa cible, du haut d'un immeuble et aurait abandonné le fusil sur place. Il est retrouvé mort dans l'ascenseur qui descend, suicidé d'une balle dans la tête. Ces conclusions ne satisfont pas le procureur Henri Volney, à qui sont remis les pleins pouvoirs afin de continuer l'enquête.

Avec l'aide de ses quatre collaborateurs, Volney récupère des films de l'assassinat. Celui de Robert Sanio lui semble particulièrement intéressant. Sanio, accompagné de son avocat, vend son film à Volney à prix d'or et lui révèle qu'il en a déjà vendu une copie il y a quelque temps à une société, mais il est certain que son film n'a jamais été diffusé.

Sanio filmait d'une terrasse au pied de l'immeuble d'où aurait tiré Daslow. Sur le film, à une fenêtre du 2e étage de l'immeuble, Volney repère la silhouette d'un 2e tireur. Sur le plan du film après les coups de feu, Volney repère neuf personnes autour de Sanio, regardant dans la direction de la fenêtre du 2e étage, donc neuf témoins possibles. À l'issue des recherches de ses collaborateurs, il découvre que huit des neuf témoins se sont présentés pour témoigner à la commission d'enquête, mais leurs témoignages jugés inintéressants, avaient été écartés. Depuis ils sont brutalement décédés de causes très suspectes : accidents de la route, suicides, assassinat sous couvert de légitime défense.

Le 9e témoin très discret, ne s'est jamais manifesté, il est donc inconnu. Volney lance un appel à la télévision montrant sa photographie pour le retrouver. Franck Bellony, convaincu par son épouse, fini par le contacter. Bellony n'identifie pas le tireur qu'il a aperçu à la fenêtre du 2e étage dans la longue série de photos des suspects, mais il identifie un homme, qui était sur le trottoir en contrebas tenant un parapluie, et qui curieusement l'a ouvert juste avant les coups de feu : Carlos de Palma, membre de la pègre.

Au moment des faits, les bureaux du 2e étage de l'immeuble étaient loués par une société fantôme.

La nuit, le 2e tireur, Ramon Jimenez, rejoint Carlos de Palma dans son restaurant désert. Jimenez annonce à de Palma que puisqu'il n'a pas été capable de supprimer tous les témoins qui l'ont vus tirer sur Jarry, s'il est capturé, il le dénoncera. Carlos de Palma le fait abattre.

Volney réalise une reconstitution de l'assassinat. Un tireur d'élite reproduit les tirs du sommet de la tour. Les douilles éjectées hors du fusil sont dispersées loin de lui, contrairement aux 3 douilles des munitions qu'aurait utilisées Daslow, accréditant ainsi l'hypothèse d'une mise en scène.

Un an avant l'attentat, Daslow avait participé à une expérience sur la soumission à l'autorité. Elle avait montré que, comme la majorité des participants, Daslow est soumis et obéit à une autorité, s'il respecte celle-ci.

Observant la photographie prise au mois de mars, montrant Daslow près d'un hortensia dans son jardin tenant le fusil du meurtre, Volney établit que c'est un photomontage, car l'ombre ne correspond pas à l'éclairage et les hortensias ne fleurissent pas en mars.

Il s’approche progressivement de la solution de l'affaire en trouvant un lien entre Ramon Jimenez, Carlos de Palma, et Richard Mallory, directeur des activités secrètes aux services spéciaux qui a permis la grâce de ce dernier. Un de ses collaborateurs organise le cambriolage de l'appartement de Richard Mallory avec l'aide d'un cambrioleur, en échange d'une réduction de peine. Il trouve durant l'action une cassette audio, vraisemblablement codée, pendant que le procureur Volney, afin de protéger son adjoint, discute avec le chef des activités secrètes jusqu'au retour des deux hommes.

Le procureur, après une nuit d'efforts, arrive à décoder la cassette. Volney comprend que l'enregistrement retranscrit les détails d'une opération nommée « Zénith » gérée par un groupe de pression appelé « Minos », opération consistant à discréditer, déstabiliser, engendrer des révoltes puis assassiner le chef d'État d'un pays imaginaire, le Tibéria (capitale Kawar). La fin de l'enregistrement contient les ordres de lancement d'une opération nommée I comme Icare devant se terminer le 17 juin avant minuit (nous sommes alors le 17 à 6 heures du matin). À l'aide d'archives de presse, il arrive à retrouver le fil des événements tragiques de Kawar et il s'aperçoit que Minos avait pour objectif de placer à la tête du pays un dictateur militaire. Il découvre aussi que Carlos de Palma était rentré à Kawar, lors de l'élection du dictateur, recoupant ainsi toutes les pistes.

Se rendant compte de la gravité des faits pour le pays, Henri Volney enregistre un mémo pour le président décrivant les preuves trouvées. Lors des dernières minutes, il appelle sa maîtresse, écrivain et philosophe, lui demandant ce qu'évoque le mythe d'Icare. Pendant que celle-ci se renseigne dans son dernier livre, le procureur Volney se rend devant la fenêtre de son bureau et est assassiné d'une balle dans la tête. Sa maîtresse répond alors à la question en précisant la nature du mythe : « Qui cherche à atteindre la vérité se brûle les ailes ». Le film finit sur un plan du bureau à travers un couloir au fond duquel se trouve un ascenseur dont les portes s'ouvrent.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

(Hormis pour Yves Montand, distribution par ordre alphabétique conformément au générique du film)

Lieux de tournage[modifier | modifier le code]

Tour EDF de Cergy-Pontoise


Commentaires[modifier | modifier le code]

  • Ce film imagine une situation fictive, fortement inspirée de la théorie d'un complot ayant conduit à l'assassinat de John F. Kennedy. Le nom du tueur, Daslow, est d'ailleurs l'anagramme du nom de l’assassin supposé de JFK, Lee Harvey Oswald. De nombreux autres éléments reprennent la thèse de Jim Garrison développée lors de son enquête sur l'assassinat de Kennedy. Ainsi on retrouve pour l'assassin :
    • la mise en scène possible de l'arme du crime,
    • la photo truquée avec le fusil,
    • le 22 du mois (JFK assassiné un 22 novembre et Jarry le 22 mai).
  • Sont également évoqués :
    • la participation possible des services secrets,
    • l'utilisation de la mafia comme intermédiaire,
    • le rapport biaisé de la Commission Warren,
    • la représentation probable de Jim Garrison dans le personnage du procureur Volney,
    • le film de Zapruder,
    • l'homme au parapluie, Umbrella Man (dans le film, le personnage de Carlos de Palma).
  • Le film s'appuie sur l'allégorie d'Icare : à vouloir trop s'approcher de la vérité, on se brûle les ailes. Mais d'une manière générale, ce film est une critique féroce du pouvoir dans les sociétés modernes et approche particulièrement la manière dont un pouvoir, quel qu'il soit, peut amener un quidam à effectuer des actes d'une grande cruauté.
  • Un passage du film recrée, à l'Université de Layé (anagramme de Yale), l'expérience de Milgram, qui fut conduite au début des années 1960. Un psychologue américain, Stanley Milgram, montra que deux volontaires sur trois peuvent être amenés, pour une somme dérisoire, à infliger un choc électrique dangereux, voire mortel, à une personne qu'ils ne connaissent pas, qui ne leur a rien fait et dont la seule faute est de s'être trompé dans un test de mémoire. Le cadre sérieux de l'université et l'autorité présumée des organisateurs de l'expérience suffisaient à légitimer, aux yeux des volontaires, une telle barbarie. L'expérience était truquée et aucune décharge électrique n'était réellement infligée. Cela n'empêcha pas les volontaires de croire sincèrement qu'ils punissaient les simulateurs. Toutefois, les conditions expérimentales ayant donné plus de 63% de sujets allant jusqu'au bout de l'expérience ne sont pas celles décrites dans le film (« Moniteur » et « Élève » dans des pièces séparées, pas de contact physique). Dans le cadre de sujets dans la même pièce, avec un contact physique entre « Moniteur » et « Élève » (comme dans le film), le taux d'obéissance n'était que de 30 %.
Le film permet en outre à Verneuil de mettre en scène ces expériences de Milgram qui l'ont fasciné (ce dernier a d'ailleurs mis plusieurs années et plusieurs versions pour arriver au scénario final). Le film semble beaucoup reposer sur cette démonstration scientifique de la capacité humaine à se soumettre à l'autorité.
  • Le final décrivant l'Opération Zénith s'inspire des événements ayant provoqué la chute du Président du Chili Salvador Allende et l'arrivée au pouvoir de la junte militaire dirigée par Augusto Pinochet.
  • Au tout début du film, la chaîne « International tv programs » rediffuse les images du président Jarry interrogé, au moment de sa réélection, sur sa politique pour les années à venir. Celui-ci y déclare :

« Voyez vous... Bernard Shaw disait : « Il y a des gens qui voient les choses comme elles sont et qui se demandent pourquoi, et puis... il y a des gens qui rêvent les choses comme elles n'ont jamais été et qui se demandent… pourquoi pas ? » J'essaierai d'appartenir à cette deuxième catégorie. »

Cette citation est effectivement adaptée d'une réplique du serpent à Ève, dans Au commencement, la première pièce du cycle En remontant à Mathusalem (en), écrite en 1921 par George Bernard Shaw :

« You see things; and you say “Why?” But I dream things that never were; and I say “Why not?”. »

— Acte I, § i

John F. Kennedy a utilisé cette citation dans un discours devant le Parlement d'Irlande à Dublin le 28 juin 1963, et son frère Robert F. Kennedy en a utilisé une version légèrement modifiée en 1968[1].
  • On peut observer un caméo de Henri Verneuil, il apparait à 16 minutes 41 secondes.

Récompenses et nominations[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations[2][modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Bibliothèque du Congrès (préf. James H. Billington), Respectfully Quoted: A Dictionary of Quotations, Dover Publications, , 520 p. (ISBN 978-0-486-47288-1, lire en ligne), p. 93.
  2. « I COMME ICARE », sur Académie des Césars

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]