Fédération d'action nationale et européenne

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Fédération d'action nationale et européenne
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Président

La Fédération d'action nationale et européenne (FANE) est un groupe d'extrême droite français ouvertement néo-nazi. Fondé le et dissout définitivement en 1987, le groupe était dirigé par Mark Fredriksen, employé de banque devenu un activiste de l'Algérie française après son service chez les paras[1].

Historique[modifier | modifier le code]

Création[modifier | modifier le code]

La Fédération regroupait trois mouvements[2] : Action-Occident, créée par Mark Fredriksen, liée à Pierre Sidos et à Occident avant de rompre avec les nationalistes et qui ne comptait que cinq ou six militants ; les Cercles Charlemagne, formés par deux ou trois exclus d'Occident ; le Comité de soutien à l'Europe réelle — section française du Mouvement social belge de l'ancien rexiste et Waffen-SS Jean-Robert Debbaudt (adhérent du Nouvel ordre européen du Suisse Gaston-Armand Amaudruz) —, animé par Hubert Kohler, dit Roland Dursanne, et Didier Renaud (ancien membre d'Occident), orienté vers l'entrisme des organisations nationalistes et comptant une dizaine de membres[3].

Activités[modifier | modifier le code]

La politique de la FANE sera très orientée contre Israël, au point que lors de la guerre des Six Jours, elle sera poursuivie en justice pour « apologie de l'antisémitisme ». En 1967, le service d'ordre de la FANE assure la sécurité des réunions publiques des « Comités Palestine »[4].

En 1976, François Duprat rallie la FANE à ses Groupes nationalistes révolutionnaires (GNR), faisant fusionner Notre Europe — organe de la FANE — avec les Cahiers européens, et la fait entrer au sein du Front national[5]. Cette fusion permet à Duprat de faire présenter Mark Fredriksen sous l'étiquette du Front National aux élections municipales de 1977 en Seine-Saint-Denis. Il obtiendra 1,4 % des voix[4].

La FANE organise de nombreux camps et des célébrations de solstice. elle dirige un Syndicat national de la presse indépendante et publie un bulletin, Le Lien du Lynx Club. Suivant les fichiers tombés aux mains de la police en 1980, le groupe semble avoir eu 60 militants en région parisienne, 200 militants en province et près de 500 sympathisants[4].

La FANE publie la revue Notre Europe, dans laquelle elle exalte une Europe « socialiste et blanche[6] », le « fascisme immense et rouge[6] » et proclame la « lutte à mort contre l'hydre judéo-matérialiste »[7]. On peut encore noter l'existence d'un bulletin éphémère, L'Immonde[4]. La FANE contribuera par ailleurs à la diffusion des thèses négationnistes[8].

Dissolution[modifier | modifier le code]

La FANE est dissoute par décret du Conseil des ministres du . La dissolution est confirmée le (après l'annulation, le , du précédent décret par le Conseil d'État pour vice de forme), et une troisième fois le (après l'annulation du deuxième décret pour un nouveau vice de forme), au motif de « manifestations violentes organisées par ce mouvement dont l’un des buts exprimés est l’installation d’un nouveau régime nazi, l’organisation paramilitaire de cette association et ses incitations à la discrimination raciale ».

Suite à l'attentat de la rue Copernic, commis le 3 octobre 1980, la FANE, pourtant déjà dissoute, est désignée comme coupable par la presse. L'enquête établira plus tard que les véritables coupables sont venus du Moyen-Orient. Mais, sans attendre l'enquête, des groupes de militants sionistes décident de passer à l'action directe. Mark Fredriksen est passé à tabac et s'en sort avec un traumatisme crânien et les poignets fracturés. Michel Caignet, cadre de la FANE, a le visage vitriolé. Un commando débarque chez Jean-Yves Pellay, le responsable du service d’ordre de la FANE. Menotté, il subit des injections d’un mélange mi-huile, mi-œstrogènes (Jean-Yves Pellay avouera être un militant sioniste infiltré). Des organisations et des personnes sans lien avec la FANE sont par ailleurs aussi pris pour cible: ainsi des coups de feu sont tirés sur le local de l’Œuvre Française. Un autre commando projette de l'acide sur le visage d'un retraité, nommé Charles Bousquet, dont le seul tort est d'être lointainement homonyme de l'ancien combattant de la Division Charlemagne Pierre Bousquet[9].

Les Faisceaux Nationalistes Européens (FNE)[modifier | modifier le code]

En juillet 1980, avant la dissolution de la FANE, Mark Fredriksen avait créé les Faisceaux Nationalistes Européens (FNE) et un Centre de Culture Européenne. C'est sous le nom des FNE que l'organisation, en gardant d'ailleurs le même sigle, va perdurer et continuer à publier Notre Europe combattante[4].

Les FNE fusionnent ensuite avec le Mouvement national et social ethniste en 1987, puis avec le Parti nationaliste français et européen (PNFE) en janvier 1994. En 1981, quatre militants et sympathisants furent jugés à Nice, accusés d'avoir envoyé des menaces de mort à des personnalités israélites des Alpes-Maritimes[10].

Dès la mort de François Duprat, qui marque le retour en force des Solidaristes au sein du Front National, la FANE aura de mauvais rapports, allant parfois à l'affrontement physique, avec les Nationaux-révolutionnaires, les Solidaristes (GAJ, JNS, etc) et le PFN. Les membres de la FANE saccageront même la Librairie française, proche du Mouvement Nationaliste Révolutionnaire[4].

Membres notables[modifier | modifier le code]

Michel Faci.

Parmi les personnes ayant fait partie de la FANE, on peut citer :

  • Christian Bonniol, accusé d'avoir hébergé un néo-nazi en cavale (Axel Kühl) alors condamné pour désertion et vol[11] ;
  • Jean-Yves Pellay, militant infiltré de confession juive, ancien légionnaire, puis mercenaire au Liban en 1982. Il est mort dans les rangs de l’armée croate dans laquelle il était volontaire, élevé au grade de colonel[12]
  • Michel Caignet, traducteur ;
  • Michel Leloup, ancien membre des GNRB de François Duprat[4].
  • Pascal Coletta, membre ayant participé à une tentative de braquage à Munich, le , avec des néo-nazis allemands[13] ;
  • Jean-Pierre Dutrieux, candidat FN lors des élections législatives de 1981 dans le Pas-de-Calais[14] ;
  • Michel Faci, ancien membre des GNRB de Duprat[4], par la suite membre du PNFE[15],[16],[17],[18],[19] et proche de Jean Lassalle lors de la campagne présidentielle de 2017[20] ;
  • Georges-Alain Gateau[21], candidat FN aux municipales de 1977 à Paris et aux législatives de 1978 dans les Hauts-de-Seine[14] ;
  • Luc Michel, actuel dirigeant du Parti communautaire national-européen ;
  • Philippe Pontigny[22] ;
  • Minh Tran Long, dit Minh Arnaud, ancien légionnaire, membre de l'entourage de campagne de Marine Le Pen et cofondateur en 2014 de La Patrouille de l'événement, société domiciliée à Paris (à la même adresse que Jeanne et Riwal)[23],[24] avec une succursale à Fréjus où elle organise des événements pour la municipalité FN de David Rachline[25] ;
  • Yann Tran Long, frère aîné du précédent[26],[27],[28],[29],[30], directeur de Loftus Overseas Management, domiciliée à Hong Kong. Il a aussi milité au FN dans sa jeunesse. Yann et Minh sont les fils de l'artiste-peintre Marinette Védry[31]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Milza, L'Europe en chemise noire : les extrêmes droites en Europe de 1945 à aujourd'hui, Fayard, 2002, 480 p. (ISBN 978-2213613437) [EPUB] emplacement 2 987 sur 10 314.
  2. Ariane Chebel d'Appollonia, L'extrême-droite en France. De Maurras à Le Pen, éditions Complexe, coll. « Questions au XXe siècle », Bruxelles, 1996, p. 352, note 176.
  3. François Duprat, Les mouvements d'extrême-droite depuis 1944, Éditions Albatros, 1972, p. 174.
  4. a b c d e f g h et i Jacques Leclercq, Dictionnaire de la mouvance droitiste et nationale de 1945 à nos jours, Paris, L'Harmattan, , 695 p. (ISBN 978-2-296-06476-8), p. 182-189
  5. Joseph Algazy, L'extrême-droite en France de 1965 à 1984, Éditions L'Harmattan, 1989, p. 174.
  6. a et b Notre Europe, no 3, août 1978.
  7. Notre Europe, no 20, février 1980.
  8. Joseph Algazy, op. cit., p. 180-181.
  9. Nicolas Lebourg, « Nazis dans le rétro: ce que l’attentat de la rue Copernic nous raconte de l'extrême droite française », Slate, 4 octobre 2014 http://www.slate.fr/story/92895/attentat-rue-copernic-extreme-droite
  10. « Des peines de prison ferme sont requises contre des militants niçois de la FANE. », Le Monde,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le 13 mai 2017).
  11. Claude Picant, « Attentats : Que de coïncidence ! », Differences,‎ , p. 7 (lire en ligne).
  12. Maryvonne Pellay, Exécuté à blanc, 7ecrit, (ISBN 978-2-36849-548-3, lire en ligne)
  13. (en) « Neo-Nazi shootout with police », UPI,‎ (lire en ligne, consulté le 5 avril 2017).
  14. a et b Érik Emptaz (dir.), Les Dossiers du Canard enchaîné, no 45, octobre 1992, p. 37.
  15. « Portrait : Michel Faci, alias Michel Leloup », REFLEXes, no 40, octobre 1993.
  16. Pierre Milza, L'Europe en chemise noire : les extrêmes droites en Europe de 1945 à aujourd'hui, Fayard, 2002, 480 p. (ISBN 978-2213613437) [EPUB] emplacement 2990 et suiv. sur 10314.
  17. Ariane Chebel d'Apollonia, L'Extrême Droite en France : de Maurras à Le Pen, Complexe, 1996, 519 p. (ISBN 978-2870275733) p. 352.
  18. Jean-Yves Camus, Le Front national : histoire et analyses, O. Laurens, 1997, 287 p. (ISBN 978-2911838057), p. 32 et 118.
  19. René Monzat, Enquêtes sur la droite extrême, Le Monde Éditions, 1992, 339 p. (ISBN 9782878990409) p. 28-29.
  20. Clément Pétreault, « Michel-Roch Faci, un drôle de loup dans la bergerie de Jean Lassalle », Le Point, 13 février 2017.
  21. « Ex-Yougoslavie : les phalanges », REFLEXes, no 40, octobre 1993.
  22. Revue mensuelle du MRAP Droit et Liberté, no 395, octobre 1980, p. 13
  23. Marine Turchi, « Les villes FN, un nouveau business pour les sociétés proches de l'extrême droite », mediapart.fr, 28 avril 2014.
  24. Mathias Destal, « Dans le QG secret de Marine Le Pen », Marianne, 4 juillet 2014.
  25. Mathias Destal, « Comment les copains de Marine Le Pen festoient à Fréjus », Marianne, 29 août 2014.
  26. Ciaran O Maolain, The Radical Right, Keesing's reference publications, 1987, 516 p. (ISBN 978-0582902701) p. 92.
  27. René Monzat, Enquêtes sur la droite extrême, Le Monde Éditions, 1992, 339 p. (ISBN 9782878990409) p. 103.
  28. Stephen Smith, « Patassé, main basse sur les diamants. Le président centrafricain a accaparé l'exploitation des pierres précieuses », Libération, 9 avril 1998.
  29. « Entre Cèdre et Lion… Le chemin de Damas de Monsieur C. », REFLEXes, 24 août 2011 ; modifié le 21 mars 2012.
  30. Marine Turchi, Mathilde Mathieu, « La “GUD connection” tient les finances de Marine Le Pen », mediapart.fr, 17 octobre 2013.
  31. Minh Tranlong, « La petite histoire vraie de la Bande des Abbesses, "Les Loulous de Montmartre" », sur MARA TRANLONG - Femme artiste peintre née en 1935 à Montauban (consulté le 29 mars 2019)

Bibliographie[modifier | modifier le code]