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Dilnur Reyhan

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Dilnur Reyhan
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Biographie
Naissance
(42 ans)
Ghulka (Yining)
Autres informations
A travaillé pour

Dilnur Reyhan, née le à Ghulka (en chinois, Yining), chef-lieu de la préfecture autonome kazakhe d'Ili au Xinjiang (ancien Turkestan oriental), est présidente de l’Institut ouïghour d’Europe depuis mars 2019 et ancienne présidente de l’association OGHOUZ. Docteure en sociologie, elle milite pour que le génocide du peuple ouïghour soit reconnu[1] et que des actions concrètes soient entreprises, notamment par l’État français[2].

Dilnur Reyhan grandit au Xinjiang, région autonome située au Nord-Ouest de la république populaire de Chine. La discrimination omniprésente envers les Ouïghours en Chine l’empêchent d’intégrer l’université de médecine de Shanghaï (en) et compliquent fortement ses recherches d'emploi[3]. À 21 ans, elle rejoint la France afin d’y faire des études de sociologie notamment. Depuis son arrivée, elle est engagée dans une lutte pour la reconnaissance des crimes commis à l’encontre de son peuple et mène de nombreuses actions en participant par exemple au projet de l'ouverture d'une école ouïghoure[4] ou en interpellant le président Macron à travers une tribune ouverte avec le député européen Raphaël Glucksmann[5]. Militante pour la reconnaissance du Génocide des Ouïghours, Dilnur Reyhan fait partie des leadeurs de ce combat.

Elle est chercheuse à l’université libre de Bruxelles et directrice de publication de la revue Regard sur les Ouïghour.e.s[6] depuis janvier 2013. La majorité de ses recherches et publications sont centrées sur l’identité et le nationalisme du peuple ouïghour. Elle s’intéresse notamment aux études de genre relatives à son peuple et à la place de la femme. Sa thèse de doctorat porte sur le rôle des Technologies de l'information et de la communication (TIC) dans la diaspora ouïghoure[7]. Elle est également titulaire d’un master en sociologie des migrations obtenu à l’université Diderot en 2010 ainsi que d’un master de management de projet NTIC passé à Paris 13.

Activités professionnelles

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Dilnur Reyhan est directrice de publication de la revue franco-ouïghoure Regard sur les Ouïghour.e.s, une revue bilingue scientifique et culturelle sur les études ouïghoures[8], depuis janvier 2013. Elle est aussi enseignante à l’INALCO en sociologie[9].

Associations

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En décembre 2009, Dilnur Reyhan a fondé l’association étudiante Oghouz et en a été la présidente jusqu’en janvier 2019. Cette association a pour objectif de promouvoir la culture et les arts ouïghours en France[10]. Afin de faire évoluer le projet et ne plus seulement représenter les Ouïghours étant en France, Dilnur Reyhan a participé à la fondation de l’Institut européen des Ouïghours[11] et en est la présidente depuis .

Militantisme

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En septembre 2023, accompagnée de Gulbahar Jalilova, elle jette de la peinture à l'eau rouge sur un kakémono d'un stand du parti communiste chinois à la fête de l'Huma pour dénoncer le génocide contre le peuple ouïgour. L'ambassade de Chine en France dépose en septembre 2022 une plainte à son encontre[12]. La plainte, classée sans suite, est rouverte, sur ordre écrit de la procureure générale de Paris[13], par le parquet d’Evry un mois après la visite[14], en France en mai 2024, du président chinois, Xi Jinping, marquée par des intimidations lors d'une manifestation ouïgoure et une tentative d’enlèvement de Gulbahar Jalilova[15]. Le 13 octobre 2025, elle est condamnée à une amende[16].

Le 8 mai 2024, Dilnur Reyhan publie sur les réseaux sociaux un appel urgent : un groupe de 9 personnes attend en bas de la résidence de Gulbahar Jalilova, réfugiée politique ouïghoure à Paris, et sonnent à sa porte. Cette dernière se sent alors en danger, la police intervient et interpelle le groupe pour les interroger[17].

Publications

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  • Dilnur Reyhan, Esprit, (DOI 10.3917/espri.2107.0161), « Le génocide des Ouïgours: Aboutissement d’un projet colonial », p. 161-170
  • Dilnur Reyhan, « Comment la Chine enterre l’intelligentsia ouïghoure », Apulée-Revue annuelle de littérature et de réflexion, 2020, p. 141-145[18].
  • Dilnur Reyhan, « Faire de la recherche sur les minorités en Chine : des contrôles intérieurs à la censure à l’étranger. Le cas d’études ouïghoures », Liberté de la recherche. Conflits, pratiques, horizons, 2019.
  • Dilnur Reyhan, « Les Ouïghours en Syrie : mythes, suppositions, et réalités fragmentaires », Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée., 2018.
  • Dilnur Reyhan, « L'industrie culturelle ouïghoure : des origines à la chute en 7 ans », Novastan.org, 2018.
  • Dilnur Reyhan, « Kashgar: China's Brasure of Uyghur Presence », The Funambulist (11), 2017.
  • Dilnur Reyhan, « Diaspora ouïghoure et Internet », Etudes Orientales. Aperçus multiples du Monde Uyghur., 2016, V01.27-28, pp. 161-186.
  • Dilnur Reyhan et Grin « Le web ouïghour : production de discriminations et d'altérité. Les représentations des femmes ouïghoures dans l'espace numérique », Regard sur les Ouïghour-e-s., 2014
  • Dilnur Reyhan et Castets, « R. Enjeux socio-politiques de l'islam en pays ouïghour ». Monde Chinois, 2014.
  • Dilnur Reyhan « Uyghur diaspora and the lnternet », E-diasporg, 2012.
  • Dilnur Reyhan, « Diaspora ouïghoure et identité diasporique », Grotius International, 2012.

Références

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  1. « La reconnaissance du génocide des Ouïghours mobilise partout en Europe », sur France Culture, (consulté le ).
  2. « Dilnur Reyhan, la chercheuse devenue porte-voix des Ouïghours », sur Marie Claire (consulté le ).
  3. « Dilnur Reyhan, présidente de l’Institut ouïghour d'Europe, appelle à la solidarité », sur Lallab Magazine (consulté le ).
  4. CJL, « DILNUR REYHAN, UNE FIGURE ESSENTIELLE DE LA LUTTE POUR LE PEUPLE OUÏGHOUR », sur cjl.ong, (consulté le ).
  5. Raphael Glucksmann et Dilnur Reyhan, « Ouïghours : l’effacement d’un peuple », sur Libération (consulté le ).
  6. « Présentation de la revue », sur uyghur-institute.org (consulté le ).
  7. Dilnur Reyhan, Le rôle des technologies d'information et de communication (TIC) dans la construction des nouvelles diasporas : le cas de la diaspora Ouïghoure, Strasbourg, (lire en ligne)
  8. « Regard sur les ouïghour-e-s ⋆ Ent’revues », sur Ent’revues (consulté le ).
  9. « En sol majeur - Dilnur Reyhan, du ruisseau à l'Inalco », sur RFI, (consulté le ).
  10. « Oghouz -Association des étudiant-e-s de France », sur engagees-determinees.org (consulté le ).
  11. « À propos de l'IODE », sur uyghur-institute.org (consulté le ).
  12. « Dilnur, militante ouïghoure poursuivie par le régime chinois - Radio Nova », sur nova.fr (consulté le ).
  13. Dilnur Reyhan, « Une universitaire ouïghoure face à la diplomatie de l’intimidation chinoise », sur Asialyst, (consulté le )
  14. « Une universitaire militante ouïghoure poursuivie en justice en France pour avoir critiqué Pékin | Human Rights Watch », (consulté le )
  15. « « Le cas de Dilnur Reyhan illustre la stratégie de harcèlement judiciaire de Pékin, combinant “guerre psychologique” et “guerre à travers le droit” » », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  16. Arnaud Vaulerin, « Victime de harcèlement en France, l’universitaire ouïghoure Dilnur Reyhan condamnée pour dégradation de biens », sur Libération (consulté le )
  17. (zh-Hans) « 在法国政治避难的维吾尔族女子古力巴哈可能身处险境 », sur RFI - 法国国际广播电台,‎ (consulté le ).
  18. « Dilnur Reyhan », Cairn.info,‎ (lire en ligne, consulté le )

Liens externes

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