Serbo-croate

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Serbo-croate ou BCMS
Srpskohrvatski jezik
Српскохрватски језик
Pays Serbie 8 millions de locuteurs, Bosnie-Herzégovine 4,6 millions de locuteurs, Croatie 4,5 millions de locuteurs, Monténégro 0,6 million de locuteurs.
Nombre de locuteurs 21 000 000
Typologie SVO + ordre libre, flexionnelle, accusative, accentuelle, à accent de hauteur
Classification par famille
Codes de langue
ISO 639-3 hbs – Code générique
Étendue macro-langue
Type langue vivante
IETF sh
Linguasphère 53-AAA-g
Glottolog sout1528
Carte
Territoire où les variétés de la langue serbo-croate sont parlées (en bleu)
Territoire où les variétés de la langue serbo-croate sont parlées (en bleu)
Zones où les variétés ethno-politiques de la langue serbo-croate ou BCMS sont parlées par la majorité absolue ou relative de la population (données de 2006)
  •      Serbe
  •      Croate
  •      Bosnien
  •      Monténégrin
  •      Zones où la majorité absolue ou relative de la population parle d’autres langues

Le serbo-croate ou BCMS (abréviation de « bosnien-croate-monténégrin-serbe ») est une langue du groupe des langues slaves et plus particulièrement du sous-groupe des langues slaves méridionales, parlée principalement dans l’ancienne Yougoslavie. Elle est la langue la plus parlée dans les Balkans avec plus de 21 millions de locuteurs. Depuis la fragmentation de l’ancienne Yougoslavie, le serbo-croate reste principalement un terme de linguistique pour désigner la langue parlée par les Serbes, les Croates, les Bosniaques et les Monténégrins, mais n’est plus l’appellation officielle de cette langue de l’ancienne Yougoslavie (qui comptait aussi le slovène et le macédonien).

Du point de vue de la linguistique comparée, l’entité désignée par le terme serbo-croate est une langue Abstand en termes de sociolinguistique, c’est-à-dire une langue dont les dialectes passés ou actuels présentent assez de traits structurels communs objectivement établis pour constituer une langue unitaire.

Des variantes, toujours officielles, de ce terme étaient « serbo-croato-slovène » de 1918 à 1929 (même si le slovène n’est pas compréhensible pour un locuteur du serbo-croate), « serbo-croate » de 1929 à 1945 puis pendant le régime de Tito de 1945 à 1990 « croato-serbe », « croate ou serbe » et « serbe ou croate ». Aujourd’hui le sigle BCMS, qui reprend les initiales de chaque variante (bosniaque, croate, monténégrin et serbe), remplace peu à peu le terme « serbo-croate » car il est considéré comme davantage représentatif de tous les locuteurs de la langue.

Depuis la fragmentation de l’ancienne Yougoslavie, le BCMS Abstand est officiellement désigné et régularisé sous la forme de quatre langues Ausbau (standard, en termes de sociolinguistique) : le serbe, le croate, le bosnien et le monténégrin, dont chacune est officielle dans les pays respectifs. De plus, le croate est officiel dans les localités de Serbie et du Monténégro habitées par des Croates, de même que le serbe dans les localités de Croatie habitées par les Serbes. Le croate et le serbe sont aussi langues officielles en Bosnie et au Monténégro.

Historique de l’idée de langue serbo-croate[modifier | modifier le code]

Dans la première moitié du XIXe siècle, époque du romantisme et en même temps des tendances d’émancipation nationale en Europe, l’idée d’État d’une seule nation parlant une seule langue apparaît. Elle se manifeste également chez les Serbes et les Croates, qui vivent sous domination étrangère. La thèse dominante parmi les intellectuels épris de liberté nationale est que orthodoxes, catholiques ou musulmans, tous les Slaves de Croatie, de Dalmatie, de Slavonie, de Serbie, du Monténégro, de Bosnie et de Herzégovine forment un seul peuple, puisqu’ils parlent la même langue. En Croatie, c’est l’époque du Renouveau national croate, mené par le Mouvement illyrien qui a pour but d’unir tous les Slaves du Sud en un seul État. Ljudevit Gaj, son chef, est en même temps le linguiste qui contribue le plus à l’établissement du standard de la langue croate littéraire moderne, qu’il fonde sur le dialecte chtokavien à prononciation (i)jékavienne, parce que c’est l’idiome d’une littérature prestigieuse, celle du Dubrovnik des XVIe-XVIIIe siècles, et en vue de l’union linguistique avec la Serbie, dont les parlers appartiennent au même dialecte chtokavien[1]. À la même époque, en Serbie, Vuk Stefanović Karadžić œuvre à la réforme de la langue littéraire serbe qui à l’époque est le slavon serbe et le slavon russe. Il le fait à partir de la langue parlée[2]. Il y a même un accord signé à Vienne, en 1850, par sept lettrés croates et serbes (dont Vuk Karadžić), qui établit certaines normes communes pour les langues croate et serbe[3]. Il n’y a cependant pas d’unité quant à l’appellation de la langue commune. Ljudevit Gaj opte pour « langue illyrienne », alors que pour Karadžić c’est la langue serbe[4].

L’appellation « langue serbo-croate » semble être apparue chez des philologues qui manifestent de l’intérêt pour la poésie folklorique rassemblée et publiée par Karadžić. Les premiers à l’utiliser seraient Jacob Grimm en 1818, puis le philologue slovène Jernej Kopitar, en 1822. Le terme est utilisé par les autorités de l’Empire d’Autriche, puis dans d’autres pays aussi. Par exemple en France il est employé pour la première fois en 1869. En Croatie aussi on accepte l’appellation croato-serbe ou serbo-croate[5].

À partir de cette époque, le domaine linguistique interfère avec le domaine politique, et ce jusqu’à nos jours, la relation entre croate et serbe oscillant d’une époque à l’autre entre l’idée d’une langue unique et celle de deux langues à part, en fonction des événements historiques que leurs locuteurs traversent[6].

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, il se forme en Croatie plusieurs écoles linguistiques. Celle appelée des « vukoviens croates » ou des « jeunes grammairiens », qui suit les idées de Vuk Karadžić, acquiert la plus grande influence à la fin du XIXe siècle et au début du XXe, réussissant à imposer définitivement le standard du croate à base chtokavienne[7].

Après l’occupation de la Bosnie-Herzégovine par les Autrichiens, en 1878, ceux-ci cherchent à imposer l’idée de la langue bosnienne, mais les Serbes et les Croates de ce pays s’y opposent et en 1907 les autorités adoptent officiellement l’appellation « serbo-croate », ce qui contribue à répandre la conception selon laquelle le serbe et le croate sont une seule et même langue[6].

Le rapprochement entre croate et serbe continue après la Première Guerre mondiale, cette fois dans le cadre du Royaume des Serbes, des Croates et des Slovènes, devenu plus tard le Royaume de Yougoslavie, sous l’égide de la Serbie, pays vainqueur dans la guerre. L’idée de la langue serbo-croate est de plus en plus soutenue par les autorités de Belgrade[8], mais les Croates sont déçus des solutions politiques adoptées dans le nouvel État et reviennent au standard croate d’avant la guerre. C’est une période d’éloignement du serbe qui commence[9].

Au cours de la Seconde Guerre mondiale est fondé le prétendu État indépendant de Croatie, satellite de l’Allemagne nazie, qui persécute la minorité serbe. Sur le plan linguistique, on pratique l’éloignement le plus grand possible du serbe, par des actions dites de « purification » du croate des éléments non croates[8].

Dans la Yougoslavie communiste, la promotion de la langue serbo-croate et les tentatives d’estomper les différences entre le croate et le serbe deviennent les composantes d’une politique linguistique officielle, acceptée également par les communistes croates, ce qui ressort clairement de l’accord de Novi Sad (1954), signé par vingt-cinq linguistes et écrivains, dix-huit Serbes et sept Croates. On y stipule que la langue commune des Serbes, des Croates et des Monténégrins est le serbo-croate, que l’on peut aussi appeler croato-serbe, ayant deux variantes littéraires, le serbe et le croate[10].

À la suite de la relative libéralisation du régime dans les années 1960, les intellectuels croates manifestent leur mécontentement causé par la domination du serbe dans les instances officielles. En 1967, sept linguistes et écrivains rédigent une « Déclaration au sujet de la situation et de la dénomination de la langue littéraire croate », où l’on revendique de mettre sur un pied d’égalité non pas trois, mais quatre langues de Yougoslavie : le slovène, le croate, le serbe et le macédonien, et de mettre un terme à la domination du serbe sur le plan étatique et dans les institutions fédérales[11]. En 1971 on publie une Orthographe croate qui ignore l’accord de Novi Sad, mais elle est aussitôt retirée. Cependant, dans la constitution de la République socialiste de Croatie de 1974, la langue officielle de celle-ci est appelée « langue littéraire croate », mais il est officiellement interdit d’en parler sans l’épithète « littéraire ». Dans le même temps, les Serbes continuent d’utiliser officiellement le terme « serbo-croate » seulement[12]. C’est le début d’une nouvelle période d’éloignement entre croate et serbe.

Dans la constitution de la même année de la République socialiste de Bosnie-Herzégovine, la langue officielle de celle-ci est dénommée « serbo-croate–croato-serbe », mais les intellectuels musulmans cultivent une variante de langue basée sur leur héritage culturel spécifique[12].

Situation actuelle[modifier | modifier le code]

Depuis le début des années 1990, au cours du processus de séparation des ex-républiques yougoslaves, les tendances nationalistes s’accroissent. Les autorités de chaque nouveau pays souverain utilisent la langue aussi en vue de forger une nation. C’est ainsi que, pour des raisons politiques, le serbe, le croate, le bosnien et le monténégrin deviennent des langues officielles à part, et que le terme « serbo-croate », né pour des raisons politiques également, est en général considéré comme compromis.

À la suite de la proclamation de la souveraineté de la Croatie (1991), les tendances puristes vouées à séparer le croate du serbe se renforcent dans ce pays, les « serbismes » et les « internationalismes » étant dénoncés et rejetés par les linguistes nationalistes. On réintroduit dans la langue croate de nombreux mots plus ou moins sortis de l’usage depuis des décennies, et on crée des néologismes à base slave[13].

En Serbie, les tendances puristes se manifestent en moindre mesure[14]. Les mots considérés comme croates sont traités comme des emprunts[15]. Bien que la constitution stipule que la langue officielle de l’État est le serbe écrit avec l’alphabet cyrillique[16], l’alphabet latin reste d’usage courant. Toutefois, le Conseil pour la standardisation de la langue serbe promeut l’emploi du cyrillique, qu’il voit périclité par celui du latin[17].

Le bosnien devient langue officielle[18] et on élabore son standard. Les linguistes qui le font cherchent à le différencier des autres standards surtout en recommandant les synonymes d’origine turque, arabes et persans qui existent dans la langue pour les mots d’origine slave[19].

La constitution du Monténégro, indépendant depuis 2006, stipule que la langue officielle du pays est le monténégrin[20], avec son propre standard. Celui-ci inclut des traits spécifiques communs à tous les parlers du Monténégro et des traits de la langue de la littérature monténégrine d’avant la réforme de Karadžić[21].

Dénomination de leur langue par les locuteurs[modifier | modifier le code]

La plupart de ses locuteurs n’a jamais désigné sa langue comme étant le serbo-croate. Les Serbes ont toujours affirmé parler le serbe et les Croates – le croate. Les Monténégrins considéraient généralement qu’ils parlaient le serbe ou, parfois, le monténégrin, et les Bosniaques disaient parler le croate ou, parfois, le serbe. En Serbie, selon les données du recensement de 2011[22], et au Monténégro, selon celles du recensement de la même année[23], il n’y aurait aucun locuteur de serbo-croate dans ces pays. Pour la Bosnie-Herzégovine il n’y a pas de données disponibles sur le nombre d’habitants selon les langues parlées. The World Factbook de la CIA note seulement qu’on y parle le bosnien, le croate et le serbe [24]. Dans ce pays, chez ceux qui cherchent et cultivent les contacts entre les diverses ethnies, les jeunes surtout, on trouve le terme naš jezik « notre langue » et l’adverbe naški « dans notre langue »[25].

L’appellation de la langue constitue un vrai problème pour ceux qui proviennent de mariages mixtes. Ceux qui ne veulent renoncer à aucune partie de leur identité, disent qu’ils parlent serbo-croate[26]. C’est seulement dans les documents des recensements de Croatie qu’on peut trouver ce terme. Dans ce pays, ceux qui déclarent le serbo-croate comme langue maternelle sont au nombre de 7 822. En y ajoutant les 3 059 personnes qui déclarent parler le croato-serbe, on arrive à un total de 10 881 sur les 4 284 889 habitants de la Croatie[27].

Dénomination de la langue à l’extérieur de l’ex-Yougoslavie[modifier | modifier le code]

Dans certains pays, les statistiques qui prennent en compte la langue maternelle de leurs résidents continuent à utiliser le terme serbo-croate. Au Canada, par exemple, on dénombre séparément les locuteurs de serbe, de croate et de serbo-croate[28]. Le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie a adopté la dénomination « bosnien, croate ou serbe »[29].

Opinions des linguistes[modifier | modifier le code]

Les controverses autour du terme « serbo-croate » sont très vives depuis la désagrégation de la Yougoslavie, non seulement entre linguistes serbes et croates, mais aussi parmi les Serbes et les Croates. Certains affirment l’existence de l’entité qu’ils continuent d’appeler serbo-croate, d’autres la reconnaissent et l’appellent « diasystème », d’autres encore refusent de la traiter en tant qu’entité et, par conséquent, ne la désignent par aucun terme.

Linguistes serbes[modifier | modifier le code]

Une partie des linguistes serbes, par exemple Vera Bojić, Predrag Dragić Kijuk, Miloš Kovačević et Tiodor Rosić[30], sont d’avis que tous les locuteurs du dialecte chtokavien sont Serbes et parlent serbe, qu’ils soient orthodoxes, catholiques ou musulmans, autrement dit, ils englobent parmi les locuteurs du serbe non seulement les Monténégrins, mais aussi les Croates chtokaviens et les Bosniaques.

D’autres linguistes serbes ne partagent pas cette opinion. C’est le cas de Pavle Ivić, Drago Ćupić, Novica Petković, Branislav Brborić et Slobodan Remetić, qui s’y opposent au nom du Conseil pour la standardisation de la langue serbe[31], ainsi que d’Ivan Klajn[32] et de Predrag Piper[33]. Celui-ci fait la distinction entre point de vue sociolinguistique, selon lequel le serbe et le croate sont deux langues à part, et le point de vue de la linguistique, qui les considère comme une seule langue. À propos du terme pour la désigner, il affirme : « de nos jours encore, les linguistes utilisent souvent, à côté de la dénomination langue serbe ou langue croate, les termes langue serbo-croate ou croato-serbe en tant qu’appellations linguistiques de cette langue ». Le même auteur constate qu’actuellement en Serbie « la politique linguistique et la planification linguistique s’organisent autour de la notion de langue littéraire serbe et non de celle de langue serbo-croate »[34]. Pavle Ivić affirme que « la langue parlée par les Serbes s’appelle le plus souvent serbo-croate dans la science », en précisant qu’elle est parlée également par les Croates et les musulmans de Bosnie-Herzégovine, les Croates l’appelant croate et les Serbes serbe[35]. Un autre linguiste serbe, Ranko Bugarski, dit que la langue serbo-croate « continue à vivre, bien que d’une façon non officielle »[36].

Linguistes croates, bosniaques et monténégrins[modifier | modifier le code]

Certains linguistes croates admettent l’existence de l’entité linguistique en cause mais rejettent les termes serbo-croate et croato-serbe comme étant compromis. Dalibor Brozović propose à sa place le terme « diasystème slave du centre-sud »[37], emprunté à la dialectologie. L’idée et le terme sont adoptés par d’autres linguistes croates, tels Mijo Lončarić[38], Ranko Matasović[39], Josip Lisac[40]. Des linguistes bosniaques aussi partagent ce point de vue et ce terme, par exemple Dževad Jahić et Senahid Halilović[41]. De son côté, le linguiste monténégrin Vojislav Nikčević, principal promoteur de l’idée de langue monténégrine, préfère le terme « diasystème chtokavien », c’est-à-dire qu’il ignore les autres dialectes compris dans le « serbo-croate » : le tchakavien, le kaïkavien et le torlakien[42].

D’autres linguistes croates rejettent toute communauté linguistique entre Croates, Serbes, Bosniaques et Monténégrins, affirmant qu’ils n’ont pas à s’occuper des ressemblances entre leurs langues mais seulement de la langue croate. Par conséquent, ils n’acceptent ni les termes serbo-croate / croato-serbe ni celui de diasystème slave du centre-sud. Un exemple de cette attitude est celui de Zvonko Pandžić qui ne voit dans ce dernier terme qu’un avatar de « serbo-croate » [43].

Enfin, il y a aussi des linguistes croates qui pensent que les quatre langues standards sont une seule et même langue du point de vue de la linguistique. C’est le cas de Dubravko Škiljan[44]. Radoslav Katičić dit à propos des parlers croates d’Herzégovine et des parlers serbes que ce sont « des dialectes différents de la même langue »[45]. Snježana Kordić affirme qu’il s’agit d’une langue unitaire du point de vue linguistique aussi bien que sociolinguistique, et qu’il n’y a pas de raison de ne plus l’appeler serbo-croate[46].

En Bosnie-Herzégovine on utilise parfois le terme « langue bosnienne », d’autres fois on traite ensemble le bosnien, le croate et le serbe, avec le sigle BHS, tout en les considérant comme des langues à part[47]. Le linguiste Nedad Memić utilise lui aussi le sigle BHS, qu’il décline comme tout autre nom (exemple : u BHS-u « en (langue) BCS »)[48].

Autres linguistes[modifier | modifier le code]

Les linguistes d’autres pays, en général non impliqués émotionnellement dans la question, constatent d’une part la réalité linguistique d’une langue maternelle commune aux Serbes, aux Croates, aux Bosniaques et aux Monténégrins, et d’autre part la réalité sociolinguistique de quatre langues ausbau qui lui correspondent[49], bien qu’il n’y ait pas d’unité terminologique parmi ces linguistes. Certains emploient le terme « serbo-croate », par exemple Robert D. Greenberg, qui constate en même temps la « désintégration de la langue serbo-croate unifiée » et parle des « quatre langues successeurs du serbo-croate »[50].

D’autres linguistes adoptent le terme « diasystème slave du centre-sud », par exemple Svein Mønnesland qui écrit : « La langue parlée par les Croates, les Serbes, les musulmans bosniens (ou Bosniaques) et les Monténégrins peut être qualifiée comme une seule langue slave, dans le sens linguistique […]. Cette langue ou territoire linguistique, située entre le slovène et le bulgare/macédonien, peut être appelée slave du centre-sud (afin d’éviter le terme contesté serbo-croate) »[51]. Juhani Nuorluoto est un autre auteur qui emploie ce terme[52].

Dans certains établissements on enseigne la langue en l’appelant par les noms de trois ou quatre de ses standards. À l’Institut national des langues et civilisations orientales, c’est « bosniaque-croate-serbe »[53], à l’Université de Graz (Autriche), c’est « bosnien/croate/serbe (BCS) »[54]. Le Centre de recherches en langues slaves et est-européennes (SEELRC) de l’Université Duke (États-Unis) aussi s’occupe du « bosnien/croate/serbe (BCS) »[55], alors qu’à l’Université Paris-Sorbonne (Paris IV), on peut obtenir un diplôme de « serbe-croate-bosniaque-monténégrin »[56].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Thomas 1994, p. 242.
  2. Thomas 2002, p. 312.
  3. (sr)/(hr) Texte de l’accord de Vienne (consulté le 12 juillet 2016).
  4. Thomas 1994, p. 250.
  5. Thomas 1994, p. 251.
  6. a et b Mønnesland 1997, p. 1107.
  7. Barić 1997, p. 33.
  8. a et b Mønnesland 1997, p. 1108.
  9. Barić 1997, p. 34.
  10. (sr) Texte de l’accord de Novi Sad (consulté le 12 juillet 2016).
  11. (hr) Texte de la déclaration.
  12. a et b Mønnesland 1997, p. 1109.
  13. Mønnesland 1997, p. 1110.
  14. Thomas 2002, p. 315.
  15. Vitas 2012, p. 54.
  16. (en) Constitution de la République de Serbie, article 10 (consulté le 12 juillet 2016).
  17. Vitas 2012, p. 55.
  18. Cf. (bs) Constitution de la Fédération de Bosnie-Herzégovine, article 6 (consulté le 12 juillet 2016).
  19. Thomas 1998, p. 31.
  20. (en) Cf. Constitution du Monténégro, article 13 (consulté le 12 juillet 2016).
  21. Thomas 1998, pp. 31–32.
  22. (sr) Становништво према матерњем језику (La population selon la langue maternelle) (consulté le 12 juillet 2016).
  23. Stanovništvo prema maternjem jeziku (La population selon la langue maternelle) (consulté le 12 juillet 2016).
  24. (en) The World Factbook, CIA, 2016 (consulté le 12 juillet 2016).
  25. (hu) Radics, Viktória, « Boszniai nyelvlecke » [« Leçon de bosnien »], Lettre, n° 67, 2007/2008 (consulté le 12 juillet 2016).
  26. Thomas 2002, p. 321.
  27. Données du recensement de 2011 ((hr) Stanovništvo prema materinskom jeziku (La population selon la langue maternelle) (consulté le 12 juillet 2016).
  28. Statistique Canada, données du recensement de 2011 (consulté le 12 juillet 2016).
  29. Site du TPI en bosnien, croate ou serbe (consulté le 12 juillet 2016).
  30. Faisant partie des quinze signataires du document (sr) « Slovo o srpskom jeziku » [« Déclaration sur la langue serbe »], Politika, 1er et 8 août 1998 (consulté le 12 juillet 2016).
  31. (sr) Résolution n° 4 du 25 septembre 1998 (consulté le 12 juillet 2016).
  32. Dans le texte (sr) « Zakonopravilodavci » [« Les donneurs de lois et de règles »], NIN, 24 septembre 1998 (consulté le 12 juillet 2016).
  33. Dans l’article (sr) « Ni jezici ni kulture nisu nedeljivi » [« Ni les langues ni les cultures ne sont indivisibles »] NIN, 24 septembre 1998 (consulté le 12 juillet 2016).
  34. (sr) Srpska lingvistička slavistika devedesetih godina 20. veka [« La slavistique linguistique dans les années ’90 du XXe siècle »] (consulté le 12 juillet 2016).
  35. (sr) Književni jezik kao instrument kulture i produkt istorije naroda [« La langue littéraire, instrument de la culture et produit de l’histoire de la nation »] (consulté le 12 juillet 2016).
  36. (sr) Interview au journal Dnevnik, 25 juillet 2004, cité par le site de la chaîne B92 (consulté le 12 juillet 2016).
  37. (hr) « Organska podloga hrvatskoga jezika » [« Base organique de la langue croate »], Hrvatski jezik, Zagreb, Institut za hrvatski jezik i jezikoslovlje, 1998 (consulté le 12 juillet 2016).
  38. (hr) « Odnosi među standardnim jezicima » [« Les relations entre langues standards »], Virtualni Časopis, Znanstveni institut Gradišćanskih Horvatov, 4 juin 2010 (première publication : 5 décembre 2007) (consulté le 12 juillet 2016).
  39. (hr) Uvod u poredbenu lingvistiku [« Introduction à la linguistique comparée »], Zagreb, Matica hrvatska, 2001, p. 123.
  40. (hr) Hrvatska dijalektologija 1. Hrvatski dijalekti i govori štokavskog narječja i hrvatski govori torlačkog narječja [« Dialectologie croate 1. Dialectes et parlers croates du dialecte chtokavien et parlers croates du dialecte torlakien »], Golden marketing – Tehnička knjiga, Zagreb, 2003 (selon le compte-rendu de Lina Pliško, dans la revue Kolo, n° 4, 2004) (consulté le 12 juillet 2016).
  41. Signataires du document (bs) Povelja o bosanskom jeziku [« Charte de la langue bosnienne »] qui y fait référence. Dževad Jahić reprend le terme dans son introduction à Gramatika bosanskoga jezika [« Grammaire de la langue bosnienne »], Zenica, Dom štampe, 2000, p. 21.
  42. Štokavski dijasistem – norma i kodifikacija [« Diasystème chtokavien – norme et codification »], Cetinje, Institut za crnogorski jezik i jezikoslovlje, 2004.
  43. (hr) Hrvatski jezik i metodologijski serbokroatizam [« Langue croate et serbo-croatisme métodologique »], croatia.ch (consulté le 12 juillet 2016).
  44. (hr) « Nemoguće je dokazati da su hrvatski i srpski dva različita jezika » [« Impossible de démontrer que le croate et le serbe sont deux langues différentes »], interview au magazine Arkzin, début 1995 (consulté le 12 juillet 2016).
  45. (hr) Identitet hrvatskog jezika [« Identité de la langue croate »], conférence à la bibliothèque universitaire de Zagreb, 1er septembre 2008.
  46. (hr) Jezik i nacionalizam [« Langue et nationalisme »], Zagreb, Durieux, 2010, ISBN 978–953–188–311–5 (consulté le 12 juillet 2016).
  47. Par exemple sur le site de la Faculté d’education de l’Université de Travnik (consulté le 12 juillet 2016).
  48. Leksički transfer između austrijskog njemačkog i bosanskog, hrvatskog i srpskog jezika u BiH [« Transfert lexical entre l’allemand d’Autriche et le bosnien, croate et serbe de Bosnie-Herzégovine »], communication à un symposium à l’Université de Graz, 28 mars 2008 (consulté le 12 juillet 2016).
  49. Cf. par exemple Thomas 2002.
  50. (en) Language and Identity in the Balkans : Serbo-Croatian and its Disintegration] [« Langue et identité dans les Balkans : le serbo-croate et sa désintégration »], Oxford, Oxford University Press, 2004 ; en ligne : Introduction (consulté le 12 juillet 2016).
  51. Mønnesland 1997, p. 1103.
  52. « The Notion of Diasystem in the Central South Slavic Linguistic Area »] [« La notion de diasystème dans l’aire linguistique slave du centre-sud »], communication à Methods XI, XIe conférence internationale sur les méthodes en dialectologie, Université de Joensuu, Finlande, 5-9 août 2002 ; en ligne : résumé (consulté le 12 juillet 2016).
  53. Présentation du département Europe (consulté le 12 juillet 2016).
  54. (en) Site de l’Université de Graz (consulté le 12 juillet 2016)
  55. (en) Page Bosnian / Croatian / Serbian du site de l’Université Duke (consulté le 12 juillet 2016).
  56. Offre de formation. Diplôme universitaire : serbe-croate-bosniaque-monténégrin (consulté le 12 juillet 2016) Sur la question des termes « langue bosnienne » et « langue bosniaque » voir l’article Bosnien.

Sources bibliographiques[modifier | modifier le code]

Bibliographie supplémentaire[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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