Discours de Fulton

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Le discours de Fulton est un discours que l'ex-Premier ministre britannique et leader occidental Winston Churchill prononça au Westminster College de Fulton (Missouri, États-Unis) le 5 mars 1946, au sujet de la nécessité d'une alliance entre Britanniques et Américains et de l'urgence de négociations pour prévenir la guerre et la tyrannie qu'engendrerait une poursuite de l'expansionnisme soviétique.

On considère ce discours comme la première manifestation officielle, du côté allié, de l'état de « guerre froide » entre l'Est et l'Ouest au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le monde libre et le bloc communiste sont séparés par le « rideau de fer ».

Résumé[modifier | modifier le code]

Churchill considère que les États-Unis sont à l’apogée de leur pouvoir et qu'il faut saisir cette opportunité pour prévenir la guerre et la tyrannie. Contre la tyrannie, les États-Unis et l’empire britannique ne doivent cesser de proclamer les grands principes de liberté et de droits de l’homme. Tout pays doit pouvoir tenir des élections démocratiques et disposer d’une justice indépendante.

Churchill estime nécessaire une relation spéciale entre Britanniques et Américains : amitié mais aussi alliance militaire pour contrer les intentions de la Russie soviétique et ses tendances expansionnistes et prosélytes.

Un rideau de fer est descendu sur l’Europe, derrière lequel se trouvent les capitales des anciens États d’Europe centrale et orientale. Ces villes se trouvent dans une sphère soviétique, sujettes du contrôle très fort et parfois croissant de Moscou. Les partis communistes d’Europe de l’est ont été élevés au pouvoir bien au-delà de ce que leur faible soutien populaire leur permettait et dirigent des gouvernements policiers. Seule la Tchécoslovaquie est une vraie démocratie.

Churchill oppose la conduite des soviétiques, qui menacent Turquie et Perse, communisent l'Allemagne de l'est, à celle des occidentaux, qui avaient replié leurs armées hors du territoire conquis en Allemagne de l’est, contre l'avis de Churchill qui réprouvait cette concession sans contrepartie.

La construction d’une Allemagne de l'est communiste risquerait de placer les Allemands en position d'offrir leur soutien au plus offrant entre Soviétiques et démocraties occidentales. La sécurité de l’Europe repose sur une nouvelle Europe unie, de laquelle aucune nation ne devrait être exclue, Churchill visant implicitement l’Allemagne.

Selon Churchill, ce que veut la Russie n’est pas la guerre mais les fruits de celle-ci et la poursuite sans fin de l’expansionnisme de son pouvoir et ses doctrines. Pendant qu’il est encore temps, il faut prévenir de façon permanente la guerre et établir les conditions de la démocratie et de la liberté aussi vite que possibles dans tous les pays. Une politique d’apaisement ne fera pas disparaître difficultés et dangers. Churchill appelle à un accord (settlement) sans délai et une alliance entre Américains et Britanniques. Il termine son allocution en exhortant les pays d'Europe occidentale à contrecarrer le pouvoir communiste afin « d'établir dans tous les pays, aussi rapidement que possible, les prémices de la liberté et de la démocratie ».

Extrait du discours de Fulton[modifier | modifier le code]

« De Stettin sur la Baltique à Trieste sur l'Adriatique, un rideau de fer est descendu à travers le continent. Derrière cette ligne se trouvent toutes les capitales des anciens États d'Europe centrale et orientale. Varsovie, Berlin, Prague, Vienne, Budapest, Belgrade, Bucarest et Sofia, toutes ces villes célèbres et les populations qui les entourent se trouvent désormais dans ce que je doit appeler la sphère soviétique, et sont toutes soumises, sous une forme ou sous une autre, non seulement à l'influence soviétique, mais aussi à un degré très élevé et, dans beaucoup de cas, à un degré croissant, au contrôle de Moscou. »[1]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « From Stettin in the Baltic to Trieste in the Adriatic an iron curtain has descended across the Continent. Behind that line lie all the capitals of the ancient states of Central and Eastern Europe. Varsovie, Berlin, Prague, Vienne, Budapest, Belgrade, Bucarest et Sofia; all these famous cities and the populations around them lie in what I must call the Soviet sphere, and all are subject, in one form or another, not only to Soviet influence but to a very high and in some cases increasing measure of control from Moscow. »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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