Cham (dessinateur)

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Cham
Cham par André Gill (1873)
Cham : Alexandre Dumas concoctant une bouillabaisse de ses personnages
Cham : l’Olympia de Manet (1863). Cham était connu pour ses caricatures féroces des tableaux exposés au Salon.

Amédée de Noé, dit Cham, né à Paris le 26 janvier 1818 et mort à Paris le 6 septembre 1879, est un caricaturiste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est le fils de Louis, Comte de Noé et Pair de France. Ce dernier était déjà un dessinateur et caricaturiste de talent. On lui doit notamment un recueil de croquis de ses collègues Pairs de France, croquis qu'il effectuait pendant les séances et qui sont aujourd'hui conservés à la Bibliothèque du Sénat.

Amédée de Noé, dit Cham fut candidat à l'École polytechnique du fait de ses prédispositions pour les mathématiques, il y échoue à l'oral.

Son goût naturel pour le dessin lui fait fréquenter les ateliers des peintres Nicolas-Toussaint Charlet et de Paul Delaroche. Sous leur influence, il se spécialise dans la caricature. Il publie tout d'abord un album, Monsieur Lajaunisse, puis collabore au journal Le Charivari, lui donnant pendant trente-six ans l'essentiel de sa production. Son goût de l'absurde fait de lui un des grands humoristes de ce journal. Ses dessins valent non seulement par le tracé simple et fort, inspiré sans doute par Daumier, mais aussi par l'esprit et par les légendes qui les accompagnent.

C'est au début de cette collaboration qu'il adopte le pseudonyme de Cham, qui résume bien son esprit. On peut en effet lire Cham comme étant le début de ses deux prénoms, Charles et Amédée, mais on peut également y voir une référence biblique, puisqu'il est le fils du comte de Noé : Cham était le fils irrévérencieux de Noé, qui révéla à ses autres frères la nudité de leur père ivre.

Il dessine ce qui ne s'appelait pas encore des bandes dessinées jusqu'en 1843, date à laquelle il travaille pour Le Charivari comme caricaturiste et pour L'Illustration comme illustrateur. Il utilise souvent la technique de la séquence narrative. En 1852, il produit encore des récits de voyage, Voyage autour du monde par monsieur Cham et son parapluie, utilisant cette technique[1].

Il publie aussi plusieurs albums de caricatures tels que Proudhon en voyage et l’Histoire comique de l'Assemblée nationale. Son esprit fantaisiste et inventif lui permet également de participer à l'écriture de pièces de théâtre. Par exemple, il fait jouer, en collaboration :

Cham s'était fait une spécialité des caricatures ayant pour sujet le Carnaval de Paris, sa Descente de la Courtille, son Bœuf Gras, sa Mi-Carême. Il en fit des centaines et des albums entiers. La réputation de CHAM, "l'Offenbach de la caricature" (selon Arsène Alexandre) a été considérable de son vivant. "Son esprit Parisien sans méchanceté enchantait les bourgeois sous le second empire au point que les lecteurs du "Charivari" préféraient ses dessins à ceux de DAUMIER." [Fonds Français IV]

Il fut toute sa vie de santé fragile, et il préféra une existence sédentaire. Il mourut à Paris de phtisie en 1879. Sa veuve se défenestra[2] neuf mois plus tard, du 1er étage de leur appartement du 5 rue Nollet aux Batignolles.

Albums de bande dessinée[modifier | modifier le code]

Avec quelques années de retard sur Rodolphe Töpffer, l'inventeur de la bande dessinée[3], Cham dessine lui aussi plusieurs albums sans que puisse être mise en lumière l'influence de l'un sur l'autre[4]. Le premier album de Töpffer date de 1827 et a été publié en 1837. Monsieur Aubert, éditeur à Paris, passage Véro-Dodat, est l'éditeur de Cham. Il fait paraître des contrefaçons des albums de Töpffer dès 1839 en même temps que le premier album de Cham[5].

  • Histoire de monsieur Lajaunisse (1839)
  • Monsieur Mélasse (1839)
  • Histoire de monsieur Jobard (1840)
  • Deux vieilles filles vaccinées à marier (1840)
  • Histoire de monsieur Vertpré et de sa ménagère aussi[6] (1840)
  • Monsieur Barnabé Gogo (1841)
  • Aventures de Télémaque, fils d'Ulysse (1842)
  • Histoire du prince Colibri et de la fée Caperdulaboula (1842)
  • Cham regrave sur bois les dessins de l'album de Töpffer, Histoire de monsieur Criptogame, pour une prépublication dans le journal L'Illustration (1845)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. T. Groensteen et B. Peeters (1994), p. 126
  2. http://amedeedenoe.unblog.fr/2008/01/29/jeanne-leroy-ou-madame-manuel-une-epouse-fidele/
  3. T. Groensteen et B. Peeters (1994)
  4. T. Groensteen et B. Peeters (1994) p. 123
  5. T. Groensteen et B. Peeters (1994) p. 164
  6. Cet album serait d'Edmond Forest suivant T. Groensteen et B. Peeters (1994) p. 122

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Thierry Groensteen et Benoît Peeters, Töpffer, l'invention de la bande dessinée, collection savoir : sur l'art, Hermann, Paris (1994) (ISBN 2-7056-6214-6)

Liens externes[modifier | modifier le code]