Jeb Bush

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Jeb Bush
Jeb Bush en 2015.
Jeb Bush en 2015.
Fonctions
43e gouverneur de Floride

(7 ans, 11 mois et 28 jours)
Élection
Réélection 5 novembre 2002
Lieutenant-gouverneur Frank Brogan
Toni Jennings
Prédécesseur Buddy MacKay
Successeur Charlie Crist
Biographie
Nom de naissance John Ellis Bush
Date de naissance (64 ans)
Lieu de naissance Midland (Texas, États-Unis)
Nationalité Américaine
Parti politique Parti républicain
Enfants George Prescott Bush
Diplômé de Université du Texas
Profession Banquier
Homme d'affaires
Religion Catholicisme

Signature de Jeb Bush

Jeb Bush
Gouverneurs de Floride

John Ellis Bush dit Jeb Bush, né le à Midland (Texas), est un homme politique américain, membre du Parti républicain. Il est le deuxième fils du président George H. W. Bush et l'un des jeunes frères du président George W. Bush. Gouverneur de Floride de 1999 à 2007, il se présente sans succès aux primaires présidentielles du Parti républicain américain de 2016.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et études[modifier | modifier le code]

La famille de George H. W. Bush au début des années 1960 : au premier plan Neil, Marvin et Jeb Bush et au second plan, Doro (dans les bras de) George W., Barbara et George H.

Né dans l'ouest du Texas, Jeb Bush passe sa petite enfance à Houston, ville dans laquelle ses parents déménagent lorsqu'il a six ans. À huit ans déjà il déclare vouloir être candidat à la présidentielle[1]. Suivant les traces de son frère ainé, George, il est scolarisé à la Phillips Academy à Andover, un collège privé élitiste du Massachusetts. Il reste au cours des années suivantes comme l'intellectuel de la famille[1].

À l'âge de dix-sept ans, dans le cadre de ses études, il participe à un programme d'échange qui l'amène à séjourner à León au Mexique où il enseigne l'anglais comme deuxième langue (parlant lui-même couramment l'espagnol). Il y rencontre une jeune femme, Columba Garnica Gallo (en), qu'il épouse trois ans plus tard après être diplômé de l'université[2]. Au début des années 1970, Jeb Bush est déclaré apte au service au moment où le service militaire est aboli.

Jeb Bush épouse Columba Garnica Gallo en 1974 avec qui il a trois enfants, George Prescott, Noelle et John E. « Jeb », Jr. dit « Jebby ». D'origine mexicaine et ne parlant pas l'anglais, Columba Garnica Gallo rencontre des difficultés à s'insérer au Texas dans la famille Bush[2].

Carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

Jeb Bush travaille d'abord, pour un salaire annuel de 8000 $, dans une banque commerciale qui appartient à James Baker, ami de son père et futur secrétaire d'État quand George Bush Sr. sera aux affaires. En 1977, il part à Caracas au Venezuela pour y ouvrir une filiale et où il reste deux ans.

En 1980, il revient aux États-Unis pour participer à la campagne présidentielle de son père, qui est finalement choisi pour le poste de vice-président auprès de Ronald Reagan. Cette action marque les débuts en politique de Jeb[2].

À la suite de l'élection, Jeb Bush s'installe en Floride dans le comté de Dade près de Miami où il s'investit dans une jeune entreprise d'informatique. Son efficacité et ses relations familiales lui ouvrent toutes les portes et augmentent ses commissions. Il s'implique dans plusieurs sociétés, que ce soit dans le domaine des téléphones mobiles ou dans une société de chaussures, qui se révèlent toutes de bons placements.

En 1987 et 1988, Jeb Bush est le secrétaire au commerce de l'État de Floride sous le mandat de Bob Martinez.

En 1993, Jeb Bush revend sa participation dans la société Codina pour plus d'un million de dollars. En 1995, alors qu'il avait été jusqu'à présent épiscopalien, Jeb Bush se convertit au catholicisme romain.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Portrait officiel de Jeb Bush, gouverneur de Floride.

En 1994, Jeb Bush se présente au poste de gouverneur de Floride. Il remporte le premier tour de la primaire républicaine avec 46 % des voix et évite un second tour grâce au retrait du secrétaire d'État James C. Smith, arrivé deuxième[3]. Il mène une campagne à droite, portant principalement sur la création de chèques scolaires, la réduction de l'aide sociale et l'alourdissement des peines pour les criminels[4]. Face à un gouverneur sortant pourtant peu populaire, Bush commet plusieurs impairs, suggérant par exemple que les femmes perdant leur aide sociale n'ont qu'à se trouver un mari[3] ou estimant qu'une fois élu il ne fera « probablement rien » pour les Afro-Américains[4]. Il est battu de justesse par le sortant démocrate Lawton Chiles, dans un contexte national de révolution républicaine[3]. Contre toute attente, c'est son frère George W. qui est élu gouverneur, au Texas[5].

Cette défaite, doublé des problèmes de drogues de sa fille, le font plonger en dépression[2] : sa réputation est entachée quand sa fille, Noëlle Bush, est envoyée dans un centre de désintoxication pour drogués alors qu'il milite pour une politique très répressive contre les consommateurs de drogues.

En 1998, Bush se représente à nouveau au poste de gouverneur de Floride. Il mène cependant une campagne plus centriste et courtise le vote des femmes, des personnes âgées et des minorités[5],[6], qu'il avait ignorés quatre ans plus tôt[4]. Il est élu par 55 % des voix contre 45 % à son adversaire le démocrate Buddy MacKay, alors que son frère est largement réélu gouverneur du Texas. Pour la première fois depuis Nelson et Winthrop Rockefeller, respectivement à New York et en Arkansas de 1967 à 1971, deux frères gouvernent deux États américains[7]. Pour la première fois depuis la Reconstruction, les républicains contrôlent le poste de gouverneur et les deux chambres de la législature de Floride[6].

Son administration se focalise au départ principalement sur la réforme de l'éducation mais aussi sur la défense de l'environnement notamment en faisant voter une loi accentuant la protection des Everglades. Il s'oppose également aux projets de son frère sur la recherche pétrolière sur les côtes floridiennes.

Les élections de 2000 et l'imbroglio électoral qui s'ensuivit lui confèrent une réputation nationale négative et il devint l'homme à abattre pour les démocrates aux élections suivantes pour le poste de gouverneur en 2002. Cependant, profitant d'une certaine popularité en Floride, il est très facilement réélu en 2002 avec 56 % des suffrages contre le démocrate Bill McBride (en), en dépit des soutiens assidus de Bill Clinton et Al Gore. Jeb Bush est le second gouverneur de Floride à avoir réussi à effectuer deux mandats consécutifs complets. Jeb Bush a obtenu 80 % du vote cubain en 2002 et 56 % du vote non hispanique.

Vedette du Parti républicain, certains espéraient qu'il prenne la succession de son frère en 2009. Il a cependant totalement exclu cette éventualité le 17 octobre 2004 lors de l'émission This Week sur ABC[8].

Lors de la décennie suivante, il se fait plutôt discret sur la scène politique américaine alors qu'il n'a plus de mandat électoral depuis 2007[9]. Mais début 2014, un article du Washington Post annonce que des décideurs influents du Parti républicain souhaiteraient le voir concourir aux élections primaires de son parti en vue de l'élection présidentielle de 2016[10]. Le 16 décembre de la même année, il est l'un des premiers à annoncer avoir décidé « d’explorer activement la possibilité d’être candidat à la présidence des États-Unis » ce qui marque habituellement le premier pas d'une candidature aux élections primaires[11],[12],[13]. Rapidement, l'important réseau de relations républicaines du clan Bush se met en branle et les premiers financements arrivent[1]. Finissant par récolter 130 millions de dollars, il devient, d'après l'universitaire Vincent Michelot, « de très loin le candidat le mieux financé de l’histoire politique des États-Unis » au début de la campagne[14]. Mais ses faibles qualités d'orateur ainsi que son manque de charisme sont régulièrement soulignés, et constituent autant de handicaps pour affronter les primaires faites de multiples discours en vue de mobiliser l'électorat[9]. Régulièrement attaqué par Donald Trump et étant tombé à un niveau très bas dans les sondages, il abandonne la course présidentielle le 20 février 2016, après un nouvel échec à la primaire de Caroline du Sud[15].

Positionnement politique[modifier | modifier le code]

Jeb Bush en campagne lors des primaires présidentielles du Parti républicain, en janvier 2016.

Son patronyme reste son meilleur atout pour obtenir de larges soutiens ainsi qu'une relative notoriété immédiate, mais également, « fils de », un défaut face aux mauvais souvenirs de nombre d'Américains de George W. Bush[9],[16],[17]. Tout comme l'a fait son frère (qu'il côtoie peu) lors de son accession à la Maison blanche, il s'éloigne de la politique de son père l'ancien président George H. W. Bush avec qui pourtant il est proche[18]. Bien que l'immigration soit un « problème central » pour la base blanche du Parti républicain, sa vie personnelle favorise une ouverture à celle-ci[2] : « L'immigration représente une occasion pour les États-Unis, pas une menace » souligne t-il[19]. C'est d'ailleurs ce point ou encore le sujet de l'éducation avec sa défense du Common Core (en) qui lui donnent une image de modéré[16] et lui permettent de se distinguer de ses concurrents[19] ; Jeb Bush est donc perçu comme un républicain modéré, pro-affaires, qui a permis de maintenir en Floride un niveau d'imposition et de taxes relativement bas tout en ayant un niveau de dépenses élevées. Pourtant, son bilan positif comme gouverneur de cet État durant huit ans montre une politique très à droite d'un « conservateur endurci »[2].

De 1998 à 2005, ses fortes convictions religieuses font qu'il apporte son soutien immodéré aux parents de Terri Schiavo qui luttent contre leur gendre pour empêcher l'euthanasie de leur fille. Ce combat personnel pour le maintien en vie, à l'encontre des décisions de justice[16], se solde par une intervention du Congrès américain et l'euthanasie de la jeune femme, dans le coma depuis quinze ans. Il s'oppose à l'avortement pour lequel il se décrit lui-même comme « le gouverneur probablement le plus pro-vie des temps modernes[16] », est favorable à la peine de mort, à la baisse des impôts et à la privatisation de services publics[2]. Jeb Bush est aussi signataire du Projet pour le nouveau siècle américain (PNAC), un think tank néoconservateur, et soutient la controversée loi Stand-your-ground[16]. Souvent allié au Tea Party, il apporte un soutien aux armes à feu qu'il défend avec Marion Hammer (en) de la NRA, aide Marco Rubio lors de précédentes élections et reste proche du conservateur Paul LePage[16], mais n'est pas en adéquation avec le mouvement contestataire face à plusieurs sujets comme le mariage homosexuel, l'éducation ou la régularisation des clandestins[9].

À l'aube de sa candidatures aux primaires, il tente pourtant de donner une image de politicien « pragmatique, presque centriste[16] » et rassembleur[9]. Il doit donc prendre ses distances avec la frange la plus dure de son parti, qui est pourtant influente[11],[16],[17].

Sources[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Boulet-Gercourt - L'Obs 2015, p. 53.
  2. a, b, c, d, e, f et g Boulet-Gercourt - L'Obs 2015, p. 54.
  3. a, b et c (en) Adam Nagourney, « Lessons, and Parallels, in Jeb Bush’s Failed Run for Governor », Politics First Campaigns, sur nytimes.com, (consulté le 16 août 2017).
  4. a, b et c (en) Terry M. Neal, « In Fla. Race, Jeb Bush Finds 'Kinder, Gentler' Plays Well », sur washingtonpost.com, (consulté le 16 août 2017).
  5. a et b Modèle {{Lien web}} : paramètre « titre » manquant. (en) https://www.nytimes.com/1998/11/04/us/1998-elections-nation-party-leaders-george-w-jeb-bush-are-easily-elected.html, sur nytimes.com (consulté le 16 août 2017).
  6. a et b (en) Terry M. Neal, « Centrist Platform Propels GOP in Florida », sur washingtonpost.com, (consulté le 16 août 2017).
  7. (en) Mark Silva et Tyler Bridges, « From the Herald archives: Bush triumphs », sur miamiherald.com, (consulté le 16 août 2017).
  8. (en) Abby Goodnough, « Bush's Brother Rules Out Bid for Presidency », The New York Times, 18 octobre 2004.
  9. a, b, c, d et e S.B., « Jeb Bush: rassembler le parti autour de lui », sur letemps.ch, (consulté le 9 février 2015).
  10. (en) Philip Rucker et Robert Costa, « Influential Republicans working to draft Jeb Bush into 2016 presidential race », The Washington Post, 29 mars 2014.
  11. a et b AFP, « Le frère de George W. Bush se lance dans la course à la Maison Blanche », sur liberation.fr, (consulté le 8 février 2015).
  12. « États-Unis: Jeb Bush, le frère de George, se lance dans la course à la Maison Blanche », Le Soir, 17 décembre 2014.
  13. (en) Dan Roberts, « Jeb Bush says he is 'actively exploring' run for presidency in 2016 », The Guardian, 16 décembre 2014.
  14. Philippe Plassart, « Vincent Michelot, universitaire, spécialiste des États-Unis : "Affaiblis, les partis politiques américains ne sont absolument pas en mesure de contrôler le processus des primaires" », sur Le Nouvel Économiste.fr, (consulté le 16 mars 2016).
  15. « Primaires américaines : Jeb Bush abandonne, Clinton remporte le Nevada », lefigaro.fr, 21 février 2016.
  16. a, b, c, d, e, f, g et h Boulet-Gercourt - L'Obs 2015, p. 55.
  17. a et b L.M., « Une présidentielle 2016 aux airs de dynastie partie », sur liberation.fr, (consulté le 8 février 2015).
  18. Boulet-Gercourt - L'Obs 2015, p. 53 et 54.
  19. a et b « «L'immigration n'est pas un problème», dit Jeb Bush », sur La Presse, (consulté le 9 février 2015).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Philippe Boulet-Gercourt, « Le troisième Bush », L'Obs, no 2618,‎ , p. 52 à 55 (ISSN 0029-4713) Document utilisé pour la rédaction de l’article

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]