John Wheeler

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John Wheeler

John Archibald Wheeler, né le à Jacksonville, en Floride, et mort le à Hightstown, au New Jersey[1], était un physicien théoricien américain.

Biographie[modifier | modifier le code]

On lui doit de nombreux travaux en physique théorique, notamment en fission nucléaire, dont il fut le premier à mettre au point le modèle, en collaboration avec Niels Bohr en 1939, qui leur valurent la Médaille Franklin en 1969.

Faisant partie des derniers collaborateurs d'Einstein, Wheeler essaya de terminer le projet de théorie unifiée de ce dernier. La géométrodynamique fut fondée dans ce but, explorant la piste selon laquelle tous les phénomènes physiques, telle la gravitation ou l'électromagnétisme, pourraient se réduire aux propriétés géométriques d'espaces-temps courbés. Sa théorie ne parvenant pas, entre autres, à expliquer l'existence des fermions ou des singularités de la gravitation, Wheeler l'abandonna dans les années 1970.

On doit à Wheeler l'équation de Harrison-Wheeler qui décrit la matière nucléaire à haute densité (à l'intérieur des étoiles à neutrons par exemple). Il popularisa le terme de trou noir pour désigner ce que l'on nommait jusque-là astres occlus et l'expression "un trou noir n'a pas de cheveux", ou, selon une traduction plus verte, "un trou noir n'a pas de poils" pour rappeler qu'un trou noir est caractérisé de manière unique et totale par sa masse, son moment cinétique et sa charge électrique, quelle que fût la matière lui ayant donné naissance.

Nommé professeur à Princeton dans les années 1930, il y enseignera jusqu'en 1978 à l'exception de la période 1941-1945 où il participe au projet Manhattan[1] de mise au point de la bombe atomique. Wheeler eut notamment comme élève Richard Feynman, dont il dirigea la thèse, et Kip Thorne. Avec ce dernier et Charles Misner, il est coauteur de la référence des relativistes, le fameux ouvrage Gravitation plus souvent cité sous le nom MTW des initiales de ses auteurs.

Il dirigea également la thèse d'Everett qui introduisit l'interprétation de la mécanique quantique connue sous le nom des « univers multiples ».

Il participe au comité JASON qui conseille le gouvernement lors de la guerre du Viêt-Nam [2].

Pour son 90e anniversaire, en 2001, Max Tegmark lui dédia dans Scientific American un article[3] passant en revue quatre types d'univers multiples envisageables.

Son parcours épistémologique[modifier | modifier le code]

« Je crois que ma vie en physique se divise en trois périodes (...) J'ai d'abord cru que tout était fait de particules (...). Dans ma seconde période que tout était fait de champs (...) Dans cette troisième, mon impression est que tout est fait d'information[4] ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Nécrologie par Pierre Barthélémy, Le Monde, n° 19669, 20 et 21 avril 2008, p. 18.
  2. Comité Berkeley SESPA, Jan Brown, Martin Brown, Chandler Davis, Charlie Schwartz, Jeff Stokes, Honey Well, Joe Woodard Science Against the People. The Story of Jason - The Elite Group Of Academic Scientists Who, As Technical Consultants To The Pentagon, Have Developed The Latest Weapon Against Peoples' Liberation Struggles: "Automated Warfare", décembre 1972
  3. (en) Parallel Universes.
  4. « I think of my lifetime in physics as divided into three periods. In the first period . . . I was in the grip of the idea that Everything is Particles. . . . I call my second period Everything is Fields. . . . Now I am in the grip of a new vision, that Everything is Information », John Wheeler, Black Holes, and Quantum Foam.