Óscar Romero

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : Navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Romero.
Óscar Arnulfo Romero y Galdámez
Mgr Romero dans une peinture murale de l'Université de Droit du Salvador
Mgr Romero dans une peinture murale de l'Université de Droit du Salvador
Biographie
Naissance 14 août 1915
à Ciudad Barrios (Salvador)
Ordination
sacerdotale
4 avril 1942
Décès 24 mars 1980 (62 ans)
Évêque de l'Église catholique
Consécration
épiscopale
25 avril 1970 par
Mgr Girolamo Prigione
Dernier titre ou fonction Archevêque de San Salvador
Fonctions épiscopales Évêque auxiliaire de San Salvador
Évêque de Santiago de María
Archevêque de San Salvador

Blason
« Sentire cum Ecclesia »
« Sentir avec l'Église »

Óscar Romero (de son nom complet Óscar Arnulfo Romero y Galdámez), né le 14 août 1917 à Ciudad Barrios au Salvador et mort assassiné le 24 mars 1980, était l'archevêque catholique de San Salvador (Salvador), défenseur des droits de l'homme et particulièrement des paysans de son diocèse.

Sommaire

[modifier] Biographie

Oscar Romero est le second d'une famille de sept enfants, dont le père est postier. Après quelques années à l'école il devient apprenti menuisier à l'age de 12 ans. Deux ans plus tard, en 1931, il entre au séminaire des prêtres Clarétains à San Miguel, contre l'avis de son père.

En 1937, il va au séminaire national de San Salvador, dirigé par les Pères Jésuites. Il est ensuite envoyé à Rome pour y continuer ses études. Il y est finalement ordonné prêtre le 4 avril 1942. L'année suivante il retourne au Salvador et est nommé secrétaire du diocèse de San Miguel[1].

Il est nommé par Paul VI évêque auxiliaire de San Salvador le 25 avril 1970 avec le titre d'évêque titulaire ou in partibus de Tambeae. Il est consacré le 21 juin suivant par Mgr Girolamo Prigione nonce apostolique au Salvador.

[modifier] Archevêque de San Salvador

Le 15 octobre 1974 il est nommé évêque de Santiago de Maria puis, trois ans plus tard, le 3 février 1977, il devient archevêque de San Salvador, capitale du pays, Rome souhaitant barrer la route à la nomination de Mgr Rivera Y Damas. Car Mgr Romero est un conservateur, qui n'avait pas hésité, du temps où il était encore évêque auxiliaire, à dénoncer publiquement, lors de la célébration de la transfiguration du Christ (fête patronale de San Salvador), "la nouvelle Christologie" comme étant une menace pour la doctrine de l'Eglise et de la Foi[2]. Ainsi en 1975, à l'occasion de la mort de Josemaría Escrivá de Balaguer, fondateur de l'Opus Dei, il envoie au pape Paul VI une lettre louant les mérites du défunt et adjurant le pape d'ouvrir rapidement son procès en canonisation. Il indique notamment « avoir confié avec satisfaction à l'Œuvre la direction spirituelle de sa propre vie et de celle d'autres prêtres »[3].

[modifier] L'assassinat du Père Rutilio Grande

Considéré comme « conservateur » sa nomination est d'abord bien accueillie par l'oligarchie salvadorienne. Mais quelques semaines plus tard, le 12 mars 1977, l'assassinat d'un prêtre de son diocèse (et ami personnel) le jésuite Rutilio Grande avec deux compagnons de voyage par un escadron de la mort, soutien du pouvoir en place, va tout changer. La mort du Père Rutilio va profondément bouleverser le nouvel archevêque qui considèrera que « la mort de Grande l'avait converti ». Le jour même des funérailles, il écrit au président Arturo Armando Molina pour lui demander une enquête exhaustive des faits et ajoute : « je ne suis pas disposé à participer à un acte officiel du gouvernement aussi longtemps que ce dernier n'aura pas fait tous ses efforts pour rendre la justice au sujet de ce sacrilège qui a horrifié tout le monde et soulevé une vague de protestation et de violence »[4] Et, effectivement, jamais Mgr Romero n'assistera à un acte officiel, car jamais il n'y aura d'enquête sérieuse au sujet de ce triple meurtre.

[modifier] L'orientation pastorale de Mgr Romero

Pour Monseigneur Romero il y a une dimension politique de la foi chrétienne, c'est-à-dire que la foi ne sépare pas le croyant du monde réel, mais au contraire l'y plonge tout entier. La raison d'être de l'Église est de se solidariser avec les pauvres. Le 13 février 1980, invité par l'Université Catholique de Leuven, en Belgique, il lance: "le monde des pauvres nous apprend que la libération arrivera non seulement quand les pauvres seront les destinataires privilégiés des attentions des gouvernements et de l'Église, mais bien quand ils seront les acteurs et les protagonistes de leur propre lutte et de leur libération en démasquant ainsi la dernière racine des faux paternalismes, même ceux de l'Église."[5] Ses prises de position, comme sa dénonciation des crimes, enlèvements et assassinats menés quotidiennement par l'armée salvadorienne et les escadrons de la mort, placent Monseigneur Romero dans l'opposition à la plupart de ses collègues évêques et au Vatican. Le Pape Jean-Paul II lui reproche de s'occuper trop de politique[réf. nécessaire]. Pour le pouvoir en place et l'oligarchie salvadorienne, il est un dangereux agitateur.

[modifier] L'assassinat de Mgr Romero

Le 23 mars 1980, Monseigneur Romero dit un sermon dans la Basilique du Sacré-Cœur de San Salvador, au cours duquel il lance un appel aux soldats face aux exactions de l'armée: "Un soldat n'est pas pas obligé d'obéir à un ordre qui va contre la loi de Dieu. Une loi immorale, personne ne doit la respecter. Il est temps de revenir à votre conscience et d'obéir à votre conscience plutôt qu'à l'ordre du péché. Au nom de Dieu, au nom de ce peuple souffrant, dont les lamentations montent jusqu'au ciel et sont chaque jour plus fortes, je vous prie, je vous supplie, je vous l'ordonne, au nom de Dieu: Arrêtez la répression !"[6]
Le lendemain, alors que Monseigneur Romero prononce une homélie pendant la célébration de la messe dans la chapelle d'un hôpital, un coup de fusil atteint l'Évêque en pleine poitrine, et il agonise quelques minutes plus tard[7].
Les funérailles de Monseigneur Romero furent accompagnée par 350 000 personnes à San Salvador. 300 prêtres et 30 Évêques du monde entier y assistèrent. Mais tandis que la messe était commencée, une bombe éclata et des coups de feu partirent provocant un début de panique parmi la foule. Une cinquantaine de personnes (dont de nombreux enfants) moururent piétinés, tandis qu'on releva une dizaine de corps tués par balle. Le corps de Monseigneur Romero fut enterré à la hâte dans une tombe située dans le transept droit de la basilique du Sacré-Cœur. La messe de funérailles ne fut jamais terminée. L'assassin de Mgr Romero ne fut jamais retrouvé.

[modifier] Mémoire et procès en béatification

La question de la mémoire d'Óscar Romero et de son héritage politique et spirituel fait l'objet de divergences importantes d'analyse. Ses adversaires politiques, tout comme les opposants de gauche au régime, voient en lui une figure la théologie de la libération.

Le Vatican souligne au contraire l'ampleur spirituelle des homélies d'Óscar Romero, qu'il qualifie de « prophète de l'espérance ». Concernant son propre rôle, Mgr Romero y développe le thème du ministère vécu comme un service bien plus qu'un pouvoir : « Je ne me suis jamais posé en chef d’un peuple, car il n’y a qu’un chef: Jésus-Christ. Jésus est la source de l’espérance. » (homélie du 28 août 1977)[8].

Ainsi en 2007, le pape Benoît XVI se prononce en faveur de la béatification, voyant en lui un « grand témoin de la foi » mais en s'opposant à une lecture exclusivement politique de sa mort[9]. Le pape considère d'ailleurs qu'éviter une « récupération politique » par certaines parties est la difficulté principale rencontrée par la procédure de béatification[10].

[modifier] Hommages et distinctions

[modifier] Liens externes

[modifier] Bibliographie

  • [lire en ligne] Oscar Romero: esquisses pour un portrait , María López Vigil
  • [lire en ligne] Journal d'Oscar Romero, Óscar Arnulfo Romero, Maurice Barth
  • [lire en ligne] L'Amérique latine en mouvement: situations et enjeux , Alain Durand, Nicolas Pinet : « Il y a 25 ans, l'assassinat de Mgr Romero ».

[modifier] Références

  1. R.L. Dumont: "les Prêtres subversifs" (Editions Labor 2001, p. 156)
  2. R.L. Dumont "Les Prêtres subversifs" (Editions Labor 2002, p. 157)
  3. Archbishop Oscar Romero: Letter to the Pope on Escriva's death.
  4. R.L. Dumont, Les Prêtres subversifs, Editions Labor, 2002, p. 157
  5. R.L Dumont: "Les Prêtres subversifs" (Editions Labor - 2002, p.164)
  6. R.L. Dumont: "Les Prêtres subversifs" (Editions Labor - 2002, p.168)
  7. J.R. Brockman: Mgr Romero, martyr du Salvador, p.318
  8. http://www.vatican.va/news_services/press/sinodo/documents/bollettino_20_x-ordinaria-2001/03_francese/b20_03.html
  9. Conférence de presse de Benoit XVI dans l'avion le menant au Brésil, Dépêche Zenit, 9 mai 2007
  10. http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/speeches/2007/may/documents/hf_ben-xvi_spe_20070509_interview-brazil_fr.html
  11. Funes asume la presidencia y anuncia el restablecimiento de relaciones entre El Salvador y Cuba, La Vanguardia, 1er juin 2006
Outils personnels
Espaces de noms

Variantes
Actions
Navigation
Contribuer
Imprimer / exporter
Boîte à outils
Autres langues