Affaire Sébastien Deyzieu

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Photographie de la marche du Comité du 9-Mai de 2010.
Marche du Comité du 9-Mai de 2010.

Le , lors d'une manifestation d'extrême droite organisée à Paris par le Groupe union défense (GUD) et les Jeunesses nationalistes révolutionnaires visant à critiquer l'« impérialisme américain », Sébastien Deyzieu, militant nationaliste de 22 ans, trouve la mort en tombant d'un immeuble alors qu'il essayait de fuir la police.

Contexte[modifier | modifier le code]

Le rassemblement, intitulé « Bienvenue aux ennemis de l'Europe ! » et initialement prévu place Denfert-Rochereau à 17 heures, visait à critiquer l'« impérialisme américain », notamment à l'approche des commémorations du 50e anniversaire du débarquement allié du [1].

Les faits[modifier | modifier le code]

La manifestation ayant été interdite[2] par le préfet de police de Paris, Philippe Massoni, les forces de police sont nombreuses sur la Place Denfert-Rochereau, lieu prévu de manifestation. Après des affrontements, 107 manifestants sont arrêtés[2], seuls quelques-uns arrivent à échapper aux forces de police. Après une course-poursuite, Sébastien Deyzieu, militant de l'Œuvre française[3], qui tente de fuir en montant dans un immeuble, fait une chute mortelle entre le quatrième et le cinquième étage du 4, rue des Chartreux.

Selon les organisateurs de la manifestation, « des témoignages recueillis [peuvent] pour certains évoquer la piste d'une provocation policière servant à créditer un ministre, M. Pasqua, d'être un combattant anti-fasciste[4] ».

La création du Comité du 9-Mai[modifier | modifier le code]

À la suite de ces événements, le Comité du 9-Mai (C9M) fut créé par les organisateurs de la manifestation et le Front national de la jeunesse pour honorer cette mort. Le , le Comité organise l'occupation des locaux du conseil général des Hauts-de-Seine (entre 14 heures et 15 heures 20) et de Fun Radio (de 19 heures 30 à 20 heures), au cours de l'émission Lovin' Fun présentée par le Doc et Difool. Le 16, à 19 heures, il organise, avec l'Œuvre française et le Front national, une manifestation silencieuse place Denfert-Rochereau[réf. nécessaire].

Les commémorations[modifier | modifier le code]

Photographie du GUD à la marche du Comité du 9-Mai de 2010.
Le GUD à la marche du Comité du 9-Mai de 2010.

À la suite de ces événements, chaque 9 mai, le Comité du 9-Mai organise une marche commémorative. Elle prenait la forme d'un défilé aux flambeaux, allant de l'esplanade de l'Observatoire, située près de la gare RER Port-Royal, à la rue des Chartreux et rassemblait quelques centaines de militants[2]. Après de brèves allocutions devant l'immeuble d'où le militant nationaliste est tombé, les manifestants entonnaient le chant Les Lansquenets. En 2008, le préfet de police de Paris, Michel Gaudin, interdit le défilé en raison des « risques de confrontation qui n'ont jamais été aussi grands » entre les manifestants d'extrême droite et les militants d'extrême gauche[5].

Depuis 2003, « afin de répondre dans la rue à ces manifestations »[6], les militants antifascistes du Réseau No Pasarán, du Scalp, de la Confédération nationale du travail, de la Fédération anarchiste, de SUD Étudiant et d'Alternative libertaire, se mobilisent[7].

Le [8], la commémoration a lieu le même jour que la fête nationale de Jeanne d'Arc. Elle fut donc transformée en manifestation unitaire « contre le mondialisme ». Ainsi, près d'un millier de personnes ont défilé de la place de la Madeleine jusqu'à la statue de Jeanne d'Arc, place des Pyramides. Plusieurs mouvements politiques, tels la Nouvelle Droite populaire de l'ancien député alsacien Robert Spieler, Terre et Peuple de Pierre Vial, ou de jeunes nationalistes comme le Renouveau français, le Groupe union défense (GUD) et les Jeunesses nationalistes révolutionnaires de Serge Ayoub, appelaient à cette manifestation à la fois commémorative et revendicative.

Sébastien Deyzieu fait encore aujourd'hui figure de « mort pour la cause » au sein de plusieurs organisations nationalistes[9].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le site officiel précise ainsi : « une manifestation pour protester contre le faste outrancier des commémorations du débarquement américain. C'était aussi l'occasion de rappeler tous les morts causés par les guerres impérialistes Yankees à travers le monde depuis cinquante ans. ».
  2. a b et c Jacques Leclercq, « Comité du 9-Mai », Droites conservatrices, nationales et ultras : Dictionnaire 2005-2010, L'Harmattan, p. 124.
  3. « L’extrême droite radicale tente une sortie sur le social, le 9 mai », Droite(s) extrême(s), 13 avril 2010.
  4. Jacques Leclercq, Dictionnaire de la mouvance droitiste et nationale, de 1945 à nos jours, L'Harmattan, , 695 p. (ISBN 9782296064768), p. 346-347.
  5. Béatrice Jérôme, « Le préfet de police de Paris interdit un défilé annuel de l'extrême droite radicale », Le Monde, 8 mai 2008.
  6. « Manifestation antifasciste du 8 mai à Paris », Au fond à gauche, 9 mai 2011.
  7. « Un week-end de mobilisation antifasciste réussi ! ».
  8. « 9 mai 2010 : un ancien du GUD menace des journalistes », Droite(s) extrême(s), 9 mai 2010.
  9. Philippe Vardon, « Stratégie : du courage, du courage, du courage... », communiqué du 10 mai 2004.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Témoignages[modifier | modifier le code]

  • Frédéric Chatillon, Thomas Lagane et Jack Marchal, Les Rats maudits. Histoire des étudiants nationalistes 1965-1995, Édition des Monts-d'Arrée, 1995, chapitre 6, « Le parcours des combattants. Les années Intifada », p. 139-145.

Ouvrages généraux[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Liens généraux[modifier | modifier le code]

Revue de presse du défilé 2007[modifier | modifier le code]