Nessebar (ville)

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Nessebar
Несебър
Blason de Nessebar
Héraldique
Image illustrative de l'article Nessebar (ville)
Administration
Pays Drapeau de la Bulgarie Bulgarie
District Municipalité de Nessebar
Oblast Bourgas (oblast)
Code postal 8230
Démographie
Population 10 324 hab. (2008)
Géographie
Coordonnées 42° 39′ 33″ N 27° 43′ 42″ E / 42.659212, 27.728226 ()42° 39′ 33″ Nord 27° 43′ 42″ Est / 42.659212, 27.728226 ()  
Altitude 5 m
Divers
http://www.nesebarinfo.com/
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Bulgarie

Voir sur la carte Bulgarie administrative
City locator 14.svg
Nessebar

Nessebar (en bulgare Несебър, translittération internationale Nesebǎr, « Mésembrie » en français classique, depuis son nom grec médiéval Μεσημβρία) qui signifie la ville ancienne est une cité historique de la Bulgarie juchée sur une presqu'île rocheuse située dans le centre de la région littorale qui longe la mer Noire.

Géographie[modifier | modifier le code]

Située au sud de Varna, Nessebar, encore habitée de nos jours, côtoie la ville nouvelle de Slantchev Briag, une station balnéaire du littoral de la mer Noire, qui accueille des milliers de vacanciers.

Le climat est du type continental tempéré. La proximité de la mer joue un effet régulateur sur la température et explique le taux d'humidité dans l'air qui est élevé tout au long de l'année. Le nombre de jours ensoleillés est de 240 à 260 par an.

Pendant l'été, les températures moyennes de l'eau sont de 20-26 °C et les températures ambiantes de 28-30 °C. La différence entre les températures pendant la journée et pendant la nuit n'est jamais supérieure de 3 °C du fait du voisinage de la mer. Une brise constante apporte de la fraîcheur malgré la chaleur de l'été.

Histoire[modifier | modifier le code]

Une histoire multiséculaire[modifier | modifier le code]

La ville de Nessabar a plus de 2 600 ans d'histoire et constitue l'un des plus anciens établissements humains du Pont-Euxin (l'actuelle mer Noire). Elle s'est appelée d'abord Menebria ou Melsambria puis Messembria pendant l'Antiquité puis Messemvria durant le Moyen Âge.

Antiquité[modifier | modifier le code]

L'antique Menebria ou Melsambria est fondée, par les Thraces, sur une presqu'île proche de la côte. Le nom de la localité signifiait "ville de Mesla", par référence au nom du fondateur de la ville. Deux ports existent sur l'île à cette époque : un au nord et un au sud, dans lesquels des restes d'anciens navires ont été trouvés.

La ville devient une colonie grecque lorsqu'elle est conquise, au VIe siècle av. J.-C., par des colons doriens venus de Mégare. La Messembria (grec ancien : Μεσήμβρια) grecque était un important centre commercial concurrent d'Apollonie du Pont, avec laquelle elle entra en conflit pour le contrôle d'Anchialos dans la première moitié du IIe s. av. J.-C.[1]. Hérodote mentionne la ville de Messambria à deux reprises (IV, 93 et VI, 33)[2]. (Il évoque par ailleurs en VII, 108, une autre Mésambria, ville de Thrace sur la Mer Égée, qui à l'époque de Xerxès, constituait la possession la plus occidentale des Samothraciens)[2]. Les restes actuels de la période hellénistique sont constitués de l'acropole, d'un temple dédié à Apollon et d'une agora. Un mur, qui faisait partie des fortifications, peut encore être vu dans la partie nord de la péninsule. Des pièces de bronze et d'argent furent frappées à peu près à partir de -400 puis des pièces, également en or, à compter du IIIe siècle av. J.-C..

En -72, la ville est prise, sans résistance, par les armées de Rome. Au Ier siècle, la ville est intégrée à l'Empire romain. Messembria continue à frapper ses propres pièces de bronze et demeure un important centre culturel et commercial de la province romaine de Thrace.

Époque byzantine[modifier | modifier le code]

La localité fut touchée par les invasions barbares mais peu de traces ont été conservées de cette période trouble. Du fait de sa situation géographique et de ses ports, Messembria demeura une ville stratégique – à tous points de vue – pour l'Empire byzantin dans l'extrémité orientale des Balkans et dans la partie occidentale de la mer Noire.

La ville est conquise, pour la première fois, par les Bulgares en 812. En 817, l'empereur byzantin Léon V y remporte une écrasante victoire sur les armées du khan Kroum. La ville est cédée aux byzantins, en 864, par le tsar Boris Ier de Bulgarie puis reprise sous le règne de Siméon Ier de Bulgarie. Après une nouvelle période byzantine, Messemvria est incorporée dans le Deuxième État bulgare, en 1304, par le tsar Théodore Svetoslav. Toutefois, la ville fut conquise, en 1366, par l'armée croisée d'Amédée VI de Savoie, puis rétrocédée à l'Empire byzantin.

Époque ottomane et moderne[modifier | modifier le code]

En 1396 la ville est prise par les turcs et intégrée en 1453 à l'Empire ottoman. Sous la domination ottomane, Misivri (sa nouvelle appellation) perd de son importance même si une vie culturelle et économique se maintient. Des églises sont construites et les ateliers de fabrication d'icônes perdurent. Le port demeure un centre majeur d'importation et d'exportation dans la partie sud-ouest de la Mer Noire. Au XIXe siècle Nessebar est le centre d'une kaza du Sandjak d'Islimye.

Après la Guerre russo-turque de 1877-1878 et la restauration d'une Bulgarie autonome, en 1878, Nessebar devient le chef-lieu d'une kaza du sanjak de Bourgas, au sein de la province de Roumélie orientale. Lors de l'union de la province avec la Principauté de Bulgarie, la ville connut le même sort. À la fin du XIXe siècle, Nessebar est essentiellement peuplée de pêcheurs et de vignerons grecs. À compter du début du XXe siècle, l'implantation de populations bulgares s'accélére, en même temps que le lieu devient une importante station balnéaire du rivage bulgare de la mer Noire. Après 1925, de nouveaux quartiers sont construits sur le continent et la vieille ville – située sur la presqu'île – est restaurée.

Une ville-musée d'une richesse exceptionnelle[modifier | modifier le code]

La ville possède encore des restes de l'enceinte grecque construite au VIe siècle av. J.-C., mais qui a été partiellement engloutie par la mer, tout comme l'acropole qui se trouvait à l'extrémité est de la presqu'île. Au-dessus du port nord, s'érigeait le temple de Zeus Hyperdexio, mais il a été détruit au début de l'ère chrétienne et remplacé par une basilique.D'après de nombreuses sources épigraphiques, Messembria disposait d'un théâtre, d'un gymnase, et d'un grand nombre de temples. Bénéficiant d'un commerce portuaire florissant, ses habitants ont pu se faire construire de somptueuses demeures à péristyle très décorées. Un luxe que l'on retrouve dans la nécropole où une riche collection de céramique attique, ionienne, et mégarienne a été découverte ainsi que de magnifiques parures funéraires. Sous la domination byzantine, le mur d'enceinte est reconstruit et des tours y sont ajoutées. Deux basiliques remarquables sont édifiées sur le modèle architectural influencé par celui de Constantinople. Au Moyen Âge, de riches familles bulgares et byzantines rivalisent dans les soins apportés à l'embellissement et à l'urbanisation de la ville, notamment dans la construction de nombreuses églises et chapelles dorées de formes harmonieuses. Au cours des siècles suivant, les façades des maisons s'enrichissent d'une ornementation spécifique qui consiste dans l'alternance décorative de pierres de taille blanches et de briques rouges où s'incorporent des carreaux de céramique peinte vernissés.

Économie[modifier | modifier le code]

L'économie de la ville repose très largement sur le tourisme. La ville est, en elle-même, un centre touristique ; elle est inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1983. Par ailleurs, elle bénéfice de l'afflux entraîné par les stations balnéaires (Slantchev Briag, Sveti Vlas, Obzor, Ravda) situées à au nord de la ville, au fond d'une longue baie.

Galerie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Inscriptiones graecae in Bulgaria repertae, 388 bis
  2. a et b L'Enquête d'Hérodote, Gallimard - Bibliothèque de la Pléiade, trad. A Barguet, 2002