Robert Shiller

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Robert James Shiller

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Robert Shiller en 2012

Alias
Bob Shiller
Naissance 29 mars 1946 (68 ans)
Détroit (États-Unis)
Nationalité Drapeau des États-Unis États-Unis
Pays de résidence Drapeau des États-Unis États-Unis
Diplôme
Profession
Professeur d'économie
Activité principale
Professeur à l'Université Yale
Autres activités
Distinctions
Prix de la Deutsche Bank en 2009
Vice-président de l'association des économiste américain en 2005
Président de l'Eastern Economic Association en 2006-2007
Prix Nobel d'Économie 2013 avec Eugene Fama et Lars Peter Hansen pour leurs travaux empiriques sur l'évaluation des actifs
Conjoint
Virginia M. Shiller

Compléments

  • Fondateur et Économiste en chef de MacroMarkets LLC

Robert James Shiller dit Bob Shiller (né à Détroit dans le Michigan[1],[2] le 29 mars 1946[3]) est un économiste, universitaire, et un écrivain à succès américain. Actuellement, il est professeur d'économie à l'Université Yale et membre du centre international pour la finance de cette même université. Robert Shiller a également été un chercheur associé au Bureau national de recherche économique (NBER) depuis 1980, vice-président de l'association américaine d'économie en 2005 et le président de l'Eastern Economic Association en 2006-2007. Il est également le fondateur et le chef économiste de la société MacroMarkets LLC. Robert Shiller est souvent considéré comme l'un des cent économistes les plus influents au monde [4]. Ses travaux sur les prix des actifs lui ont valu le Prix de la Banque de Suède en sciences économiques pour 2013.

Carrière[modifier | modifier le code]

Robert Shiller est licencié es lettres (B.A.) de l'université du Michigan en 1967. Il obtient un master en science en 1968 et un doctorat de l'Institut des technologies de Massachusetts en 1972[2]. Enseignant à l'université Yale depuis 1982, professeur à la Wharton School et à l'université de Pennsylvanie et du Minnesota, il a souvent donné des cours à la London School of Economics.

Ses écrits traient de multiples aspects économiques, de la finance comportementale à l'immobilier, jusqu'à la gestion des risques. Il a coorganisé des colloques de la NBER sur la finance comportementale avec Richard Thaler, depuis 1991. Le livre Macro Markets a gagné le premier prix annuel Paul A. Samuelson, de la fondation Carnegie pour la promotion de l'enseignement. Il publie une rubrique régulière au niveau du syndicate project.

En 1981, Robert Shiller a mis en lumière les limites de la "théorie des marchés efficients", à l'époque dominante chez les économistes, par un article dans la Revue d'économie américaine, intitulé « La volatilité du prix des actions peut-elle être justifiée par des changements majeurs au niveau des dividendes ? » . Ainsi, il fait remarquer que les investisseurs, dans un marché d'actions rationnel, estimeraient leur prix à l'aide des futurs dividendes espérés, en appliquant une décote par rapport aux valeurs actuelles. Il a parallèlement examiné la performance du marché boursier depuis les années 1920, et estimé les dividendes futurs et les pourcentage de décote susceptibles de justifier le large spectre de variations historiques observée. Shiller a conclu que la volatilité du marché boursier était trop grande pour s'expliquer de manière plausible par une vision rationnelle du futur. Il utilise les indicateurs classiques, en les corrélant, comme le Price Earning Ratio et le taux d'intérêt.

Ses recherches ont suscité un intérêt croissant à mesure que des stratégies financières à très court terme s'installaient sur les marchés boursiers. L'école de la finance comportementale avait déjà gagné en crédibilité à la suite du krach boursier d'octobre 1987. Les travaux académiques de Shiller comportent des sondages qui demandent aux investisseurs et aux traders les raisons qui ont motivé leurs transactions. Les résultats renforcent l'hypothèse que les décisions ont été majoritairement suscitées par des émotions, au lieu d'un calcul rationnel. La majeure partie des données issues de ces sondages, collectée depuis 1989, est disponible dans le projet sur le comportement de l'investisseur mené par l'université Yale.

L'immobilier intéresse aussi Robert Schiller, qui est le père du célèbre "indice Shiller et Case". En 1991, il fonde Case Shiller Weiss avec les économistes Karl Case et Allan Weiss[5]. L'entreprise produit des indices basés sur l'évolution des prix de ventes de biens immobiliers de manière à étudier leurs variations. L'indice a été développé par Shiller et Case lorsque ce dernier étudiait le boom insoutenable des prix immobiliers à Boston, et Shiller analyse les aspects comportementaux lors des bulles spéculatives[5]. L'indice basé sur des ventes successives a été développé par Case et Shiller avant d'être amélioré par Fiserv et Standard & Poor, créant ainsi le fameux indice Case-Shiller. En 2000, il publie le best-seller "Exuberance Irrationnelle" qui met en garde sur le fait que le marché boursier lié à la nouvelle économie est devenu une bulle (on est au sommet de la bulle internet) et qu'elle pourrait aboutir à un déclin majeur[5]. Son livre Exubérance irrationnelle, un best-seller selon le New-York Times met en garde en mars 2000, sur le fait que le marché action est devenu une bulle boursière correspondant au sommet du marché et pourrait aboutir à un large déclin.

Invité par l'émission « Comment profiter du boom immobilier » sur la télévision sur CNBC en 2005, il fait remarquer que l'augmentation des prix de l'immobilier ne peut dépasser l'inflation sur le long terme, exception faite des régions où le foncier est limité, parce que les prix doivent converger vers les prix de la construction neuve, additionnés d'une légère plus-value économique.

L'autre participant, chef économiste de l'association des agents immobiliers américains, exprima son désaccord. En février, Lereah avait publié son livre Êtes-vous en train de manquer le boom immobilier ? qui sera en fait le signal du sommet du marché immobilier. Tandis que Robert Shiller a encore une fois réussi à déterminer précisément la nature d'une nouvelle bulle spéculative alors qu'il faudra encore une année entière avant que le caractère de bulle apparaisse évident sur l'ensemble du marché immobilier américain. Shiller a réitéré ses mises en garde fin 2006 et début 2007 mais il ne fut pas cru.[citation nécessaire]

En 2009, Robert Shiller a été distingué du prix de la Deutsche Bank en économie financière, pour des travaux sur la dynamique des prix des actifs (taux d'intérêts, actions et immobilier). Son travail a été très influent tant au niveau des développements théoriques qu'en pratique, ou au niveau des régulateurs. Ses contributions sur le partage des risques, la volatilité des marchés financiers, les bulles spéculatives et les crises ont reçu une attention particulière de la part des universitaires, des professionnels et des régulateurs[6].


Graphique de Robert Shiller comportant l'évolution historique de l'indice boursier S&P, les revenus, les dividendes et des taux d'intérêts extrait de son livre Irrational Exuberance, 2d ed[7]. En préface de la seconde édition, Shiller prévient que le marché des actions n'est pas revenu sur des niveaux de valorisation historique: "le rapport prix/revenu est toujours (en 2005) très loin de sa moyenne historique de la moitié du XXe siècle. Les investisseurs font trop confiance au marché et surestiment les évolutions positives de leurs investissements sans se prémunir suffisamment un retour du marché.
Ratio Prix-gain financier comme prédicteur de 20 ans de retour sur investissement basé sur le graphe de Robert Shiller (Figure 10.1[7], source). L'axe horizontal de l'image est le ratio prix/gain financier de l'indice composite S&P , calculé dans le livre Exuberance Irrationelle (prix ajusté de l'inflation divisé par le revenu sur dix ans ajusté également de l'inflation). L'axe vertical montre le retour annuel moyen sur l'indice composite S&P (dividendes reinvestis) et la vente vingt ans plus tard. Les données pour différentes périodes de 20 ans prennent des couleurs différentes comme le montre la légende. Il est également intéressant de voir le retour sur dix ans. Shiller montre que ce graphe "confirme que des investisseurs à long terme ont des retours sur investissement intéressants sur dix ans lorsque les prix sont bas comparés aux bénéfices au début de la période de dix ans. Les investisseurs à long-terme devraient à titre individuel diminuer leur exposition lorsque le marché boursier est très élevé comme cela était le cas récemment et augmenter leur exposition lorsqu'il est bas ."[7]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Les esprits animaux : Comment les forces psychologiques mènent la finance et l'économie par George A. Akerlof, Robert J. Shiller et Corinne Faure-Geors (Traduction), Pearson Education (25 septembre 2009), ISBN 978-2744063992.
  • (fr) L'Exubérance irrationnelle de Robert Shiller, Valor, (13 décembre 2000), ISBN 978-2909356211
  • (en) The Subprime Solution: How Today's Global Financial Crisis Happened, and What to Do about It by Robert J. Shiller, Princeton University Press (2008), ISBN 0-691-13929-6.
  • (en) The Quiet Revolution: Central Banking Goes Modern by Alan S. Blinder and Robert J. Shiller, Yale University Press, (23 avril 2004), ISBN 978-0-300-10087-7
  • (en) The New Financial Order: Risk in the 21st Century, by Robert J. Shiller, Princeton University Press (2003), ISBN 0-691-09172-2.
  • (en) Irrational Exuberance (book), by Robert J Shiller, Princeton University Press (22 février 2005), 2nd Revised edition, ISBN 978-0691123356
  • (en) Macro Markets: Creating Institutions for Managing Society's largest Economic Risks by Robert J. Shiller, Clarendon Press, New York: Oxford University Press (1993), ISBN 0-19-828782-8.
  • (en) Market Volatility, by Robert J. Shiller, MIT Press (1990), ISBN 0-262-19290-X.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Lloyd Grove, « World According to ... Robert Shiller », Portfolio.com (consulté le 2009-06-26)
  2. a et b (en) Mark Blaug et Howard R. Vane, Who's who in economics, Cheltenham, Edward Elgar Publishing,‎ 2003, 4e éd. (ISBN 978-1-84064-992-5, LCCN 2003276034)
  3. (en) The Closing: Robert Shiller
  4. (en) « Economist Rankings at IDEAS », University of Connecticut (consulté le 2008-09-07)
  5. a, b et c (en) Katie Benner, « Bob Shiller didn't kill the housing market », CNNMoney.com,‎ 2009-07-07 (consulté le 2009-07-07)
  6. http://www.ifk-cfs.de/index.php?id=db0
  7. a, b et c (en) Robert Shiller, Irrational Exuberance (2d ed.), Princeton, Princeton University Press,‎ 2005, 2e éd. (ISBN 978-0-691-12335-6, LCCN 2004024789)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]