Philipp Lenard

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Philipp Lenard

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Philipp Lenard in 1900

Naissance 7 juin 1862
Presbourg (Royaume de Hongrie)
Décès 20 mai 1947 (à 84 ans)
Messelhausen (Allemagne)
Nationalité Flag of Hungary (1867-1918).svg Hongrois (1862-1907)
Drapeau de l'Allemagne Allemand (1907-1947)
Champs Physique
Institutions Université Loránd Eötvös
Université Christian Albrecht de Kiel
Diplôme Université de Heidelberg
Renommé pour Rayon cathodique
Distinctions Prix Nobel de physique (1905)

Compléments

Proche du Parti nazi

Philipp Eduard Anton von Lenard (7 juin 1862 à Presbourg (aujourd'hui Bratislava), Slovaquie - 20 mai 1947 à Messelhausen, Allemagne) était un physicien allemand d'origine austro-hongroise. Il a obtenu le prix Nobel de physique de 1905[1]. Il a aussi été un des promoteurs de la Deutsche Physik pendant le régime nazi, à l'idéologie duquel il avait adhéré.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance, études et emplois[modifier | modifier le code]

Philipp Lenard est né le 7 juin 1862 à Preßburg, en Autriche-Hongrie (aujourd'hui Bratislava), d'une famille venant du Tyrol[2].

Lenard a étudié à Budapest, Vienne, Berlin et Heidelberg, notamment sous la direction de Bunsen et Helmholtz. Il a obtenu son doctorat en 1886 à l'Université de Heidelberg.

Il est nommé privat-docent et assistant de Heinrich Hertz à l'Université de Bonn de 1892 à 1894. Il est d'abord professeur non titulaire dans divers établissements : Université de Breslau (1894-95), puis professeur de physique à l’Université d'Aix-la-Chapelle (1895-1896). Il est ensuite nommé professeur de physique théorique à l'Université de Heidelberg de 1896 à 1898, et enfin professeur titulaire de l'Université de Kiel en 1898[2]. Il y reste jusqu'en 1907, avant de revenir à l'Université de Heidelberg.

Travaux et récompenses[modifier | modifier le code]

Lenard est un expérimentateur connu pour ses contributions à l'étude des rayons cathodiques. Avant lui, les rayons cathodiques étaient produits dans des tubes de Crookes en simple verre, sous vide partiel et munis d'électrodes métalliques, auxquelles on appliquait une forte tension. Les rayons ne peuvent sortir de ces tubes, et sont donc difficiles à étudier. Il réussit à ajouter aux tubes des plaques de métal qui laissent ressortir ces rayons, ce qui lui permet de les étudier.

Il reçoit la Rumford Medal de la Royal Society en 1896, et le prix Nobel de physique en 1905 « pour ses recherches sur les rayons cathodiques[1] ». Il est lauréat de la médaille Franklin en 1932 pour ses travaux sur la photoélectricité.

Rancœurs[modifier | modifier le code]

Lenard accuse publiquement Wilhelm Röntgen, prix Nobel de physique en 1901 pour sa découverte des rayons X, et Joseph Thomson, prix Nobel de physique en 1906 pour sa découverte de l'électron, de s'être appropriés une partie de son travail[3].

Ses relations avec Albert Einstein sont d'abord mutuellement respectueuses : celui-ci estime Lenard comme un expérimentateur de talent, et Lenard considère Einstein comme un grand théoricien, qualifiant dans une lettre de 1909 la théorie de l'effet photoélectrique comme « remarquable parmi ses théories »[3]. Mais ces relations prennent une autre tournure avec la Première Guerre mondiale. Einstein est pacifiste et pro-européen, alors que Lenard est nationaliste[3]. Selon la fondation Nobel, Lenard ne pardonne pas à Einstein « d'avoir découvert et associé son propre nom à l'effet photoélectrique »[2]. Enfin, Einstein est Juif et Lenard antisémite. Lenard deviendra un fervent détracteur d'Einstein, « représentant le plus marquant » de la « physique juive », qui « voulait révolutionner et dominer l'ensemble de la physique »[3].

Lenard et l'Allemagne nazie[modifier | modifier le code]

Nationaliste, il fut un des signataires du Manifeste des 93 en 1914. Dans les années 1930, il rejoint le NSDAP, et devient un idéologue de la physique « aryenne » ou « allemande ». À ce titre, il a, entre autres, vilipendé Albert Einstein, attribuant à Friedrich Hasenöhrl la formule E=mc2 pour en faire une création aryenne[4]. Selon une citation de Johannes Stark, il a notamment déclaré (...) C'est exactement pour cette raison que les Juifs doivent être engloutis au plus profond de la terre[5].

Il a été démis de ses fonctions à l'Université de Heidelberg lors du processus de dénazification en 1945. Il est mort deux ans après.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) « for his work on cathode rays » in Personnel de rédaction, « The Nobel Prize in Physics 1905 », Fondation Nobel, 2010. Consulté le 13 juin 2010
  2. a, b et c Biographie sur le site de la Fondation Nobel.
  3. a, b, c et d Moatti 2007, p. 166-167
  4. [1] [2]
  5. Sir Martin Gilbert in : Max Weinreich : Hitler et les Professeurs, Editions les Belles Lettres, 2013, p.XVI, ISBN 2251444696

Sources[modifier | modifier le code]

  • Alexandre Moatti, Einstein, un siècle contre lui, Paris, Odile Jacob,‎ 2007 (ISBN 978-2-7381-2007-6)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • (en) Biographie sur le site de la Fondation Nobel (la page propose plusieurs liens relatifs à la remise du prix, dont un document rédigé par le lauréat — le Nobel Lecture — qui détaille ses apports)