Pattadakal

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Pattadakal
Silhouettes variées à Pattadakal. À gauche : le Jambulinga et le Kadasiddhesvara, au centre le Sangameshvara, puis les trois temples de droite : le  Mallikarjuna, le Papanatha et le Virupaksha
Silhouettes variées à Pattadakal. À gauche : le Jambulinga et le Kadasiddhesvara, au centre le Sangameshvara, puis les trois temples de droite : le Mallikarjuna, le Papanatha et le Virupaksha
Localisation
Pays Drapeau de l'Inde Inde
District de Bagalkote
Coordonnées 16° 01′ 09″ N 75° 52′ 55″ E / 16.019167, 75.881944 ()16° 01′ 09″ Nord 75° 52′ 55″ Est / 16.019167, 75.881944 ()  

Géolocalisation sur la carte : Inde

(Voir situation sur carte : Inde)
Pattadakal
Pattadakal

Pattadakal, dans l'État du Karnataka en Inde, est le site châlukya du VIIIe siècle le plus important. Les temples de Shiva qui subsistent actuellement témoignent d'expériences fondatrices dans l'architecture des temples hindous. Pattadakal était l'une des deux capitales châlukya avec Badami, une petite ville située à environ 40 km à l'Ouest. Le site voisin, de Aihole, appartient à la même période et permet des comparaisons avec l'art gupta.

La particularité du site provient de la présence conjointe des styles dravidien ou méridional et nagara ou nordique de l'architecture indienne. Trois temples sont tout à fait remarquables : le Virupaksha, le Mallikarjuna et le Papanatha.

Le site de Pattadakal fait partie du patrimoine mondial de l'UNESCO.

Les temples[modifier | modifier le code]

Ils sont tous composés sur un axe Est-Ouest  : depuis l'entrée jusqu'au sanctuaire. Mais leurs plans varient, tout comme leurs dates de fondation.

  • Le Jambulinga et le Kadasiddhesvara, datés entre 696 et 720[1].
  • Le Sangamesvara, construit mais inachevé sous le règne de Vijayaditiya Ier châlukya (696-733/734)[2].
  • Le Papanatha, avec trois périodes :
    • 696-720 : le sanctuaire et le premier mandapa
    • 720-730 : le second mandapa et 730-734 : le déambulatoire autour du sanctuaire
    • 735-750 : les niches à bas relief et les baies à claustra
  • Le Virupaksha et le Mallikarjuna, construits par les deux épouses de Vikramaditya II châlukya (733-744)[3].

Sans doute, à la fondation d'un tel ensemble architectural, le pouvoir châlukya souhaitait rivaliser avec son voisin pallava, et le programme iconographique de Papanatha et du Virupaksha reste en effet comparable avec celui du Kailasanatha de Kanchipuram[2].

Le Virupaksha[modifier | modifier le code]

Temple d'une très grande beauté par la qualité de son décor sculpté dans toutes les parties du bâtiment lui-même, dans les niches à l'extérieur et sur les piliers à l'intérieur, et aussi par ses nombreuses baies à claustra, d'un dessin chaque fois renouvelé. Sa superstructure le rattache au style du Sud de l'Inde et le distingue de son voisin, le Papanatha, qui appartient au style du Nord. Le Virupaksha est l'un des premiers temples de Shiva dont la composition intègre un pavillon consacré à Nandi. Par ailleurs, les sculptures figuratives des faces externes du mandapa et celles correspondant au sanctuaire (cella ou garbha griha) semblent relever de deux ensembles bien distincts. Sur la partie correspondant au sanctuaire, lui-même étant entouré par un déambulatoire, les motifs visent à évoquer la dimension transcendante et ascétique de Shiva. Tandis que sur la partie correspondant au mandapa, les motifs choisis évoquent le caractère cosmique et immanent de la divinité (Shiva et Parvati, Shiva androgyne, Harihara, la victoire de Shiva sur Andhaka tirée du Ramayana)[4]. De nombreux apports à l'art pallava sont perceptibles, tant dans la conception du bâtiment - proche du Kailasanatha de Kanchipuram - que dans certaines formes des représentations divines, comme le Shiva dansant du porche Nord avec la jambe droite repliée, le pied étant à terre, tandis que la jambe gauche est rejetée en arrière[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Louis Frédéric, L'Art de l'Inde et de l'Asie du Sud-Est, Paris, Flammarion, Tout l'art,‎ 1994, 479 p. (ISBN 2-08-012252-5)
  • Anne-Marie Loth, Art de l'Inde : diversité et spiritualité. 1, des origines à la fin du VIIIe siècle, Bruxelles ; Paris, Chapitre Douze,,‎ 2006, 448 p. (ISBN 2-915345-02-3)
  • Édith Parlier-Renault (directrice), L'art indien : Inde, Sri Lanka, Népal, Asie du Sud-Est , Paris, PUPS : Presses de l'Université Paris-Sorbonne,‎ 2010, 419 p. (ISBN 978-2-84050-702-4)
  • Édith Parlier-Renault, Temples de l'Inde méridionale (VIe ‑ VIIIe siècles) : la mise en scène des mythes, Paris, PUPS (Presses de l'Université Paris-Sorbonne),‎ 2007, 413 p. (ISBN 978-2-84050-464-1)
  • C. Sivaramamurti (musée de Delhi), Amina Okada (musée Guimet, Paris), Thierry Zéphir. Photographies : Jean-Louis Nou, L'Art en Inde, Paris, Citadelles & Mazenod,‎ 1999, 630 p. (ISBN 2-85088-073-6)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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