Claude Hagège

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Claude Hagège

Linguiste occidentalXXe siècle-XXIe siècle

Portrait de Claude Hagège
Claude Hagège en 2013.
Biographie
Naissance Voir et modifier les données sur Wikidata (82 ans)
à CarthageVoir et modifier les données sur Wikidata
Pays de nationalité FranceVoir et modifier les données sur Wikidata
Thématique
Formation École normale supérieure et lycée Louis-le-GrandVoir et modifier les données sur Wikidata
Profession Linguiste (d) et professeurVoir et modifier les données sur Wikidata
Employeur Université de Poitiers et Collège de France (-)Voir et modifier les données sur Wikidata
Intérêts Fonctionnalisme
Multilinguisme
Œuvres principales L'Homme de paroles (1985)
Le souffle de la langue : voies et destins des parlers d'Europe (1991)
Combat pour le français (2006)
Dictionnaire amoureux des langues (2009)
Contre la pensée unique (2012)
Distinctions Chevalier de la Légion d'honneur‎ (d) (), chevalier de l'ordre des Arts et des Lettres‎ (d) (), officier des Palmes académiques (d) (), prix Volney (), médaille d'or du CNRS () et ordre des Arts et des LettresVoir et modifier les données sur Wikidata
Auteurs associés
Influencé par André Martinet et André-Georges HaudricourtVoir et modifier les données sur Wikidata

Léon Hagège dit Claude Hagège (arabe : كلود حجاج[1]), né le à Carthage (Tunisie), est un linguiste français d'origine tunisienne[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Débuts et carrière scientifique[modifier | modifier le code]

Fils d'un père juif et d'une mère « juive d'attaches chrétiennes » et ayant vécu son enfance à Tunis dans un milieu polyglotte[2],[3], Claude Hagège est passionné dès l'âge de six ans à s'adresser aux gens dans leurs propres langues et à étudier et analyser les langues tout en utilisant un esprit de libre-pensée[3] et en demandant à chaque personne qu'il croise dans les rues de Tunis la signification d'un mot ou d'une phrase[3].

Bachelier du lycée Carnot de Tunis en 1953[4], il poursuit ses études à Paris au lycée Louis-le-Grand en classes de lettres supérieures et de première supérieure (1953-1955), puis à l'École normale supérieure (1955-1959), à l'université de Paris, où il obtient une licence de lettres classiques et une licence d'arabe en 1956, un diplôme d'études supérieures d'arabe en 1957, une licence de linguistique générale en 1965 et une licence de chinois en 1969[4]. Il suit également des cours à l'École pratique des hautes études et à l'École nationale des langues orientales, où il obtient un diplôme d'hébreu en 1964, un diplôme de chinois en 1967, et un diplôme de russe en 1970[4].

Reçu à l'agrégation des lettres classiques en 1958, Claude Hagège enseigne au lycée de Carthage (1959-1961)[4]. Il fait son service militaire (1961-1963), puis est affecté aux lycées Victor-Duruy et Saint-Louis à Paris (1963-1965)[4]. En détachement, comme attaché de recherche du CNRS de 1965 à 1970, il prépare, sous la direction d'André Martinet, une thèse de doctorat ès lettres qu'il soutient en 1971 à l'université Paris-V[4]. Nommé maître de conférences en 1970, puis professeur titulaire à l'université de Poitiers[4], Claude Hagège devient directeur d'études en linguistique structurale à l'École pratique des hautes études en 1977[4], et professeur titulaire de la chaire de théorie linguistique au Collège de France entre 1988 et 2006[5] tout en étant un candidat malheureux à l'Académie française à deux reprises (en 2000[6] et en 2007[7]).

Il est actuellement professeur honoraire au Collège de France[8], renommé pour sa maîtrise absolue d'une dizaine de langues[3] et ses connaissances éparses dans une cinquantaine de langues, parmi lesquelles l'italien, l'anglais, l'arabe, le mandarin, l'hébreu, le russe, le guarani, le hongrois, le navajo, le nocte[9], le pendjabi, le persan, le malais, l'hindi, le malgache, le peul, le quechua, le tamoul, le tetela, le turc et le japonais[10].

Pensées[modifier | modifier le code]

Homme de conviction attaché à la culture française[11], Claude Hagège pourfend l'anglais comme vecteur de pensée unique dans son ouvrage Contre la pensée unique (2012)[12]. Il précise cependant que l'anglais est aussi le support d'« esprits libres », d'une « pensée libertaire […] défendant la liberté, contre la fausse liberté qu'est le néolibéralisme, c'est-à-dire la liberté de faire de l'argent en profitant des malheureux qui sont incapables d'en faire et qu'on exploite. » Il explique aussi qu'il s'agit d'un livre inspiré par ses amis américains[13].

Décorations[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • La Langue mbum de Nganha (Cameroun) : phonologie, grammaire, Paris, Klincksieck, 1970.
  • Le Problème linguistique des prépositions et la solution chinoise, Paris, Société de linguistique de Paris, 1975.
  • La Phonologie panchronique, Paris, PUF, 1978.
  • Le Comox lhaamen de Colombie-Britannique : présentation d'une langue amérindienne, Amerindia numéro spécial, Paris, Association d'ethnolinguistique amérindienne, 1981.
  • La Structure des langues, Paris, PUF. Que sais-je ?, 1982.
  • L'Homme de paroles, Paris, Fayard, 1985.
  • Le Français et les Siècles, Paris, Éditions Odile Jacob, 1987.
  • Le Souffle de la langue : voies et destins des parlers d'Europe, Paris, Éditions Odile Jacob, 1992.
  • The Language Builder: an Essay on the Human Signature in Linguistic Morphogenesis, Amsterdam, John Benjamins, 1992.
  • L'Enfant aux deux langues, Paris, Éditions Odile Jacob, 1996.
  • Le Français, histoire d'un combat, Paris, Le Livre de Poche, 1996.
  • L'Homme de paroles : contribution linguistique aux sciences humaines, Paris, Fayard, 1996.
  • Halte à la mort des langues, Paris, Éditions Odile Jacob, 2000.
  • Combat pour le français : au nom de la diversité des langues et des cultures, Paris, Éditions Odile Jacob, 2006.
  • Dictionnaire amoureux des langues, Paris, Éditions Plon-Odile Jacob, 2009.
  • Contre la pensée unique, Paris, Éditions Odile Jacob, 2012.
  • Parler, c'est tricoter, Paris, Éditions de l'Aube, 2013.
  • C'est quoi le langage ?, Paris, Éditions de l'Aube, 2015.
  • Les religions, la parole, la violence, Paris, Éditions Odile Jacob, 2017.

Journaux, revues et tribunes[modifier | modifier le code]

  • Élisabeth Lévy, « J'aime les langues comme les femmes », Le Point, 25 juin 2009[16].
  • Eléonore Sulser, « L'éloge de Babel », Le Temps, 9 mai 2009.
  • « Les langues, étendard des peuples », Le Monde, 15 février 1990, tribune sur les langues d'Europe de l'Est au moment de la chute du Mur de Berlin.
  • Préface de l'ouvrage de Magda Jeanrenaud, La Traduction là où tout est pareil et rien n'est semblable, (SUDOC 167616471)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Claude Hagège », sur data.bnf.fr (consulté le 5 février 2018).
  2. a, b et c « Claude Hagège, l’homme de Carthage », L'Orient littéraire,‎ (lire en ligne).
  3. a, b, c et d Denis Peiron, « Claude Hagège, la symphonie des langues. Claude Hagège, la symphonie des langues », sur la-croix.com, (consulté le 11 février 2018).
  4. a, b, c, d, e, f, g et h « Biographie de Claude Hagège », sur irpall.univ-tlse2.fr (consulté le 5 février 2018).
  5. a, b, c, d et e « Biographie », sur college-de-france.fr (consulté le 5 février 2018).
  6. « Élection blanche au fauteuil de M. Alain Peyrefitte (F11) », sur academie-francaise.fr (consulté le 11 février 2018).
  7. « Élection blanche au fauteuil de M. Bertrand Poirot-Delpech (F39) », sur academie-francaise.fr (consulté le 11 février 2018).
  8. Claude Hagège, « Claude Hagège : « Ce n’est pas la langue qui est sexiste, mais les comportements sociaux » », sur lemonde.fr, (consulté le 5 février 2018).
  9. Le nocte est la langue d'un groupe ethnique vivant essentiellement en Inde, en Arunachal Pradesh.
  10. Antoine Perraud, « Les langues dans la chambre d'échos », sur la-croix.com, (consulté le 11 février 2018).
  11. « Le français, histoire d'un Combat » [PDF], sur ufmg.br (consulté le 11 février 2018).
  12. Victoria Gairin, « Hagège : « L'anglais détruit notre pensée » », sur lepoint.fr, (consulté le 11 février 2018).
  13. [vidéo] Marc Voinchet, Les Matins de France Culture, 25 janvier 2012 sur YouTube.
  14. « Prix d’Académie », sur academie-francaise.fr (consulté le 5 février 2018).
  15. « Claude Hagège reçoit la Médaille d'or du CNRS 1995 », sur cnrs.fr (consulté le 5 février 2014).
  16. Élisabeth Lévy, « Claude Hagège : « j'aime les langues comme les femmes » », sur lepoint.fr, (consulté le 11 février 2018).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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