Sophia Aram

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Sophia Aram
Sophia Aram sur scène à la Cidrerie de Beuzeville, le 11 décembre 2021.
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Sophia Aram, née le à Ris-Orangis (Essonne), est une humoriste, comédienne, chroniqueuse à la radio et animatrice de télévision française. Elle est autrice de plusieurs spectacles humoristiques (2007, 2010, 2015). Elle anime également des chroniques à la radio, sur NRJ, Europe 2 et, depuis 2008, sur France Inter.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Issue d'une fratrie de quatre filles et deux garçons[1], Sophia Aram grandit à Trappes[2]. La famille de Sophia Aram est d'origine marocaine[3]. Son père est cuisinier à Radio France[4] tandis que sa mère, Khadija Aram[5], née en 1949 à Casablanca au Maroc[1], a été adjointe au maire de Trappes Guy Malandain (PS), dans les Yvelines, dans les années 2000.

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Sophia Aram est scolarisée au lycée de la Plaine de Neauphle de Trappes, où elle s'initie à l'improvisation, qu'elle pratiquera ensuite avec la compagnie Déclic Théâtre d'Alain Degois[6], où elle côtoie notamment Jamel Debbouze. Elle prend part à des matches et participe à la coupe du monde d'improvisation organisée au Québec. Elle débute au théâtre avec la compagnie du théâtre du Sable. Bonne élève, elle envisage de se consacrer à l'éducation[7] ou au journalisme et étudie à l'Institut national des langues et civilisations orientales où elle obtient une maîtrise d'arabe[8],[9].

Scène[modifier | modifier le code]

En 2007, elle réalise son premier « seule en scène » (one woman show en anglais) avec Du plomb dans la tête, qui met en scène une cellule de soutien psychologique à la suite du suicide d’une enseignante dans sa classe de maternelle[10]. Ce spectacle est joué quatre cents fois. Il est édité en DVD par Studio Canal.

En , elle présente son second spectacle, Crise de foi, un « seule en scène » mettant dos à dos les trois religions abrahamiques.

En 2015, elle joue son troisième spectacle, Le fond de l'air effraie, où elle se livre à une critique de certaines personnalités telles qu'Éric Zemmour, Valérie Trierweiler ou Emmanuel Todd. Elle y critique également l'islam radical et affirme le droit au blasphème, tout en dénonçant la récupération politique des attentats de janvier 2015 en France[11].

Audiovisuel[modifier | modifier le code]

Sophia Aram fait ses débuts à la télévision dans CIA, le club de l'info amateur et Les Enfants de la Télé, des émissions présentées par Arthur. Elle participe à l'écriture de programme pour le groupe Endemol[12].

L'humoriste intervient sur NRJ et sur Europe 2. En 2008, elle tient une chronique hebdomadaire sur France Inter dans l'émission Le Fou du Roi de Stéphane Bern. En , la station lui confie une chronique hebdomadaire les lundis matin dans la matinale. Après l'éviction de Gérald Dahan, elle passe d'une à deux chroniques hebdomadaires (lundi et mercredi). Le , elle se livre à une critique acerbe du Front national, en comparant ses électeurs à des « gros cons »[13]. Cette chronique vaut à France Inter un rappel à l'ordre de la part du CSA[14]. Le , elle épingle la station Sud Radio, en indiquant que les électeurs du Front national avaient désormais une station bien à eux pour exprimer leurs idées[15]. Elle s'en prend également à Nadine Morano le en concluant une chronique particulièrement acide par cette conclusion peu flatteuse : « Nadine Morano est-elle populaire ou est-elle simplement vulgaire ? »[16], ce à quoi Nadine Morano réplique en diffusant sur Twitter la condamnation de la mère de l'animatrice pour escroquerie[17],[18],[19].

Depuis , ses chroniques matinales sur France Inter sont diffusées les mardis et mercredis. Dès sa chronique du , elle fait réagir Audrey Pulvar après avoir dénoncé un conflit d'intérêts entre Arnaud Montebourg, Matthieu Pigasse et la journaliste récemment nommée à la tête des Inrockuptibles[20],[21].

À partir de la rentrée 2013, elle anime un nouveau talk-show, diffusé sur France 2 du lundi au vendredi en access prime-time intitulé Jusqu'ici tout va bien[22]. L'émission subit les critiques de la presse[23],[24] et ne parvient pas à fédérer le public[25]. Elle passe à deux reprises sous la barre des 3 % d'audience durant la deuxième semaine de diffusion et la chaîne envisage de la déprogrammer[26]. Elle est pour cela rapidement remaniée, ce qui implique la fin du direct (afin de « gommer les longueurs et les hésitations ») et l'arrivée d'un coanimateur, Jean-Pierre Coffe[27]. Ce dernier quitte l'émission après deux jours. BFM TV indique que le manque à gagner en revenus publicitaires pour la chaîne, dû à la faiblesse de l'audience, s'élèverait à 30 000 euros par jour, soit 600 000 euros depuis le début de l'émission jusqu'au [28]. Le programme coûte 70 000 euros (hors frais techniques) par jour. En dépit d'un horaire avancé en , l'audience reste très basse[29]. Finalement, France 2 annonce l'arrêt de l'émission au [30]. Elle reçoit avec humour son Gérard de la télévision 2013 pour « l'émission dont les concepteurs auraient peut-être dû attendre les audiences avant de lui donner un titre ».

Vie privée[modifier | modifier le code]

Elle écrit ses spectacles avec son compagnon Benoît Cambillard, qui dirige leur société de production. Fille de musulmans, lui fils de protestants, ils ont, en 1998, un enfant auquel ils donnent un prénom hébreu, Chaïm[8],[31].

Personnages et imitations[modifier | modifier le code]

Prises de positions politiques[modifier | modifier le code]

Positionnement à gauche[modifier | modifier le code]

Sophia Aram se dit athée[43] et engagée à gauche[44]. Quelques-unes de ses chroniques contre le Front national ont trouvé un certain écho médiatique[45],[46].

L'association de critique des médias Acrimed relève que dans ses chroniques sur France Inter « Sophia Aram – qui se définit elle-même « bien-pensante et bobo-assumée » – vilipende l’ensemble des électeurs de Donald Trump, les Gilets jaunes, les pro-hydroxychloroquine, les téléspectateurs des émissions de Cyril Hanouna, les « islamo-gauchistes »[47]. »

Appel à la démission de Nadine Morano[modifier | modifier le code]

En 2012, une chronique de Sophia Aram sur France Inter qui concluait en qualifiant de « vulgaire » la ministre chargée de l'apprentissage Nadine Morano a déclenché une réaction de défense de cette dernière. Nadine Morano a ainsi affirmé dans l'émission C à vous sur France 5, puis sur RMC avec Jean-Jacques Bourdin que le directeur de France Inter Philippe Val l'avait appelée « pour s'excuser » de la chronique de Sophia Aram qui, à son tour, a réagi en demandant la démission de la ministre[5].

Publications[modifier | modifier le code]

Essai[modifier | modifier le code]

  • 2021 : La Question qui tue : Perfidies ordinaires, maladresses et autres micro-agressions, Denoël, Paris, 176 p.

Ouvrages collectifs[modifier | modifier le code]

  • 2011 : préface de la bande dessinée collective 12 septembre l'Amérique d'après, édité par Casterman
  • 2017 : participation à l'ouvrage collectif, Qu'est-ce que la gauche ?, Paris, Fayard, , 234 p. (ISBN 978-2-213-70458-6).
    Les journalistes Cécile Amar (L'Obs) et Marie-Laure Delorme (Le Journal du dimanche) dirigent cet ouvrage qui réunit une trentaine de contributions parmi lesquelles celles de Sophia Aram.

Livre audio[modifier | modifier le code]

  • 2021 : La Question qui tue, lu par l'autrice, Gallimard, « Écoutez Lire », Paris, 58 min.

Spectacles[modifier | modifier le code]

  • 2006 : Du plomb dans la tête
  • 2010 : Crise de Foi
  • 2015 : Le fond de l'air effraie
  • 2019 : À nos amours[48]
  • 2023 : Le monde d'après

Filmographie[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Doublage[modifier | modifier le code]

  • 2012 : Sammy 2 (film d'animation) de Ben Stassen et Vincent Kesteloot : le poisson chirurgien / les poissons chauve-souris / Bryn / Don (version française)
  • 2013 : Pourquoi les femmes sont-elles plus petites que les hommes ? (documentaire) de Véronique Kleiner : narration
  • 2020 : Josep d’Aurel : l'infirmière (version originale)

Distinctions[modifier | modifier le code]

Pour Du plomb dans la tête :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Khadija Aram » Accès libre, sur lemondefeminin.com, (consulté le ).
  2. Prisma Média, « Les 10 choses que vous ignorez sur Sophia Aram - Gala », sur Gala.fr (consulté le )
  3. Valérie Lehoux, « Sophia Aram : « Contrairement aux apparences, je ne suis pas une petite chose fragile », Télérama, .
  4. « Les omelettes de mon père », sur France Inter, (consulté le )
  5. a et b Closermag.fr, « Clash Morano/Aram : la ministre s'en prend à la mère de l... - Closer », sur www.closermag.fr, (consulté le ).
  6. Alain Degois, dit « Papy » - Made in Trappes, 2013 (ISBN 978-2-36658-012-9), page 213.
  7. Le one-woman-show de l'ancienne pionne Le one-woman-show de l'ancienne pionne, leparisien.fr, 22 octobre 2005, par Anne-Cécile Juillet : « J'ai passé mon bac, puis je me suis inscrite aux Langues orientales : comme j'avais été pionne au collège Gagarine et que le contact avec les élèves me plaisait bien, je pensais devenir conseillère principale d'éducation.»
  8. a b et c Macha Séry, « Sophia Aram - À l'école de l'humour noir », Le Monde, .
  9. Doan Bui, Isabelle Monnin, « Sophia Aram : la « bobo » de Trappes et les « gros cons », Nouvelobs.com, .
  10. Séverine Kodjo-Grandvaux, « Vous avez dit loufoque... », Jeune Afrique, .
  11. (en) Jonathan Ervine, Humour in Contemporary France: Controversy, Consensus and Contradictions, Liverpool University Press, (ISBN 978-1-78962-464-9, lire en ligne), p. 155
  12. « Biographie de Sophia Aram », Evene.
  13. « Gros cons ? » [vidéo], sur Dailymotion (consulté le ).
  14. « Le CSA se saisit de l'affaire des « gros cons » de Sophia Aram », Le Point (consulté le ).
  15. « Sophia Aram se paye le public de Sud Radio », Le Figaro, 31 août 2011.
  16. M.S, « Clash entre Nadine Morano et l'humoriste Sophia Aram (VIDEO) », sur tv.net, Télé-Loisirs, (consulté le ).
  17. Nadine Morano s'en prend à la mère de Sophia Aram… puis regrette
  18. « Sophia Aram : Sa maman derrière les barreaux », ladepeche.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  19. AFP, « Une ex-élue de Trappes condamnée », sur Le Figaro.fr, (consulté le )
  20. Anthony Palou, « Sophia Aram, l'agitatrice », Le Figaro, .
  21. « Sophia Aram provoque Audrey Pulvar », Le Figaro (consulté le ).
  22. Daniel Psenny, « Sophia Aram, sans filet », Le Monde, .
  23. Sandra Lorenzo, « Sophia Aram sur France 2 : les 5 erreurs de Jusqu'ici tout va bien », Le Huffington Post, .
  24. Louis Haushalter, « On a regardé la première de Sophia Aram sur France 2 », Europe 1, .
  25. Julien Bellver, « Audiences : Sophia Aram au plus bas, une déprogrammation imminente ? », Ozap, .
  26. Alexis Delcambre, Joël Morio, Alexandre Piquard, « France 2 piégée dans la bataille de l'avant-soirée », Le Monde, .
  27. Alexandre Le Drollec, « Jean-Pierre Coffe épaule Sophia Aram », nouvelobs.com, 30 septembre 2013.
  28. Simon Tenenbaum, « Ce que le naufrage de Sophia Aram va coûter à France 2 », bfmtv.com, 22 octobre 2013.
  29. « Malgré son nouvel horaire, les audiences de Sophia Aram restent au fond du trou sur France 2 », jeanmarcmorandini.com, 19 novembre 2013.
  30. « France 2 annonce l'arrêt d'Aram », liberation.fr, 6 décembre 2013.
  31. Luc Le Vaillant, « Non de dieu », Libération, .
  32. Nora Sahli, « Sophia Aram: « Ma fratrie a renforcé mes défenses immunitaires » - Gala », Gala.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  33. « Rencontre avec Sophia Aram », Men's UP,‎ (lire en ligne, consulté le )
  34. Sophia Aram, « Allo ? C’est le citoyen Bayrou… », France Inter,‎ (lire en ligne, consulté le )
  35. Sophia Aram, « Il est peut-être temps que la hchouma, la honte, change de camp », France Inter,‎ (lire en ligne, consulté le )
  36. France Inter, « Le Taubira blues, le Billet de Sophia Aram », (consulté le )
  37. « Sophia Aram : "On va pas être déchu, déchu" », Les Inrocks,‎ (lire en ligne, consulté le )
  38. France Inter, « Wauquiez, un puits sans fond - le billet de Sophia Aram », (consulté le )
  39. Sophia Aram, « Oh putain, la famille ! du 07 septembre 2015 - France Inter », France Inter,‎ (lire en ligne, consulté le )
  40. Sophia Aram, « Mon mari, c’est aussi un écrivain du 08 février 2016 - France Inter », France Inter,‎ (lire en ligne, consulté le )
  41. Sophia Aram, « Le Péné-gate », France Inter,‎ (lire en ligne, consulté le )
  42. Sophia Aram, « Boris and the queen », France Inter,‎ (lire en ligne, consulté le )
  43. Le Parisien magazine no 21310, p. 22.
  44. Sophia Aram fait son show au Palais des glaces, francetvinfo.fr, 25/09/2015
  45. Sophia Aram, prête à être sacrifiée en place de Grève, lopinion.fr, 18 septembre 2013
  46. Europe 1 - Guy Carlier estime que Sophia Aram est "une petite conne", radioactu.com, 25/03/2011
  47. Mathias Reymond, « Le combat de Sophia Aram contre les « cons » », sur Acrimed,
  48. « Sophia Aram au Palais des Glaces en 2019 avec son nouveau spectacle - Sortiraparis.com », sur www.sortiraparis.com (consulté le )

Liens externes[modifier | modifier le code]