Mathura

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Mathura
Mathura : devant le temple de Krishna
Mathura : devant le temple de Krishna
Administration
Pays Drapeau de l'Inde Inde
État ou territoire Uttar Pradesh
District Mathura
Fuseau horaire IST
(UTC+5.30)
Démographie
Population 298 827 hab. (2001)
Géographie
Coordonnées 27° 29′ 37″ N 77° 40′ 56″ E / 27.493493, 77.682103 ()27° 29′ 37″ Nord 77° 40′ 56″ Est / 27.493493, 77.682103 ()  
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Mathura ou Mathurā (hindî : मथुरा) est une ville de l'État de l'Uttar Pradesh en Inde. Située à 50 km au nord d'Agra et à 125 km au Sud-Est de New Delhi, elle a la fonction de centre administratif du district de Mathura, dans l'état d'Uttar Pradesh. Ancienne cité commerciale sur la route Est-Ouest de l'Inde du Nord, c'est encore un grand centre sur le plan commercial et une ville qui ne cesse de croître, avec une population de plus de 2 millions d'habitants résidents.

C'est un important centre de pèlerinage car, selon la légende, Mathura serait le lieu de naissance de Krishna. Plus exactement au centre de Braj ou Brij-bhoomi, appelé pour cette raison Shri Krishna Janma-Bhoomi. Mathura est donc un lieu de pèlerinage important. Le Keshav Dev Temple a été construit anciennement sur le site présumé de la naissance. S'il faut en croire le Mahabharata et la Bhagavata Purana, Mathura a été la capitale de l'ancien royaume de Surasena, dirigé par Kansa (ou Kamsa), l'oncle maternel de Shri Krishna.

Sur le plan artistique Mathura est mondialement célèbre pour ses belles sculptures de grès rouge, qui participent du premier âge d'or de l'art indien pendant les six premiers siècles de notre ère. Ses ateliers de sculpteurs ont participé à la mise au point des premières images des êtres sacrés du bouddhisme sous forme humaine, au début de notre ère.


Histoire[modifier | modifier le code]

Mathura était une des capitales de l'Empire kouchan (env. IerIIIe siècles), la capitale des Kushâna du Gange.

La sculpture ancienne à Mathura[modifier | modifier le code]

Par « école de Mathura » on désigne tout d'abord une région, la région de Mathura sur le plan artistique, dont l'étendue exacte est définie par son sous-sol, avec la possibilité d'en extraire un grès rouge régulier très souvent tacheté de blanc bon pour la sculpture, et d'autre part une période pendant laquelle des ateliers de sculpteurs ont produit des sculptures de très grande qualité, de toute nature et aux fonctions les plus variées mais essentiellement religieuses. Elle a surtout excellé dans les premiers temps de l'iconographie bouddhiste et hindoue et particulièrement, au début de notre ère, pendant la durée de l'empire kouchan. Puis au cours des siècles qui ont suivi avec l'empire Gupta et jusqu'au VIe siècle.

L'empire kouchan et la sculpture à Mathura[modifier | modifier le code]

La plupart des sculptures de cette « école » proviennent de Mathura et de villes proches comme Mât. On y a découvert les sculptures datés des premiers siècles de notre ère représentant des nobles kushana, ainsi que des portraits de Vima Kadphises et de Kanishka. Lorsqu'ils sont debout ils sont figurés jambes écartées dans leur grand manteau de feutre des gens de la steppe, faisant pyramide avec leurs amples bottes, dans une pose à la fois stable et pleine d'énergie latente, l'épée à la main[1]. En dehors de ces commandes officielles les sculptures furent souvent destinées aux monuments bouddhiques. Prolongeant l'art de Bhârhut et de Bhâjâ, les figures féminines reprirent les traits spécifiques déjà éprouvés pour leurs qualités sensuelles, aux rondeurs démultipliées, et se jouant de mouvements balancés, fortement déhanchés, nonchalamment appuyées sur un pied, souples et amusées devant les puissants piliers auxquels elles sont adossées. Les figures masculines, autres que les kushana, se conforment par contre à la simple verticalité du plier : frontalité, gestes hiératiques que viennent accompagner la grande courbe d'un pan de tissus rassemblé. Le drapé restant très moulant, il souligne le sexe (Maitreya ou autres bodhisattva-s), sauf dans le cas de certaines représentations de Buddha, couvert d'un ondoiement régulier.

Durant trois siècles, sous les Indo-grecs, sous les Sakas et sous les Kushans, Mathura et le Gandhara ont été sous les mêmes maîtres étrangers et ont utilisé la même monnaie[2]. Les échanges entre les ateliers de sculpteurs de la région de Mathura et ceux de la région du Gandhara sont attestés dès le premier siècle. D'une part, la première figuration de Buddha debout, en l'état actuel de nos connaissances, qui apparaît sous une forme quasi définitive dans le reliquaire de Bimaran entre 1 et 20 de notre ère, est suivie par une monnaie d'or de Kanishka avec la forme canonique du buddha debout, daté des années qui suivent 78[3]. Et ce modèle aurait inspiré les sculpteurs de Mathura pour la représentation de Buddha. Par ailleurs, la première sculpture, une stèle en grès rouge tacheté, représentant le Buddha assis – Government Museum, Mathura, daté de 51 de l'ère Kanishka (129 ? de notre ère) - et existant très probablement auparavant car cette stèle est très aboutie, ce modèle est repris sous une forme interprétée dans un schiste du Swat d'avant 50.

Galerie de sculptures[modifier | modifier le code]

  • Datations : toutes les dates ne sont pas unanimement acceptées en l'état actuel de nos connaissances, et peuvent varier d'un siècle selon les auteurs.
  • Comparaisons iconographiques.

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Mathura à l'époque Gupta[modifier | modifier le code]

Les sculpteurs de Mathura ont conçu à cette époque, pour le rendu du vêtement monastique, un type de drapé (musée Guimet MA 4864) qui leur est propre : des cannelures en léger relief qui sillonent le corps sur la surface du tissus, plaqué contre la chair mais masquant le sexe. La régularité des plis génère, à partir du col, un grand effet de symétrie qui est rompu à la périphérie par la ligne ondulée de l'ouverture du vêtement, laquelle est légèrement relevée par le bras droit de Buddha, qui fait en général le geste d'absence de crainte, parfois un autre geste. Mais un sculpteur - le seul qui ait laissé son nom gravé sur trois Buddha, dont deux sont conservés au Musée de Mathura et le troisième , en parinirvana au temple de Kushînagara - a inventé une solution qui lui est propre : les plis se déploient depuis l'épaule gauche en chute oblique, avant de s'infléchir en courbe vers la droite. Le grand Vishnou, du National Museum de New Delhi, se détachait initialement sur une auréole. Il porte une tiare, des brassards et des colliers. Son cordon brahmanique, noué devant l'épaule gauche descend jusqu'à un vêtement diaphane dont le drapé est indiqué par des incisions parallèles. Il a des yeux en amande, mi-clos, sans pupille. Les trois plis conventionnels sur le cou sont des indices de beauté en Inde, et bien au-delà, jusque dans la Chine des Tang, à cette époque : signe du rayonnement des modèles Gupta dans le monde de l'Asie ancienne.

Géographie[modifier | modifier le code]

Économie[modifier | modifier le code]

Mathura est le point de départ du pipeline Mathura-Jalandhar[10].

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Louis Frédéric 1994 page 55
  2. Fussman et Quagliotti 2012 p. 41.
  3. Cette date est reprise de G. Fussman, 2012 et de son cours au Collège de France : Le Gandhāra, terre de passage, d’échanges et de création cours 2010-2011 sur : [2] (consulté le 24 mars 2014, mais c'est toute une année de cours à écouter avec attention!).
  4. Voir aussi [3] : le type d'une des premières représentations de Buddha assis, dans la pose de la méditation profonde ou dans la position du lotus (padmasana). À propos des poses dans les représentations bouddhiques, consulter : Cinq dhyani bouddhas.
  5. À propos de la proximité entre l'image du Buddha kapardin, assis, et les bodhisattva-s Maitreya et Avalokitesvara : À cette époque où les codes de représentation des figures majeures du bouddhisme - en particulier les « laksana » ou « attributs » - ne sont pas encore fixés, il y a un certain flottement dans les identifications que les spécialistes essaient d'effectuer sur les sculptures isolées, décontextualisées et souvent fragmentaires, et même sur les ensembles sculptés, où le plus grand nombre d'indices permet de construire une argumentation. Fussman et Quagliotti 2012 p. 40, et Grace Morley 2005 p. 57.
  6. Page de l'Asian Art Museum, San Francisco lien consulté le 24 mars 2014.
  7. Photographie du découvreur A. Cunningham en 1873. Stupa of Bharhut, Londres 1892 / Louis Frédéric, 1994, p. 34 - 35.
  8. Fussman et Quagliotti 2012 page 31.
  9. Collectif 2007 p. 152.
  10. Cartes des pipelines dans le monde, « Carte de pipelines en Asie du sud », www.GeoMondiale.fr (consulté le 28 janvier 2013)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gilles Béguin, L'art bouddhique, Paris, CNRS éditions,‎ 2009, 415 p. (ISBN 978-2-271-06812-5)
    L'Inde fait l'objet d'une partie, une vue d'ensemble actualisée bien documentée, pages 63 - 106. Sur Mathura pp. 74 - 78.
  • Collectif, L'âge d'or de l'Inde classique : L'empire des Gupta, Réunion des Musées Nationaux,‎ 2007, 335 p. (ISBN 978-2-7118-5212-3)
  • (en) Gérard Fussman et Anna Maria Quagliotti, The early iconography of Avalokitesvara : L'iconographie ancienne d'Avalokitesvara, Collège de France, Publications de l'Institut de Civilisation indienne,‎ 2012, 152 p. (ISBN 978-2-86803-080-1)
  • Louis Frédéric, L'art de l'Inde et de l'Asie du Sud-Est, Flammarion,‎ 1994, 480 p. (ISBN 2-08-012252-5)
    Attention: la recherche a progressé depuis cette parution. Certains points sont à revoir à la lumière des publications récentes.
  • Grace Morley, La sculpture indienne, Charles Moreau -Roli & Janssen BV,‎ 2005, 144 p. (ISBN 2-909458-30-X)
    Première publication : Grace Morley (en), Indian sculpture, Lustre Press, 1985, Varanasi.
  • Édith Parlier-Renault, L'art indien : Inde, Sri Lanka, Népal, Asie du Sud-Est, PUPS, Presses Universitaires de Paris Sorbonne,‎ 2010, 420 p. (ISBN 978-2-84050-702-4)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]