Amédée II de Savoie

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Amédée II.
Amédée II de Savoie
Titre comte de Savoie
(10781080)
Prédécesseur Pierre Ier de Savoie
Successeur Humbert II de Savoie
Biographie
Dynastie Maison de Savoie
Naissance né vers 1050
Décès 26 janvier 1080 ?
Père Othon Ier de Savoie
Mère Adélaïde de Suse
Conjoint Jeanne de Genève
Enfants Humbert II de Savoie
Constance
Adélaïde
Auxilia

Armoiries Savoie Ancien.svg

Amédée II de Savoie, né vers 1050, probablement au château de Charbonnières[1], mort vers le 26 janvier 1080, est considéré comme le 5e comte de Savoie et de Maurienne en (1078-1080).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Titre[modifier | modifier le code]

Amédée semble être le premier des Humbertiens (descendant d'Humbert aux Blanches-Mains) a être titré dans un acte (daté d'environ 1062, dont on n'a qu'une transcription partielle) de donation d'un manse aux chanoines de Saint-Jean, de comes Belicensium, que l'on peut traduire par « comte des Belleysans »[2]. Aucune autre mention n'utilise cette titulature. Selon les historiens, il peut également s'agir de son oncle, Amédée Ier[3],[4].

Son règne[modifier | modifier le code]

Sous son règne eurent lieu les difficiles démêlés entre le pape Grégoire VII et le souverain du Saint-Empire, Henri IV de la maison de Franconie au sujet des investitures. Adélaïde et Amédée II servirent de médiateurs entre les deux puissances. Parents par alliance, ils aidèrent efficacement l'empereur, notamment en autorisant son passage par le Mont-Cenis pour se rendre à Canossa en 1077[5]. En échange, la comtesse et son fils auraient négocié l'obtention de cinq évêchés italiens[6]. L'empereur les récompense, selon Guichenon, par la cession du Bugey[6] à Amédée II et en reconnaissant les droits et l'inféodation du marquisat d'Ivrée à Adélaïde de Suse[7].

L'apport politique essentiel du comte Amédée II, réside dans le début de la prise de conscience par les princes de la maison de Savoie, de l'importance de leur position géographique, au carrefour du Saint-Empire, des États pontificaux, de Venise, du royaume de France, mais surtout en tant que gardiens des passages alpins.

  • Leur jeu politique à l'intérieur de leurs terres, sera désormais de jouer les Piémontais contre les Savoyards, et, les Savoyards contre les Piémontais.
  • Leur jeu diplomatique, face aux puissants, sera de se fortifier dans les montagnes, de contrôler efficacement les passages alpins, et surtout de s'agrandir dans toutes les directions aux dépens de leurs voisins, par un intense travail de diplomatie et d'alliances.

Amédée II accorda un grand nombre d'immunités au clergé, et en particulier aux ordres de Saint-Bernard et de Saint-Augustin. Depuis longtemps, les évêques eux-mêmes donnaient des terres aux monastères, alors que de nombreux et puissants barons entraient dans les ordres pour expier leur fautes et leur vies de violence, de rapines et de tueries, tentant ainsi d'échapper au remords de leur conscience, mais surtout, ils apportaient aussi de nombreux biens.

À la fin du règne d'Amédée, — mais pour certains ce ne serait qu'une légende forgée au XVIIIe siècle — des monastères s'élevaient partout sur les terres du comte de Savoie, la moitié du territoire appartenait aux nombreuses abbayes et toutes ces terres étaient cultivées par plus de cent cinquante mille serfs, qui avaient en général une vie plus rude et étaient plus malheureux que les serfs des seigneurs. De nombreux serfs, chaque année tentaient de s'enfuir vers le Piémont, poursuivis et chassés par les officiers abbatiaux. Certains seigneurs, jaloux de la puissance des abbayes, ou en procès contre elles, protégeaient et aidaient ces désertions.

Famille[modifier | modifier le code]

Il est le fils d'Othon Ier de Savoie (v.1023-1060) et de sa femme Adélaïde de Suse (v.1015-1091).

Il monte sur le trône au décès de son frère Pierre Ier de Savoie en 1078, mort sans descendance mâle ; mais comme son frère il resta sous l'influence de sa mère Adélaïde de Suse qui était une maîtresse-femme.

En 1065, il épousa Jeanne de Genève, fille du comte de Genève Gérold II de Genève qui lui donna un fils et trois filles :

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Bibligraphie[modifier | modifier le code]

  • ...

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Georges Chapier, Les châteaux Savoyards, La Découvrance, 2005 (ISBN 9782842653262), p. 141.
  2. M.-C. Guigue, Petit Cartulaire de Saint-Sulpice en Bugey, suivi de documents inédits pour servir à l’histoire du diocèse de Belley, Lyon, 1884, Appendice, n° 2, p. 26
  3. Voir également le volume 3 (pp. 568-570) de la thèse de Laurent Ripart, « Les fondements idéologiques du pouvoir des comtes de la maison de Savoie (de la fin du Xe au début du XIIIe siècle) », Université de Nice, 1999, 3 volumes (sous la direction d'Henri Bresc).
  4. Article de Cyrille Ducourthial, « Géographie du pouvoir en pays de Savoie au tournant de l’an mil », paru dans Christian Guilleré, Jean-Michel Poisson, Laurent Ripart et Cyrille Ducourthial, Le royaume de Bourgogne autour de l'an mil, Université de Savoie, coll. « Sociétés, Religions, Politiques »,‎ 2008, 286 p. (ISBN 978-2915797350), p. 231.
  5. Alain Boucharlat, Savoie, La Fontaine de Siloé,‎ 1997, 319 p. (ISBN 978-2-86253-221-9), p. 16-17.
  6. a et b Jacques Lovie, Histoire des Diocèse de France : Chambéry, Tarentaise, Maurienne, vol. 11, Beauchesne,‎ 1979, 301 p. (ISSN 0336-0539), p. 33.
  7. Claude Genoux, Histoire de Savoie depuis la domination romaine jusqu'à nos jours, t. 1852, F. Saillet, 480 p., p. 82.