Jocelyn Bell

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Drahomír Chochol, Jiří Grygar et Jocelyn Bell Burnell lors du lancement de l'année internationale de l'astronomie à Paris
Drahomír Chochol, Jiří Grygar et Jocelyn Bell Burnell (droite)

Dame Jocelyn Bell Burnell (née Jocelyn Bell le 15 juillet 1943) est une astrophysicienne britannique. Elle découvrit le premier pulsar, découverte pour laquelle son directeur de thèse Antony Hewish obtint le prix Nobel, ce qui déclencha une très vive controverse[1] initiée par Fred Hoyle, puis suivi par d'autres confrères, scandalisé de voir ce prix prestigieux remis à un Directeur de thèse, peu importe sa notoriété par ailleurs, au lieu d'être remis à la personne ayant fait cette découverte parce qu'elle est simplement étudiante ou parce que c'est une femme.

Née en Irlande du Nord, elle suivit des cours à l'université de Glasgow puis à l'université de Cambridge. À Cambridge, elle travailla avec Hewish et quelques autres à la fabrication d'un radiotélescope destiné à l'étude des quasars, qui avaient été récemment découverts à l'époque, en utilisant la scintillation interplanétaire (qui permet de distinguer les sources compactes de celles plus étendues). En examinant les bandes d'enregistrement, Bell remarqua un signal radio différent des signaux radioastronomiques connus, dont la position, sur la sphère céleste, semblait constante, et dont les pulsations étaient régulières, soit environ une par seconde. Temporairement baptisée « Little Green Man 1 » (« Petit Homme Vert n°1 »), la source fut par la suite identifiée comme étant une étoile à neutrons.

Après avoir terminé son doctorat, Jocelyn Bell travailla à l'université de Southampton, au University College de Londres et à l'observatoire royal d'Édimbourg, avant de devenir professeur de physique pour l'Université Ouverte (Open University, institution anglaise donnant des cours à distance) pendant 10 ans, puis professeur occasionnel à l'université de Princeton. Bell fut doyenne de science à l'université de Bath entre 2001 et 2004, et présidente de la Royal Astronomical Society entre 2002 et 2004. Elle est actuellement professeur occasionnel à l'université d'Oxford.

Bien que n'ayant pas partagé le prix Nobel de physique remis à Antony Hewish pour leur découverte, elle fut honorée par un certain nombre d'autres organisations. Elle est commandeur de l'Ordre de l'Empire britannique, membre de la Royal Society et a obtenu le prix Beatrice M. Tinsley en 1986.

Depuis ses études dans une école quaker, Bell est active dans la Société des Amis. Elle est secrétaire (clerk) de l'Assemblée britannique de 1995 à 1997, et secrétaire (clerk) du comité exécutif du Friends World Committee for Consultation en 2008-2012. Elle témoigne de son itinéraire religieux et de ses croyances dans un entretien avec Joan Bakewell en 2006[2].

Notes et références [modifier]

  1. Sur cette controverse on lira avec intérêt ces deux excellents articles en français :
    1. Astronomie au féminin Les deux dernières pages de cet article de 21 pages très documenté sur le "machisme" scientifique, par Yaël Nazé, astrophysicienne belge, sont consacrés à cette découverte de Jocelyn Bell et à la controverse.
    2. Une petite guerre des étoiles Une interview de Jocelyn Bell en 2007 où elle relate son sentiment mitigé 33 ans plus tard, partagée entre une vive amertume et l'envie d'oublier en raison de son excellente carrière qui a suivi.
  2. Interview with Jocelyn Bell Burnell, transcription d'un entretien pour la BBC Radio 3, émission Belief du 2 janvier 2006.