Gui de Dampierre

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Guy de Dampierre (homonymie).
Gui de Dampierre
Gui de Dampierre à cheval, arborant les armes des comtes de Flandres
Gui de Dampierre à cheval, arborant les armes des comtes de Flandres
Titre
Marquis de Namur Namur Arms.svg
avec Isabelle de Luxembourg
12631298
Prédécesseur Henri V de Luxembourg
Successeur Jean Ier de Namur
Comte de Flandre Blason Nord-Pas-De-Calais.svg
12531305
Prédécesseur Marguerite de Constantinople
Successeur Robert III de Flandre
Biographie
Dynastie Maison de Dampierre
Date de naissance v.1226
Date de décès 7 mars 1305
Lieu de décès Compiègne
Père Guillaume II de Dampierre
Mère Marguerite de Constantinople
Conjoint 1. Mahaut de Béthune
2. Isabelle de Luxembourg

Gui de Dampierre

Gui ou Guy de Dampierre, né vers 1226, mort à Compiègne le 7 mars 1305, fut proclamé Comte de Flandre en 1253 par sa mère et devint comte effectif à la mort de cette dernière en 1279 et jusqu'en 1305. Il fut également comte de Namur de 1264 à 1305. Il était le second fils de Guillaume II de Dampierre et de Marguerite de Constantinople.

Biographie[modifier | modifier le code]

Sa jeunesse fut marquée par la lutte fratricide entre les Dampierre (lui et ses frères germains) et les Avesnes (ses frères utérins, aînés) pour la possession des comtés de Flandre et de Hainaut. Après dix ans de guerre, le compromis proposé par le roi Louis IX de France en 1246 fut finalement approuvé (1256), mais les conflits avaient déjà coûté trois années de sa liberté à Gui, prisonnier des geôles hollandaises après la bataille de Westkapelle, sur l'ancienne île de Walcheren, en juillet (1253). Gui, proclamé comte par sa mère Marguerite de Constantinople la même année, le devint effectivement à l'abdication de celle-ci (1279).

En 1263, il acheta à Baudouin II de Courtenay les droits de ce dernier sur le marquisat de Namur. Henri V de Luxembourg avait conquis le fief de Namur, et Guy entreprit de le reconquérir. Finalement, un traité de paix réconcilia les deux ennemis : Guy épousa la fille d'Henri, à qui ce dernier cédait tous ses droits sur Namur.

Il accompagna Saint Louis en Afrique (1270).

Favorisant comme ses prédécesseurs l'industrie flamande (draperies) et le commerce vital de la laine avec l'Angleterre, en tentant de contrôler les finances locales, il se heurta au patriciat urbain, qui se fit appuyer de façon de plus en plus directe par les rois de France Philippe III, puis surtout Philippe le Bel. Par ricochet, le commun des villes se montra un allié fidèle à Gui de Dampierre et à sa dynastie.

La tentative de marier sa fille Philippine à Édouard d'Angleterre, fils du roi d'Angleterre servit de prétexte à l'intervention militaire des Capétiens et à la conquête (bataille de Furnes, 1297) puis à l'occupation de la Flandre par Philippe IV (1300-1302), son suzerain.

Gui de Dampierre fut emprisonné. Mais la réaction patriotique du commun (celui de Bruges surtout, dirigé par Pieter de Coninck, appuyé par les nombreux fils de Gui, chassa les Français (Matines de Bruges, vendredi 18 mai 1302). La chevalerie française fut écrasée par la "piétaille" flamande à Courtrai (Bataille des Éperons d'Or, 11 juillet 1302).

Philippe le Bel prit sa revanche à la bataille de Mons-en-Pévèle (18 août 1304), mais Gui de Dampierre, libéré, avait désormais laissé la réalité du pouvoir à son fils aîné Robert.

Pour honorer une parole donnée, Gui se constitua à nouveau prisonnier[1] et mourut captif à Compiègne (1305).

Bilan historique[modifier | modifier le code]

Gui de Dampierre laisse le souvenir d'un comte ancré dans la féodalité, dans son acception idéale, réaliste quant à son interventionnisme dans le commerce et l'industrie, qui fondaient la prospérité du comté, mais incapable de s'opposer au pragmatisme des Capétiens, qui jouaient habilement à leur avantage des principes féodaux pour étendre leur puissance.

Grand guerrier et modèle de chevalier, ce comte de Flandre est honoré et applaudi par Jacques Bretel dans son Tournoi de Chauvency.

Ascendance[modifier | modifier le code]

Mariages et enfants[modifier | modifier le code]

Sceau de Gui de Dampierre
(Musée de la bataille de Courtrai)

Il avait épousé en 1246 Mahaut de Béthune († 1264), fille et héritière de Robert VII de Béthune, seigneur de Béthune, de Termonde, de Richebourg et de Warneton, et d'Elisabeth de Morialmez. Ils eurent :

Veuf, il se remaria en 1264 avec Isabelle de Luxembourg († 1298), fille d'Henri V de Luxembourg, duc de Luxembourg et de Marguerite de Bar. Ils eurent :

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Le Glay Edward: Histoire des comtes de Flandre jusqu'à l'avènement de la Maison de Bourgogne, Comptoir des Imprimeurs-unis, Paris, MDCCCXLIII
  • Platelle Henri et Clauzel Denis: Histoire des provinces françaises du Nord, 2. Des principautés à l'empire de Charles Quint (900-1519), Westhoek-Éditions Éditions des Beffrois, 1989; ISBN 2-87789-004-X
  • Douxchamps Cécile et José: Nos dynastes médiévaux, Wepion-Namur 1996, José Douxchamps, éditeur; ISBN 2-9600078-1-6

Références[modifier | modifier le code]

  1. Selon une source du XIXe siècle, le Dictionnaire Bouillet, Dampierre vint à Paris en 1305 implorer la clémence du roi, mais Philippe IV le retint prisonnier.