Amina Annabi

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Amina.

Amina Annabi (أمينة العنابي), née le 5 mars 1962 à Carthage, est une chanteuse et actrice tunisienne connue en France sous son nom de scène, Amina.

Biographie[modifier | modifier le code]

Née d'un père français et d'une mère tunisienne, elle est élevée par sa mère, musicienne et compositrice, après le divorce de ses parents. Elle se forge une culture musicale qui va de Tina Turner à Oum Kalthoum. Autour de sa grand-mère, également musicienne, la famille se réunit tous les dimanches et chante du malouf traditionnel ou de la variété italienne. De plus, l'un de ses oncles est à l'origine du festival de Tabarka où pendant quelques années, elle voit défiler des artistes internationaux tels Joan Baez, James Brown ou l'Algérienne Warda. C'est à cette occasion, qu'elle rencontre Wasis Diop, alors jeune rocker sénégalais. Très amis, ils travailleront souvent ensemble des années plus tard.

Chanteuse[modifier | modifier le code]

En 1975, Amina Annabi s'installe en France avec sa mère. Amina, à treize ans, s'oriente déjà vers une carrière artistique. Elle pratique assidûment la danse, se forme au chant classique ainsi qu'au chant traditionnel égyptien. À seize ans, elle monte un groupe qui fait la tournée des lycées et en devient la chanteuse. Elle excelle alors dans le répertoire reggae et jazz.

Au début des années 1980, la scène musicale française intègre les influences de l'Afrique et du monde arabe. C'est au sein de Radio Nova, plaque tournante en matière de world music, qu'elle rencontre Martin Meissonnier en 1982. Producteur et musicien, Meissonier est l'un des premiers à faire travailler des artistes africains en France. Une longue collaboration artistique et personnelle démarre entre eux. Elle a une petite fille née en 1986. L'année suivante, elle remporte un concours de rap. Le titre en question, Shehérazade, un rap arabisant, devient dans la foulée son tout premier 45 tours. Amina commence alors à se forger un nom.

En 1986, elle enregistre un duo, Shango, avec l'un des pères fondateurs de la culture hip-hop : Afrika Bambaataa. À cette occasion, elle collabore aussi avec le Japonais Yasuaki Shimizu. Celui-ci va l'inviter sur son album Subliminal. La même année, elle est choriste sur l'album d'Haruomi Hosano, autre musicien japonais fondateur du Yellow Magic Orchestra avec Ryuichi Sakamoto. Hosono est le premier à avoir marié synthétiseur et musique orientale. Ces collaborations japonaises font d'elle une vedette au Japon à tel point qu'elle y donne une tournée en 1987. Elle rencontre le poète et compositeur Gérard Ansaloni en 1989 au studio Do.

Les années 1990 démarrent par son tout premier album : Yalil (La nuit). Il sort dans 22 pays à la fois et, aux États-Unis, est classé cinquième dans la section world music par le prestigieux magazine professionnel Billboard, privilège rarissime pour un artiste francophone.

En France, elle obtient le prix Piaf 91 de la meilleure chanteuse. En 1991, Antenne 2 la choisit par l'intermédiaire de Marie-France Brière pour représenter la France au Concours Eurovision de la chanson. Le 4 mai, elle participe au 36e Concours Eurovision de la chanson organisé à Rome. Au nom de la France, elle interprète une chanson tirée de son album : Le dernier qui a parlé, co-écrite et composée avec Wasis Diop. Au classement final, après les votes de tous les pays, Amina atteint la première place ex-æquo avec la représentante de la Suède, Carola, chacune obtenant 146 points. Cependant, d'après le règlement établi en 1989, est déclaré(e) gagnant(e) en cas d'égalité l'artiste ayant obtenu le plus souvent le nombre de points maximum (douze puis dix, huit, etc.). Amina obtient quatre fois douze points et deux fois dix points tandis que Carola obtient quatre fois douze points et cinq fois dix points. Cette dernière remporte donc le concours tandis qu'Amina se voit rétrogradée à la seconde place.

Fin 1992 sort son second album, Wa di yé (L'amour est unique), qui est coproduit par Wasis Diop. Le succès de ce disque se concrétise par une tournée internationale. En avril 1999, son troisième album, Annabi, sort dans les bacs. Elle chante par ailleurs en trio dans un groupe de femmes, appelé Les Orientales, avec la chanteuse algérienne Mona Boutchebak.

Le 14 octobre 2008 au stade de France, avant le match amical de football France-Tunisie, Amina interprète Humat Al-Hima, l'hymne national tunisien, Lââm chantant La Marseillaise.

Actrice[modifier | modifier le code]

En plus de la musique, Amina se lance en 1989 dans le cinéma. Son premier film est une production française de Romain Goupil, Maman, où elle tient un second rôle aux côtés d'Anémone. L'année suivante, on la remarque dans Un thé au Sahara, une production internationale signée de Bernardo Bertolucci, où elle campe un rôle de prostituée arabe dénudée au sein d'une distribution de choix (John Malkovitch, Debra Winger, etc.).

En 1992, on l'aperçoit dans la grande fresque de Claude Lelouch : La Belle Histoire. L'année suivante, elle réapparaît dans La Nuit sacrée de Nicolas Klotz. Elle y tient pour la première fois le rôle principal aux côtés de l'Espagnol Miguel Bosé.

En 2000, elle apparaît dans le film La Mécanique des femmes de Jérôme de Missolz et, en 2001, dans Philosophale de Farid Fedjer.

En 2005, elle joue dans Il était une fois dans l'Oued réalisé par Djamel Bensalah.

Elle joue en 2008 dans une comédie musicale retraçant l'histoire de Mouammar Kadhafi avec la Asian Dub Foundation. En 2009, elle joue le rôle de Yasmina dans Cairo Time, drame romantique de Rubba Nadda, aux côtés de Patricia Clarkson, Alexander Siddiq, Elena Anaya et Tom McCamus.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Cinéma
Télévision

Lien externe[modifier | modifier le code]