Jean-Claude Pascal

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Jean-Claude Pascal

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Le photographe Horst Grund, à gauche, et Jean-Claude Pascal, à droite, en 1968

Nom de naissance Jean-Claude Villeminot
Naissance 24 octobre 1927
Paris, France
Nationalité Française
Décès 5 mai 1992 (à 64 ans)
Clichy-la-Garenne, France
Profession Styliste, acteur, chanteur, écrivain

Jean-Claude Pascal (né Jean-Claude Villeminot, le 24 octobre 1927, à Paris et mort le 5 mai 1992, à Clichy-la-Garenne) est un acteur, chanteur et écrivain français. Il s'engage en 1944 dans la Deuxième division blindée et reçoit la Croix de guerre.

Après avoir été un temps styliste de mode, il fait ses débuts en 1949 dans le cinéma, où il incarne des rôles de séducteur. Il entame également, en 1955, une carrière de chanteur de charme. Il remporte le Concours Eurovision de la chanson pour le Luxembourg, en 1961, grâce à la chanson Nous les amoureux[1].

Au début des années 1980, il se reconvertit en écrivain et en historien, publiant romans noirs et romans historiques, ainsi que ses mémoires.

Il meurt, presque oublié, à l'âge de 64 ans, d'un cancer de l'estomac.

Biographie[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

Jean-Claude Pascal, en 1945, dans son uniforme militaire.

Jean-Claude Pascal naît dans une famille de riches industriels du textile. Sa mère, Arlette Lemoine, est l'arrière-petite-fille du couturier Charles Frédéric Worth. Son père, Roger Villeminot, décède l'année de sa naissance[2].

Il débute sa scolarité secondaire, en 1938, au Collège Annel, à Compiègne, et la conclut au Lycée Janson-de-Sailly à Paris. En 1944, à l'âge de 17 ans, il s'engage dans la Deuxième division blindée du général Leclerc. Il est le premier soldat français à entrer dans Strasbourg, en novembre 1944, alors que l'armée allemande est encore en train d'évacuer la ville. Il reçoit pour cela, la Croix de guerre en 1945[3].

Après la Libération, il s'installe à Paris et étudie brièvement à la Sorbonne[4]

Styliste[modifier | modifier le code]

Jean-Claude Pascal commence sa carrière professionnelle dans l'entreprise textile de son oncle paternel[2]. Il travaille ensuite comme modéliste-dessinateur chez Hermès, puis chez les couturiers Christian Dior et Roger Piguet. Son physique et sa prestance lui permettent de poser également comme modèle[2].

Mais lassé de ce travail, Jean-Claude quitte Piguet et tente d'intégrer le monde du théâtre, en dessinant des costumes, notamment pour la pièce Dom Juan de Molière, dans une mise en scène de Louis Jouvet. Il entre un temps chez la couturière Anny Blatt, mais son métier de styliste ne lui convient plus. Il souhaite mener une carrière d'acteur[2].

Acteur[modifier | modifier le code]

En 1948, Jean-Claude Pascal s'inscrit au Cours Simon. Il adopte alors le nom de scène de « Jean-Claude Pascal », à la demande de sa famille qui ne souhaite pas voir son patronyme associé au monde du théâtre[2].

Il fait ses débuts en 1949, aux côtés de Pierre Renoir et d'Edwige Feuillère, dans La Dame aux camélias d'Alexandre Dumas fils. Il enchaîne avec La Femme en blanc de Marcel Achard, aux côtés de Renée Saint-Cyr. La même année, décoloré en blond, il incarne le prince Albert de Bavière dans son premier film, Le Jugement de Dieu, de Raymond Bernard, lequel l'a repéré par hasard[5],[2]. Il campe dès lors des personnages de séducteurs et d'aristocrates romantiques, souvent dans des films historiques ou de cape et d'épée.

Il obtient son premier grand succès populaire en 1951, dans son quatrième film, Un grand patron, d'Yves Ciampi, où il partage l'affiche avec Pierre Fresnay. En 1952, il incarne Livio (le « caprice ») dans Un caprice de Caroline chérie[6]. En 1953, il offre sa distinction au personnage d'Axel de Fersen dans Si Versailles m'était conté de Sacha Guitry, puis, en 1959, à celui du tsar Alexandre Ier dans La Belle et l'empereur. En 1956, il joue dans une adaptation de Guy Des Cars, La Châtelaine du Liban.

En 1959, il reçoit le Prix Femina d'interprétation masculine, pour son rôle de Yan, dans Pêcheur d'Islande, adaptation du roman de Pierre Loti[7],[2]. Il tourne dans quelques productions étrangères, notamment Opération Opium, en 1966, de Terence Young, réalisateur des premiers James Bond.

Au gré des tournages, il côtoie Anouk Aimée, Arletty, Brigitte Bardot, Martine Carol, Danielle Darrieux, Gina Lollobrigida, Michèle Mercier, Romy Schneider, Erich von Stroheim et Charles Vanel.

Sa carrière d'acteur au cinéma marque le pas avec l'avènement de la Nouvelle Vague et l'après soixante-huit lui est fatal[8]. Il interprète encore en 1968, le « Grand Eunuque du Sultan du Maroc » dans Angélique et le sultan, le dernier épisode de la série Angélique, marquise des anges[9]. Il tourne enfin, en 1970, Toits de Saint-Paul d'Alfred Weidenmann. Ce sera son dernier rôle au cinéma.

Par la suite, Jean-Claude Pascal apparaît à la télévision, dans des séries et des feuilletons (par exemple Le chirurgien de Saint-Chad, réalisé en 1976 par Jean Siegrist). Il revient au théâtre et participe à la série Au théâtre ce soir (par exemple, en 1985, dans Adieu Prudence de Leslie Stevens. En 1982, il réalise la mise en scène de Bérénice, à l'auditorium Maurice Ravel de Lyon.

Chanteur[modifier | modifier le code]

Jean-Claude Pascal, en 1970, à Gambais.

Jean-Claude Pascal fait ses débuts en tant que chanteur, en 1955, avec la chanson Je voudrais, écrite par Charles Aznavour. Il donne son premier récital en 1961, à Bobino, avec des chansons signées par de jeunes auteurs comme Jean Ferrat, Serge Gainsbourg et Bernard Dimey[3].

En 1961, la télévision luxembourgeoise le sollicite pour la représenter à la sixième édition du Concours Eurovision de la chanson. Le samedi 18 mars, à Cannes, il remporte le concours pour le Luxembourg, avec la chanson Nous les amoureux, écrite par Maurice Vidalin et composée par Jacques Datin[10],[1].

Si, au sens premier, les paroles de la chanson s'entendent comme le combat de deux amoureux contre les préjugés de la société de l'époque[11], en réalité elles dénoncent – sans que le grand public ne s'en doute – la répression des amours homosexuelles et prédisent une évolution prochaine des esprits à leur égard, ainsi que le chanteur lui-même devait le reconnaître plus tard[12],[13].

En 1962, il reçoit le prix de l'Académie Charles-Cros. En 1967, il obtient un grand succès commercial avec sa reprise en allemand des Neiges du Kilimandjaro, de Pascal Danel. Il enregistre de nombreux albums et reprend des morceaux de Charles Aznavour, Guy Béart, Gilbert Bécaud, Barbara ou Jacques Brel. Il ralentit sa carrière de chanteur au début des années 1970, pour se consacrer à nouveau au théâtre et à la télévision.

En 1981, pour marquer le vingtième anniversaire de sa victoire au Concours Eurovision de la chanson, la télévision luxembourgeoise lui demande de la représenter à nouveau. Il participe à la vingt-sixième édition du concours, avec la chanson C'est peut-être pas l'Amérique, mais termine cette fois à la onzième place[14].

En 1983, il enregistre un dernier album de chansons inédites, dont la plupart des textes ont été écrits par Gilbert Sinoué.

Écrivain[modifier | modifier le code]

À partir de 1983, Jean-Claude Pascal entame une carrière d'écrivain. Son premier ouvrage, Le Beau Masque, est publié en 1986. Il s'agit d'une autobiographie partielle, dans lesquelles il se concentre sur sa carrière cinématographique. Il y décrit ses nombreuses rencontres avec des actrices et ses souvenirs de tournage.

Il se lance ensuite dans l'écriture de romans policiers (Le Panier de crabes, en novembre 1986, ainsi que ses suites, Le Fauve, en février 1987, et La Garce, en avril 1987). Il poursuit avec des romans (L'Arc-en-ciel de novembre, en mars 1989, et L'Enfant et les Giboulées, en janvier 1990).

Encouragé par Philippe Erlanger, il rédige deux ouvrages historiques. En 1988, La reine maudite, biographie de Marie Stuart, et en 1991, L'amant du roi, biographie du duc de Luynes, favori du roi Louis XIII[15].

Décès[modifier | modifier le code]

Caveau de la famille maternelle de Jean-Claude Pascal, au Cimetière du Montparnasse.

Jean-Claude Pascal décède à l'hôpital Beaujon de Clichy-la-Garenne, le 5 mai 1992, à l'âge de 64 ans, des suites d'un cancer de l'estomac. Il était demeuré célibataire et sans enfants. Conformément à ses dernières volontés, il est incinéré. Ses cendres sont dispersées dans la baie du Mont Saint-Michel et dans la baie d'Hammamet, en Tunisie, où il possédait une villa[16]. Sa mère placera une plaque à son nom, sur la porte de la chapelle du caveau familial, au Cimetière du Montparnasse.

De son vivant, Jean-Claude Pascal fut élu plusieurs années de suite « homme le plus élégant de France »[17]. Sa garde-robe fut exposée en 2004, au Musée de la chemiserie et de l’élégance masculine, à Argenton-sur-Creuse, dans l'Indre[18].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Discographie[modifier | modifier le code]

Singles[modifier | modifier le code]

  • 1955 : Je voudrais
  • 1958 : Devinez
  • 1958 : Un jour, vous comprendre
  • 1958 : Croquemitoufle
  • 1959 : Le poinçonneur des lilas
  • 1959 : La nuit
  • 1960 : Marie, Marie
  • 1960 : L'absent
  • 1961 : On n'oublie rien
  • 1961 : Toi
  • 1961 : Les cornemuses
  • 1961 : Nous les amoureux
  • 1962 : Un an déjà
  • 1963 : Dans les journaux
  • 1963 : Elle était si jolie
  • 1964 : Bergère
  • 1964 : Être aimé de toi
  • 1965 : Pour les jours et les nuits
  • 1966 : Au fond du verre
  • 1966 : Vivre libre
  • 1966 : Göttingen
  • 1967 : Chanson pour terminer
  • 1970 : Tu sais... chez eux
  • 1981 : C'est peut-être pas l'Amérique
  • 1981 : Le monde a besoin des enfants

Albums[modifier | modifier le code]

  • 1960 : Satan m'a dit
  • 1961 : À Bobino
  • 1962 : Chansons pour l'automne
  • 1962 : Le bateau blanc
  • 1962 : Ma jeunesse fout l'camp
  • 1964 : Chansons pour l'hiver
  • 1965 : Chansons de l'été
  • 1967 : Quarante ans
  • 1968 : Chansons d'hier et de toujours
  • 1968 : Paris vaut bien une chanson...
  • 1973 : Je voyage
  • 1974 : Nous les amoureux
  • 1974 : C'était toute ma jeunesse
  • 1979 : À Saint-Germain des Près
  • 1981 : C'est peut-être pas l'Amérique
  • 1983 : Dessine-moi un amour
  • 1984 : Jean-Claude Pascal chante Edgar Faure

Œuvres littéraires[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b KENNEDY O’CONNOR John, The Eurovision Song Contest. 50 Years. The Official History, Londres, Carlton Books Limited, 2005, p. 18.
  2. a, b, c, d, e, f, g et h http://encinematheque.net/seconds/S48/index.asp
  3. a et b http://users.skynet.be/fabicore/jean_claude_pascal.htm
  4. https://myspace.com/jeanclaudepascal/bio
  5. Cette découverte est racontée dans la biographie de ce metteur en scène écrite par Eric Bonnefille, Raymond Bernard : fresques et miniatures, Éditions L'Harmattan, 2010, 308 p., p. 58-59.
  6. Jean-Claude Pascal (1927/1992) : « Face à Martine Carol, dans « Un caprice de Caroline Chérie », il incarne… le caprice ! »
  7. L'acteur « s'y croit un peu, en loup de mer barbu » selon le critique Aurélien Ferenczi
  8. http://www.cineartistes.com/index.php?page=afficher&id=Jean-Claude+Pascal
  9. Claude Cotard, dans La Rose et la rapière (TheBookEdition, s. d., p. 184), évoque « l'inénarrable composition de Jean-Claude Pascal en Grand Eunuque du Sultan du Maroc ».
  10. http://www.eurovision.tv/page/history/by-year/contest?event=278#About the show
  11. http://www.diggiloo.net/?1961lu
  12. Jean-Claude Pascal, acteur-chanteur, Hexagone Gay : « Ce que ses contemporains ne savent pas, à part le cercle averti des milieux homosexuels, c'est que les paroles de cette chanson ont été écrites pour dénoncer la répression contre les amours homosexuelles [...]. Mais ces paroles sont aussi prémonitoires car elles annoncent que “l'heure va sonner des nuits moins difficiles - et je pourrai t'aimer sans qu'on en parle en ville.…”. Jean-Claude Pascal reconnaîtra bien plus tard, cette belle farce qu'il a joué à cette société qui n'y a vu que du feu… de l'amour, bien entendu. »
  13. Dans son Dictionnaire des codes homosexuels : de A à H (Éditions L'Harmattan, 2008, p. 45), Philippe Ariño, voit, dans les paroles de cette chanson, des allusions à l'homosexualité : « Le personnage homosexuel se qualifie de personne "amoureuse" plutôt que d'"homosexuelle" pour éviter de se définir, de regarder ses propres actes, et d'aimer sur la durée. »
  14. http://www.eurovision.tv/page/news?id=27863&_t=30_years_ago_today_-_bucks_fizz_win_for_united_kingdom
  15. Biographie qui évoque, sous un angle historique, l'amour du roi Louis XIII pour son favori de Luynes, cf Jean-Claude Pascal, acteur-chanteur, op. cit.
  16. Guide Vert Michelin 2011, 434 p., p. 204.
  17. Revue des musées de France, Nos 4 à 6, 1975.
  18. Jean-Paul Labourdette et Dominique Auzias, Châteauroux : escapade dans l'Indre, Petit Futé, 2005, p. 181.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Anatole, Jean-Claude Pascal : le bel élégant, Association des amis du musée de la chemiserie, 1996, 43 p. (ISBN 2909184080 et 9782909184081)
  • Virginie Kollmann-Caillet et Nathalie Gaillard, Jean-Claude Pascal : sa garde-robe, de l'être au paraître, Catalogue de l'exposition du Musée de la chemiserie et de l'élégance masculine, 2004, 119 p. (ISBN 2951847327 et 9782951847323)
  • Yvan Foucart, Dictionnaire des comédiens français disparus, Éditions cinéma, Mormoiron, 2008, 1185 p. (ISBN 978-2-9531-1390-7)

Liens externes[modifier | modifier le code]