Front Farabundo Martí de libération nationale

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(es) Frente Farabundo Martí de Liberación Nacional
Front Farabundo Martí de libération nationale, FMLN
Image illustrative de l'article Front Farabundo Martí de libération nationale

Idéologie Marxiste
Statut transformé en parti politique
Fondation
Date de formation octobre 1980
Pays d'origine Drapeau du Salvador Salvador
Actions
Mode opératoire guérilla
Zone d'opération Drapeau du Salvador Salvador
Période d'activité 1980-1992
Organisation
Membres 5 000 à 6 000 à son apogée
Branche politique Front démocratique révolutionnaire
Sanctuaire Nicaragua jusqu'en 1983, zones contrôlées au Nord, au centre et à l'Est du Salvador
Guerre civile du Salvador

Le Frente Farabundo Martí de Liberación Nacional (français : Front Farabundo Martí de libération nationale, FMLN) est un mouvement politique salvadorien. Fondé en octobre 1980 comme organisation unifiant 5 mouvements de guérilla marxistes, il est transformé en parti politique légal au cours de l'année 1992 dans le cadre des accords de paix de Chapultepec. Mauricio Funes, le candidat du FMLN, gagne les élections présidentielles en 2009.

Origine[modifier | modifier le code]

Différents mouvements de guérilla apparaissent au début des années 1970, sévèrement réprimés par des groupes paramilitaires, d'abord dans les villes puis en milieu rural dans la deuxième partie de la décennie. Aidé par les États-Unis, le gouvernement militaire issu du coup d'État de 1979 poursuit cette répression contre les groupes armés marxistes, le conflit plongeant le pays dans la guerre civile. L'état d'urgence est mis en place début 1980. Peut-être sous l'influence du gouvernement cubain, les guérillas tentent de s'unifier dès le début de l'année 1980. La Coordinadora Revolucionaria de Masas (Coordination révolutionnaire de masse) et le Frente Democrático Revolucionario (Front démocratique révolutionnaire), fondés respectivement en janvier et avril 1980, unifient les partis et syndicats, branches politiques des groupes armés. Après la fondation d'une Direction révolutionnaire unifiée au mois de mai, 5 guérillas s'unissent au mois d'octobre 1980 en un Frente Farabundo Martí de Liberación Nacional : les Fuerzas Populares de Liberación fondées en 1970 et dirigées par Salvador Cayetano Carpio, l'Ejército Revolucionario del Pueblo fondée en 1972 et dirigée par Joaquín Villalobos, les Fuerzas Armadas de la Resistencia Nacional fondées en 1975 et dirigées par Jose Eduardo Sancho Castañeda, le Partido Revolucionario de los Trabajadores Centroamericanos fondé en 1976 et dirigé par Francisco Jovel Urquilla et les Fuerzas Armadas de Liberación fondées en 1980 et liées au Partido Comunista Salvadoreño[1].

Guérilla[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre civile du Salvador.

Dès janvier 1981, le FMLN lance une offensive contre le gouvernement qui multiplie ses escadrons de la mort. Le conflit est bloqué à partir de 1984 et des négociations sont ouvertes entre le gouvernement et la guérilla mais échouent pour reprendre en 1987. Une offensive contre la capitale est lancée le 11 novembre 1989 à la suite de la victoire aux élections présidentielles de l'Alianza Republicana Nacionalista, un parti d'extrême droite. Une nouvelle offensive a lieu en juillet 1991. Grâce à la médiation de la Mission d'observation des Nations unies au Salvador de l'Organisation des Nations unies, un accord de paix est signé à Mexico le 16 janvier 1992. Le 23 mai, le FLMN se transforme en parti politique. Il est légalisé en deux temps : au mois de juillet et de décembre[1].

Parti politique[modifier | modifier le code]

Il est devenu la première force politique du pays, malgré des dissensions en son sein entre orthodoxes (socialistes révolutionnaires), rénovateurs (sociaux-démocrates) et tercéristes, partisans de l'unité du parti. Il est membre de la COPPPAL.

Depuis sa transformation en parti politique, le FMLN a participé aux élections au Salvador. Entre 1994 et 2004, il a été battu par le parti au pouvoir ARENA aux élections présidentielles, mais depuis 1997 il obtient aux élections législatives et municipales des résultats comparables à ceux de son principal adversaire.

En 1994, il appuie la candidature de Rubén Zamora à l'élection présidentielle, en coalition avec un autre mouvement politique de gauche. Ce dernier obtient 25 % des voix au premier tour. Au deuxième tour il obtient 31,6 % des voix, et est battu par Armando Calderón Sol, le candidat du parti ARENA qui obtient 68,3 %. Aux élections législatives, le FMLN obtient 21 sièges sur 84. Le groupe parlementaire du FMLN connait alors une crise rapide, 7 députés faisant scission pour constituer un parti plus modéré.

Malgré cette division, le FMLN progresse aux élections législatives de 1997, où il obtient 33 % des voix et 27 sièges, quasiment à égalité avec le parti ARENA. Les élections municipales qui ont lieu en même temps se traduisent par un net succès du FMLN puisque celui-ci remporte la capitale et de nombreuses villes importantes.

À l'élection présidentielle de 1999, le FMLN présente Facundo Guardado, ancien dirigeant de la guérilla, qui obtient 29 % des voix. C'est une nouvelle fois le candidat d'ARENA, Francisco Flores, qui remporte largement l'élection avec 52 %.

Les élections législatives de 2003 représentent une victoire symbolique pour le FMLN : il devance légèrement ARENA, obtenant 34 % des voix et 31 sièges, 4 de plus que le parti au pouvoir. Aux élections municipales qui se déroulent en même temps, le FMLN conserve les villes remportées en 1997, en particulier la capitale San Salvador.

Pourtant, le FMLN perd une nouvelle fois l'élection présidentielle en 2004. Son candidat, Schafik Handal, ancien dirigeant du Parti communiste salvadorien, signataire de l'accord de paix de 1992, ancien député et dirigeant du FMLN, obtient 35,7 %, le meilleur résultat d'un candidat du FMLN aux élections présidentielles. Mais son adversaire d'ARENA, Antonio Saca, gagne l'élection dès le premier tour, avec 57,7 % des voix.

Les élections législatives de 2006 confirment l'égalité entre les deux principaux partis politiques du pays : le FMLN obtient 39,7 % des voix et 32 députés, ARENA 39,4 % et 34 députés. Le FMLN conserve une grande partie des villes importantes : Violeta Menjivar devient ainsi la première femme élue maire de San Salvador.

Les élections de 2009 sont organisées à deux dates distinctes, en janvier pour les élections législatives et municipales et en mars pour la présidentielle. Les élections législatives se traduisent par un nouveau succès pour le FMLN. Avec 42,6 % des voix et 35 députés, il s'impose devant ARENA (38,5 % des voix et 32 députés). Même s'il progresse dans le nombre total de municipalités remportées, la défaite de Violeta Menjivar à la mairie de San Salvador ternit l'euphorie des résultats.

Pour l'élection présidentielle de mars 2009, le FMLN présente comme candidat Mauricio Funes, un ancien correspondant de CNN en espagnol. Le 15 mars 2009, il est élu président du Salvador avec 51,2 % des voix, mettant ainsi fin à vingt ans d'hégémonie de l'ARENA[2]. Funes est accompagné de Salvador Sánchez Cerén, vice-président et dernier chef de la guérilla parmi les membres du FMLN[3].

Le parti est défait lors des élections législatives de 2012.

Salvador Sánchez Cerén est le candidat du parti lors de l'élection présidentielle de 2014.

Origine du nom[modifier | modifier le code]

Augusto Farabundo Martí était le chef du Parti communiste salvadorien, décédé lors des répressions du soulèvement paysan de 1932, qui avaient fait entre 15 et 20 000 morts.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Jean-Marc Balencie et Arnaud de La Grange, Mondes rebelles : L'Encyclopédie des acteurs, conflits & violences politiques, Paris, Éditions Michalon,‎ 2001, 1677 p. (ISBN 2841861422), p. 76-84
  2. Jean-Michel Caroit, « Mauricio Funes met fin à vingt ans de règne de la droite au Salvador », Le Monde,‎ 16 mars 2009 (lire en ligne)
  3. Funes asume la presidencia y anuncia el restablecimiento de relaciones entre El Salvador y Cuba, La Vanguardia, 1er juin 2009