Alain Chouet

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Chouet.
Alain Chouet
Description de cette image, également commentée ci-après

Alain Chouet en mai 2015

Naissance (69 ans)
Paris
Nationalité Drapeau de la France française
Profession
Activité principale
Ancien officier de renseignement
Formation

Alain Chouet (né le à Paris) est un ancien officier de renseignement français, coauteur de plusieurs ouvrages concernant l’islamisme et le terrorisme.

Biographie[modifier | modifier le code]

Diplômé de l'École des langues orientales (arabe), titulaire d’une maîtrise de droit (Paris II) et d’un diplôme d‘études supérieures de sciences politiques (Paris II).

Il est envoyé comme secrétaire à l'ambassade de France à Beyrouth (1974-1976), puis à Damas (1976-1979).

À Paris, il est nommé chef du bureau de coordination des recherches et opérations anti-terroristes (1980-1985), puis est chargé de mission à l'ambassade de France à Rabat (Maroc).

Il fait une première incursion dans le renseignement comme conseiller technique sur les affaires touchant à l'islam et au terrorisme auprès du directeur du renseignement (1996-1999). Il est nommé chef du service de renseignement de sécurité à la DGSE en 2000-2001. Il quitte cette institution en 2001[1].

Il est chercheur associé à l'European Security Intelligence and Strategy Center, chargé de conférence au Diplôme universitaire d'études des menaces criminelles contemporaines, Université de Paris II.

Son nom est cité dans l'affaire Clearstream 2[réf. nécessaire].

Idées[modifier | modifier le code]

Selon Alain Chouet, l'organisation terroriste Al-Qaïda aurait disparu entre 2002 et 2004, certains ayant été tués et d'autres dispersés. Il dénonce l'utilisation systématique de ce « label » pour décrire toute action radicale islamique notamment chez les journalistes qui font l'amalgame entre l'organisation proprement dite Al-Qaida et n'importe quel activiste islamiste radical. Alain Chouet remet aussi en cause l'approche sur-militarisé qui sert à éliminer ce groupe : « On a pris une mitrailleuse pour tuer un moustique, mais les dégâts sont patents. [...] Et le premier effet de cette croisade ratée a été d'alimenter le vivier de volontaires [...] »[2]. En 2010, il déclare « J’estime, sur la base d’informations sérieuses, d’informations recoupées, que la Qaïda est morte sur le plan opérationnel dans les trous à rats de Tora Bora en 2002 »[3],[4].

Avec Au cœur des services spéciaux – La menace islamiste : fausses pistes et vrais dangers (2011), il fournit une analyse d'ensemble du terrorisme islamiste et des « révolutions arabes » des années 2010, critiquant les hommes politiques occidentaux qui condamnant l’islamisme chez eux s'empressent de « favoriser partout les entreprises réactionnaires encore moins démocratiques que les dictatures auxquelles elles se substituent »[5].

Analysant la situation en Syrie, il avance que l'opposition au régime ne se bat pas fondamentalement pour davantage de démocratie de type occidental mais est mue par des motivations avant tout d'ordre religieux. Selon lui, la guerre civile a été initiée par les Frères musulmans (sunnites) pour combattre le pouvoir des Alaouites et des autres minorités syriennes. Il condamne la fourniture d'armes aux rebelles syriens[6].

Selon « Jacques Raillane » (pseudonyme), ancien membre de la DGSE, Alain Chouet est un « excellent connaisseur du monde arabe, [qui] a fait ses armes au Liban et en Syrie » mais « il a, tout au long de sa carrière, combattu des mouvements terroristes classiques organisés à la mode occidentale. Il n’a ainsi jamais vraiment compris le fonctionnement intime de la mouvance jihadiste ». Selon lui, Alain Chouet est « obsédé par les Frères Musulmans égyptiens » et a « longtemps refusé d’envisager l’existence d’une mouvance terroriste échappant au contrôle d’un Etat ou d’une organisation religieuse »[4].

Après les attentats du 13 novembre 2015 à Paris, il critique à plusieurs reprises les services de sécurité belges qu'il considère n'être pas au niveau. Dans un lettre d'excuses adressée l'administrateur général de la Sûreté de l'état en Belgique, Jean-Francois Mouchel, chef de la DGSE, explique qu'Alain Chouet ne fait plus partie des services depuis quatorze années et n'a donc plus accès aux informations classifiées. Il ajoute que « sur le fond, les opinions de M. Chouet ne sont pas seulement fausses et injurieuses: elles sont aussi indécentes[7] ».

Publications[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Les renseignements français s'excusent auprès des renseignements belges, La Libre Belgique, 20 novembre 2015
  2. Ex-chef de la DGSE: "Al Qaida est mort en 2002" Vidéo Dailymotion
  3. Taïké Eilée, Al Qaïda n’existe plus selon un ex-chef de la DGSE, Agoravox, 12 février 2010.
  4. a et b Abou Djaffar, Petite et modeste leçon de journalisme, Terrorismes, guérillas, stratégie et autres activités humaines, 13 février 2010.
  5. Sacré Chouet !, Richard Labévière, afrique-asie.fr, 2 juillet 2013
  6. Syrie - Alain Chouet : "Ce n'est pas en armant des salafistes qu'on trouvera une solution", entretien, Le Point.fr, 16 mars 2013
  7. Franse geheime dienst biedt excuses aan Belgen aan, De Standaard, 21 novembre 2015

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]