Badami

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Badami
Le complexe des temples de Bhutanatha, VIIe ‑ XIe siècle au bord du lac Agastya vu depuis les grottes de Badami
Le complexe des temples de Bhutanatha, VIIe ‑ XIe siècle au bord du lac Agastya vu depuis les grottes de Badami
Administration
Pays Drapeau de l'Inde Inde
État ou territoire Karnataka
District Bagalkot
Démographie
Population 28 851 hab. (2001)
Géographie
Coordonnées 15° 54′ 54″ N 75° 40′ 37″ E / 15.91494, 75.676811 ()15° 54′ 54″ Nord 75° 40′ 37″ Est / 15.91494, 75.676811 ()  
Localisation

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Badami est une petite ville de l'État du Karnataka en Inde, située dans le district de Bagalkot, à environ 120 km au Sud de Bijapur.

Vue vers le Nord depuis les grottes sur le temple Yellama (en bas), le bourg (aux maisons blanches) et le temple Shivalaya (sur la falaise). Le lac est à gauche.

Connu autrefois sous le nom de Vatapi (Vatapipura), Badami fut aux VIe siècle et VIIe siècle la capitale de la puissante dynastie des Calukya[1].

Le village actuel s'est maintenu au pied de l'ancien barrage qui a permis de créer le petit lac artificiel d’Agastya, au creux de ses falaises rouges marbrées, creusées de sanctuaires rupestres spectaculaires et surmontées de constructions anciennes. Sur la rive du lac la plus éloignée du village le temple Bhutanatha possède, du fait de son isolement dans ce cadre majestueux et néanmoins verdoyant, une très grande qualité de composition, fondé sur des horizontales qui jouent avec leurs reflets dans les eaux. Il a été réalisé plus tardivement que les grottes et que le temple de Shiva, Malegitti Shivalaya, construit sur l'éperon rocheux, au-dessus du site.

Économie[modifier | modifier le code]

Les sites monumentaux de Badami en font un des lieux touristiques du Karnataka parmi les plus visités avec Pattadakal et Aihole, situés à proximité et appartenant pour l'essentiel à la même époque chalukya.

Histoire moderne[modifier | modifier le code]

La ville fut prise par les Britanniques en 1818[2].

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Les quatre sanctuaires excavés à la fin du VIe siècle[3] dans la pierre marbrée de la falaise constituent un ensemble spectaculaire au-dessus du lac et du plus grand intérêt esthétique et culturel par ses sculptures monumentales, qui sont par ailleurs dans un très bon état de conservation.

  • Grotte n° 1 dédiée à Shiva, probablement du VIIe siècle
  • Grotte n° 2 dédiée à Vishnu:Dans ce sanctuaire excavé, de taille plus petite que l'autre sanctuaire (n°3) dédié à Vishnu, on ne distingue que deux images sculptées aux deux extrémités du porche ou de l'auvent qui précède le mandapa : Varaha regardant vers l'Est, et Trivikrama regardant vers l'Ouest[9].
  • Grotte n° 3 dédiée à Vishnu: C'est la plus grande, elle est datée de 578 par une inscription. Le grand nombre de ses sculptures de grande qualité, la richesse de son iconographie en font un ensemble complexe. À droite à l'entrée du porche, le grand relief sculpté des Trois Pas de Vishnu, Vishnu Trivikrama, produit un curieux effet de monumentale rigidité pour évoquer le mouvement, la scansion ou la mesure de l'espace mais dans l'univers du mythe. À gauche, à l'intérieur du porche, la figure de Vishnu assis sur le serpent Ananta, produit un effet d'une impressionnante dignité malgré l'étrange présence de l'énorme serpent, taillé dans cette roche marbrée qui nous environne, juste au-dessus du lac. Cette puissante sculpture par sa composition rigoureusement frontale et pyramidale côtoie l'image de Vishnu Varaha, dont le mythe est étroitement associé au thème de l'eau et de la création. Sur le côté opposé figurent deux images solaires de Vishnu : celle qui marque l'entrée, Vishnu Trivikrama, et Narasimha, dévorateur. De ce même côté on trouve la figure d'Harihara, forme composite, synthétique, qui échappe aux deux catégories de l'eau et du feu mais qui est présent dans le mythe de Narasimha[10].
  • Grotte n°4 : sanctuaire excavé jaïna

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Louis Frédéric 1994, p. 78-79
  2. Dezobry et Bachelet, Dictionnaire de biographie, t.1, Ch.Delagrave, 1876, p.199
  3. Parlier-Renault 2010, p. 77
  4. a et b Anne-Marie Loth 2006, p. 135
  5. Parlier-Renault 2010, p. 88
  6. Hari-Hara : Vishnu-Shiva
  7. Ardhanarishvara : sa vina tenue obliquement lui masque partiellement le sein féminin. Cet aspect féminin est signifié par un lourd chignon et des bracelets. Sur sa gauche: sa parèdre, Parvati. Sur sa droite: l'ascète. Mais une autre interprétation est possible : Anne-Marie Loth 2006, p. 135
  8. Parlier-Renault 2010, p. 88 sq : « C'est le plus ancien monument connu où l'on puisse constater la mise en relation de ces deux formes [...] »
  9. Parlier-Renault 2007, p. 86
  10. Parlier-Renault 2007, p. 87-90
  11. Anne-Marie Loth 2006, p. 124 sq.
  12. a et b Louis Frédéric 1994, p. 78

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Louis Frédéric, L'Art de l'Inde et de l'Asie du Sud-Est, Paris, Flammarion, Tout l'art,‎ 1994, 479 p. (ISBN 2-08-012252-5)
  • Anne-Marie Loth, Art de l'Inde : diversité et spiritualité. 1, des origines à la fin du VIIIe siècle, Bruxelles ; Paris, Chapitre Douze,,‎ 2006, 448 p. (ISBN 2-915345-02-3)
  • Édith Parlier-Renault (directrice), L'art indien : Inde, Sri Lanka, Népal, Asie du Sud-Est , Paris, PUPS : Presses de l'Université Paris-Sorbonne,‎ 2010, 419 p. (ISBN 978-2-84050-702-4)
  • Édith Parlier-Renault, Temples de l'Inde méridionale (VIe-VIIIe siècles) : la mise en scène des mythes, Paris, PUPS (Presses de l'Université Paris-Sorbonne),‎ 2007, 413 p. (ISBN 978-2-84050-464-1)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]