Liste des lauréates du prix Nobel

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Cet article dresse la liste des lauréates du Prix Nobel. Le prix Nobel a été décerné 45 fois à des femmes, dont deux fois à Marie Curie qui en est par ailleurs la première récipiendaire féminine.

Le nombre notablement faible de femmes ayant reçu un prix Nobel reste symptomatique de l'écart de genre, ou gender gap, qui touche les domaines concernés par le prix. Si les femmes sont historiquement plus récompensées pour la paix et en littérature, les prix Nobel dans leur ensemble recensent peu de femmes dans leurs rangs comparativement aux hommes.

Plusieurs raisons sont pointées du doigt, différentes selon les périodes historiques. Tantôt l'inaccessibilité du domaine scientifique pour les femmes, puis le contexte de la guerre froide, le manque de réseaux de pairs, de nominations de femmes ou un entre soi trop grand entre femmes et hommes dans tous les domaines récompensés par le prix. Un effort notable a néanmoins été réalisé par les comités Nobel depuis les années 1990 pour corriger les multiples biais dont ils ont été accusés au fil des années.

Frise à deux étages avec de petits logos pour chaque catégorie de Nobel.
Frise des prix Nobel reçus par des femmes.

Un faible nombre de lauréates[modifier | modifier le code]

Le nombre de 44 femmes nobélisées[note 1],[Nob. 1] est à comparer aux 803 hommes récompensés et aux 25 récompenses pour 22 organisations différentes[Nob. 2]. Les femmes ont notablement été lésées dans l'attribution des prix Nobel, générant parfois de grandes controverses lorsqu'elles ont été écartées. Durant les cent premières années du Nobel on ne trouve que 4 % de lauréates une fois les organisations écartées, soit près de 3 % en sciences et moins de 10 % en littérature et pour la paix conjointement[1].

Majoritairement, le problème est issu du rejet des femmes dans le milieu scientifique et de la tendance de la société à empêcher les femmes plus que les hommes à accéder aux situations et aux postes à responsabilité pavant la route vers une nomination[a 1]. Un biais s'est établi aussi durant la guerre froide : de 1948 à 1962, de nombreuses femmes sont nominées, mais aucune retenue pour aucun des prix, une conséquence de « l'attitude macho »[note 2] du jury de l'époque, qui considère comme nécessaire de promouvoir des figures « fortes », en l’occurrence des hommes[a 1].

Pour une part, le peu de lauréates peut être expliqué par le manque de nominations des femmes aux prix. Plusieurs raisons sont avancées : manque du réseau nécessaire pour se faire nominer, les hommes se nominant entre eux et les femmes ne s'entre-nominant pas[a 2],[a 1] ou encore que les femmes sont plus promptes à créditer leurs collègues — et remercier d'autres femmes pour les avoir encouragées — là où les hommes le font peu ou moins, d'où une réputation moins grande pour les femmes à compétences égales[a 3].

Dans un autre registre, une statistique indicative du statut marital des lauréates jusqu'en 2000 montre que sur 29 lauréates à l'époque, neuf ne sont pas mariées ou sont divorcées et sept sont sans enfant. Mise en parallèle avec le rôle sociétal d'éducation des enfants dévolu classiquement aux femmes, cette statistique montre que la conciliation entre un parcours menant à un prix Nobel et une vie de famille est encore trop complexe et le demeurera tant que le rôle de l'homme et de la femme ne sera pas identique en ce qui concerne l'éducation des enfants[2].

En sciences[modifier | modifier le code]

Article connexe : Effet Matilda.
Photo. Une femme se tient debout près d'un pupitre et s'adresse à des hommes assis. Des plantes à fleur rouge se trouvent sur le pupitre.
Barbara McClintock prononce son discours à l'institut Karolinska, durant la semaine de cérémonies des prix Nobel.

En sciences et en technique, les femmes ont longtemps été écartées des études et des moyens de poursuivre des recherches. Sous-représentées en physique, chimie et médecine, le peu de prix Nobel qui leur ont été attribué est le reflet de cette mise à l'écart[a 4], qui peut être mis en parallèle avec :

  1. les mathématiques, où la médaille Fields n'a récompensé une mathématicienne qu'en 2014[a 5],
  2. l'architecture, où seules deux femmes ont reçu le prix Pritzker depuis 1979,
  3. l'ingénierie, où aucune femme n'a été récompensée du prix Millennium Technology depuis 2004
  4. l'informatique, où le prix Turing a été décerné deux fois à des femmes depuis 1996[3].

Durant la première partie du XXe siècle en Europe, les femmes se voient refuser l'entrée aux laboratoires, aux hautes études ou aux chaires qui leur donneraient accès au matériel nécessaire à leurs recherches. Les parcours sont semés d'embûches[a 1] et l'un des exemples principaux est le cas de Marie Curie qui, bien que pionnière et première femme lauréate d'un prix Nobel, est écartée de l'Académie des sciences française par sexisme, tout comme sa fille, aussi nobélisée, le sera des années plus tard[4].

Aux États-Unis, ce sont les lois anti-népotisme, interdisant alors à une femme de travailler dans le même laboratoire que son mari, qui ferment les portes des institutions aux femmes scientifiques[a 1]. En général mariées à d'autres scientifiques, elles doivent abandonner leur carrière, travailler bénévolement ou devenir assistante de laboratoire et effectuer des recherches « en perruque » à côté de leurs autres activités.

Les premières dizaines d'années de remise du prix ne voient donc que peu de femmes nominées et encore moins de lauréates. Avec le temps, la quantité de femmes ayant accès aux hautes études et au matériel adéquat s'accroît, mais la proportion de lauréates demeure pourtant sans commune mesure avec la proportion de femmes scientifiques. Il se pourrait qu'elles n'aient pas un réseau suffisamment étendu de collègues, indispensable pour se voir proposer au prix Nobel par leurs pairs[a 1]. Une analyse des statistiques des lauréats montre qu'à partir des années 1970, un gender gap, écart entre les genres[note 3], apparaît : Les femmes sont désormais bien plus nombreuses en sciences, mais le nombre de femmes nobélisées ne progresse pas dans la même proportion. Une explication possible est que les prix sont souvent remis pour des découvertes vieilles de plusieurs années voire décennies : le gender gap actuel ne serait alors que le reflet du gender gap plus ancien suite à la proportion moindre de femmes dans les domaines scientifiques[a 1]. Ceci n'explique pas toutefois le peu de nominations de femmes chaque année[a 1] qui serait plutôt à mettre sur le compte en général de l'accès aux ressources et cursus qui demeure difficile pour les femmes dans l'ensemble du monde ainsi que par la pression sociale attendant de la femme qu'elle s'occupe des enfants[a 3],[2].

De manière plus générale, même si l'amélioration de l'accessibilité du domaine est significative en sciences, il n'en demeure pas moins que, en 2003, 22 % des femmes possèdent un baccalauréat universitaire ès sciences et 18 % un doctorat (ou PhD) en physique. Une partie importante de femmes délaissent ainsi en cours de route leurs études de physique, n'achevant pas leur doctorat ou changent d'intention d'orientation de fin d'étude, laissant de côté leur plan de carrière dans la recherche. Pointé du doigt encore une fois, le milieu peu favorable aux femmes : moins de gratifications à succès égal qu'un homme, salaire moindre, avertissements plutôt qu'encouragements avant le cursus, peu ou pas d'encouragements pendant, maternité attendue socialement comme à gérer par soi-même[a 3].

Paix[modifier | modifier le code]

Photo de trois femmes tenant leur diplôme du prix Nobel durant la cérémonie.
En 2011, trois femmes reçoivent conjointement le prix Nobel de la paix (de gauche à droite) : Tawakkol Karman, Leymah Gbowee et Ellen Johnson Sirleaf.

Après avoir pris connaissance du testament d'Alfred Nobel, le roi de Suède convoque le neveu de Nobel et aurait alors demandé la suppression en particulier du prix Nobel de la paix, arguant que « [son] oncle est tombé sous l'influence de visionnaires et tout particulièrement de femmes »[5]. L'ambiance de l'époque est alors peu propice aux femmes ; l'attitude accueillant la récompense en 1905 de Bertha von Suttner est aussi misogyne que celle qui empêche Marie Curie d'accéder à l'Académie des sciences française : parodiée, ridiculisée, insultée et caricaturée, malgré son succès dans ses combats pacifistes, Suttner est traitée d'hystérique et pointée du doigt pour son aversion de l'antisémitisme[6],[7].

Le rapport des femmes au prix Nobel de la paix est particulier. Les premières associations internationales actives dans le pacifisme se mettent en place vers le milieu et la fin du XIXe siècle, quelques décennies seulement avant la création des prix Nobel ; ces grandes organisations sont alors essentiellement composées de militantes et parfois féministes[8]. Les femmes sont ainsi plus présentes dans les prix Nobel de la paix que pour les autres prix du fait de cette implication historique[9],[a 1].

Mais si les mouvements féministes et pacifistes ont longtemps été très proches, durant les cinquante premières années d'existence du prix, aucune femme ne se trouve à un poste politique important ou dans des organisations comme l'ONU, alors favorisées pour les prix Nobel[10], ainsi, dans l'ensemble peu de femmes ont été lauréates du prix Nobel de la paix : dix femmes récompensées pendant les cent premières années d'existence du prix[10]. Quelques femmes sont malgré tout lauréates jusqu'à ce que, comme pour les sciences, le nombre de femmes nominées et récompensées chute dramatiquement de 1950 à 1970, suite à quoi il remonte, aidé par une volonté affichée du comité Nobel de promouvoir l'action des femmes et l'action des pays en développement[a 1]. Des chiffres à mettre en parallèle avec la composition du comité Nobel norvégien qui n'a eu en son sein que 11 femmes de 1901 à 2014, la première à y siéger étant Aase Lionæs (en) à partir de 1949[11],[Nob. 3].

En 2004, l’Iranienne Shirin Ebadi lance avec Jody Williams, après avoir appris la nomination de Wangari Maathai, une initiative entre lauréates du prix Nobel de la paix, qui mènera à la fondation de la Nobel Women's Initiative (en) en 2006, afin d'effectuer des conférences communes. La journaliste Annick Cojean relève que leur différence avec les prix Nobel remis aux hommes vient du fait que le prix est pour ces femmes un commencement et non l'aboutissement de leur action, montrant que le monde leur faisait confiance pour poursuivre leur travail de pacifisme[a 6].

Économie[modifier | modifier le code]

Le « prix Nobel d'économie », qui ne fait pas partie des prix originellement prévus par Alfred Nobel, est instauré en 1969. En 2013, il n'a récompensé qu'une seule fois une femme.

Au-delà du faible nombre de femmes récompensées, ce prix est critiqué pour son biais en faveur des théories soutenant une idée orthodoxe du capitalisme, au détriment des systèmes alternatifs. C'est un prix qualifié de « consanguin » par l'auteur Burton Feldman : sur les 45 prix décernés entre 1969 et 2001, 30 l'ont été à des économistes américains, pour la plupart issus des mêmes universités[12].

Littérature[modifier | modifier le code]

En noir et blanc, une femme serrant la main d'un homme en costume lui tendant une serviette noire devant une foule.
Gravure représentant Selma Lagerlöf recevant le prix Nobel de littérature des mains de Gustave V de Suède. Illustration parue dans un journal suédois d'époque.

Si en proportion les femmes sont largement moins nombreuses à avoir reçu le prix Nobel de littérature que les hommes, ce n'est pas le seul biais de ce prix : le comité Nobel de littérature est en effet connu pour prendre un temps considérable à décerner le prix et, souvent, ce sont les « derniers survivants » d'une génération d'auteurs qui sont récompensés, délaissant de multiples écrivains qui ont marqué leur temps. L'autre biais est linguistique : la très grande majorité des prix sont décernés à des auteurs en anglais, français, espagnol ou allemand, et aussi aux langues scandinaves, celles-ci représentant près d'un septième de tous les prix[13].

Le milieu de la littérature aurait pu être plus féminisé du fait de la compatibilité plus grande entre une carrière d'écrivain et un rôle maternel, mais les chiffres du prix Nobel le démentent. En cause la société ayant longtemps écarté les femmes de toute reconnaissance publique et un comité Nobel qui est le reflet de cette société : à date de décembre 2004 seules deux femmes siègent à l'Académie suédoise sur les dix-huit membres. L'arrivée de Katarina Frostenson et Wisława Szymborska coïncide avec une augmentation des lauréates[14]. Ce changement est ainsi visible depuis les années 1990 ; là où seulement six femmes ont été lauréates de 1901 à 1990, depuis 1991 sept femmes ont été nobélisées[13].

L'air du temps se ressent de la même manière dans les idées des auteurs primés pour leurs œuvres. Même parmi les femmes ayant reçu le Nobel, certaines convictions détonnent : si Pearl Buck milite pour les droits des femmes, comme la contraception[15], et que l’œuvre de Sigrid Undset contient un message féministe puissant[16], Gabriela Mistral a été récompensée pour l'ensemble d'une œuvre où les femmes ne s'accomplissent qu'au travers de la maternité, transcrivant la vision machiste de la société de l'époque[15]. Si le niveau de l'écriture est exceptionnel chez Mistral, en terme d'avancée de la condition féminine, sa récompense est un clair recul[17]. Cependant, elle n'est pas la seule à recevoir un prix Nobel alors que ses travaux convoient une image clairement machiste. Rudyard Kipling a été récompensé en 1907 alors qu'il considère les femmes comme « un mal nécessaire »[18].

Lauréates[modifier | modifier le code]

Liste[modifier | modifier le code]

La première colonne du tableau indique, par un code couleur et un symbole détaillé dans la légende qui suit, le prix décerné. Certains prix Nobel de la paix n'ont pas d'intitulé officiel et sont marqués « Sans intitulé précis » : ce sont les actes mentionnés dans les discours accompagnant la récompense qui sont alors résumés dans la colonne « Intitulé ».

Une colonne partage permet de voir quelle est la division du prix obtenu. Lorsqu'un prix est reçu en entier, c'est-à-dire donné à une seule personne, il est noté « Ent. ». Le prix peut être partagé entre plusieurs personnes (jusqu'à trois). Pour les femmes ayant reçu le prix en collaboration avec une autre personne (même citation), il est noté « Part. » pour « partagé », pour une lauréate ayant reçu un prix partagé entre plusieurs personnes mais étant récompensée pour un travail indépendant des autres lauréats, on le notera « Cit. », comme « citée indépendamment ».

Légende
Prix
Physique
Prix Nobel de physique
Chimie
Prix Nobel de chimie
Médecine
Prix Nobel de physiologie ou médecine
Littérature
Prix Nobel de littérature
Paix
Prix Nobel de la paix
Économie
Prix Nobel d'économie
Lauréates
Année Nom Nationalité Intitulé[Nob. 1] Partage
Physique
1903 Marie Curie Française « En reconnaissance de leurs services rendus, par leur recherche commune sur le phénomène des radiations découvert par le professeur Henri Becquerel » Part.
Physique
1963 Maria Goeppert-Mayer Américaine « Pour leurs découvertes à propos de la structure en couches du noyau atomique » Cit.
Chimie
1911 Marie Curie Française « En reconnaissance des services pour l’avancement de la chimie par la découverte de nouveaux éléments : le radium et le polonium, par l’étude de leur nature et de leurs composés » Ent.
Chimie
1935 Irène Joliot-Curie Française « En reconnaissance de leur synthèse de nouveaux éléments radioactifs » Part.
Chimie
1964 Dorothy Crowfoot Hodgkin Britannique « Pour sa détermination par des techniques aux rayons X des structures de substances biochimiques importantes » Ent.
Chimie
2009 Ada Yonath Israélienne « Pour des études de la structure et de la fonction du ribosome » Part.
Médecine
1947 Gerty Theresa Cori Américaine « Pour la découverte du processus de conversion catalytique du glycogène » Part.
Médecine
1977 Rosalyn Yalow Américaine « Pour le développement du dosage par radio-immunologie des hormones peptidiques » Cit.
Médecine
1983 Barbara McClintock Américaine « Pour la découverte des éléments génétiques mobiles » Ent.
Médecine
1986 Rita Levi-Montalcini Italienne « Pour la découverte révolutionnaire des facteurs de croissance de cellules nerveuses » Part.
Médecine
1988 Gertrude Elion Américaine « Pour leur découverte de principes importants des traitements médicamenteux » Part.
Médecine
1995 Christiane Nüsslein-Volhard Allemande « Pour leurs travaux sur le contrôle génétique du développement précoce de l'embryon » Part.
Médecine
2004 Linda Brown Buck Américaine « Pour ses travaux sur le système olfactif et les récepteurs olfactifs » Part.
Médecine
2008 Françoise Barré-Sinoussi Française « Pour leur découverte du virus de l'immunodéficience humaine » Part.
Médecine
2009 Elizabeth Blackburn Australienne « Pour la découverte de comment sont protégés les chromosomes par les télomères et de l'enzyme télomérase » Part.
Médecine
2009 Carol Greider Américaine « Pour la découverte de comment sont protégés les chromosomes par les télomères et de l'enzyme télomérase » Part.
Économie
2009 Elinor Ostrom Américaine « Pour son analyse de la gouvernance économique, et en particulier, des biens communs » Cit.
Littérature
1909 Selma Lagerlöf Suédoise « En appréciation du noble idéalisme, de l'imagination vivace et de la perception spirituelle qui caractérisent ses écrits » Ent.
Littérature
1926 Grazia Deledda Italienne « Pour ses écrits idéalistes et inspirés qui saisissent la vie sur son île natale avec une clarté plastique et traitent des problèmes humains en général avec profondeur et sympathie » Ent.
Littérature
1928 Sigrid Undset Norvégienne « Pour ses puissantes descriptions de la vie du Nord au Moyen Âge » Ent.
Littérature
1938 Pearl Buck Américaine « Pour ses descriptions riches et épiques de la vie des paysans en Chine et pour ses chefs-d'œuvre biographiques » Ent.
Littérature
1945 Gabriela Mistral Chilienne « Pour sa poésie lyrique qui, inspirée par de puissantes émotions, a fait de son nom un symbole pour les aspirations idéalistes du monde Sud-américain » Ent.
Littérature
1966 Nelly Sachs Allemande « Pour sa remarquable œuvre lyrique et dramatique qui interprète le destin d'Israël avec sensibilité et force. » Cit.
Littérature
1991 Nadine Gordimer Sud-africaine « Qui a, au travers de son écriture magnifiquement épique — selon les propres paroles d'Alfred Nobel — été d'un grand bénéfice à l'humanité » Ent.
Littérature
1993 Toni Morrison Américaine « Qui, dans des nouvelles caractérisées par leur force visionnaire et leur teneur poétique, donne vie à un aspect essentiel de la réalité américaine » Ent.
Littérature
1996 Wisława Szymborska Polonaise « Pour une poésie qui, avec une précision ironique, permet au contexte historique et biologique de se manifester en fragments de vérité humaine. » Ent.
Littérature
2004 Elfriede Jelinek Autrichienne « Pour le flot de voix et de contre-voix dans ses romans et ses drames qui dévoilent avec une exceptionnelle passion langagière l’absurdité et le pouvoir autoritaire des clichés sociaux » Ent.
Littérature
2007 Doris Lessing Britannique « La conteuse épique de l'expérience féminine qui, avec scepticisme, ardeur et une force visionnaire, scrute une civilisation divisée » Ent.
Littérature
2009 Herta Müller Allemande « Qui, avec la concentration de la poésie et l'objectivité de la prose, dépeint les paysages de l'abandon » Ent.
Littérature
2013 Alice Munro Canadienne « La souveraine de l’art de la nouvelle contemporaine » Ent.
Paix
1905 Bertha von Suttner Autrichienne (Sans intitulé précis) Pour son action au sein du Bureau international de la paix et pour son ouvrage Die Waffen Nieder ![Nob. 4] Ent.
Paix
1931 Jane Addams Américaine (Sans intitulé précis) Pour ses actions sociales dans le domaine de l’éducation, de la prévention médicale et de la santé et pour ses efforts en vue de l’amélioration des conditions de travail et d’éducation des femmes[Nob. 5] Cit.
Paix
1946 Emily Greene Balch Américaine (Sans intitulé précis) A créé la Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté[Nob. 6] Cit.
Paix
1976 Betty Williams Irlandaise (Sans intitulé précis) Pour leur action en faveur de la paix en Irlande du Nord, l'organisation d'un manifestation pour la paix et la fondation du Mouvement des femmes pour la paix[Nob. 7] Part.
Paix
1976 Mairead Corrigan Irlandaise (Sans intitulé précis) Pour leur action en faveur de la paix en Irlande du Nord, l'organisation d'un manifestation pour la paix et la fondation du Mouvement des femmes pour la paix[Nob. 8] Part.
Paix
1979 Mère Teresa Albanaise, Indienne (Sans intitulé précis) Pour son oeuvre envers les pauvres et les malades en Inde[Nob. 9] Ent.
Paix
1982 Alva Reimer Myrdal Suédoise (Sans intitulé précis) Pour son rôle dans les négociations pour le désarmement au sein des Nations-Unies[Nob. 10] Cit.
Paix
1991 Aung San Suu Kyi Birmane « Pour sa lutte non-violente pour la démocratie et les droits humains » Ent.
Paix
1992 Rigoberta Menchú Guatémaltèque « En reconnaissance de son travail pour la justice sociale et la réconciliation ethno-culturelle basées sur le respect pour les droits des peuples autochtones » Ent.
Paix
1997 Jody Williams Américaine « Pour la Campagne internationale pour l'interdiction des mines antipersonnel terrestres » Cit.
Paix
2003 Shirin Ebadi Iranienne « Pour ses efforts en faveur de la démocratie et des droits humains. Elle s'est particulièrement concentrée sur la lutte pour les droits des femmes et des enfants » Ent.
Paix
2004 Wangari Muta Maathai Kenyane « Pour sa contribution en faveur du développement durable, de la démocratie et de la paix » Ent.
Paix
2011 Ellen Johnson Sirleaf Libérienne « Pour avoir mobilisé et organisé les femmes au-delà des lignes de division ethniques et religieuses pour mettre fin à une longue guerre au Liberia et assurer la participation des femmes aux élections » Part.
Paix
2011 Leymah Gbowee Libérienne « Pour avoir mobilisé et organisé les femmes au-delà des lignes de division ethniques et religieuses pour mettre fin à une longue guerre au Liberia et assurer la participation des femmes aux élections » Part.
Paix
2011 Tawakkol Karman Yéménite Turque

« Pour avoir mobilisé et organisé les femmes au-delà des lignes de division ethniques et religieuses pour mettre fin à une longue guerre au Liberia et assurer la participation des femmes aux élections »

Part.

Portraits[modifier | modifier le code]

Portraits des lauréates, dans l'ordre chronologique de réception avec l'année d'obtention du prix.

Généralités[modifier | modifier le code]

Répartition des lauréates par période de 25 ans
Période Lauréates
1901-1925 4
1926-1950 8
1951-1975 3
1976-2000 15
depuis 2001 15

La lauréate la plus âgée est Doris Lessing, qui reçoit le prix Nobel de littérature à 88 ans. Les deux plus jeunes femmes récompensées le sont à l'âge de 32 ans : Mairead Corrigan et Tawakkul Karman[Nob. 11]. Cette fourchette d'âge est similaire à celle des lauréats masculins[19].

Aung San Suu Kyi fait partie des trois lauréats à l'avoir reçu alors qu'ils étaient incarcérés. Récipiendaire en 1991, elle ne prononce son discours et ne le reçoit qu'en 2012[a 7].

Jusqu'en 2000, sur les 29 femmes lauréates, seules 10 possèdent un diplôme d'études supérieures, 9 sont sans aucun diplôme[19].

Controverses[modifier | modifier le code]

L'histoire des prix Nobel compte plusieurs cas où des femmes ont été sciemment écartées, que ce soit au stade des nominations ou de la récompense elle-même. Ce biais lui a valu le surnom de « prix No-Bell » en référence à Jocelyn Bell[a 8]. Plusieurs attributions ont fait l'objet de débats a posteriori, notamment dans le cadre du très politisé Nobel de la paix[a 8],[a 9]. La plupart des attributions contestées sont encore sous le sceau du secret, car les archives des comités Nobel ne sont ouvertes que 50 ans après les délibérations.

Le tableau ci-dessous résume plusieurs controverses notables, portant notamment sur des femmes écartées du prix, mais aussi sur des lauréates discutées. Les cas ayant fait couler le plus d'encre sont plus amplement présentés dans des sous-sections de cette partie.

Cas critiqués
Année Nom Nature de la critique Commentaire
Physique
1957 Chien-Shiung Wu Ne partage pas le prix avec Tsung-Dao Lee et Chen Ning Yang Chien-Shiung Wu, bien qu'ayant établi la confirmation expérimentale de la théorie sur laquelle elle a travaillé en collaboration avec Lee et Yang, n'est pas co-récipiendaire du prix et ne reçoit qu'en 1978 le prix Wolf de physique pour ces travaux[20]. Voir détails infra.
Physique
1974 Jocelyn Bell Ne partage pas le prix avec Antony Hewish et Martin Ryle Pour la description des pulsars, le prix Nobel est attribué au directeur de thèse de Jocelyn Bell alors que c'est elle qui a fait la découverte en effectuant les premières mesures mettant les pulsars en valeur[a 10],[19],[a 4]. Voir détails infra.
Physique
Emmy Noether Elle aide à la formulation mathématique de la théorie de la relativité et au développement de la théorie quantique, mais ce travail n'est jamais récompensé de son vivant par autre chose que la « reconnaissance de ses pairs »[21].
Chimie
1944 Lise Meitner Ne partage pas le prix avec Otto Hahn et Fritz Strassmann La découverte de la fission nucléaire est fondée sur des travaux réalisés en commun entre Lise Meitner, Fritz Strassmann et Otto Hahn[a 10],[22],[23],[24]. Voir détails infra.
Médecine
1958 Esther Lederberg (en) Son mari seul est reconnu pour le prix Joshua Lederberg a obtenu en 1958 le prix Nobel de médecine pour ses découvertes sur la reproduction des bactéries Escherichia Coli. Aucune mention n'a été faite de sa femme Esther, bien qu'elle ait joué un rôle important dans l'aboutissement de ses recherches[a 11]. De son côté, Esther Lederberg avait également découvert en 1950 le lambda bactériophage, un virus de l'ADN des bactéries, et le « facteur de fertilité » permettant à E. Coli de se reproduire[a 12]. À sa mort, la nécrologie parue dans The Guardian indique en sous-titre : « Malgré ses travaux de pointe en génétique, ce fut son mari qui obtint le prix Nobel »[a 13]. Cette manchette résume l'avis de plusieurs scientifiques, dont Stanley Falkow (en), selon lequel sa contribution à la science a été injustement éclipsée à cause du traitement des femmes dans le milieu universitaire à l'époque[a 12].
Médecine
1962 Rosalind Franklin Ne partage pas le prix avec James Watson et Francis Crick Morte trop tôt pour recevoir le Nobel, son travail sur la structure de l'ADN est utilisé à son insu par une équipe rivale qui s'approprie par la suite l'intégralité de la découverte. Jamais créditée et même rabaissée par l'un des récipiendaires, elle est l'exemple du sexisme latent du milieu à l'époque. Voir détails infra.
Littérature
Astrid Lindgren Nombreuses nominations en vain Nominée 24 fois, pour ses écrits autant que pour son engagement en faveur de l'égalité des sexes, des droits des enfants et des droits des animaux, elle n'obtient jamais le prix Nobel, son œuvre étant considérée trop peu « classique », car elle a écrit des livres pour enfants (dont la série centrée sur Fifi Brindacier)[23],[25].
Littérature
Virginia Woolf « Morte trop tôt » Notablement écartée du prix de littérature malgré la qualité de ses écrits, car elle aurait eu une écriture trop complexe. Woolf serait également « morte trop tôt »[26],[27], selon l'expression consacrée rappelant le processus très long du comité Nobel qui « laisse mourir » de grands esprits littéraires, la principale condition pour être primé restant de « vivre vieux »[a 14]. Elle faisait pourtant partie des figures du modernisme[a 15].
Paix
1962 Ava Helen Pauling (en) Ne partage pas le prix avec Linus Pauling Bien qu'elle ne soit pas moins engagée que son mari Linus (c'est elle qui lui fait découvrir le pacifisme et l'activisme contre les tests nucléaires), Ava Pauling n'est pas récompensée du prix Nobel[19]. Lors de son discours, Linus Pauling déclare qu'elle aurait dû être co-lauréate. Pris à part par le directeur du comité de l'époque, il est informé que personne n'a nominé sa femme et que sa candidature a été acceptée de justesse[28].
Paix
1992 Rigoberta Menchú Contestation des faits pour lesquels elle a reçu le prix En 1999, un expert de l'histoire guatémaltèque prouve qu'une partie non négligeable de l'autobiographie de Rigoberta Menchú est falsifiée ou exagérée. Le comité Nobel ne s'est pas prononcé sur ces déclarations. Un commentateur a pointé du doigt que ce prix, décerné l'année du 500e anniversaire de la découverte de l'Amérique, pourrait marquer davantage la reconnaissance des méfaits de la colonisation du continent plutôt que la reconnaissance du vécu de Menchú[29].
Paix
2004 Wangari Maathai Opinions contestables sur le VIH Première femme du continent africain à recevoir le Nobel, Wangari Maathai a été pointée du doigt pour ses opinions concernant le virus du SIDA. Elle aurait ainsi déclaré lors d'une interview donnée à un journal kényan que le VIH avait été développé par les pays occidentaux pour dépeupler le continent[a 16]. Si elle a fermement démenti avoir tenu ces propos[a 17], elle maintient après la remise du prix, lors d'une interview au Time que le VIH avait été développé et n'était pas d'origine naturelle[a 16].
Paix
2011 Ellen Johnson Sirleaf Soutien à un régime autoritaire A peine quelques jours après la remise du prix Nobel, sa corécipiendaire libérienne Leymah Gbowee révèle que Sirleaf n'a rien fait pour combattre la corruption et le népotisme du pays malgré sa position de présidente. Elle a été aussi placée[Par qui ?] sur une liste de 52 soutiens à l'ancien président Charles Taylor, coupable de crime contre l'humanité et de crime de guerre[a 9].

Lise Meitner[modifier | modifier le code]

Portrait du visage d'une femme.
Timbre émis par la Deutsche Bundespost en mai 1988 pour souligner l'apport scientifique de Lise Meitner.

Les archives de l'époque révèlent que la décision d'écarter Meitner et Strassmann est le résultat d'un processus mal mené passant de comité en comité durant la Seconde Guerre mondiale et de l’immixtion de la politique de l'époque dans les débats[note 4] : Lise Meitner ayant fui l'Allemagne nazie pour trouver refuge à Stockholm, les résultats de l'équipe sont publiés dans deux revues différentes (Nature pour Meitner et son neveu Otto Frisch, Naturwissenschaften pour Strassmann et Hahn), divisant l'équipe aux yeux des comités Nobel de physique et de chimie. La difficulté pour Meitner de publier et d'effectuer ses travaux de recherche en exil amène le comité de chimie à amoindrir sa part dans la découverte. Arne Westgren et un ancien membre du comité de chimie pèsent de tout leur poids pour que seul Otto Hahn soit lauréat, alors que Meitner aussi a été nominée de manière répétée par plusieurs scientifiques reconnus de l'époque[a 18],[a 19].

Si Otto Frisch et Fritz Strassmann sont largement ignorés, la presse sait pourtant le rôle joué par Lise Meitner dans la découverte de la fission nucléaire[a 20]. Ce n'est qu'en 1966 que Meitner et Strassmann se voient décerner le prix Enrico Fermi pour leur participation décisive à la découverte qui a valu le prix Nobel à Hahn[a 21].

L'attitude de Hahn après la remise du prix Nobel fait encore débat. Dans The Making of the Atomic Bomb, Richard Rhodes déclare que Hahn a toujours voulu réparer l'effacement (volontaire mais contraint) du nom de Meitner dans son étude publiée en Allemagne. À l'inverse, Ruth Lewin Sime explique dans Lise Meitner: A life in physics que Hahn tentait de se distancier de sa collègue avant même sa fuite. Le comportement d'Otto Hahn après la fin de la guerre contribue de toutes les manières à effacer le rôle de celle-ci : il soutient que les démonstrations théoriques et le travail de Lise Meitner ne l'ont en rien inspiré ni aidé dans sa découverte[a 22].

Rosalind Franklin[modifier | modifier le code]

Cristallographe réputée, Rosalind Franklin meurt en 1958, quatre ans avant que le prix ne soit remis à Watson et Crick dont la découverte se base sur des clichés cristallographiques usurpés à Franklin[30] ; son travail n'est jamais reconnu de son vivant[31],[32]. En dehors des clichés cristallographiques, ses recherches avec Wilkins ont peiné à aboutir par leur incapacité à collaborer[33], et Wilkins a secrètement collaboré avec Crick et Watson, leur montrant un cliché clé — Photo 51, une image montrant de l'ADN — de Franklin sans qu'elle ne le sache[a 12]. Elle sera moquée et caricaturée dans un livre écrit par Watson des années plus tard[34] où il relate sa découverte de la structure en double hélice de l'ADN d'une manière jugée partiale et machiste[30]. La montée du féminisme, contemporaine de cette période, ainsi que la publication d'un livre d'Anne Sayre, une auteure dont le mari était cristallographe et ami de Franklin, aide à mettre en lumière l'injustice commise à l'encontre de Rosalind Franklin[30],[a 23]. Le fait qu'elle a été négligée pour ce prix Nobel s'explique beaucoup par sa mort prématurée, quatre ans avant la remise du prix. Cependant deux prix Nobel, dont un l'année précédente, ont été décernés à des personnes décédées quelques mois auparavant, et ce n'est qu'en 1974 qu'est formellement stipulé dans le règlement que le titre ne peut être remis à titre posthume[a 24].

Jocelyn Bell[modifier | modifier le code]

Photo d'une femme assise.
Jocelyn Bell en 2009 à Paris.

Chargée des observations sous l'égide de son directeur de thèse Antony Hewish, Jocelyn Bell découvre et fait des relevés sur les quatre premiers pulsars jamais découverts. Durant la préparation de sa thèse doctorale à l'université de Cambridge, elle travaille avec Hewish et Martin Ryle sur le sujet. Seuls ces derniers reçoivent le prix Nobel de physique en 1974.

Bell se défend d'avoir été mise à l'écart par l'équipe de Ryle[35], mais au même moment, Thomas Gold témoigne dans le Montreal Star qu'il s'agit d'une femme timide et fidèle à Hewish, qu'elle n'oserait pas contredire pas en public[35]. Fred Hoyle, plus vocal détracteur[Quoi ?] de l'attitude de Hewish et opposé[Quoi ?] à Ryle, les pointe tout de même[Quoi ?] du doigt pour avoir « chipé » la découverte à Jocelyn Bell[35]. Toujours est-il que malgré sa part dans cette découverte et le Nobel de son tuteur de thèse, il[Qui ?] ne devient pas par la suite son mentor, la privant d'un soutien conséquent pour la suite de sa carrière[36].

Bell est restée discrète sur le sujet, et la communauté scientifique considère dans l'ensemble qu'elle a accueilli de bonne grâce cette mise à l'écart. Cependant, en 2008, elle explique dans une interview qu'à l'époque, la science état un domaine réservé aux hommes, dont les meneurs étaient suivis par des « cohortes de sous-fifres » obéissant à leurs moindres désirs. Elle ajoute que la découverte des pulsars est intervenue à un moment difficile sur le plan personnel, alors qu'elle venait de devenir mère : il lui était difficile de poursuivre sa carrière scientifique avec sa vie de famille. Loin d'accepter « de bonne grâce » sa mise à l'écart, elle n'aurait en réalité que capitulé devant les circonstances[note 5],[a 25],[a 12].

Chien-Shiung Wu[modifier | modifier le code]

Photo en noir et blanc. Une femme (à droite) manipule des boutons d'un appareil (à gauche).
Chien-Shiung Wu en 1963, pendant une expérience à l'université Columbia.

Déjà reconnue dans les années 1950 après sa participation au projet Manhattan, Chien-Shiung Wu est approchée[Quand ?] par Tsung-Dao Lee et Chen Ning Yang pour ses capacités expérimentales[Quoi ?]. Le travail sur la loi de la parité avance dès lors de manière radicale grâce à l'expérience montée par Wu[a 12].

Lorsque le prix Nobel est remis aux seuls Lee et Yang, plusieurs commentateurs considèrent que Wu aurait dû le recevoir avec eux ; Noemie Benczer Koller (en) qualifie sans ambages de sexiste cette mise à l'écart[37]. A contrario, certains arguent que le prix n'est attribué que pour les découvertes, non les expériences, aussi décisives soient-elles[38]. Son absence est néanmoins remarquée à l'époque, et le comité est pointé du doigt[a 12]. Rien ne prouve qu'elle a été exclue par misogynie, bien qu'il s'agisse de l'explication la plus couramment avancée[39], ou en raison de ses origines ethniques[a 12]. Une autre hypothèse y voit des raisons politiques : les décisions d'attribution dans les années 1940 sont plus politiques que scientifiques, et le mérite seul ne suffit pas[38]. La compétition a en effet été très serrée à l'époque pour prouver que la loi de la conservation de la parité n'existe pas[40].

Lee et Yang citent Wu lors de leur discours de remise du prix Nobel[a 26]. Déçue, Wu poursuit néanmoins ses recherches avec ardeur, notamment dans le domaine de la désintégration bêta. Son expérience et ses travaux ultérieurs lui valent de multiples récompenses, dont le prix Wolf de physique et un siège à l'Académie nationale des sciences américaine[41].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Marie Curie détenant 2 prix Nobel, 44 femmes sont lauréates et 45 prix ont été décernés à des femmes.
  2. Danny Dorling écrit en 2012 : « La guerre froide était une chose immense occupant les esprits et nous pensions vraiment qu'une Troisième Guerre mondiale était probable, qu'on en était au seuil, donc il était sensé de choisir des hommes forts, de la jouer macho. » Traduction de « The Cold War was a massive thing in people's mind. And we did think a third world war was likely, and we were on the brink, so it made sense to pick the strong men and do the macho thing. »
  3. Le gender gap est un terme désignant l'écart en nombre ou en possibilité offertes entre les hommes et les femmes dans un domaine, un métier ou une situation donnée. Ici, l'écart de genre désigne l'écart entre le nombre de femmes et d'hommes travaillant dans le domaine des sciences (faible), et le nombre de femmes et d'hommes nominés ou récompensés par un prix Nobel (grand) : il y a disparité dans l'accessibilité des femmes à cette récompense.
  4. Lorsque l'attribution est entérinée en 1945 pour le prix Nobel 1944, le Projet Manhattan est fortement avancé et les recherches sur le nucléaire prennent un tournant géopolitique incontestable.
  5. Elle résume la situation ainsi : « Ma foi, les hommes gagnent des prix, les jeunes femmes s'occupent des bébés. » Traduction de « Well men win prizes and young women look after babies. »

Le site de la fondation Nobel rassemble beaucoup de données sur les lauréats et les comités :

  1. a et b (en) « Nobel Laureates Facts - Women », sur Fondation Nobel (consulté le 7 août 2014)
  2. (en) « Nobel Prize Awarded Organizations », sur Fondation Nobel (consulté le 7 août 2014)
  3. (en) « The Norwegian Nobel Committee 1901-2014 », sur Fondation Nobel
  4. (en) « Bertha von Suttner - Facts », sur Fondation Nobel (consulté le 7 août 2014)
  5. (en) « Jane Addams - Facts », sur Fondation Nobel (consulté le 7 août 2014)
  6. (en) « Emily Greene Balch - Facts », sur Fondation Nobel (consulté le 7 août 2014)
  7. (en) « Betty Williams - Facts », sur Fondation Nobel (consulté le 7 août 2014)
  8. (en) « Mairead Corrigan - Facts », sur Fondation Nobel (consulté le 7 août 2014)
  9. (en) « Mère Teresa - Facts », sur Fondation Nobel (consulté le 7 août 2014)
  10. (en) « Alva Myrdal - Facts », sur Fondation Nobel (consulté le 7 août 2014)
  11. (en) « Nobel laureates by age », sur Fondation Nobel

Références[modifier | modifier le code]

Références issues d’ouvrages :

  1. Shalev 2003, p. 96
  2. a et b Shalev 2003, p. 47-48
  3. Claramunt Vallespí et Claramunt Vallespí 2012, p. 26
  4. Schweitzer 2002, p. 251
  5. Heffermehl 2010, p. 14
  6. Walle et Pasteur 1996, p. 87
  7. Walle et Pasteur 1996, p. 188
  8. Delaunay et Denéchère 2006, p. 255
  9. Clio HFS 2004, p. 75
  10. a et b Feldman 2001, p. 327
  11. Heffermehl 2010, p. 43
  12. Feldman 2001, p. 331-332
  13. a et b Feldman 2001, p. 59-60
  14. Vaccaro 2007, p. 59-60
  15. a et b Vaccaro 2007, p. 64
  16. Vaccaro 2007, p. 147
  17. Vaccaro 2007, p. 194
  18. Vaccaro 2007, p. 65
  19. a, b, c et d Shalev 2003, p. 46
  20. Bertsch McGrayne 2001, p. 5
  21. Bertsch McGrayne 2001, p. 74
  22. Bertsch McGrayne 2001, p. 37-63
  23. a et b Shalev 2003, p. 47
  24. Feldman 2001, p. 357
  25. Universalis 2003, p. 1981
  26. Feldman 2001, p. 64
  27. Feldman 2001, p. 92
  28. Abrams 2001, p. 198
  29. Feldman 2001, p. 321
  30. a, b et c Rose 1994, p. 16
  31. Bertsch McGrayne 2001, p. 4
  32. Doherty 2013, p. 284
  33. Shalev 2003, p. 51
  34. Feldman 2001, p. 258-263
  35. a, b et c Gregory 2005, p. 272-279
  36. Bertsch McGrayne 2001, p. 7
  37. Des Jardins 2010, p. 159-160
  38. a et b Hammond 2007, p. 49-50
  39. Cooperman 2004, p. 79
  40. Cooperman 2004, p. 78
  41. Swedin 2005, p. 316

Références issues de publications en ligne ou articles de journaux et de revues scientifiques :

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j (en) Christopher Connely, « Is the Nobel prize a boys mostly club? », sur National Public Radio,‎ 15 octobre 2012
  2. « Le prix Nobel est-il une histoire d’hommes? », sur Huffington post.fr,‎ 16 octobre 2012
  3. a, b et c (en) Anna Leahy, Douglas Dechow, « The Nobel Prize: Where Are the Women? », sur Huffington post.com,‎ 24 septembre 2013
  4. a et b Pierre Le Hir, « Des lignées de savants, des lauréats sulfureux, les femmes oubliées », Le Monde,‎ 5 octobre 2001
  5. David Larousserie, « Médaille Fields de mathématiques : une femme promue pour la première fois », sur Le Monde,‎ 12 août 2014
  6. Annick Cojean, « Le club des Nob(elles) », sur M, le magazine du Monde,‎ 15 juin 2013, p. 56-59
  7. « Le Prix Nobel en quelques faits et chiffres », sur Le Soir.be,‎ 7 octobre 2013 (consulté le 5 février 2014)
  8. a et b (en) Mark Jackson, « The Dark Side Of The Nobel Prizes », sur Popular science,‎ 10 juillet 2013
  9. a et b (en) « Nobel Prize: A tale of ignoble peace laureates », sur RT,‎ 11 octobre 2012
  10. a et b Yves Sciama, « L'injustice faite au « quatrième homme » », La Recherche, no 423,‎ 30 septembre 2008, p. 81 (lire en ligne)
  11. [PDF] (en) « Memorial resolution Esther Miriam Lederberg », sur Stanford Historical Society, p. 4
  12. a, b, c, d, e, f et g (en) Jane J. Lee, « 6 Women Scientists Who Were Snubbed Due to Sexism », sur National Geographic,‎ 19 mai 2013
  13. (en) Caroline Richmond, « Esther Lederberg », Obituary, sur The Guardian,‎ 13 décembre 2006
  14. Marion Cocquet, « Nobel de littérature : les dessous du prix », sur Le Point,‎ 10 octobre 2013
  15. (en) « 10 great writers snubbed by the Nobel Prize », sur The Telegraph
  16. a et b (en) Jak Phillips, « Top 10 Nobel Prize Controversies », sur Time,‎ 7 octobre 2011
  17. (en) « Nobel Peace Prize: the five most controversial winners », sur The Week,‎ 11 octobre 2013
  18. (en) Elisabeth Crawford, Ruth Lewin Sime et Mark Walker, « A Nobel tale of wartime injustice », Nature, vol. 382,‎ 1er août 1996, p. 393 - 395 (DOI 10.1038/382393a0, lire en ligne)
  19. Catherine Vincent, « De la difficulté d'être nobélisable en temps de guerre », Le Monde,‎ 22 août 1996 (lire en ligne)
  20. « Les prix Nobel seront bientôt décernés », Le Monde,‎ 23 octobre 1946
  21. « (Brève) Le prix Fermi décerné à trois européens », Le Monde,‎ 8 août 1966
  22. (en) Marcia Bartusiak, « The Woman Behind the Bomb », The Washington Post,‎ 17 mars 1996 (lire en ligne)
  23. (en) Robert McG. Thomas Jr., « Anne Sayre, 74, Whose Book Credited a DNA Scientist, Dies », sur New York Times,‎ 18 mars 1998
  24. « Nobel de médecine : le lauréat décédé conserve son prix », sur Le Nouvel Observateur - dépêche AFP,‎ 3 octobre 2011
  25. (en) Emine Saner, « Jocelyn Bell Burnell », Top 100 women: science and medicine, sur The Guardian,‎ 8 mars 2011
  26. (en) Jone Johnson Lewis, « Chien-Shiung Wu Pioneer Woman Physicist », Women in history, sur About.com

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages francophones :

  • Claudine Monteil, Simone de Beauvoir et les femmes aujourd’hui, Odile Jacob,‎ septembre 2011, 256 p. (ISBN 978-2-7381-2670-2, lire en ligne)
  • Sylvie Schweitzer, Les femmes ont toujours travaillé : une histoire de leurs métiers, XIXe et XXe siècle, Odile Jacob,‎ 2002, 329 p. (lire en ligne)
  • Jean-Marc Delaunay et Yves Denéchère, Femmes et relations internationales au XXe siècle, Presses Sorbonne Nouvelle,‎ 2006, 370 p. (lire en ligne)
  • Clio HFS, Les Mots de l'histoire des femmes, Presses Univ. du Mirail,‎ 2004, 121 p. (lire en ligne)
  • Marianne Walle et Paul Pasteur, Femmes en Autriche au XXe siècle, Publications des universités de Rouen et du Havre,‎ 1996, 241 p. (lire en ligne)
  • Universalis, Universalia,‎ 2003 (lire en ligne)

Ouvrages anglophones :

  • (en) Irwin Abrams (préf. Kenneth Boulding), The Nobel Peace Prize and the Laureates : An Illustrated Biographical History 1901-2001, Science History Publications,‎ 2001, 350 p. (ISBN 0-88135-388-4)
  • (en) Fredrik S. Heffermehl, The Nobel Peace Prize : What Nobel Really Wanted, ABC-CLIO,‎ 2010, 239 p. (lire en ligne)
  • (en) Sharon Bertsch McGrayne, Nobel Prize Women in Science : Their Lives, Struggles, and Momentous Discoveries, Joseph Henry Press,‎ mars 2001, 2e éd., 453 p. (lire en ligne)
  • (en) Baruch A. Shalev, 100 Years of Nobel Prizes, Atlantic Publishers & Dist,‎ 2003, 152 p. (lire en ligne)
  • (en) Peter C. Doherty, The Beginner's Guide to Winning the Nobel Prize : Advice for Young Scientists, Columbia University Press,‎ 13 août 2013, 294 p. (lire en ligne)
  • (en) Burton Feldman, The Nobel Prize : A History of Genius, Controversy, and Prestige, Arcade Publishing,‎ octobre 2001, 489 p. (lire en ligne)
  • (en) Hilary Rose, Love, Power, and Knowledge : Towards a Feminist Transformation of the Sciences, Indiana University Press,‎ 1994, 326 p. (ISBN 0-253-35046-8, lire en ligne)
  • (en) Jane Gregory, Fred Hoyle's Universe, Oxford, Oxford University Press,‎ mai 2005, 418 p. (ISBN 0-19-850791-7)
  • (en) Stephanie H. Cooperman, Chien-Shiung Wu: Pioneering Physicist and Atomic Researcher, New York, Rosen Pub. Group,‎ 2004 (ISBN 0823938751)
  • (en) Richard Hammond, Chien-Shiung Wu: Pioneering Nuclear Physicist, New York, Chelsea House Publishers,‎ 2007 (ISBN 9780816061778)
  • (en) Eric Gottfrid Swedin, Science in the Contemporary World : An Encyclopedia, ABC-CLIO,‎ 2005, 382 p. (ISBN 1-85109-524-1)
  • (en) Julie Des Jardins, The Madame Curie Complex : The Hidden History of Women in Science, The Feminist Press,‎ mars 2010, 320 p. (ISBN 978-1-5586-1655-4, lire en ligne)

Ouvrages hispanophones :

  • (es) Rosa Ma Claramunt Vallespí et Teresa Claramunt Vallespí, Mujeres en ciencia y tecnología, Editorial UNED,‎ 21 décembre 2012, 215 p. (ISBN 978-84-362-6525-5)
  • (es) Laura Vaccaro, Premios Nobel de literatura : una lectura crítica, Universidad de Sevilla,‎ 2007, 512 p. (ISBN 978-84-472-1057-2), chap. 87

Pour approfondir le sujet :

  • Nicolas Witkowski, Trop belles pour le Nobel : Les femmes et la science, Éditions du Seuil,‎ 2005, 259 p.

A propos du cas de Rigoberta Menchú :

  • (en) Arturo Arias et David Stoll, The Rigoberta Menchú Controversy, University of Minnesota Press,‎ 2001, 418 p. (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]