Tachi

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Page d'aide sur les redirections Cet article concerne le sabre japonais. Pour la langue amérindienne, voir tachi (langue).
Tachi forgé en 1997, copie d'un sabre de la fin de l'ère Heian du XIe siècle.

Le tachi (太刀) est un sabre possédant une lame courbe d'environ 70 cm, précurseur du sabre japonais classique. C'est principalement une arme de cavalerie.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Il diffère du katana par plusieurs caractéristiques :

  • à la différence du katana (porté tranchant vers le haut dans l'obi), il se porte suspendu tranchant vers le bas ;
  • le fourreau du tachi est souvent de métal, et comporte parfois un tressage (similaire a ceux des tsuka de katana). Cette tresse permet au fourreau de ne pas s'endommager malgré les frottements et chocs contre la selle ;
  • la tsuka est souvent dépourvu de tressage, elle est en revanche intégralement recouverte de same (peau de raie). Elle comporte parfois une courroie de cuir au niveau de la kashira (dragonne) ;
  • il possède une garde encore proche de celles des sabres mongols et chinois, héritière de la première génération de lame japonaise (droite et à double tranchant). Les tsubas n'apparaissent qu'au déclin du tachi, en faveur du katana ;
  • le point de plus forte courbure de la lame se situe dans son premier tiers (sur un katana, il se situe au milieu), cette forme rend le dégainage plus facile. La courbure est plus importante que sur les sabres modernes.

Le terme tachi provient probablement du verbe tachikiru signifiant « couper en deux ». Il apparaît pour la première fois dans le Tôdai-ji kemmotsuchô (registre des objets possédés par l'Empereur). La combinaison de kanji peut se traduire par :

  • « épée longue », dans le cas d'un sabre long (« 刀 » désigne le sabre ou l'épée, et « 大 » est un homme « 人 » aux bras levés et signifie grand ou large), ou bien
  • « épée horizontale » pour un sabre court.

D'un point de vue purement métallurgique, les anciens Tachi ne peuvent rivaliser de qualité avec celle des lames futures.

Cela est dû au fait que les sabres japonais soient fais en Tamahagane, à base de Satetsu (sables de fer), moins pur, avec une teneur en carbone inférieure à celle de l'acier Eurasiatique et de l'acier moderne. Nonobstant, il est important de noter qu'en dépit de cette impureté, les lames traditionnelles en Tamahagane ont un comportement de coupe largement supérieur aux lames contemporaines d'Asie et d'Europe. En outre, la plupart des répliques modernes ont un piètre tranchant ou encore le fil n'encaisse pas suffisamment bien les coups pour être crédible sur le champ de bataille... ce qui en fait des épées inférieures aux Kōtō.

En outre, il existe un consensus virtuellement unanime parmi les Connaisseurs, experts, amateurs éclairés et forgerons japonais, sur le fait que la qualité du travail de l'artisan d'époque Kōtō est très largement supérieur à celle des lames plus récentes, en particulier les lames Shintō et Shōwa-tō. En effet, la brève Renaissance de l'époque Shinshintō mit un terme à la lamentable paupérisation et au déclin du savoir faire caractérisant l'immense majorité des forgerons de l'époque Shintō, par une étude approfondie et une imitation des antiques chefs d'oeuvres Kōtō. Et malgré leur échec, les très oeuvres Shinshintō sont considérés comme largement supérieures aux Shintō à tous points de vue.

Il ne reste que peu de lames de cette période, et la plupart ayant été entreposées dans des conditions relativement mauvaises, elles sont aujourd'hui dans un état qui ne nous permet pas leur juste appréciation. Cependant, ces lames restent d'une importance historique non négligeable et sont exposées dans de nombreux musées à cet effet.

Différends types de Tachi[modifier | modifier le code]

Les Tachi sont généralement recoupés en deux groupes par les japonais, les Kazaritachi (litt. Tachi de Décoration) et les Jintachi (litt. Tachi de Guerre).

Etymologiquement, le terme Tachi / Tachikiru est proche de Mapputatsu, il signifie ouvrir en deux, trancher quelque chose.

En réalité, les Kazaritachi sont, un peu comme en Occident, des épées de cérémonie, principalement utilisée à la Cour Impériale par les Kuge et plus rarement par les Buke de haut rang lors de visite au Palais Impérial de Kyoto. Le terme désigne avant tout la monture, souvent d'un raffinement extrême, avec de l'or et des perles, le Samehada recouvrant le bois de la Tsuka est généralement non-recouvert de soie, et le Tsuba est typiquement un Kara-Tsuba (interprétation japonaise d'une garde d'épée chinoise) luxueux. La lame en elle même n'a rien à voir avec ça. Bien que certains Kazari-Tachi n'étaient pas aiguisés ou nullement remarquables, tout comme les épées de Cour en Europe avaient cessées d'êtres fonctionnelles.

Les Jintachi à l'inverse avaient une monture plus sobre et plus pratique, orientée pour le champ de bataille, ils sont plus proche des katana, et sont favorisés par les cavaliers samouraïs, et donc, souvent portés par les samouraïs de haut rang jusqu'à l'époque Sengoku (le Daisho est standardisé au tout début de l'époque Edo). C'est donc le type de sabre que tendent à porter les Daimyo et les généraux samouraïs.

En d'autres termes, les Jindachi se basent esthétiquement sur une beauté formelle, sobre et fonctionnelle, tandis que les Kazaridachi visent le bling bling.

Il existe en Occident une grave mésinterprétation du mot Jintachi, et l'on trouve sur internet parfois des lames avec une poignée à la courbure étrange, serpentine. Il s'agit là de pure divagation fantaisiste. Les Jintachi sont des Tachi on ne peux plus normaux. En général, la courbure d'un Tachi est de type Koshizori (courbure accentuée sur le premier tiers de la lame, près de la garde) tandis que les katana ont généralement une courbure plus égale dite Chūzori ou parfois une courbure de type Sakizori typique des Uchigatana. Ce sont les trois principaux types de courbures.

S'il existe aussi des Tachi dont la poignée se recourbe légèrement vers le pommeau - une forme particulièrement associée aux Jintachi et encore utilisée par les guerriers japonais jusqu'à des époques aussi avancées que Sengoku-jidai - la courbure en S marquée associée sur le net aux Jintachi est purement fantaisiste sans aucune base historique quelconque !

Le jeu de cartes américain Anachronism est également connu pour avoir confondu Jintachi et Odachi (litt. Grand Tachi, Grand Sabre).

Avant la standardisation des dimensions du katana opérées lors de l'époque Edo, les Tachi pouvait avoir une Nagasa allant de 60cm à 90cm, au-delà on parlait de Odachi ou de Nodachi. Ainsi, certaines écoles Koryu Bujutsu prévoient dans leurs cursus le maniement du Odachi, tels que l'antique Kage-ryu ou le Koden Enshin-ryu, célèbre pour le maître Tanaka Fumon, qui manie des sabres mesurant 90cm ou supérieur.

Les Nodachi les plus longs sont des titans avec une Nagasa supérieure à 2 mètres, souvent utilisées comme offrandes pour les dieux japonais. Ainsi, le Tarōtachi de Makara Naotaka, avec une Nagasa de 220cm (pour un poids de 4,5kg). Nenekirimaru, forgé pendant la période Nanbokucho, mesure Nagasa 215 cm (longueur de lame) et Zenchō 324cm (全長 longueur totale). Un sabre signé Ho Norimitsu mesure 223,5cm de Nagasa et Zenchō 377,6cm, il peut aussi bien être utilisé comme Nodachi que monté en Naginata. Ces trois exemples sont des Odachi (bien que l'on puisse aussi parler de Ō-ōdachi...) mais ce ne sont pas des Jintachi.


Voir aussi[modifier | modifier le code]

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