Rex Tillerson

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Rex Tillerson
Illustration.
Portrait officiel de Rex Tillerson (2017).
Fonctions
69e secrétaire d'État des États-Unis[N 1]

(1 an, 1 mois et 30 jours)
Président Donald Trump
Gouvernement Administration Trump
Prédécesseur Thomas Shannon (intérim)
John Kerry
Successeur John J. Sullivan (intérim)
Mike Pompeo
Biographie
Nom de naissance Rex Wayne Tillerson
Date de naissance (66 ans)
Lieu de naissance Wichita Falls (Texas, États-Unis)
Nationalité Américaine
Parti politique Parti républicain
Diplômé de Université du Texas à Austin
Profession Chef d'entreprise

Rex Tillerson
Secrétaires d'État des États-Unis

Rex Tillerson, né le à Wichita Falls (Texas), est un homme d'affaires et homme politique américain.

Il a été président de la société pétrolière ExxonMobil de 2006 à 2016.

Membre du Parti républicain, il est de à secrétaire d'État des États-Unis dans l'administration de Donald Trump.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et vie privée[modifier | modifier le code]

Né à Wichita Falls, Rex Wayne Tillerson entre chez les Scouts auprès desquels il obtient le grade le plus élevé, le Eagle Scout. Il est diplômé du secondaire à Huntsville au Texas. Il suit les cours de l'université du Texas à Austin où il obtient un baccalauréat universitaire en sciences en Génie civil en 1975[1]. Pendant ses années universitaires, il fait partie de différents clubs ou fraternités (Tejas Club (en), The University of Texas Longhorn Band (en), Alpha Phi Omega (en)). En 2006, il reçoit un diplôme d'ingénieur émérite de l'université du Texas. Entre 2010 et 2012, il occupe le poste de président national des Boy Scouts d'Amérique[2]. Il reste par la suite membre du conseil exécutif national des Boys Scouts of America et pousse le groupe à s'ouvrir aux jeunes homosexuels[3],[4].

Tillerson est marié à Renda St. Clair avec qui il a quatre enfants. Il vit à Irving, au Texas.

Carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

Tillerson rejoint la société Exxon en 1975 en tant qu'ingénieur. Il occupe divers postes de management chez Exxon au niveau national et international. En 1995, il devient président d'Exxon Yémen et d'Esso Exploration and Production Khorat Inc.. En 1998, il devient vice-président d'Exxon Ventures (CEI) et président d'Exxon Neftegas Limited qui a la responsabilité de gérer les participations d'Exxon en Russie et en Mer Caspienne. En 1999, avec la fusion d'Exxon et de Mobil, il est nommé vice-président exécutif d'ExxonMobil Development Company. En 2004, il devient président et directeur d'ExxonMobil et le , il est désigné PDG, à la suite de la retraite de Lee Raymond (en), l'ancien CEO. Il est membre du comité exécutif The Business Council (en). Il fait également partie du Center for Strategic and International Studies et de l'American Petroleum Institute et du lobby conservateur Business Roundtable.

Tillerson qualifie Bill McKibben de « pourvoyeur de peur », tandis que McKibben se qualifie lui-même de « dénonciateur professionnel de ce qui foire »[5]. Tillerson plaide pour une résolution d'ingénierie pour les effets du réchauffement climatique[6],[7],[8].

Secrétaire d’État[modifier | modifier le code]

Audition de confirmation de Tillerson au Sénat.

Le , des membres de l'équipe de transition du président élu Donald Trump annoncent le choix de Tillerson pour le poste de secrétaire d'État[9],[10]. Trump affirme à son propos : « il est bien plus qu'un chef d'entreprise : c'est un joueur de classe mondiale »[11]. Il est confirmé par le Sénat le par 56 voix contre 43, soit la plus faible majorité de confirmation d'un secrétaire d'État des États-Unis, et entre en fonction dès lors[12],[13].

Ce choix est critiqué par des personnalités politiques pour les liens du dirigeant d'Exxon avec la Russie. Il est en effet décoré de l'ordre de l'Amitié par le gouvernement russe et s'est opposé aux sanctions économiques contre la Russie, la société Exxon souhaitant alors investir dans les ressources pétrolières du pays[4]. Il aurait également dirigé pendant huit ans une entreprise pétrolière russo-américaine basée aux Bahamas[14].

Il fait face à de sévères critiques face à sa gestion du département d'État. Des fonctionnaires et diplomates expérimentés préfèrent démissionner et les nominations aux nouveaux postes se font attendre, ce qui fait craindre à des observateurs qu'il en résulte une perte d'influence significative des États-Unis au plan international. Plusieurs personnes ayant travaillé au département d'État pour les administrations précédentes expliquent que Rex Tillerson risque d'entrer dans l'histoire comme l'un des pires secrétaires d'État qu'ont connu les États-Unis[15]. La base de son ministère lui tient rigueur de son engagement à réduire le budget du département d'État de 31 % et son personnel de 2 000 employés[16].

Tillerson avec Wang Yi, en Chine.

Ses prises de positions sur plusieurs questions de politique étrangère sont contredites, parfois publiquement, par le président Trump[17]. Il est notamment désavoué au sujet de ses efforts diplomatiques vis-à-vis de la Corée du Nord et pour sa tentative de médiation entre l'Arabie saoudite et le Qatar. Contrairement à Donald Trump, il est favorable au maintien des États-Unis dans l'accord de Paris sur le climat ou à la poursuite de l'accord sur le nucléaire iranien. Il se désolidarise par ailleurs des commentaires du président sur la manifestation « Unite the Right » à Charlottesville. Les médias américains se font l'écho de leurs commentaires peu amènes l'un envers l'autre en privé[18],[16]. En décembre 2017, les médias font à nouveau état de son possible départ du département d'État, ce qu'il dément, tout comme Donald Trump[19].

Le 13 mars 2018, Rex Tillerson est démis de ses fonctions de secrétaire d'État ; il est remplacé par Mike Pompeo, alors directeur de la CIA[20]. Pour le journaliste Georges Malbrunot, ce double mouvement révèle un durcissement de la politique américaine à l'égard de l'Iran et du Qatar face à l'Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis[21].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. John J. Sullivan exerce ses fonctions du au .

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Learn about ExxonMobil Chairman and CEO Rex W. Tillerson », sur exxonmobil.com (consulté le 20 novembre 2016).
  2. (en) « 3e : Rex W. Tillerson, Exxon Mobil (Etats-Unis) », sur journaldunet.com (consulté le 20 novembre 2016).
  3. (en) James Osborne, « Exxon Mobil CEO Rex Tillerson an Eagle Scout to the core », sur dallasnews.com, (consulté le 13 décembre 2016).
  4. a et b (en) Clifford Krauss, « Rex Tillerson, an Aggressive Dealmaker Whose Ties With Russia May Prompt Scrutiny », sur nytimes.com, (consulté le 13 décembre 2016).
  5. (en) « Bill McKibben's Battle Against the Keystone XL Pipeline », sur BusinessWee, (consulté le 20 novembre 2016).
  6. (en) Matt Daily, « Exxon CEO calls climate change engineering problem », sur reuters.com, (consulté le 20 novembre 2016).
  7. (en) « Exxonmobil ceo assailed claims climate change », sur nbcnews.com (consulté le 20 novembre 2016).
  8. (en) Joseph J. Romm (en) et Rebecca Leber, « As Exxon CEO Calls Global Warming’s Impacts ‘Manageable’, Colorado Wildfires Shutter Climate Lab », sur ThinkProgress (en), (consulté le 20 novembre 2016).
  9. Gilles Paris, « Donald Trump nomme Rex Tillerson, PDG d’ExxonMobil, au poste de secrétaire d’Etat », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne).
  10. (en) « Trump Picks Rex Tillerson, Exxon C.E.O., as Secretary of State », New York Times (consulté le 12 décembre 2016).
  11. Agathe Auproux, « Qui est Rex Tillerson, le nouveau chef de la diplomatie américaine ? », sur Les Inrocks, (consulté le 2 avril 2018).
  12. « Le Sénat américain confirme la nomination de Rex Tillerson comme secrétaire d’Etat », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne).
  13. (en) « Remarks by President Trump and Vice President Pence at Swearing-In Ceremony for Secretary of State Rex Tillerson », sur The White House, (consulté le 5 février 2017).
  14. Aude Massiot, « Le futur secrétaire d'État de Trump plus proche que jamais de la Russie », sur liberation.fr, .
  15. (en) Zack Beauchamp, « New data shows how the Trump administration is destroying the State Department », Vox.com,‎ (lire en ligne).
  16. a et b Philippe Gélie, « Le secrétaire d'État Rex Tillerson poussé vers la sortie », Le Figaro,‎ samedi 2 / dimanche 3 décembre 2017, p. 6-7 (lire en ligne).
  17. (en) Aaron David Miller & Richard Sokolsky, « Rex Tillerson Isn’t the Problem. It’s Trump. », Politico Magazine,‎ (lire en ligne).
  18. Après une réunion au Pentagone, Rex Tillerson aurait qualifié le président de « putain d'abruti ». Ce dernier estime pour sa part que Rex Tillerson « pense comme l'establishment ».
  19. « Rex Tillerson dément les rumeurs de son départ avec véhémence », sur www.europe1.fr, .
  20. (en-US) Peter Baker, « Rex Tillerson Out as Trump’s Secretary of State, Replaced by Mike Pompeo », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne).
  21. Georges Malbrunot, « Avec la nomination de Mike Pompeo au Département d'Etat, l'Iran récupère un "faucon" dans la relation Washington-Téhéran. Avec le départ de Rex Tillerson du State Department, le Qatar perd un allié précieux ds sa guerre contre l'Arabie et les Emirats.pic.twitter.com/HCdgFM6GQE », sur @Malbrunot, (consulté le 13 mars 2018).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Steve Coll, Private Empire : ExxonMobil and American Power, Penguin Press, , 704 p. (ISBN 978-1594203350).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]