Alabama

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Alabama
Sceau
Sceau
Drapeau
Drapeau
Carte des États-Unis avec l'Alabama en rouge.SurnomThe Heart of Dixie, The Yellowhammer State, The Cotton Plantation State, The Cotton StateEn français : « Le Cœur de Dixie », « L'État du Pic Flamboyant », « L'État des Plantations de Coton », « L'État du Coton ».DeviseAudemus jura nostra defendere« Nous osons défendre nos droits ».
Carte des États-Unis avec l'Alabama en rouge.

Surnom
The Heart of Dixie, The Yellowhammer State, The Cotton Plantation State, The Cotton State
En français : « Le Cœur de Dixie », « L'État du Pic Flamboyant », « L'État des Plantations de Coton », « L'État du Coton ».

Devise
Audemus jura nostra defendere
« Nous osons défendre nos droits ».
Administration
Pays Drapeau des États-Unis États-Unis
Capitale Montgomery
Adhésion à l’Union  (22e État)
Gouverneur Kay Ivey (R)
Sénateurs Richard Shelby (R)
Luther Strange (R)
Nombre de représentants 7
ISO 3166-2 US-AL
Fuseau horaire -6
Démographie
Gentilé Alabamien-ne
Population 4 779 736 hab. (2010[1])
Densité 35 hab./km2
Rang 23e
Ville la plus peuplée Birmingham
Géographie
Altitude 152 m (min. : 0 m) (max. : Mont Cheaha - 734 m)
Superficie 135 765 km2
Rang 30e
– Terre 131 426 km2
– Eau (%) 4 338 km2 (3.20 %)
Coordonnées 30° 13' N à 35° 00' N (306 km)
84° 51' W à 88° 28' W (531 km)
Liens
Site web alabama.gov

L'Alabama (en anglais [ˌæləˈbæmə]) est un État du Sud des États-Unis possédant pour capitale Montgomery, et pour plus grandes villes Birmingham et Mobile. Avec 4 779 736 habitants en 2010 répartis sur une superficie de 135 765 km2, l'État est le 23e du pays par sa population et le 30e par sa taille. Il est entouré par quatre États : le Mississippi à l'ouest, le Tennessee au nord, la Géorgie à l'est et la Floride au sud. Une petite bande de territoire lui donne en outre accès aux rives du Golfe du Mexique, et la partie sud des Appalaches se trouve au nord de l'État. Il comporte 67 comtés. Emblématique du Sud profond et connu à ce titre comme le « Cœur de Dixie », l'Alabama se caractérise par un climat subtropical, une importance des traditions religieuses et du conservatisme ainsi qu'une forte proportion d'Afro-Américains dans sa population (environ 25 %).

L'État tire son nom de la tribu des Alabamas, apparentée aux Creeks, qui vivait dans la haute vallée de l'Alabama. Les Français fondent la première colonie européenne de l'État à Mobile en 1702[2]. Ils intègrent le territoire dans la province de Louisiane et mettent en place une économie de plantation (coton, tabac) fondée sur l'esclavagisme. En 1763, la province rejoint la Floride occidentale britannique, puis espagnole en 1780. À l'issue de la Guerre anglo-américaine, l'Alabama adhère à l'Union le 14 décembre 1819 et en devient le 22e État. Il fait sécession en 1861 et rejoint les États confédérés d'Amérique. Après la guerre de Sécession, l'Alabama est réadmis dans l'Union en 1868. Durant la fin du XIXe siècle et jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, l'État voit sa population s'accroître grâce à l’industrialisation. Les tensions politiques et sociales générées par la ségrégation raciale en font l'épicentre du Mouvement des droits civiques, qui débute en Alabama avec le boycott des bus de Montgomery (1955-1956).

Jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, l'Alabama, comme beaucoup d'États du Sud, connaît des problèmes de pauvreté en raison de la désorganisation des systèmes esclavagistes. Durant les années qui suivirent la guerre, l'Alabama s'affirme comme une puissance industrielle, développant l'industrie lourde (automobile, aciéries) et l'extraction de minerais. Aujourd'hui, le secteur bancaire, l'éducation, l'aéronautique et les nouvelles technologies constituent l'essentiel de son PIB. Comme la plupart des États du Sud, l'Alabama est un bastion du Parti républicain depuis les années 1980. La peine de mort par injection létale y est en vigueur. Il se situe par ailleurs dans la Bible Belt et est marqué par le protestantisme rigoriste.

Origine du nom[modifier | modifier le code]

Les Alabamas, une tribu Creeks, qui résidait à proximité de la confluence entre la Coosa et la Tallapoosa sur la partie nord de la rivière Alabama[3], donnèrent leur nom à la rivière et à l'État. Le mot Alabama proviendrait de la langue Choctaw[4] et fut plus tard adopté par la tribu Alabama comme nom[5]. L'orthographe du nom varie suivant les sources[5]. Le premier usage proviendrait de trois occurrences lors de l'expédition d'Hernando de Soto de 1540 qui avec Garcilasso de la Vega utilisaient le terme Alibamo tandis que le Chevalier de Elvas et Rodrigo Ranjel écrivaient Alibamu et Limamu, respectivement[5]. Au début de 1702, la tribu était connue par les Français comme les Alibamons avec des cartes sur lesquelles la rivière était appelée Rivière des Alibamons[3]. Parmi les autres graphies de leur nom, on peut trouver Alibamu, Alabamo, Albama, Alebamon, Alibama, Alibamou, Alabamu, et Allibamou[5],[6],[7]. L'origine amérindienne du nom de l'État est un élément partagé par environ 27 États[8].

Bien que les origines du nom Alabama soient évidentes, le sens du nom de la tribu n'est pas toujours clair. Un article non signé paru dans le Jacksonville Republican le proposant l'idée que le nom signifiait « Ici nous restons »[5]. Cette proposition devint populaire durant les années 1850 grâce aux écrits d'Alexander Beaufort Meek[5]. Les experts des langues muskogéennes ont été incapables de trouver des preuves confirmant cette traduction[3],[5]. Il est dorénavant accepté que le mot proviendrait des mots Choctaw alba (signifiant « plantes » ou « mauvaises herbes ») et amo (signifiant « couper », « équilibrer », ou « cueillir »)[4],[5],[9]. Le résultat de la traduction serait donc « nettoyeur de bosquets »[4] ou même « ramasseur d'herbes »[9],[10] ce qui peut faire référence au fait de créer des terrains pour faire des plantations[6] ou à la collecte de plantes médicinales par les chamans[10].

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire de l'Alabama.

Parmi les Amérindiens ayant vécu dans l'actuel territoire de l'Alabama on trouve les Alibamas ce qui veut dire « ceux qui débroussaillent » (peuple éponyme de l'État), les Cherokees, les Chicachas, les Choctaws, les Koasati et les Mobile. Le commerce avec le nord-est via l'Ohio dura pendant une période s'étendant de 1000 av. J.-C. à 700 et perdura jusqu'aux premiers contacts avec des européens[11]. L'influence méso-américaine est évidente dans la civilisation du Mississippi agraire qui suivit.

En 1580, le roi d'Espagne fonde la Floride occidentale, ancien nom de l'Alabama.[réf. nécessaire]

Les Français fondent la première colonie européenne de l'État avec l'établissement de Mobile en 1702[2]. Ils intègrent l'État actuel dans la province de Louisiane apportant les premiers esclaves africains, détribalisés, et fondent des plantations (coton, tabac). L'Alabama fut français de 1702 à 1763, une partie de la Floride occidentale britannique de 1763 à 1780, et une partie de la Floride occidentale espagnole de 1780 à 1814. L'Alabama du nord et du centre faisait partie de la Géorgie britannique de 1763 à 1783 et ensuite une partie du territoire du Mississippi américain.

En 1720, la capitale de la Louisiane française est transférée de Mobile à Biloxi et en 1763, la Louisiane à l'est du fleuve du Mississippi est cédée à la Grande-Bretagne. Plus tard, en 1798, peu après le scandale de Yazoo Land, c'est l'organisation du Territoire du Mississippi, à partir de territoires cédés par la Géorgie et la Caroline du Sud, et agrandi plus tard par l'adjonction de terres supplémentaires. En 1800, ce territoire n'a toujours que 5 750 habitants, 4 500 dans le Natchez District et 1 250 le long de la rivière Tombigbee, dans le futur Alabama, à l'ouest de Mobile[12], secteur qui deviendra très vite une partie de l'Alabama. Le flot d’immigrants sur la période 1798-1812 fut significatif pour le Natchez District, placé sur le Mississippi, mais beaucoup plus faible pour l'Alabama. Les deux futurs États connurent surtout une forte croissance après 1815 et la fin de la guerre de 1812, portée par le boom des plantations de coton selon l'historien Thomas D. Clark (en).

En 1802, la population des comtés d'Adams et Pickering (appelé ensuite Jefferson County) compte au total 4 446 blancs et 2 995 esclaves, trois ans après la partition du Natchez District en deux parties. En 1810, c'est toujours le Mississippi, privilégié par son grand fleuve et son peuplement plus ancien qui croît plus vite : la population y est de 15 826 blancs et 13 924 noirs, soit 29 700 habitants, pour la plupart dans le Natchez District et ses terres très fertiles[13].

En 1811, 31 306 personnes, dont 14 706 esclaves vivent dans cinq comtés au Nord de celui d'Adams, sur les États actuels du Mississippi, de l'Alabama et de la Louisiane. L'Alabama, qui est devenu un territoire séparé, compte à la même époque 9 046 habitants dont 2 565 esclaves, soit au total 38 000 habitants pour les deux futurs États[13]. En 1720 c'est deux fois plus (74 693) et en 1830, quatre fois plus (183 208). Trois fois moins peuplé que le Mississippi en 1810, l'Alabama comptera deux fois plus d'habitants que lui en 1830, grâce en particulier aux Réfugiés français de Saint-Domingue en Amérique arrivés vers 1817.

La guerre de 1812, motivée par des spéculations immobilières liées aux rebondissement du scandale de Yazoo Land, débouche en 1812 puis en 1814 sur deux vagues d'immigration[12]. La troisième, la plus forte intervient le .

L'année 1817 vit culminer la période d'immigration : en neuf jours, 4 000 personnes s'installent dans le Mississippi voisin, où en une décennie (de 1810 à 1820), la population a doublé, pour atteindre 75 450 habitants, dont 42 176 blancs et 33 272 esclaves, c'est la « Mississippi fever ». La croissance, au cours de la même décennie, de l'Alabama fut encore plus rapide : elle a été multipliée par 20, pour atteindre 146 863 habitants (99 198 blancs et 47 665 esclaves), d'où le terme d’Alabama fever.

Le Mississippi et l'Alabama réunis comptent 74 693 esclaves dès 1820 : ce nombre double ensuite pour atteindre 183 000 dans les deux États en 1830. Dès 1817, deux ans après la fin de la guerre de 1812, plusieurs centaines de réfugiés de Saint-Domingue, menés par deux ex-généraux de Napoléon Ier, fondent la Vine and Olive Colony, et obtiennent 370 kilomètres carrés du gouvernement américain. Très vite, ils abandonnent le vin et les olives pour devenir des pionniers de l'histoire de la culture du coton[14].

Le passage au statut d'État a été retardé par l'absence de littoral. Il y fut remédié lorsque Andrew Jackson s'empara de la ville espagnole de Mobile, en 1814[15]. L'Alabama fut le 22e État à être admis dans l'Union, en 1819, deux ans après le Mississippi. Les nouveaux colons américains décidèrent d'y maintenir l'esclavage.

L'Alabama devient la nouvelle frontière durant les années 1820 et 1830. Les colons tirent rapidement avantage du sol fertile. Les planteurs amènent des esclaves avec eux. L'économie de la « Black Belt » comporte alors de grandes plantations de coton dont les propriétaires construisent leurs richesses sur le travail des afro-américains mis en esclavage. Le nom de « Black Belt » provient du sol qui est noir et fertile[16]. Ailleurs les blancs plus pauvres sont des fermiers de subsistance. D'après un recensement datant de 1860, les esclaves représentent 45 % de la population de l'État qui s'élève alors à 964 201 personnes. Il y avait seulement 2 690 personnes de couleur libres.

La sécession[modifier | modifier le code]

Le 11 janvier 1861 l'Alabama fait sécession, fournissant près de 120 000 soldats aux États confédérés d'Amérique, bien qu'aucune bataille n'ait réellement eu lieu dans cet État. Rapidement ébranlé par la guerre, l'État doit faire face à une fuite massive des esclaves. Après la défaite confédérée, l'esclavage est aboli, et un gouvernement provisoire est établi en 1865. Après la Reconstruction, l'État est réintégré à l'Union en 1868. Mais ayant mal accepté leur défaite, les Blancs s'opposent à toute ascension sociale des Noirs au moyen de troupes paramilitaires (Fleurs du Camelia, Ku Klux Klan), des lois Jim Crow, et de la politique de ségrégation qui vise en fait à empêcher une émancipation et l'égalité des Noirs. Ceux-ci sont quasiment privés d'instruction, n'ont pas le droit d'avoir une arme et sont dissuadés de voter. De nombreux Noirs fuient alors vers les États industriels du nord.

L'après sécession : la ségrégation[modifier | modifier le code]

Dans sa nouvelle constitution de 1901, la législature (basé sur l'agriculture) prive les Afro-américains de leurs droits civiques avec des restrictions de vote. Alors que les planteurs engagent des blancs pauvres pour soutenir ces efforts, les nouvelles restrictions entrainent aussi la privation du droit de vote aux blancs. En 1941, plus de blancs que de noirs sont privés du droit de vote : 600 000 blancs pour 520 000 noirs. Ceci est principalement dû aux effets des impôts locaux cumulatifs[17].

Les dommages causés à la communauté Afro-américaine sont plus importants, puisque presque tous les citoyens noirs perdent leur droit de vote. En 1900, quatorze comtés de la Black Belt (qui étaient principalement Afro-américains) représentent près de 79 000 votants. Le 1er juin 1903, le nombre de votants enregistrés tombe à 1 081. En 1900, l'Alabama compte plus de 181 000 Afro-américains éligibles au vote. En 1903, ils ne sont que 2 980, bien qu'au moins 74 000 votants noirs soient lettrés. La privation du droit de vote aux noirs s'est arrêtée lorsque les Afro-américains ont mené le mouvement des droits civiques pour atteindre la législation fédérale au milieu des années 1960 afin de protéger leur droit civique et leur droit de vote. Une telle législation protège aussi les droits des pauvres parmi les populations blanches.

George Wallace (devant la porte) défiant la déségrégation de l'université de l'Alabama en juin 1963

La législature, dominée par le milieu rural, continue de ne pas allouer les fonds suffisants aux écoles et aux services destinés aux Afro-américains de l'État, mais ne les soulage pas d'impôts[16]. Les discriminations raciales qui perdurent, la dépression agricole, et la perte des récoltes de coton dû au charançon du cotonnier conduisent des dizaines de milliers d'Afro-américains à chercher de nouvelles opportunités dans les villes du nord des États-Unis. Ils quittent l'Alabama au début du XXe siècle lors de la Grande Migration à la recherche de travail dans l'industrie et d'un avenir plus clément dans les villes industrielles du nord. Le taux de croissance de la population en Alabama tombe presque de moitié de 1910 à 1920, reflétant cette émigration.

Dans le même temps, beaucoup de blancs et de noirs, anciennement agriculteurs, s'installent dans la ville de Birmingham pour trouver un emploi dans le secteur industriel. Dès lors, elle connait une croissance si rapide qu'elle est surnommée « la ville magique » (« The Magic City »). Durant les années 1920, Birmingham devient la 19e plus grande ville des États-Unis et représente à elle seule 30 % de la population de l'État. L'industrie lourde et les mines composent la base de l'économie.

En dépit des grands changements que connait la population de 1901 à 1961, la législature de l'État refuse de modifier la répartition des sièges de la Chambre des Représentants et du Sénat de l'État pour qu'ils reflètent mieux la population réelle. Elle maintient l'ancienne représentation politique et économique sur les zones agricoles. De plus, la législature d'État fit en sorte que les quelques sièges de la législature représentant Birmingham soient donnés à des personnes vivant hors de Birmingham.

Du fait de la longue période de restrictions imposées aux Afro-américains, le système politique de l'État est demeuré pendant des décennies celui d'une démocratie à parti unique. Le développement industriel dû aux exigences de la Seconde Guerre mondiale a apporté la prospérité[16]. Le coton prit de moins en moins d'importance puisque l'État développait les services et les manufactures. Durant les années 1960, sous le Gouverneur George Wallace, beaucoup de blancs dans l'État s'opposèrent aux efforts d'intégration.

La fin de la ségrégation[modifier | modifier le code]

La population blanche de l'Alabama s'opposera souvent violemment dans les années 1950 et 1960 à l'émancipation des noirs. Le mouvement des droits civiques avec Martin Luther King ou Rosa Parks a débuté en Alabama (Boycott des bus de Montgomery). La ségrégation raciale fut abolie en 1964. Depuis les années 1970, de plus en plus d'immigrants d'Amérique latine se sont installés.

Grâce à la croisade que mena le Mouvement des Droits Civils, les Afro-américains ont récupéré leur droit de vote et leurs autres droits au travers du Civil Rights Act de 1964 et du Voting Rights Act de 1965. De jure la ségrégation a pris fin dans l'État lorsque les lois Jim Crow ont été déclarées nulles et abrogées[18].

Sous le Voting Rights Act de 1965, la Cour suprême des États-Unis a forcé l'Alabama à correctement représenter la population au niveau de sa législature, Chambre des Représentants et Sénat de l'État. En 1972, pour la première fois depuis 1901, la disposition de la Constitution de l'Alabama quant à une redistribution périodique des districts basée sur la population fut mise en application. Ceci au bénéfice de la population noire qui a mal été représentée pendant plus de soixante ans[19].

Depuis 1972, la population blanche soutient très nettement le candidat républicain aux élections présidentielles (ce qui s'est également produit dans les États sudistes avoisinants). Depuis 1990, la majorité des blancs de l'État vote pour les Républicains aux élections d'État (Sénat, représentant, gouverneur)[20].

Géographie[modifier | modifier le code]

Carte de l'Alabama

L'Alabama est le 30e plus grand État des États-Unis avec 135 765 km2 dont 4 338 d'eau (3,2 %), ce qui fait de lui le 23e État ayant la plus grande superficie d'eau, ainsi que le second État ayant le plus grand système de voies d'eau intérieures aux États-Unis.

Les trois cinquièmes de la superficie terrestre constituent une plaine qui descend en pente douce vers le Mississippi et le golfe du Mexique. Le nord de l'Alabama est plus montagneux, avec le Tennessee créant une large vallée qui forme de nombreux cours d'eau, des lacs et des collines.

L'altitude de l'Alabama est généralement comprise entre le niveau de la mer à la baie de Mobile et 550 mètres dans les Appalaches, au nord-est. Le point culminant est le Mont Cheaha (774 mètres).

Les États entourant l'Alabama sont au nord le Tennessee, la Géorgie à l'est, la Floride au sud et le Mississippi à l'ouest. L'Alabama possède un littoral sur le golfe du Mexique, dans l'extrême sud-est de l'État, entre le Mississippi et la Panhandle de Floride.

Le Comté de Baldwin, le long de la côte, est le plus grand des 67 comtés de l'État, aussi bien en superficie de terre qu'en superficie d'eau.

L'Alabama comprend plusieurs parcs nationaux, dont le Horseshoe Bend National Military Park (en) à Daviston, le Little River Canyon National Preserve (en) à Fort Payne, le Russell Cave National Monument à Bridgeport, le Tuskegee Airmen National Historic Site à Tuskegee et le Tuskegee Institute National Historic Site près de Tuskegee.

L'Alabama abrite également le Natchez Trace Parkway (en), la Selma To Montgomery National Historic Trail et la Trail Of Tears National Historic Trail.

Le cratère d'impact d'une météorite de 8 km de long se trouve dans le Comté d'Elmore, au nord de Montgomery. C'est le Wetumpka crater (en), qui est le site du « plus grand désastre naturel de l'Alabama ». Une météorite de 300 mètres frappa la région il y a près de 80 millions d'années. Les collines à l'est du centre ville de Wetumpka présentent les restes érodés du cratère d'impact, le secteur de Wetumpka crater a été identifié comme un cratère d'impact ou astroblème à cause des cercles concentriques que forment les fractures et les zones de roches brisées se trouvant juste sous la surface[21].

Transports[modifier | modifier le code]

Panneau de bienvenue de l'État d'Alabama

L'Alabama est traversée par cinq autoroutes inter-États : l'Interstate 65 qui va du nord au sud en passant par le centre de l'État; l'I-59 et l'I-20 partent du centre ouest de Birmingham, ou l'Interstate 59 continue vers la pointe nord-est de l'État et l'Interstate 20 va vers l'est, vers Atlanta; l'I-85 s'étend de la frontière avec la Géorgie à Montgomery, fournissant une voie de communication principale vers Atlanta; et l'Interstate 10 traverse la région la plus au sud de l'Alabama, la traversant d'ouest en est, en passant par Mobile. Une autre Interstate, l'Interstate 22, est actuellement en construction. Quand elle sera terminée, vers 2014, elle reliera Birmingham à Memphis (Tennessee).

Les aéroports les plus importants d'Alabama sont le Birmingham International Airport (BHM), le Dothan Regional Airport (DHN), l'Huntsville International Airport (HSV), l'aéroport régional de Mobile (MOB), l'aéroport régional de Montgomery (MGM), le Northwest Alabama Regional Airport (MSL), le Tuscaloosa Regional Airport (TCL), et le Pryor Field Regional Airport (DCU). Pour les transports par voie ferrée, Amtrak propose le Crescent, un train quotidien de voyageurs allant de New York à La Nouvelle-Orléans avec des arrêts à Anniston, Birmingham et Tuscaloosa.

Ports[modifier | modifier le code]

Vue aérienne du port de Mobile
Listé du nord au sud
Nom du Port Location Connecté à
Port de Florence Florence/Muscle Shoals, sur le Lac Pickwick Tennessee
Port de Decatur Decatur, sur le Lac Wheeler Tennessee
Port de Guntersville Guntersville, sur le Lac Guntersville Tennessee
Port de Birmingham Birmingham, sur le Black Warrior Tenn-Tom Waterway
Port de Tuscaloosa Tuscaloosa, sur le Black Warrior Tenn-Tom Waterway
Port de Montgomery Montgomery, sur le Lac Woodruff Alabama
Port de Mobile Mobile, sur la baie de Mobile Golfe du Mexique

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat de l'Alabama est un climat subtropical humide avec une température annuelle moyenne de 18°C. Les températures ont tendance à être plus élevées dans le sud de l'État, à proximité du golfe du Mexique, tandis que la partie nord de l'État, particulièrement la région des Appalaches, est légèrement plus fraîche. Généralement, l'Alabama est sujet à des étés très chauds et des hivers moyens, avec des précipitations tout au long de l'année. La somme annuelle des précipitations est, en moyenne, de 142 centimètres.

Les étés en Alabama sont parmi les plus chauds et moite des États-Unis, avec des températures de plus de 35 °C durant l'été dans l'ensemble de l'État. L'Alabama est aussi enclin aux cyclones tropicaux et aux ouragans. Les régions de l'État éloignées du Golfe ne sont pas à l'abri des effets de ces tempêtes, qui déchargent une quantité importante de pluie quand elles se déplacent à l'intérieur des terres et s'y affaiblissent.

Le sud de l'Alabama rencontre plus d'orages que n'importe quelle autre région des États-Unis. La côte du Golfe, près de la baie de Mobile, connaît entre 70 et 80 jours d'orages par an. Cette activité diminue légèrement plus au nord de l'État, mais même l'extrême nord connait près de 60 jours d'orage par an. De temps en temps, les orages sont importants avec de la foudre et des chutes de gros grêlons – les parties centrale et nord de l'État sont les plus vulnérables à ces types d'orage.

Les tornades sont courantes dans l'État, la saison variant du nord au sud de l'État. L'Alabama partage la triste distinction, avec le Kansas, d'avoir relevé plus de tornades F5, la plus puissante de son genre[22], que les autres États – d'après les statistiques du National Climatic Data Center sur la période du au . La partie nord de l'État – le long de la vallée du Tennessee – est l'une des régions nord-américaines les plus vulnérables aux violentes tornades. La région couvrant l'Alabama et le Mississippi - la plus affectée par ce phénomène - est parfois appelée la Dixie Alley, en opposition avec la Tornado Alley des plaines du sud. L'Alabama est l'un des rares endroits au monde qui connait une saison des tornades secondaire (novembre et décembre) en plus de la saison estivale propice à ce phénomène.

Plusieurs tornades F5 ont contribué à augmenter le nombre de morts dus aux tornades en Alabama, plus que dans les autres États sauf pour le Texas et le Mississippi. Le « Super Outbreak » du mois d'avril 1974, affecta de façon très significative l'Alabama avec de nombreuses tornades, dont trois de force F5, en particulier celle qui détruisit la plus grande partie de la petite municipalité de Guin. L’éruption de tornades du 25 au 28 avril 2011 aux États-Unis est un autre épisode où des tornades tuèrent 236 personnes dans l'État le 27 avril.

Les hivers sont généralement doux en Alabama, comme ils le sont au travers de la plupart des États du Sud-Est américain, avec une moyenne minimale de 4 °C en janvier à Mobile et de 0 °C à Birmingham. Les chutes de neige sont rares dans presque tout l'Alabama. Les régions au nord de Montgomery peuvent recevoir un peu de neige chaque hiver, avec des chutes un peu plus importantes de temps en temps. Sur la côte sud du Golfe, les chutes de neiges sont moins fréquentes, espacées de plusieurs hivers sans neige.

Moyennes maximales et minimales mensuelles pour plusieurs villes d'Alabama[23]
Mois Jan Fév Mars Avr Mai Juin Juil Août Sep Oct Nov Déc
Birmingham max. 12 14 19 23 27 31 33 32 29 24 18 13
min. 0 2 6 9 14 18 21 21 17 11 6 2
Huntsville max. 9 13 17 22 27 30 32 32 28 23 17 11
min. -1 1 5 9 14 18 21 20 17 10 5 1
Mobile max. 16 18 22 25 29 32 33 33 31 26 21 17
min. 4 6 9 13 17 21 22 22 20 13 9 6
Montgomery max. 14 17 21 26 29 33 34 33 31 26 21 16
min. 2 4 7 11 16 19 22 21 18 11 7 3

Subdivisions administratives[modifier | modifier le code]

Comtés[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Comtés de l'État de l'Alabama.

L'État de l'Alabama est divisé en 67 comtés[24].

Agglomérations[modifier | modifier le code]

Aires métropolitaines et micropolitaines[modifier | modifier le code]

Le Bureau de la gestion et du budget a défini treize aires métropolitaines et neuf aires micropolitaines dans ou en partie dans l'État de l'Alabama[25].

Aires métropolitaines
Zone urbaine Population (2010) Population (2013) Variation (2010-2013) Rang national (2013)
Birmingham-Hoover, AL 1 128 047 1 140 300 1,1 % 49
Huntsville, AL 417 593 435 737 4,3 % 119
Mobile, AL 412 992 414 079 0,3 % 127
Montgomery, AL 374 536 373 510 -0,3 % 140
Tuscaloosa, AL 230 162 235 628 2,4 % 190
Daphne-Fairhope-Foley, AL 182 265 195 540 7,3 % 220
Decatur, AL 153 829 153 374 -0,3 % 263
Auburn-Opelika, AL 140 247 150 933 7,6 % 270
Dothan, AL 145 639 147 691 1,4 % 278
Florence-Muscle Shoals, AL 147 137 147 317 0,1 % 281
Anniston-Oxford-Jacksonville, AL 118 572 116 736 -1,6 % 327
Gadsden, AL 104 430 103 931 -0,5 % 345
Columbus, GA-AL 52 947

(294 865)

59 585

(316 554)

12,5 %

(7,4 %)

(154)
Aires micropolitaines
Zone urbaine Population (2010) Population (2013) Variation (2010-2013) Rang national (2013)
Albertville, AL 93 019 94 760 1,9 % 35
Talladega-Sylacauga, AL 93 830 91 994 -2,0 % 43
Cullman, AL 80 406 80 811 0,5 % 65
Scottsboro, AL 53 227 52 951 -0,5 % 189
Enterprise, AL 49 948 50 938 2,0 % 207
Ozark, AL 50 251 49 884 -0,7 % 213
Selma, AL 43 820 41 996 -4,2 % 286
Valley, AL 34 215 34 162 -0,2 % 391
Troy, AL 32 899 33 339 1,3 % 396

En 2010, 86,6 % des Alabamiens résidaient dans une zone à caractère urbain, dont 75,5 % dans une aire métropolitaine et 11,1 % dans une aire micropolitaine.

Aires métropolitaines combinées[modifier | modifier le code]

Le Bureau de la gestion et du budget a également défini six aires métropolitaines combinées dans ou en partie dans l'État de l'Alabama.

Aires métropolitaines combinées
Zone urbaine Population (2010) Population (2013) Variation (2010-2013) Rang national (2013)
Birmingham-Hoover-Talladega, AL 1 302 283 1 313 105 0,8 % 42
Huntsville-Decatur-Albertville, AL 664 441 683 871 2,9 % 70
Mobile-Daphne-Fairhope, AL 595 257 609 619 2,4 % 79
Dothan-Enterprise-Ozark, AL 245 838 248 513 1,1 % 120
Columbus-Auburn-Opelika, GA-AL 227 409

(469 327)

244 680

(501 649)

7,6 %

(6,9 %)

(89)
Chattanooga-Cleveland-Dalton, TN-GA-AL 53 227

(923 460)

52 951

(940 299)

-0,5 %

(1,8 %)

(55)

Municipalités[modifier | modifier le code]

L'État de l'Alabama compte 461 municipalités[26], dont 16 de plus de 30 000 habitants.

Municipalités de plus de 30 000 habitants
Rang Municipalité Comté Population (2010) Population (2013) Variation (2010-2013)
1 Birmingham Jefferson, Shelby 212 237 212 113 -0,1 %
2 Montgomery Montgomery 205 764 201 332 -2,2 %
3 Mobile Mobile 195 111 194 899 -0,1 %
4 Huntsville Madison, Limestone 180 105 186 254 3,4 %
5 Tuscaloosa Tuscaloosa 90 468 95 334 5,4 %
6 Hoover Jefferson, Shelby 81 619 84 126 3,1 %
7 Dothan Houston, Dale, Henry 65 496 68 001 3,8 %
8 Auburn Lee 53 380 58 582 9,7 %
9 Decatur Morgan, Limestone 55 683 55 816 0,2 %
10 Madison Madison, Limestone 42 938 45 799 6,7 %
11 Florence Lauderdale 39 319 40 059 1,9 %
12 Phenix City Russell, Lee 32 822 37 498 14,2 %
13 Gadsden Etowah 36 856 36 542 -0,9 %
14 Prattville Autauga, Elmore 33 960 35 229 3,7 %
15 Vestavia Hills Jefferson, Shelby 34 033 34 018 -0,0 %
16 Alabaster Shelby 30 352 31 342 3,3 %

Démographie[modifier | modifier le code]

Population[modifier | modifier le code]

Densités de population en 2010 (en mille carré).
Historique des recensements
Année Population Variation

1800 1 250 ——
1810 9 046 623,7 %
1820 127 901 1313,9 %
1830 309 527 142,0 %
1840 590 756 90,9 %
1850 771 623 30,6 %
1860 964 201 25,0 %
1870 996 992 3,4 %
1880 1 262 505 26,6 %
1890 1 513 401 19,9 %
1900 1 828 697 20,8 %
1910 2 138 093 16,9 %
1920 2 348 174 9,8 %
1930 2 646 248 12,7 %
1940 2 832 961 7,1 %
1950 3 061 743 8,1 %
1960 3 266 740 6,7 %
1970 3 444 165 5,4 %
1980 3 893 888 13,1 %
1990 4 040 587 3,8 %
2000 4 447 100 10,1 %
2010 4 779 736 7,5 %

Le Bureau du recensement des États-Unis estime la population de l'État de l'Alabama à 4 833 722 habitants au 1er juillet 2013, soit une hausse de 1,1 % depuis le recensement des États-Unis de 2010 qui tablait la population à 4 779 736 habitants[27]. Depuis 2010, l'État connaît la 37e croissance démographique la plus soutenue des États-Unis.

Selon des projections démographiques publiées par l’AARP, l'Alabama devrait atteindre une population de 6 127 975 habitants en 2060 si les tendances démographiques actuelles se poursuivent, soit une hausse de 28,1 % par rapport à 2010[28].

Avec 4 779 736 habitants en 2010, l'Alabama était le 23e État le plus peuplé des États-Unis. Sa population comptait pour 1,55 % de la population du pays. Le centre démographique de l'État était localisé dans le nord du comté de Chilton[29].

Avec 36,44 hab./km2 en 2010, l'Alabama était le 27e État le plus dense des États-Unis.

Le taux d'urbains était de 59,0 % et celui de ruraux de 41,0 %. L'État comptait le 9e plus fort taux de ruraux du pays[30].

En 2010, le taux de natalité s'élevait à 12,6 [31] (12,1 en 2012[32]) et le taux de mortalité à 10,1 [33] (10,2 en 2012[34]). L'indice de fécondité était de 1,87 enfants par femme[31] (1,81 en 2012[32]). Le taux de mortalité infantile s'élevait à 8,7 [33] (9,0 en 2012[34]). La population était composée de 23,69 % de personnes de moins de 18 ans, 10,03 % de personnes entre 18 et 24 ans, 25,70 % de personnes entre 25 et 44 ans, 26,82 % de personnes entre 45 et 64 ans et 13,76 % de personnes de 65 ans et plus. L'âge médian était de 37,9 ans[35].

Entre 2010 et 2013, l'accroissement de la population (+ 53 964) était le résultat d'une part d'un solde naturel positif (+ 35 848) avec un excédent des naissances (192 880) sur les décès (157 032), et d'autre part d'un solde migratoire positif (+ 17 425) avec un excédent des flux migratoires internationaux (+ 17 345) et un excédent des flux migratoires intérieurs (+ 80)[36].

Selon des estimations de 2013, 95,8 % des Alabamiens étaient nés dans un État fédéré, dont 70,0 % dans l'État de l'Alabama et 25,8 % dans un autre État (15,9 % dans le Sud, 5,0 % dans le Midwest, 2,5 % dans le Nord-Est, 2,4 % dans l'Ouest), 0,8 % étaient nés dans un territoire non incorporé ou à l'étranger avec au moins un parent américain et 3,4 % étaient nés à l'étranger de parents étrangers (51,1 % en Amérique latine, 30,9 % en Asie, 10,7 % en Europe, 4,6 % en Afrique, 2,1 % en Amérique du Nord, 0,6 % en Océanie). Parmi ces derniers, 36,9 % étaient naturalisés américain et 63,1 % étaient étrangers[37],[38].

Selon des estimations de 2012 effectuées par le Pew Hispanic Center, l'État comptait 65 000 immigrés illégaux, soit 1,3 % de la population[39].

Composition ethno-raciale et origines ancestrales[modifier | modifier le code]

Selon le recensement des États-Unis de 2010, la population était composée de 68,53 % —3 275 394 personnes— de Blancs, 26,18 % —1 251 311 personnes— de Noirs, 1,49 % —71 251 personnes— de Métis, 1,12 % —53 595 personnes— d'Asiatiques, 0,59 % —28 218 personnes— d'Amérindiens, 0,06 % —3 057 personnes— d'Océaniens et 2,03 % —96 910 personnes— de personnes ne rentrant dans aucune de ces catégories.

Les Métis se décomposaient entre ceux revendiquant deux races (1,40 %), principalement blanche et amérindienne (0,46 %), et ceux revendiquant trois races ou plus (0,09 %).

Les non hispaniques représentaient 96,12 % —4 594 134 personnes— de la population avec 67,04 % —3 204 402 personnes— de Blancs, 26,04 % —1 244 437 personnes— de Noirs, 1,26 % —60 445 personnes— de Métis, 1,11 % —52 937 personnes— d'Asiatiques, 0,54 % —25 907 personnes— d'Amérindiens, 0,04 % —1 976 personnes— d'Océaniens et 0,08 % —4 030 personnes— de personnes ne rentrant dans aucune de ces catégories, tandis que les Hispaniques comptaient pour 3,88 % —185 602 personnes— de la population, principalement des personnes originaires du Mexique (2,57 %)[35].

En 2010, l'Alabama avait la 6e plus forte proportion de Noirs des États-Unis. A contrario, l'État avait la 8e plus faible proportion d'Asiatiques des États-Unis.

Historique récent de la composition ethno-raciale de l'Alabama (en %)[40],[41],[35]
1940 1950 1960 1970 1980 1990 2000 2010
Blancs 65,27 67,92 69,90 73,57 73,77 73,65 71,83 68,53
———Non hispaniques 73,33 73,26 70,99 67,04
Noirs 34,71 32,00 30,01 26,23 25,59 25,26 26,25 26,18
———Non hispaniques 25,19 26,12 26,04
Asiatiques (et Océaniens jusqu'en 1980) 0,00 0,01 0,03 0,08 0,25 0,52 0,71 1,12
———Non hispaniques 0,70 1,11
Autres 0,02 0,07 0,06 0,12 0,39 0,57 1,21 4,17
———Non hispaniques 0,47 1,93
Hispaniques (toutes races confondues) 0,86 0,61 1,72 3,88

En 2013, le Bureau du recensement des États-Unis estime la part des non hispaniques à 96,1 %, dont 66,3 % de Blancs, 26,5 % de Noirs, 1,5 % de Métis et 1,2 % d'Asiatiques, et celle des Hispaniques à 3,9 %[42].

L'Alabama connaît depuis le début des années 1990 une baisse continue de la part de la population blanche non hispanique au sein de la population totale en raison notamment d'une immigration importante en provenance de l'Amérique latine, d’un âge médian plus élevé (41,4 ans[43]) que les autres populations (24,7 ans pour les Hispaniques, 32,5 ans pour les Noirs, 32,9 ans pour les Asiatiques[44]), d'une natalité plus faible (10,5 en 2010) que les autres populations (28,0 pour les Hispaniques, 14,6 pour les Noirs, 11,8 pour les Asiatiques) et d'une augmentation substantielle des unions mixtes.

En 2010, les Blancs non hispaniques ne représentaient plus que 56,9 % des enfants de moins de 5 ans (29,7 % pour les Noirs, 8,2 % pour les Hispaniques, 3,2 % pour les Métis et 1,1 % pour les Asiatiques) et 56,0 % des enfants de moins de 1 an (30,2 % pour les Noirs, 8,5 % pour les Hispaniques, 3,5 % pour les Métis et 1,0 % pour les Asiatiques)[45].

Selon des projections démographiques publiées par l’AARP, les Blancs non hispaniques constitueront 54,2 % de la population de l’État en 2060 si les tendances démographiques actuelles se poursuivent[28].

En 2000, les Alabamiens s'identifiaient principalement comme étant d'origine américaine (17,0 %), anglaise (7,8 %), irlandaise (7,7 %) et allemande (5,7 %)[46].

En 2000, l'État avait la 4e plus forte proportion de personnes d'origine américaine.

L'État abrite la 24e communauté arabe des États-Unis. Selon des estimations du Bureau du recensement des États-Unis, l’État comptait 17 283 Arabes en 2013, soit 0,4 % de la population, principalement des Libanais (7 488) et des Égyptiens (1 843).

L'État abrite également la 35e communauté juive des États-Unis. Selon le North American Jewish Data Bank, l'État comptait 8 850 Juifs en 2013 (9 140 en 1971), soit 0,2 % de la population. Ils se concentraient principalement dans les agglomérations de Birmingham-Hoover (5 200), Montgomery (1 100), Mobile (900) et Huntsville (750)[47].

L’État abritait en 2013 une population noire assez homogène, composée principalement de descendants d’esclaves déportés sur le sol américain entre le début du XVIIe siècle et le début du XIXe siècle (95,8 %) mais aussi d’Africains subsahariens (3,3 %), de Caribéens non hispaniques (0,6 %) et d’Hispaniques (0,3 %).

Le Bureau du recensement des États-Unis estimait le nombre d’Africains subsahariens à 42 957, soit 0,9 % de la population, et celui des Caribéens non hispaniques à 7 925, soit 0,2 % de la population, principalement des Jamaïcains (3 200), des Haïtiens (1 102) et des Bahamiens (1 073).

Les Hispaniques étaient principalement originaires du Mexique (66,2 %), du Guatemala (7,7 %) et de Porto Rico (6,6 %)[48]. Composée à 38,2 % de Blancs, 5,8 % de Métis, 3,7 % de Noirs, 1,2 % d'Amérindiens, 0,6 % d'Océaniens, 0,4 % d'Asiatiques et 50,0 % de personnes ne rentrant dans aucune de ces catégories, la population hispanique représentait 35,4 % des Océaniens, 15,2 % des Métis, 8,2 % des Amérindiens, 2,2 % des Blancs, 1,2 % des Asiatiques, 0,5 % des Noirs et 95,8 % des personnes ne rentrant dans aucune de ces catégories.

Les Asiatiques s'identifiaient principalement comme étant Indiens (24,3 %), Chinois (17,6 %), Coréens (15,5 %), Viêts (13,8 %), Philippins (9,2 %) et Japonais (4,5 %)[49].

Les Amérindiens s'identifiaient principalement comme étant Cherokees (33,4 %), Creeks (12,5 %) et Chactas (12,0 %)[50].

Les Océaniens s'identifiaient principalement comme étant Chamorros (58,0 %), Hawaïens (17,1 %), Samoans (7,0 %) et Tongiens (3,1 %).

Les Métis se décomposaient entre ceux revendiquant deux races (94,1 %), principalement blanche et amérindienne (30,8 %), blanche et noire (27,6 %), blanche et asiatique (12,4 %), blanche et autre (9,2 %) et noire et amérindienne (4,7 %), et ceux revendiquant trois races ou plus (5,9 %)[51].

Langues[modifier | modifier le code]

Selon l'American Community Survey, en 2010 95,05 % de la population âgée de plus de 5 ans déclare parler l'anglais à la maison, 3,16 % déclare parler l'espagnol et 1,79 % une autre langue[52].

Religion[modifier | modifier le code]

Composition religieuse en % en 2015[53]
Religion Drapeau de l'Alabama Alabama Drapeau des États-Unis États-Unis
Protestantisme évangélique 49 25,4
Églises noires 16 6,5
Protestantisme traditionnel 13 14,7
Non affiliés 9 15,8
Catholicisme 7 20,8
Athéisme 1 3,1
Agnosticisme 1 4,0
Mormons 1 1,6
Autres 3 8,1

L'Alabama se trouve au milieu de la Bible Belt. Lors d'un sondage datant de 2007, près de 70 % des interrogés pouvaient nommer les quatre évangiles chrétiens. Parmi ceux ayant des préférences religieuses, 59 % disaient avoir une « complète compréhension » de leur foi et n'avaient pas besoin d'un autre apprentissage[54]. Lors d'un sondage de 2007, 92 % des habitants d'Alabama indiquaient au moins faire un peu confiance aux églises de leur État. La région de Mobile se distingue par son fort pourcentage de catholiques, en raison de l'occupation française et espagnole de cette région. Aujourd'hui, une très grande majorité des Alabamiens se définissent comme protestants.

Selon l'institut de sondage The Gallup Organization, en 2015, 57 % des habitants de l'Alabama se considèrent comme « très religieux » (40 % au niveau national), 29 % comme « modérément religieux » (29 % au niveau national) et 14 % comme « non religieux » (31 % au niveau national)[55].

Éducation[modifier | modifier le code]

Harrison Plaza à l'Université de North Alabama à Florence.

Le primaire et le secondaire[modifier | modifier le code]

Le primaire et le secondaire public en Alabama sont sous la direction de l’Alabama State Board of Education. Ensemble, 1 541 écoles fournissent des services éducatifs à 743 364 élèves de l'élémentaire et du secondaire[56].

Les fonds alloués aux écoles sont fournis par l’Alabama Legislature au travers de l’Education Trust Fund. Lors de l'année scolaire 2006-2007, l'Alabama utilisa 3 775 163 578 $ au primaire et au secondaire. Ce qui représentait une augmentation de 444 736 387 $ par rapport à l'année fiscale précédente[56].

Universités[modifier | modifier le code]

Les programmes d'enseignement supérieur de l'Alabama comprennent quatorze universités (quatre ans d'étude), et des lycées (deux ans d'étude), et dix-sept universités privées. Il y a deux écoles de médecine dans l'État (université d'Alabama de Birmingham et Université de South Alabama), deux universités vétérinaires (Université d'Auburn et l'Université de Tuskegee), une école de dentisterie (université d'Alabama de Birmingham), un collège d'optométrie (université d'Alabama de Birmingham), deux écoles de pharmacie (Université d'Auburn et Université de Samford), et cinq universités de droit (University of Alabama School of Law, Birmingham School of Law, Cumberland School of Law, Miles Law School, et la Thomas Goode Jones School of Law). L'enseignement public post-secondaire de l'Alabama est supervisé par l’Alabama Commission on Higher Education[57].

Économie[modifier | modifier le code]

Un quarter d'Alabama représentant la fameuse résidente Helen Keller avec une branche de pin et des fleurs de Camélia du programme 50 State Quarters. Émis dès le .

Selon le Bureau de statistiques économiques américain, le PIB de l'Alabama s'élevait en 2012 à 183,5 milliards de dollars (1,18% du PIB national), ou 32 615 dollars par habitant, le plaçant au 46e rang national. Le PIB de l'Alabama a augmenté de 1,2 % de 2011 à 2012, atteignant la 39e place en termes d'augmentation du PIB. La plus importante croissance vient de l'industrie immobilière[58]. En 1999, le revenu par personne était de 18 189 dollars dans l'État[59].

La production agricole de l'Alabama est composée de volailles et d'œufs, de bétail, de cacahuètes, de coton, de céréales telles que le maïs et le sorgho, de légumes, de lait, de soja et de pêches. Bien que connu comme « l'État du Coton », l'Alabama ne se place que comme le huitième ou dixième État producteur de coton selon les différents rapports[60],[61], avec, dans le top trois, le Texas, la Géorgie et le Mississippi.

L'activité industrielle de l'Alabama comprend les productions dérivées du fer et de l'acier (comme les moules et les tuyaux), ainsi que les activités dérivées du bois, de l'extraction à la coupe en passant par la fabrication de papier. L'Alabama abrite aussi une industrie minière (principalement dans l'extraction du charbon). Les productions dérivées du plastique ainsi que l'industrie automobile sont également présentes. Par ailleurs, l'Alabama a aussi une production aérospatiale et électronique, principalement dans la zone d'Huntsville, où se trouve le George C. Marshall Space Flight Center de la NASA et le US Army Missile Command, basé à Redstone Arsenal.

L'Alabama se trouve également dans le bassin qui connaît la plus forte croissance économique du pays, en incluant les États voisins comme le Tennessee, le Mississippi, la Floride et la Géorgie. Cette croissance est en grande partie liée à la rapide expansion de l'industrie automobile qui, depuis son arrivée en Alabama en 1993, a généré plus de 67 800 nouveaux emplois. L'Alabama est depuis devenu le deuxième État du pays en termes de production automobile et devrait prendre la première place, devant la région de Détroit, aux alentours de 2009 grâce à de récentes expansions industrielles.
En mai 2007, un site au nord de Mobile a été sélectionné par le producteur d'acier allemand ThyssenKrupp pour l'implantation d'une usine représentant un investissement de 3,7 milliards de dollars. Parallèlement, l'industriel allemand a promis la création de 2 700 emplois permanents.

Dans les années 1970 et 1980, l'économie de Birmingham fut transformée par les investissements dans les biotechnologies et la recherche médicale à l'Université d'Alabama à Birmingham (UAB) et son hôpital adjacent. L'hôpital de l'UAB est un centre traumatique de Niveau I fournissant des soins de santé et des avancées médicales. L'UAB est le plus grand employeur de la région et de l'Alabama avec une main d'œuvre de près de 20 000 personnes. HealthSouth, fournisseur de services de santé, a aussi son siège social dans la ville.

Birmingham est aussi un centre bancaire de premier ordre, servant de siège à deux banques majeures : la Regions Financial Corporation et la Compass Bancshares. SouthTrust, une autre grande banque basée à Birmingham, fut acquise par Wachovia en 2004. En novembre 2006, Regions Financial fusionna avec AmSouth Bancorporation, qui était aussi basée à Birmingham. Ils formèrent la huitième plus grande banque américaine (par le capital total). Près d'une douzaine de banques plus petites sont aussi basées dans la "Magic City", telles que la Superior Bank et la New South Federal Savings Bank.

En 2012, la Regions Financial était la seule société basée en Alabama faisant partie du classement des 500 premières entreprises américaines, classées selon l'importance de leur chiffre d'affaires (Fortune 500), occupant le 401e rang[62].

Le fournisseur télécom AT&T, anciennement BellSouth, a une présence importante avec de nombreux bureaux dans l'aire métropolitaine. Les compagnies d'assurance les plus importantes sont Protective Life, Infinity Property & Casualty et ProAssurance Corporation, parmi d'autres, et sont basées à Birmingham et emploient un grand nombre de personnes dans le Greater Birmingham.

La ville est aussi le siège de grandes compagnies de construction et d'ingénierie, dont BE&K et B. L. Harbert International qui sont habituellement incluses dans la liste d’Engineering News-Record des premières entreprises internationales de construction et de conception.

Le port de Mobile, le seul d’Alabama sur le golfe du Mexique, est le plus actif du golfe. Il offre un accès à l’intérieur des terres grâce à la voie d’eau Tennessee-Tombigbee.

Taxes[modifier | modifier le code]

La structure de l'impôt en Alabama est l'une des plus progressives aux États-Unis[63]. L'Alabama prélève 2, 4, ou 5 pour-cent d'impôt sur le revenu en fonction du montant gagné par l'individu, cependant les contribuables peuvent déduire leur impôt sur le revenu fédéral sur leur impôt au niveau de l'État de l'Alabama.

L’impôt sur le revenu s’élève à 2, 4 ou 5 % selon le revenu et le statut. La TVA est de 4 %[64]. Cependant, ce taux peut être plus élevé selon la ville ou la province où l’on habite. L’impôt sur les sociétés est d’environ 6,5 %. En prenant en compte l’ensemble des impôts, l’Alabama est le deuxième État le moins taxé des États-Unis[65]. En 2003, l’Alabama a connu un budget en déficit de 670 millions de dollars. Cependant, c’est l’un des rares États à avoir opéré un virage complet en ayant atteint un budget excédentaire de près de 1,2 milliard de dollars en 2007, et plus de 2,1 milliards attendus en 2008.

Politique[modifier | modifier le code]

Équilibre partisans en Alabama en 2017
Exécutif de l'État Législature d'État Congrès
Gouverneur Lieutenant-gouverneur Secrétaire d'État Procureur général Auditeur Trésorier Commissaire de l'Agriculture et de l'Industrie Chambre des représentants Sénat Chambre des représentants Sénat
Kay Ivey (R) vacant (R) John Merrill (R) Steve Marshall (R) Jim Zeigler (R) Young Boozer (R) John McMillan Jr. (R) R : 72, D : 33 R : 26, D : 8, I : 1 R : 6, D : 1 R : 2

Gouvernement de l'État[modifier | modifier le code]

Le texte fondateur du gouvernement de l'Alabama est la Constitution de l'Alabama qui fut ratifiée en 1901. Avec près de 800 amendements et 310 000 mots, il s'agit d'une des constitutions les plus longues au monde. Elle fait approximativement quarante fois la longueur de la Constitution des États-Unis[66],[67]. Un mouvement important existe qui voudrait réécrire et moderniser la constitution de l'Alabama[68]. Ce mouvement se concentre sur le fait que la constitution de l'Alabama concentre tous les pouvoirs sur Montgomery et ne laisse pratiquement aucun pouvoir aux élus locaux. Chaque changement de politique proposé dans l'État doit être approuvé par la législature de l'Alabama dans son ensemble et, fréquemment, par référendum. Une des critiques de l'actuelle constitution dit que la complexité et la longueur de cette dernière était intentionnelle pour codifier la ségrégation et le racisme.

Le gouvernement de l'Alabama est divisé en trois branches de pouvoir égal :

Gouvernements locaux et des comtés[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Comtés de l'État de l'Alabama.

L'Alabama a 67 comtés. Chaque comté a son propre pouvoir législatif élu, le plus souvent appelés la County Commission, qui a quelquefois une autorité exécutive dans le comté. Dû aux restrictions imposé par la Constitution de l'Alabama, tous les comtés, sauf sept (Jefferson, Lee, Mobile, Madison, Montgomery, Shelby, et Tuscaloosa), de l'État ont peu ou pas de Home Rule. Au lieu de cela, la plupart des comtés de l'État doivent exercer une pression sur le Local Legislation Committee de la législature de l'État pour disposer de quelques droits au niveau local.

L'Alabama est un État où la consommation de boisson alcoolisée est contrôlée ; le gouvernement a le monopole sur la vente d'alcool. Toutefois, les comtés peuvent eux-mêmes se déclarer « dry » (ou l'alcool est interdite); l'État ne vendra donc pas d'alcool dans ces régions.

Politique de l'État[modifier | modifier le code]

L'Alabama est un État populaire et très conservateur du sud des États-Unis.

Depuis le , le gouverneur de l'État de l'Alabama est le républicain Robert J. Bentley. Le lieutenant-gouverneur, élu séparément à la même date, est la républicaine Kay Ivey. Les postes de trésorier de l'état et de secrétaire d'état sont également détenus par des républicains.

Le Parti démocrate a détenu de la fin de la période de reconstruction à 2010 la majorité dans les deux chambres de la Législature. Celles-ci ont toutes deux basculées du côté républicain pour la première fois depuis 1874, à l'occasion des élections de novembre 2010. À partir de janvier 2011, le Sénat de l'Alabama comptera 22 républicains, 12 démocrates et 1 indépendant tandis que la chambre des représentants comprendra 62 républicains et 43 démocrates[69].

Dû au pouvoir détenu par la législature, pour outrepasser le veto du gouverneur une simple majorité suffit (alors que dans les autres États américains, une majorité des deux tiers est souvent nécessaire pour passer outre un veto), les relations entre l'exécutif et le législatif peuvent facilement être tendues quand des partis différents contrôlent les pouvoirs.

Durant la Reconstruction suivant la Guerre de Sécession, l'Alabama était occupé par les troupes fédérales du Third Military District sous le commandement du Général John Pope. En 1874, la coalition politique connu sous le nom de Redeemers pris le contrôle du gouvernement de l'État aux Républicains (anti-esclavagistes), en partie par la suppression du droit de vote des Afro-américains au travers d'intimidation et de terrorisme. La suprématie des blancs a donc été ré-établie.

Après 1890, une coalition de blancs passa une loi afin de mettre en place la ségrégation raciale et de restreindre les droit des résidents noirs, un processus mis en place grâce à une disposition de la constitution 1901. Toutefois la disposition qui privait les Afro-américains de leurs droits privait aussi les blancs les plus pauvres des leurs.

De 1901 aux années 1960, la législature de l'État ne reforma pas les districts alors que la population augmentait et se déplaçait dans l'État. Le résultat était qu'une minorité rurale dominait la politique étatique jusqu'à ce qu'une série d'affaires judiciaires requière des modifications en 1972.

Avec les restrictions imposées aux Afro-américains, l'État devint une partie du « Solid South », un système monopartite dans lequel le Parti démocrate reste le seul parti politique dans chaque État sudiste, le Dixiecrat. Pendant 100 ans, le résultat des élections d'État et locales en Alabama se décidaient lors des primaires démocrates, avec généralement un concurrent républicain se présentant aux élections générales.

La politique interne de l'État d'Alabama fut l'objet de l'attention des États-Unis et du monde dans les années 1950 et 1960 durant le Mouvement afro-américain des droits civiques (1955 à 1968), quand la majorité des blancs résistait et protestait contre les réformes électorales et sociales par la bureaucratie, et en même temps, par la violence. George Wallace, le gouverneur d'alors, reste encore aujourd'hui une figure connue et controversée. Ce n'est qu'avec le passage du Civil Rights Act de 1964 et du Voting Rights Act de 1965 que les Afro-américains regagnèrent le droit de vote et leurs droits civils.

En 2007, la Législature de l'Alabama vota – et le gouverneur ratifia – une résolution exprimant de « profonds regrets » à propos de l'esclavage et de ses impacts tardifs. Lors d'une cérémonie symbolique, la résolution fut signée au Capitole de l'État de l'Alabama, qui fut la première capitale des États confédérés d'Amérique[70].

Politique nationale[modifier | modifier le code]

Résultats aux élections présidentielles
Année Républicain Démocrate Vainqueur
2016 62,09 % 1 318 255 34,36 % 729 547 Donald Trump
2012 60,70 % 1 245 221 38,40 % 787 027 Mitt Romney
2008 60,32 % 1 266 546 38,80 % 813 479 John McCain
2004 62,46 % 1 176 394 36,84 % 693 933 George W. Bush
2000 56,47 % 944 409 41,59 % 695 602 George W. Bush
1996 50,12 % 769 044 43,16 % 662 165 Bob Dole
1992 47,65 % 804 283 40,88 % 690 080 George Bush
1988 59,17 % 815 576 39,86 % 549 506 George Bush
1984 60,54 % 872 849 38,28 % 551 899 Ronald Reagan
1980 48,75 % 654 192 47,45 % 636 730 Ronald Reagan
1976 42,61 % 504 070 55,73 % 659 170 Jimmy Carter
1972 72,43 % 728 701 25,54 % 256 923 Richard Nixon
1968* 13,99 % 146 923 18,72 % 196 579 George Wallace
1964 69,45 % 479 085 30,55 % 210 732 Barry Goldwater
1960 42,16 % 237 981 56,39 % 318 303 John Fitzgerald Kennedy
*État gagné par George Wallace
de l'American Independent Party,
à 65,86 %, soit 691 425 votes

De 1876 jusqu'à 1956, l'Alabama fut l'un des bastions du parti démocrate mais le soutien des chefs nationaux de ce dernier aux droits civiques, à partir des années 1960, a remis en cause cette prépondérance, au moins au niveau national.

Jusqu'à l'élection présidentielle de 1964, l'Alabama n'avait jamais voté pour des candidats républicains. Dans les années 1930 et 40, l'État avait toujours accordé plus de 80 % de ses suffrages au démocrate Franklin Delano Roosevelt. En 1948, 79 % des électeurs avaient cependant choisi Strom Thurmond, le candidat démocrate dissident (Dixiecrat).

En 1960, les démocrates remportèrent l'État mais John Fitzgerald Kennedy ne remporta que 6 des 11 grands électeurs de l'État, les autres refusant de choisir entre les candidats républicain et démocrate et votant pour protester comme Unpledged elector pour Harry Byrd Sr., sénateur influent de Virginie, démocrate et ségrégationniste, qui n'était pourtant pas candidat.

À l'élection présidentielle de 1964, les électeurs de l'Alabama votèrent à 69 % pour le républicain conservateur Barry Goldwater pour protester contre les droits civiques mis en place par le président démocrate Lyndon B. Johnson.

Lors des élections présidentielles de 1968, les électeurs de l'État confirmèrent leur hostilité à l'évolution nationale du Parti démocrate en votant à 65 % pour le « Dixiecrat » ségrégationniste George Wallace, candidat sous l'étiquette de l'American Independent Party et gouverneur de l'État, face au républicain Richard Nixon et au démocrate Hubert Humphrey. À l'élection de 1976, Jimmy Carter, gouverneur de l'État voisin de Géorgie, est le dernier démocrate à avoir gagné en Alabama lors d'une élection présidentielle.

Depuis 1980, les électeurs alabamiens conservateurs votent de plus en plus pour les candidats républicains au niveau fédéral mais localement, les démocrates restent encore majoritaires, tant en termes de fonctions électives détenues qu'en termes de préférences politiques affirmées par les habitants de l'Alabama.

En 2004, le républicain George W. Bush remporta les 9 grands électeurs d'Alabama avec 62,5 % des voix contre 36,84 % au démocrate John Kerry. Les onze comtés ayant voté pour ce dernier furent ceux de la Black Belt, où les Afro-Américains représentent la majorité de la population.

Alors qu'en 2008, le républicain John McCain remporta l'État avec 60,4 % des suffrages contre 38,8 % au démocrate Barack Obama, finalement élu à l'échelle nationale. En 2012, Mitt Romney remporte l'État avec 61 % des voix face à Barack Obama 38 %.

Au niveau fédéral, lors du 115e congrès (2015-2017), les deux sénateurs représentant l'Alabama sont Jefferson B. Sessions III et Richard C. Shelby, tous deux républicains. À la Chambre des représentants des États-Unis, l'État est représenté par sept membres dont six sont républicains : (Martha Roby, Mike D. Rogers, Robert Aderholt, Spencer Bachus, Gary Palmer) et Bradley Byrne. Le seul représentant démocrate est Terri Sewell.

Culture[modifier | modifier le code]

Symboles de l'Alabama
Devise Audemus jura nostra defendere
Oiseau Pic flamboyant
Fleur Camellia
Animal Tortue d'Alabama au ventre rouge
Sol Bama
Chanson Alabama
Arbre Pin des marais
Fossile Basilosaurus cetoides

L'Alabama est de culture Dixie, son surnom est Heart of Dixie.

Sites culturels[modifier | modifier le code]

Monuments historiques[modifier | modifier le code]

Évènements[modifier | modifier le code]

Stades, salles de spectacle[modifier | modifier le code]

Sports professionnels[modifier | modifier le code]

La liste suivante recense les équipes de sports professionnelles en activité en Alabama.

Club Sport Ligue
Barons de Birmingham Baseball Southern League
Stars de Huntsville Baseball Southern League
Mobile BayBears Baseball Southern League
Montgomery Biscuits Baseball Southern League
Huntsville Havoc Hockey sur glace Southern Professional Hockey League
Alabama Renegades Football américain National Women's Football Association
Tennessee Valley Vipers Arena football af2

La liste suivante recense les équipes de sports professionnelles qui ont été en activité en Alabama.

Club Sport Ligue
Alabama Steeldogs (opérations suspendues) Arena football af2
Alabama Hawks (Huntsville) (n'existe plus) Football américain Continental Football League
Stallions de Birmingham (n'existe plus) Football américain United States Football League
Birmingham Americans/Vulcans (n'existe plus) Football américain World Football League
Barracudas de Birmingham (n'existe plus) Football canadien Ligue canadienne de football
Birmingham Fire (n'existe plus) Football américain World League of American Football
Birmingham Thunderbolts (n'existe plus) Football américain XFL
Bulls de Birmingham (n'existe plus) Hockey sur glace Association mondiale de hockey
Blast de Huntsville (déplacé) Hockey sur glace East Coast Hockey League
Channel Cats de Huntsville (n'existe plus) Hockey sur glace Ligue centrale de hockey
Birmingham Magicians (n'existe plus) Basket-ball American Basketball Association
Huntsville Flight (déplacé) Basket-ball NBDL
Revelers de Mobile (n'existe plus) Basket-ball NBDL
Southern Alabama Bounce (n'existe plus) Basket-ball American Basketball Association

Sports universitaires[modifier | modifier le code]

L'Alabama a une forte culture de sport universitaire et ces équipes font partie de l'élite de la NCAA notamment en football américain.

Musique[modifier | modifier le code]

John Coltrane enregistre en 1963 un thème célèbre, Alabama, en soutien aux mouvements sociaux antiségrégationnistes.

Le groupe de rock Lynyrd Skynyrd a composé la célèbre chanson Sweet Home Alabama, chanson controversée qui vante la beauté de la région mais évoque aussi en termes ambigus le gouverneur George Wallace, ségrégationniste convaincu. Cette chanson a été écrite en réponse à deux chansons de Neil Young qui avait chanté Southern Man (dans l'album After the Gold Rush) et Alabama (dans l'album Harvest) qui critiquait les mœurs racistes de cette région : « See the old folks, tied in white ropes… ». Le chanteur/rappeur Yelawolf qui, lui aussi provient de l'Alabama ne cesse de faire référence à sa ville natale dans plusieurs de ses chansons.

Sources[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

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Sites

Annexes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]