Dargaud

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Logo de Dargaud
Repères historiques
Création 1936
Fondateur(s) Georges Dargaud
Fiche d’identité
Forme juridique Autre SA à conseil d'administration
Statut Éditeur élément d'un groupe d'édition
Siège social Paris
Drapeau de la France France
Spécialité(s) Bande dessinée
Collection(s) Poisson Pilote, Long courrier, Les Intégrales, Les correspondances de Pierre Christin, Le dernier chapitre, Fictions, Beaux livres
Titre(s) phare(s) Achille Talon, Boule et Bill, Lucky Luke
Langue(s) de
publication
Français
Diffuseur(s) DDL Diffusion
Société mère Groupe Dargaud (Média-Participations)
Filiale(s) Dargaud Lombard, Lucky Comics, Studio Boule et Bill, Dargaud Suisse, DDL Diffusion, Citel, Mediatoon Licensing, Mediatoon Distribution, Dargaud Media, Ellipse Animation, Belvision, Urban Comics
Site officiel www.dargaud.com
Principaux concurrents
Bamboo, Casterman, Delcourt, Glénat, Pika Édition, Panini, Soleil Productions

Dargaud est une maison d'édition spécialisée dans la bande dessinée fondée par Georges Dargaud en 1936. En 2010, elle fait partie du groupe Média-Participations.

Historique[modifier | modifier le code]

Les débuts[modifier | modifier le code]

En avril 1936, Georges Dargaud fonde sa société. En 1943, il lance Allo les Jeunes !, son premier périodique de bande dessinées. En 1946, il lance le périodique Bob et Bobette (Loÿs Pétillot).

Parallèlement, les éditions Dargaud se spécialisent dans la presse familiale avec A tout cœur et La Mode du tricot (rebaptisé Le Chic de Paris en 1951).

En 1948, Georges Dargaud lance l'édition française du journal Tintin suite à une rencontre avec Raymond Leblanc, fondateur des éditions du Lombard. Le journal Tintin est apparu deux ans plus tôt en Belgique. L'entente entre les deux hommes est immédiate. Dargaud poursuivra la publication du journal jusqu'en 1975.

En 1955, les éditions Dargaud commencent à diffuser les premiers albums issus du journal Tintin et lancent avec Le Lombard, Line, un périodique de bande dessinées destinées aux jeunes filles.

Les années 1960 et Pilote[modifier | modifier le code]

En 1960, Dargaud rachète l'hebdomadaire Pilote créé l'année précédente par Jean-Michel Charlier, René Goscinny, Albert Uderzo avec le soutien de Radio Luxembourg. Parallèlement au succès de la presse et dès 1961, Dargaud se lance dans la production d’albums lentement d’abord, puis de manière plus intensive. C'est l'âge d'or de la bande dessinée et de Pilote qui rassemble tous les talents.

Après le premier Astérix, tiré à 6 000 exemplaires, paraissent les premiers numéros de séries qui feront le tour du monde et qui populariseront la bande dessinée telle que nous la connaissons aujourd’hui. D’Achille Talon à Iznogoud et Valérian, en passant par les romans graphiques d’Enki Bilal, de Philippe Druillet et de bien d’autres créateurs tels Gotlib, Claire Bretécher, Lauzier, Cabu, Fred, etc.

En 1969, Dargaud rachète l'hebdomadaire Rustica (320 000 exemplaires diffusés) et l'édition d'ouvrages pratiques (150 titres). Il a édité beaucoup de pseudo-manga comme ceux de Vanyda : "Celle que ..."[1], "L'immeuble d'en face", "L'année du dragon", ...

De 1970 à 1990[modifier | modifier le code]

En 1974, Dargaud participe à la création des studios Idéfix, d'où sortiront deux long métrages d'animation : Les Douze Travaux d'Asterix et La Ballade des Dalton.

En 1977, Dargaud s'affirme dans le domaine de la presse avec l'acquisition de L'Automobile Magazine (revendu 10 ans plus tard).

En 1981, Dargaud reprend une partie des éditions du Square et publie une nouvelle version de Charlie mensuel.

En 1982, Georges Dargaud décide d'ouvrir une antenne de sa maison d'édition à New York et constitue Dargaud Publishing International.

En 1984, Dargaud est la première maison d’édition européenne de BD maîtrisant plus de 40 % du marché avec une production annuelle de 20 millions d’ouvrages diffusés dans son réseau français et international et un catalogue de 1500 titres.

En 1989, Georges Dargaud se retire, en cédant son entreprise au groupe Media Participations. Le 18 juillet 1990, Georges Dargaud meurt; à sa manière tout à la fois artisanale et industrielle, il a largement influencé l’histoire du 9e Art.

Depuis 1990[modifier | modifier le code]

Le siège, rue Moussorgski

En 1990, Dargaud revend Rustica à Media Participations.

En avril 1990, Jean Autin devient président directeur général de Dargaud, poste qu'il occupe jusqu'à son décès[2] à 69 ans en 1991.

En 1991, Claude de Saint-Vincent devient directeur de Dargaud.

En 1992, Le Lombard est intégré à Dargaud.

En 1993, les Éditions Blake et Mortimer, le Studio Jacobs et les titres du catalogue JMC (Jean-Michel Charlier, nouveautés Barbe Rouge et Blueberry) sont également repris.

À la fin de 1994, une nouvelle étape de diversification s’ouvre avec la reprise de l’éditeur et distributeur vidéo Citel, spécialiste de l’animation.

En 1997, Dargaud rachète Marina Productions, puis, en 1998, Millésime Productions, deux sociétés spécialisées dans la production de dessins animés pour la télévision qui fusionneront en 1999 pour créer Dargaud Marina renommé ultérieurement Dargaud Media.

La fin des années années 1990 verra le développement du manga avec Kana et la constitution de Lucky Comics dédié à l'exploitation des droits de Lucky Luke.

En 2001, Dargaud rachète le fonds de commerce des Éditions Chronique.

En 2003, Dargaud reprend la société Ellipse Animation détentrice de l’un des plus beaux catalogues européens de dessin animés (Tintin, Babar, Bécassine, Corto Maltese, Insektors…), ce qui fait du groupe le leader du marché européen de l’animation.

En 2004, le Groupe Média Participations rachète les Éditions Dupuis; Dargaud conforte sa position de leader européen de la bande dessinée et du dessin animé.

En 2008, Dargaud fonde Mediatoon Licensing.

En janvier 2014, Dargaud rachète la société MoonScoop.

Le procès Uderzo-Goscinny/Dargaud[modifier | modifier le code]

Éditrice des 25 premiers albums de la bande dessinée Astérix le gaulois, la société Dargaud a du faire face, dans les années 1990, à un procès contre le dessinateur Albert Uderzo et les ayants droit du scénariste René Goscinny (décédé en 1977). Le litige principal soulevé étant l'attribution aux auteurs et ayants droit des recettes réalisées par la vente des albums à l'étranger.

En juillet 1990, Albert Uderzo et Gilberte Goscinny (veuve du scénariste René Goscinny) saisissent en référé (c'est-à-dire en jugement express) le Tribunal de Paris pour résilier leur contrat avec Dargaud. Après 2 ans d'expertise sur la gestion des droits étrangers des premiers albums gérés par Dargaud, la justice estime que l'éditeur a dissimulé une partie des profits réalisés à l'étranger, notamment en Allemagne en Angleterre et en Espagne. En décembre 1993, Dargaud est condamné par le Tribunal de Grande Instance de Paris à verser à Uderzo et à la veuve de Goscinny le montant de 2,5 MF chacun, résiliant les contrats au tort de l'éditeur.

6 mois plus tard, l'éditeur fait appel. Albert Uderzo et Anne Goscinny (la fille de Gilberte, décédée peu auparavant) sont déboutés et condamnés à payer 50 000 F à Dargaud. Uderzo se pourvoit alors seul en cassation (Anne Goscinny s'étant désolidarisée de la plainte). En octobre 1996, il obtient de la Cour de Cassation la nullité du jugement favorable à Dargaud, la Cour de Cassation ayant constaté de manifestes ignorances de la cour d'appel quant aux droits d'auteurs à l'étranger.

Le 9 septembre 1998, la cour d'appel confirme la première instance du 15 décembre 1993; la société d'édition Dargaud perd ainsi les droits sur les 25 premiers « Astérix » et doit payer en dommages et intérêts 5,58 MF à Albert Uderzo[3].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Alphabétique[modifier | modifier le code]

Par collections[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. "Celle que... je voudrais être" sur le site de Dargaud
  2. Revue politique et parlementaire, volume 93, numéros 951-956, A. Colin., 1992 lire en ligne (consulté le 14 juin 2010).
  3. Journal Libération, 10 septembre 1998

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Collectif, BDM 2007-2008, Trésors de la bande dessinée, Éditions de L'Amateur, 2006.
  • Henri Filippini, Histoire du journal Pilote et des publications Dargaud, Glénat, 1977.
  • Jacques Pessis, Raymond Leblanc. Le magicien de nos enfances, Éditions du Fallois, Paris, 2006.

Liens externes[modifier | modifier le code]