Ordre nouveau (mouvement)

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Ordre nouveau (forme courte du Centre de recherche et de documentation pour l'avènement d'un ordre nouveau dans les domaines social, économique et culturel[1]) était un mouvement politique français, nationaliste et d'extrême droite, actif entre 1969 et 1973 ; habituellement classé dans le courant néofasciste[2],[3],[4],[5],[6], il utilisait la croix celtique comme emblème. Le mouvement a participé à la création en 1972 du Front national, qui devait à l'origine en constituer la vitrine électorale.

Histoire[modifier | modifier le code]

Il est créé en novembre 1969 par une équipe d'anciens adhérents du mouvement Occident (dont William Abitbol, Marie-Françoise David, Gérard Écorcheville, Hugues Leclère, Jack Marchal, Alain Robert), épaulés par des étudiants du GUD et rejoints à partir de février 1970 par François Duprat. La première présidence fut confiée à l'avocat Jean-François Galvaire, qui démissionna de ce poste en mai 1970.

La croix celtique, emblème d'Ordre nouveau et également de Jeune Nation.

Le credo d'Ordre nouveau était « la renaissance du patriotisme, la promotion d'une hiérarchie des valeurs, ainsi que la restauration familiale et éducative ». L'objectif proclamé était de constituer l'ossature d'un futur parti politique ayant vocation à rassembler l'opposition nationaliste de droite en jouant pleinement le jeu démocratique et en participant aux élections. Au cours de son deuxième congrès, les 10 et , le mouvement mit en pratique cette stratégie en adoptant une résolution qui donna naissance au Front national dans la perspective des élections législatives de mars 1973.

Lors d'une réunion publique tenue à la salle de la Mutualité à Paris le sur le thème « Halte à l'immigration sauvage », de violents affrontements opposèrent des contre-manifestants d'extrême gauche appartenant à la Ligue communiste d'Alain Krivine aux forces de l'ordre. Bien qu'ayant été manipulé par la deuxième section des RG de Paris[7],[8], Ordre nouveau fut, tout comme la LC, dissous par décret du Conseil des ministres du 28 juin[9].

À la suite de cette dissolution, l'essentiel des cadres de l'ex-Ordre nouveau créent les Comités faire front (très brièvement Faire face, mais la dénomination était déjà utilisée par une association) qui donnèrent naissance, après la rupture avec le Front national, au Parti des forces nouvelles en novembre 1974.

Chronologie[modifier | modifier le code]

  • novembre 1969 : le mouvement créé par une équipe d'anciens adhérents du mouvement Occident.
  • juillet 1970 : le journal L’Élite européenne affirme avoir en un an triplé son nombre d’abonnés pour arriver à 2 000 et disposer alors de plus d’une vingtaine de groupes de diffusion « dans tout le pays » [10],[11].
  • 15 septembre 1970, "Pour une jeune Europe" claque la porte d’'Ordre Nouveau, l'accusant de se comporter en allié objectif du gouvernement[12],[11].
  • février 1971, Jean-Claude Nourry démissionne en dénonçant la collaboration tactique avec certains éléments du pouvoir dans la lutte contre le gauchisme[13],[14], il est exclu peu après[11].
  • octobre 1970 : ON atteint le cap des 750 militants[11]. Gabriel Jeantet intègre son bureau politique.
  • 9 mars 1971 : meeting d’Ordre nouveau au Palais des sports[Lequel ?], France-Soir titre sur une « Atmosphère néo-nazie »[15]. Les gauchistes de la LCR[16] "attaquent le meeting avec des boulons", selon l'ORTF[17] qui montre les "contre-manifestants gauchistes qui chargent" les CRS et causent par ailleurs la blessure de 80 personnes du service d'ordre, pourtant casqué et armés de longue lances à la japonaise[17], avec des images de guérilla urbaine en plein Paris. L'ORTF diffuse des images où le service d'ordre du meeting a amené aux CRS un gauchistes après "l'avoir sévèrement corrigé"[17].
  • avril 1971 : le journal L’Élite européenne a désormais plus de trente groupes provinciaux [18],[11].
  • printemps 1971 : Ordre nouveau décide, selon les RG, de confier à François Duprat, Philippe Asselin et Christian de Bongain (dit Xavier Raufer) le lancement de son propre périodique[11].
  • 3 mai 1971 : un grand défilé rassemblant tous les nostalgiques de l’Algérie française prévu par ON, qui demande à Georges Bidault de lancer l’appel, tandis qu’il prendrait en charge collages et service d’ordre. Cela permet l’accord de participation de nombreux groupements, mais le défilé est finalement interdit[11].
  • 13 mai 1971 : les défilés anti-ON ne rassemblent que 400 personnes à Paris et 200 dans les cinq autres villes où ils ont lieu[11].
  • 17 mai 1971: ON aligne 400 manifestants dans un défilé de soutien à Minute dont les locaux viennent d’être plastiqués[11].
  • octobre 1971 : face à l'Union de la Gauche qui se dessine, François Duprat affirme que la prise du pouvoir par le Parti socialiste entraînerait un coup de force du PCF menant à l’instauration de la dictature[11].
  • 10 et  : résolution au congrès donnant naissance au Front national dans la perspective des élections législatives de mars 1973.
  •  : meeting à la salle de la Mutualité à Paris le sur le thème « Halte à l'immigration sauvage », de violents affrontements opposent la Ligue communiste d'Alain Krivine, venu attaquer le meeting, aux forces de l'ordre.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Nicolas Lebourg, « Ordre nouveau, fin des illusions droitières et matrice activiste du premier Front national », Studia Historica. Historia Contemporánea, Vol. 30 (Derecha radical, fascismo y extrema derecha en Europa y América), 2012, p. 209.
  2. Joseph Algazy, L'extrême-droite en France de 1965 à 1984, L'Harmattan, 1989, 342 p. (ISBN 978-2738402295) p. 126.
  3. Pierre Milza, Fascisme français. Passé et présent, Flammarion, 2000, 465 p. (ISBN 978-2080812360) p. 337.
  4. Alexandre Dézé, Le Front national : à la conquête du pouvoir ?, Armand Colin, 2012, 194 p. (ISBN 978-2200275242) p. 28.
  5. Fiammetta Venner, Extrême France : les mouvements frontistes, nationaux-radicaux, royalistes, catholiques traditionalistes et provie, Grasset & Fasquelle, 2006, 518 p. (ISBN 978-2246666011) p. 104.
  6. Pierre-André Taguieff, Sur la Nouvelle Droite : jalons d'une analyse critique, Descartes et Cie, 1994, 425 p. (ISBN 978-2910301026) p. 200.
  7. Frédéric Charpier, Histoire de l'extrême gauche trotskiste : De 1929 à nos jours, Éditions 1, 2002, p. 263-266.
  8. Nicolas Lebourg, « Anatomie de la violence “révolutionnaire” d’extrême droite », Fragments sur les temps présents, 13 novembre 2013.
  9. « Il y a 40 ans, naissait le Front national », Libération, 5 octobre 2012.
  10. L’Élite européenne, de juillet 1970
  11. a b c d e f g h i et j "Aux racines du FN L’histoire du mouvement Ordre nouveau" par Nicolas Lebourg, Jonathan Preda, et Joseph Beauregard, Editions de la Fondation Jean-Jaurès, 2014 [1]
  12. Le Monde, 16 septembre 1970
  13. Le Monde, 4 février 1971
  14. Le Matin, 9 février 1971
  15. France-Soir, 10 mars 1971
  16. La Tribune de Genève, 11 mars 1971
  17. a b et c Archives INA [2]
  18. L’Élite européenne, avril 1971

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Témoignage[modifier | modifier le code]

Travaux[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]