Charles Monselet

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Charles Monselet
Portrait par Gaston Vuillier.
Autoportrait
paru dans La Plume en 1891.
Charles Monselet
en gastronome d'après André Gill.
Autographe
du poème Amelia.

Charles Monselet, né à Nantes le 30 avril 1825 et mort à Paris le 19 mai 1888, est un écrivain épicurien, journaliste, romancier, poète et auteur dramatique français, surnommé « le roi des gastronomes » par ses contemporains. Il est avec Grimod de la Reynière, le Baron Brisse et Joseph Favre l'un des premiers journalistes gastronomiques.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il n'habite à Nantes que les neuf premières années de sa vie. Après une jeunesse bordelaise, sa carrière littéraire se passe à Paris où sa mort émeut le milieu intellectuel nantais qui est aux XIXe et XXe siècles un farouche défenseur et illustrateur de l'identité culturelle bretonne et revendique à ce titre la postérité de Monselet (à l'époque la Loire-Atlantique, appelée Loire-Inférieure est encore en Bretagne, les pays de la Loire sont nés en 1955). En effet, dans ses pérégrinations littéraires, l'auteur, en passant de Chateaubriand à Fréron, avec une affection particulière pour le poète Auguste Brizeux, à laissé une large place aux écrivains bretons. De plus, à la fin de sa vie il sera en recherche de ses racines bretonnes et nantaises auprès de sociétés parisiennes comme la Société normanno-bretonne de la Pomme[1] où, pour le citer « les Bretons en exil se donnent rendez-vous ». Olivier de Gourcuff, auteur d'articles au service du régionalisme littéraire (La Revue de Bretagne et de Vendée, La Revue illustrée de Bretagne et d'Anjou, L'Hermine, L'Union Bretonne, etc...) et fort de ces arguments sera à la tête d'un projet de réalisation d'un buste de Charles Monselet dont il s'expliquera en ces termes : « cet exil, mesdames et messieurs vous allez le faire cesser. Dans un coin ombragé et fleuri du Jardin des Plantes vous hospitaliserez le buste de celui que vous allez conquérir définitivement sur Paris, le grand accapareur des gloires françaises... Ainsi sauvé de l'indifférence et de l'oubli, placé sous votre garde, Charles Monselet, le bon Français et le bon Nantais est assuré de ne plus mourir ». Il dut, faute de moyens financiers, revoir son projet à la baisse et se contenter d'un médaillon du statuaire Charles Lebourg inauguré le 26 juin 1904. Nantes en 1894 a donné son nom à une rue.

La mort de son ami Baron Brisse au cours d'un dîner lui vaut ce mot d'esprit (citation probablement apocryphe) « Passons tout de même à table ! Il n’a jamais aimé les fricots trop cuits »[2].

Instantanés littéraires, nouvelles folâtres et romans d'amour, sa bibliographie compte une quarantaine de volumes pleins de couleur, de gaieté et de naturel.

Son poème Les petites blanchisseuses connut une grande notoriété au XIXe siècle. Il est très souvent évoqué par les journalistes parisiens dans leurs articles parlant des blanchisseuses au moment de leur fête : la Mi-Carême. De ce poème libertin ils ne citent jamais que le premier quatrain[3], très correct, qui ne laisse pas entrevoir la suite :

Les petites blanchisseuses
Que l'on voit, chaque lundi,
Aux pratiques paresseuses
Porter le linge à midi,

Il est l'un des auteurs du pastiche le Parnassiculet contemporain[4]. Il fut l'ami de Jean-Gabriel Capot de Feuillide auquel il consacra une critique favorable dans la Lorgnette littéraire, Dictionnaire des Grands et des petits auteurs de mon temps, [5].

Il est le rédacteur en chef et fondateur du journal le Gourmet.

Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (66e division)[6].

Principales publications[modifier | modifier le code]

  • Les Chemises rouges (5 volumes, 1850-1857). Réédité en 3 volumes ayant pour titre M. Le Duc s'amuse Texte en ligne, François Soleil Texte en ligne, La Fin de l'orgie Texte en ligne (1866)
  • Statues et statuettes contemporaines (1852)
  • Histoire anecdotique du tribunal révolutionnaire (17 août-29 novembre 1792) (1853) Texte en ligne
  • Rétif de la Bretonne. Sa vie et ses amours ; documents inédits ; ses descendants ; catalogue complet de ses ouvrages (1854) Texte en ligne
  • Les Aveux d'un pamphlétaire (1854)
  • Figurines parisiennes (1854) Texte en ligne
  • Les Vignes du Seigneur (1854)
  • La Franc-Maçonnerie des femmes (4 volumes, 1856)
  • Physionomies parisiennes. Acteurs et actrices (1857)
  • La Lorgnette littéraire, dictionnaire de grands et des petits auteurs de mon temps (1857) Texte en ligne
  • Les Oubliés et les dédaignés. Figures littéraires de la fin du XVIIIe siècle (1857) Texte en ligne
  • Les Ruines de Paris (4 volumes, 1857) Texte en ligne 1 2 3 4. Réédité sous le titre L'Argent maudit (1875)
  • Monsieur de Cupidon (1858) Texte en ligne
  • La Cuisinière poétique, avec d'autres auteurs (1859)
  • Les Tréteaux (1859) Texte en ligne
  • Théâtre du Figaro (1861) Texte en ligne
  • Les Galanteries du XVIIIe siècle (1862). Réédité sous le titre Les Amours du temps passé (1875) Texte en ligne
  • Almanach des gourmands (6 volumes, 1862-1870)
  • Fréron, ou l'Illustre critique, sa vie, ses écrits, sa correspondance, sa famille, etc. (1864)
  • De Montmartre à Séville (1865) Texte en ligne. Réédité sous le titre Les Souliers de Sterne : récits et tableaux de voyage : France, Angleterre, Italie, Belgique, Allemagne, Espagne, Portugal (1874) Texte en ligne
  • Le Plaisir et l'amour (1865) Texte en ligne
  • Les Femmes qui font des scènes (1865) Texte en ligne
  • Almanach des rues et des bois, citadin, champêtre et poétique, pour 1866, indispensable à tous les gens de bien (1866)
  • Portraits après décès, avec lettres inédites (1866) Texte en ligne. Réédité sous le titre Les Ressuscités (1876)
  • Les Premières Représentations célèbres (1867) Texte en ligne
  • Les Créanciers (1870)
  • Le Musée secret de Paris (v. 1870) Texte en ligne
  • Chanvallon, histoire d'un souffleur de la Comédie-française (1872) Texte en ligne
  • Les Frères Chantemesse (2 volumes, 1872) Texte en ligne 1
  • Les Marges du Code. La Belle Olympe (1873) Texte en ligne
  • Les Mystères du boulevard des Invalides (1873) Texte en ligne
  • Panier fleuri, prose et vers (1873) Texte en ligne
  • Gastronomie, récits de table (1874)
  • Les Années de gaieté, nouvelles (1875)
  • Scènes de la vie cruelle (1876) Texte en ligne
  • Lettres gourmandes, manuel de l'homme à table (1877)
  • Une troupe de comédiens (1879) Texte en ligne
  • Le Petit Paris, tableaux et figures de ce temps (1879) Texte en ligne
  • Les Poésies complètes de Charles Monselet (1880)
  • Mon dernier-né, gaietés parisiennes (1883)
  • Encore un ! (1885) Texte en ligne
  • Petits Mémoires littéraires (1885) Texte en ligne
  • Jean de La Réole, roman (1888) Texte en ligne
  • De A à Z, portraits contemporains (1888) Texte en ligne
  • Mes souvenirs littéraires (1888)
  • Promenades d'un homme de lettres : nord, ouest, est, sud (1889) disponible sur Gallica
  • Sous le manteau, nouvelles (1889) Texte en ligne. Réédité sous le titre Petits péchés (1893)
  • Curiosités littéraires et bibliographiques (1890)
  • Fantaisies (1895) Texte en ligne
Théâtre
  • Lucrèce, ou la Femme sauvage, parodie en 1 acte et en vers de la Lucrèce de M. Ponsard, avec Richard Lesclide, Bordeaux, théâtre des Variétés, 7 octobre 1843
  • Un carreau brisé, comédie vaudeville en 1 acte, Bordeaux, théâtre des Variétés, 2 juillet 1844
  • Les Femmes qui font des scènes, pièce en 3 actes, mêlée de chant, avec Alphonse Lemonnier, musique de Charles Hubans, Paris, théâtre des Folies-Dramatiques, 21 juin 1872
  • Venez, je m'ennuie, comédie en 1 acte, Paris, théâtre de la Renaissance, 24 avril 1873
  • L'Ilote, comédie en 1 acte, en vers, avec Paul Arène, Paris, Comédie-Française, 17 juin 1875
  • La Revue sans titre, revue de l'année 1876, en 2 actes et 3 tableaux, Paris, théâtre des Variétés, 8 décembre 1876 Texte en ligne
  • La Surprise de l'amour. opéra-comique en 2 actes, d'après Marivaux, musique de Ferdinand Poise, Paris, théâtre de l'Opéra-Comique, 31 octobre 1877
  • Les Dindons de la farce, comédie en 3 actes, avec Alphonse Lemonnier, Paris, théâtre de l'Athénée-Comique, 14 mai 1880
  • L'Amour médecin, opéra-comique en 3 actes et 1 prologue, d'après Molière, musique de Ferdinand Poise, Paris, théâtre de l'Opéra-Comique, 20 décembre 1880
  • Joli Gilles, opéra comique en 2 actes, d'après d'Allainval, musique de Ferdinand Poise, Paris, théâtre de l'Opéra-Comique, 10 octobre 1884

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Son nom complet est donné dans La Chanson du 1er mars 1879. Cette société est composée de Bretons et Normands résidant à Paris, un concours qu'elle organise est annoncé dans La Chanson du 16 août 1879, 2e année, numéro 26, page 64. La remise solennelle des prix a lieu à Nantes.
  2. Jean Vitaux, « Le Baron Brisse : un journaliste gargantuesque », Canal Académie, 3 février 2013
  3. Par exemple en 1893 Adolphe Brisson dans La Revue illustrée, page 221.
  4. Le Parnassiculet contemporain, recueil de vers nouveaux précédé de l'Hôtel du Dragon-Bleu, et orné d'une étrange eau-forte. Paris, J. Lemer, 1867. Les auteurs du pastiche sont : Alphonse Daudet, Paul Arène, Charles Monselet, Charles Bataille, Jean Du Boys, Alfred Delvau et M. Renard. texte sur wikisource
  5. Charles Monselet, Auguste Poulet-Malassis et Eugène de Broise, Paris, 1857
  6. Paul Bauer, Deux siècles d'histoire au Père Lachaise, Mémoire et Documents,‎ 2006 (ISBN 978-2914611480), p. 562

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Anthologie et Encyclopédie[modifier | modifier le code]

  • Kilien Stengel, Poètes de la bonne chère, éditions de la Table Ronde (groupe Gallimard), 2007.
  • Claudine Sainlot, Nantes en 1900, Direction du Livre et de la Lecture et Fédération Française de Coopération entre Bibliothèques (Nantes-Médiathèque) p. 15 à 22.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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