Sanchi

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Monuments bouddhiques de Sânchî *
Logo du patrimoine mondial Patrimoine mondial de l'UNESCO
Le grand stūpa de Sânchî. Face est
Le grand stūpa de Sânchî. Face est
Coordonnées 23° 28′ 50″ N 77° 44′ 11″ E / 23.480656, 77.7363 ()23° 28′ 50″ Nord 77° 44′ 11″ Est / 23.480656, 77.7363 ()  
Pays Drapeau de l'Inde Inde
Subdivision District de Raisen, Madhya Pradesh
Type Culturel
Critères (i) (ii) (iii) (iv) (vi)
Numéro
d’identification
524
Zone géographique Asie et Pacifique **
Année d’inscription 1989 (13e session)
* Descriptif officiel UNESCO
** Classification géographique UNESCO

Sânchî est un petit village de l'Inde, situé à 46 km au nord-est de Bhopal, dans la partie centrale de l'État du Madhya Pradesh célèbre pour son ensemble de monuments bouddhistes et en particulier le grand stūpa, un des sites parmi les plus visités en Inde.

Sous les Maurya, à l'époque d'Ashoka sans doute, au IIIe siècle av. J.-C., on construisit plusieurs édifices et le tumulus du grand stūpa. Le tumulus de ce grand stūpa (n°1) fut englobé dans une maçonnerie sous les Satavahana à la fin du Ier siècle av. J.-C., suivant un usage qui restera attesté dans tout le monde bouddhique jusqu'à l'époque moderne[1]. D'autres stūpa ainsi que d'autres bâtiments religieux bouddhistes, tels que des monastères, complétèrent le site jusqu'au XIIe siècle. Cependant, suite à la contre-réforme hindouiste, les monuments de Sânchî furent oubliés et se détériorèrent par manque d'entretien.

Le site a été redécouvert en 1818 par un officier britannique, le général Taylor. Des archéologues amateurs et des chasseurs de trésor ravagent la zone jusqu'en 1881, où des mesures de restauration sont entreprises. Entre 1912 et 1919, les structures sont remises dans leur état actuel sous la supervision de l'archéologue anglais Sir John Marshall (en).

Il reste aujourd'hui cinquante monuments sur la colline de Sânchî, dont trois stūpa importants, et plusieurs temples en ruines.

Le site des Monuments bouddhiques de Sânchî est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1989.

Le grand stūpa de Sanchi[modifier | modifier le code]

L'ensemble du grand stūpa de Sanchi a un diamètre de 36 m environ[1]. Le stūpa est d'abord un mausolée qui est un lieu de pèlerinage. Les dévotions se font en tournant autour du stupa, dans le sens des aiguilles d'une montre. Cet espace de circumambulation est protégé par une balustrade de pierre qui reproduit, en son principe constructif, une balustrade de bois comme on en construisait alors dans les villages. L'ensemble du grand stūpa de Sanchi, avec la balustrade, a un diamètre de 36 m environ. Les quatre torana-s, qui sont des portiques sculptés, sont tournés vers les quatre points cardinaux, et permettent d'accéder au stūpa. Deux volées d'escalier, sur la face ouest, offrent un accès à un deuxième chemin de circumambulation, sur un haut soubassement, légèrement débordant. Le stūpa est sommé d'un espace carré fermé par une autre balustrade. La restitution moderne n'a pu remonter les très vastes parasols qui surmontaient l'édifice, symboles de protection et signes du pouvoir, comme le mât central signifie l' axis mundi .

Ses torana-s[modifier | modifier le code]

Dans les innombrables scènes qui couvrent les faces des piliers et des architraves certaines sont centrées sur un évènement de la vie de Buddha, mais son image humaine est toujours évitée encore à cette époque. Chaque fois une forme adaptée à la scène permet de l'évoquer. Soit que l'on utilise l'arbre pipal, l'arbre de la Bodhi, en particulier lors du premier sermon, soit que l'on évoque le parinirvāṇa au moyen d'un stūpa… Chaque forme symbolique sert ainsi à identifier, même de loin, la scène représentée. La première représentation anthropomorphe de Buddha n'apparait qu'avec l'art gréco-bouddhique du Gandhara, contemporain des derniers toranas, au cours du premier siècle de notre ère.

  • Le torana sud, qui semble être le plus ancien, porte une inscription gravée au milieu de l'architrave supérieure (face interne) dans le minuscule stūpa que l'on peut distinguer avec difficulté. Cette inscription signale « le don d'Anamda, fils de Vasithi (et) chef des artisans du roi Siri Satakarni » : probablement Satakarni Ier des Satavahana qui aurait régné au Ier siècle[2].
  • Le torana est est celui qui montre le plus grand savoir-faire[3] dans les scènes les plus complexes : pour représenter l'espace dans le faible relief des sculptures et pour mettre en scène un large éventail de personnages dans les attitudes les plus variées. Les corbeaux qui semblent soutenir l'extrémité des jambages de porte sont constitués d'aimables yakshi qui tiennent chaque fois la branche d'un arbre couvert de fruits. Ce motif - la femme qui touche l'arbre porteur de fleurs ou de fruits - a traversé les siècles de l'art indien jusqu'à aujourd'hui.
  • Sur le torana nord on trouve plusieurs scènes situées dans des villes dont l'architecture est figurée avec des solutions singulières adaptées à l'espace du panneau et à la scène représentée, toujours très dense. Lorsqu'un char attelé de chevaux sort par une des portes de la ville, les volumes saillants des tours, la nature des différents matériaux, mais aussi la hiérarchie des personnages, tout trouve sa formule sans laisser un seul espace vide[4].
  • La face intérieure des architraves du torana ouest, bien visibles du haut des escaliers qui déservent le passage supérieur, mettent en scènes de nombreux personnages qui illustrent le Chaddanta Jataka, l'histoire du bodhisattva incarné en un éléphant à six défenses. Un épisode de la « guerre des reliques » qui a vu s'opposer les rois à la mort de Buddha[5].

Sur tous les torana-s quelques endroits sont attitrés à certains types de motifs. Ainsi, à la base des piliers, sur la face correspondant au passage des pèlerins on retrouve toujours des gardiens: dvarapala-s, figures de grande taille, débonnaires; toutefois certains portent une pique. Ailleurs, au-dessus des piliers, dans la partie qui supporte la première architrave des animaux ou des nains, gana-s, de grande taille, assument le poids des blocs monumentaux. Tandis que les autres grands panneaux permettent de développer les moments les plus importants des histoires dans le premier bouddhisme: la vie de Buddha, ses vies antérieures et des scènes d'adoration.

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Béguin 2009 pp. 70 - 71.
  2. Loth 2006, page 50.
  3. Béguin 2009, page 71.
  4. Loth 2006, page 51.
  5. Frédéric 1994, page 38.
  6. Albanese 2001, ainsi que pour l'ensemble du site : pages 134 - 145.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marilia Albanese, L'Inde ancienne, Paris, Éditions Gründ,‎ 2001, 295 p. (ISBN 2-7000-2155-X)
  • Gilles Béguin, L'art bouddhique, Paris, CNRS éditions,‎ 2009, 415 p. (ISBN 978-2-271-06812-5)
  • Louis Frédéric, L'art de l'Inde et de l'Asie du Sud-Est, Flammarion,‎ 1994, 480 p. (ISBN 2-08-012252-5)
    Attention: la recherche a progressé depuis cette parution. Certains points sont à revoir à la lumière des publications récentes.
  • Anne-Marie Loth, Art de l'Inde : Diversité et spiritualité, Bruxelles-Paris, Éditions chapitre douze,‎ 2006, 443 p. (ISBN 978-2-915345-049)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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