François Englert

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François Englert, né le 6 novembre 1932 à Etterbeek (Bruxelles), est un physicien théoricien belge. Il est professeur émérite à l'Université libre de Bruxelles (ULB) où il est membre du service de physique théorique dont il a été le codirecteur avec Robert Brout de 1980 à 1998. Ses principales contributions touchent à la physique des transitions de phase, physique des particules, à la théorie des cordes et à la cosmologie. Il reçoit le 8 octobre 2013 le Prix Nobel de physique, conjointement avec le Britannique Peter Higgs, pour ses travaux sur le mécanisme de Brout-Englert-Higgs, un élément clé du Modèle Standard de la physique des particules.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

François Englert, né dans une famille juive, est un survivant de la Shoah[2]. Il a été caché pendant toute la durée de la guerre. Il reconnaît que les attentions et l'amour de ses parents ont été déterminants et très importants pour lui.

Cursus académique[modifier | modifier le code]

Né en Belgique, François Englert a effectué ses études primaires à Bruxelles et en garde un bon souvenir. Il était un bon élève en primaire et se souvient savoir lire avant de rentrer à l'école primaire. François Englert a fait ses études secondaires à l'Athénée royal de Koekelberg. Son professeur de mathématique l'a particulièrement marqué et inspiré, contrairement au professeur de géographie dont il n'aimait pas les cours. François Englert trouvait que ses études étaient son affaire personnele et il n'attendait pas ni n'aimait que ses parents s'en occupent. Une des conséquences est qu'il a signé personnellement ses bulletins, imitant la signature de son père qu'il a convaincu de la laisser poursuivre lorsque celui-ci s'est pris de vouloir regarder les bulletins de son fils, pour que la supercherie ne soit pas découverte[3] . François Englert a ensuite, sur les conseils de son professeur de mathématique, soucieux de lui procurer un avenir financièrement sûr, intégrer la faculté des sciences appliquées de l'Université libre de Bruxelles. Il a obtenu un diplôme d'ingénieur civil mécanicien et électricien à l'ULB en 1955. Mais rapidement, François Englert s'est rendu compte qu'il aimait mieux comprendre le fonctionnement des éléments plutôt que leur utilisation. Devenu assistant à la Faculté des sciences appliquées , il a entamé des études de physique dont il n'a pas suivi les cours car il n'en avait pas le temps, études qui l'ont mené à une licence de physique en 1957 et un doctorat l'année suivante. Il part ensuite pour l'université Cornell, aux États-Unis, où il est nommé associé de recherches en 1959 et professeur assistant l'année suivante. Il travaille alors sous la direction de Robert Brout, avec qui il collaborera toute sa vie. En 1961, il revient à l'ULB où il est d'abord chargé de cours, puis professeur en 1964. Robert Brout l'y rejoint et tous deux sont à la tête du service de physique théorique qu'ils créent ensemble en 1980. Il accède à l'éméritat en 1998. Il est aussi "Sackler Professor by Special Appointment" à l'université de Tel Aviv.

Principales réalisations[modifier | modifier le code]

En collaboration avec Robert Brout, il a proposé, le 26 juin 1964, le mécanisme de Brout-Englert-Higgs pour expliquer la masse de particules élémentaires[4]. Un tel mécanisme fut proposé presque simultanément (le 31 août) par Peter Higgs[5], au nom duquel est également associé le boson de Higgs, aussi appelé boson de Brout-Englert-Higgs.

Le nom de François Englert est également lié au modèle de l'inflation cosmique, une phase d'expansion accélérée qu'aurait connue l'univers très tôt dans son histoire et lui permettant d'expliquer pourquoi il est homogène et isotrope à grandes échelles, conformément à ce qui est observé. Si François Englert n'est certes pas associé à la mise en évidence explicite des avantages de ce scénario (dont la paternité est attribuée, entre autres, à Alan Guth en 1980), il avait auparavant proposé, toujours avec Robert Brout ainsi que Edgard Gunzig, que des fluctuations quantiques macroscopiques puissent être à l'origine de la création d'espace comme c'est le cas lors d'une phase d'inflation[6].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Il a été récompensé, aux côtés de Robert Brout et Peter Higgs, par le Particle Prize de la European Physical Society (en) en 1997 et par le Prix Wolf de physique en 2004 pour l'hypothèse du boson de Higgs, dont la détection fut l'enjeu majeur de la recherche en physique des particules en 2008.

Il avait auparavant reçu le prix Francqui en 1982, et son article de 1978 avec Brout et Gunzig avait été primé par la Gravity Research Foundation (en), qui récompense annuellement les meilleurs essais sur un sujet touchant à la gravitation[7].

Le 13 septembre 2012, François Englert est élevé à la dignité de commandeur du Mérite wallon ; le 29 mai 2013, il reçoit aux côtés de Peter Higgs et du CERN le prix Prince des Asturies de Recherche scientifique et technique 2013. La sphère de base de l’Atomium se nomme « Sphère François Englert ». Par arrêté royal du 8 juillet 2013, le roi Albert II lui accorde le titre de baron à titre personnel avec concession de noblesse héréditaire[8].

Le 8 octobre 2013, il reçoit, avec Peter Higgs, le prix Nobel de physique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Tel Aviv University Sackler Professor Wins Nobel Prize, Université de Tel Aviv, 8 octobre 2013
  2. http://collections.ushmm.org/search/catalog/vha42758
  3. Conférence du 6 novembre 2013 à ULB
  4. (en) François Englert et Robert Brout, Broken Symmetry and the Mass of Gauge Vector Mesons, Physical Review Letters, 13, 321-322 (1964) Voir en ligne.
  5. (en) Peter Higgs, Broken Symmetries and the Masses of Gauge Bosons, Physical Review Letters, 13, 508-509 (1964) Voir en ligne.
  6. (en) Robert Brout, François Englert et Edgard Gunzig, The creation of the universe as a quantum phenomenon, Annals of Physics, 115, 78-106 (1978) Voir en ligne (accès restreint).
  7. Voir la (en) liste des récipiendaires du prix de la Gravity Research Foundation et la version primée de l'article de F. Englert.
  8. Bulletin trimestriel de l'Association de la noblesse du royaume de Belgique, no 276, octobre 2013.

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