Jocelyn Bell

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Jocelyn Bell Burnell lors du lancement de l’année internationale de l’astronomie à Paris
Jocelyn Bell Burnell

Dame Jocelyn Bell Burnell (née Jocelyn Bell le 15 juillet 1943[1]) est une astrophysicienne britannique. Elle est connue pour avoir découvert le premier pulsar, découverte pour laquelle son directeur de thèse Antony Hewish obtint le prix Nobel, ce qui déclencha une très vive controverse.

Enfance et vie familiale[modifier | modifier le code]

Susan Jocelyn Bell est née à Belfast, en Irlande du Nord, le 15 juillet 1943. Elle est l’ainée d’une fratrie de quatre composée d'un garçon et de trois filles[2]. Son père, George Philip Bell, était architecte et a aidé à concevoir le planétarium d’Armagh (en)[3]. Ayant grandi dans une famille aisée, qu’elle qualifie comme appartenant à la « gentry[2] », plusieurs personnels de maison aidaient sa mère, Margaret Allison Bell, née Kennedy, à tenir la maison. Elle s'intéresse très jeune à l’astronomie[4] ; elle accompagne son père à l’observatoire d’Armagh (en) et y rencontre le personnel de l’observatoire qui nourrit sa curiosité. Elle vit à Lurgan et étudie au Lurgan College (en) entre 1948 et 1956[5].

À onze ans, elle échoue à l’examen 11+ (en), utilisé pour orienter les enfants vers des études générales ou professionnelles[2]. Ses parents l’envoie à la Mount School (en) de York, un pensionnat de filles de la Société religieuse des Amis[6], entre 1956 et 1961[7]. Là-bas, elle est impressionnée par un professeur de physique à qui elle attribue une grande partie de sa vocation pour la physique[8].

En 1968, elle épouse Martin Burnell, un fonctionnaire[4], dont elle divorce en 1993[9],[4] après avoir eu un fils, Gavin Burnell. Ayant des difficultés pour trouver des garderies, elle travaille à temps partiel pour élever son fils[2]. Ce dernier est devenu physicien de la matière condensée[2],[10]

Carrière[modifier | modifier le code]

Elle est diplômée Bachelor of Science de l’université de Glasgow en 1965 puis obtient son PhD à l’université de Cambridge en 1969. À Cambridge, elle travaille avec Antony Hewish et quelques autres à la fabrication d’un radiotélescope destiné à l’étude des quasars, récemment découverts à l’époque, en utilisant la scintillation interplanétaire qui permet de distinguer les sources compactes de celles plus étendues. En 1967, examinant les enregistrements du radio-téléscope, Bell remarque un signal différent des signaux radioastronomiques connus, dont la position, sur la sphère céleste, semble constante et dont les pulsations, environ une par seconde, sont régulières. Temporairement baptisée « Little Green Man 1 » (« Petit Homme Vert n°1 »), la source est par la suite identifiée comme étant une étoile à neutrons.

Elle découvre ainsi le premier pulsar, découverte pour laquelle son directeur de thèse Antony Hewish obtient le prix Nobel en 1974, ce qui déclenche une très vive controverse[11] initiée par Fred Hoyle et relayée par d’autres confrères, scandalisés de voir ce prix prestigieux remis à un Directeur de thèse, au lieu d’être remis à la personne ayant fait la découverte au motif qu’elle était simplement étudiante ou parce que c’était une femme.

Après avoir obtenu son doctorat, Jocelyn Bell travaille à l’université de Southampton, à l’University College de Londres et à l’observatoire royal d’Édimbourg, avant de devenir pendant dix ans professeur de physique pour l’Université Ouverte (Open University, institution anglaise donnant des cours à distance) ; elle est ensuite professeur occasionnel à l’université de Princeton. Bell fut doyenne de science à l’université de Bath entre 2001 et 2004 et présidente de la Royal Astronomical Society entre 2002 et 2004. Elle est actuellement professeur occasionnel à l’université d’Oxford.

Honneurs[modifier | modifier le code]

Bien que n'ayant pas partagé le prix Nobel de physique remis en 1974 à Antony Hewish pour leur découverte, elle fut honorée par un certain nombre d’autres organisations. Elle est commandeur de l’Ordre de l’Empire britannique, membre de la Royal Society et a obtenu le prix Beatrice M. Tinsley en 1986.

Bell Burner a été l’objet de la première partie de la série en trois parties Beautiful Minds de BBC Four, réalisée par Jacqui Farnham, dans laquelle sa carrière et ses contributions à l’astronomie sont exposées[12].

Société des Amis[modifier | modifier le code]

Depuis ses études dans une école quaker, Bell est active dans la Société des Amis. Elle est secrétaire (clerk) de l’Assemblée britannique de 1995 à 1997 et secrétaire (clerk) du comité exécutif du Friends World Committee for Consultation en 2008-2012. Elle témoigne de son itinéraire religieux et de ses croyances dans un entretien avec Joan Bakewell en 2006[13].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sharon Bertsch McGrayne, Nobel Prize Women in Science, page 358, Joseph Henry Press, 2001
  2. a, b, c, d et e (en) « Oral History Transcript — Dr. S. Jocelyn Bell Burnell », sur aip.org, American Institute of Physics — Interview réalisée le 21 mai 2000 par David DeVorkin
  3. (en) Colin Johnston, « Pulsar Pioneer visits us », Astronotes, Armagh Planetarium,‎ mars 2007, p. 2–3 (lire en ligne [PDF])
  4. a, b et c (en) « Jocelyn Bell Burnell », sur famousscientists.org
  5. (en) « Lurgan College in Focus: a school proud of its rich past », Lurgan Mail,‎ 30 avril 2013 (lire en ligne)
  6. Communément connus sous le nom de quakers.
  7. Elle a été la présidente de l’association des anciens élèves entre 2007 et 2009.
  8. (en) Kate Marsh Weatherall, « The woman who discovered pulsars », sur weatheralltech.com,‎ 26 octobre 1995 (consulté le 17 septembre 2013)
  9. (en) « Jocelyn Bell Burnell », sur nndb.com
  10. (en) « Dr Gavin Burnell », sur stoner.leeds.ac.uk, University of Leeds - Condensed Matter Physics Group
  11. Sur cette controverse :
    1. J.-P. Maratray, « Astronomie au féminin », sur astrosurf.com — Les deux dernières des vingt-et-une pages de cet article sur le "machisme" scientifique, inspiré par le livre d'une astrophysicienne belge, Yaël Nazé, sont consacrées à la découverte de Jocelyn Bell et à la controverse.
    2. « Une petite guerre des étoiles », Le Devoir,‎ 2007 (lire en ligne) — Une interview de Jocelyn Bell en 2007 où elle relate son sentiment mitigé 33 ans plus tard.
  12. (en) « Beautiful Minds : Jocelyn Bell Burnell », sur bbc.co.uk,‎ 2011
  13. (en) « Interview with Jocelyn Bell Burnell », sur bbc.co.uk — transcription d’un entretien pour la BBC Radio 3, émission Belief du 2 janvier 2006.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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