Chinoiserie

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
L'Occident reproduit les images de l'Orient : fresque italienne de Giovanni Domenico Tiepolo, 1757.

Une chinoiserie est un objet d'art dont l'esthétisme procède du courant orientaliste. Il évoque l'attrait du collectionnisme pour les objets et architectures provenant d'Extrême-Orient, plus que de Chine en particulier. Il reflète un goût pour un Orient rêvé, son imagerie et ses symboles, dans la forme (asymétrie, jeux sur les échelles) comme dans le fond (motifs et canons) ; l'art d'Asie orientale à proprement parler n'en est pas le moteur.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'attrait pour les chinoiseries se manifesta en Europe dès l'antiquité* (tissus de soies), avant de s'épanouir du XIVe au XVIIIe siècle, où il fut assimilé d'une part à la vogue rococo et d'autre part à l'excentricité anglomane. On peut prêter à cet engouement des résonances « philosophiques », tel qu'il est inscrit dans des thèmes littéraires développés aux Lumières.

  • "les arts décoratifs en Europe, classicisme et rococo"(Citadelles et Mazenod)

Description[modifier | modifier le code]

Le Jardin chinois (détail) par François Boucher (exposé au Salon de 1742)
Besançon, Musée des Beaux-Arts et d’Archéologie
La maison chinoise, dans les jardins de Potsdam (banlieue de Berlin).

La chinoiserie est un modèle artistique européen, d'influence chinoise, qui est caractérisé par l'utilisation du langage figuré et fantaisiste de la Chine imaginaire, par une asymétrie, des contrastes très marqués et par l'utilisation de matériaux laqués et de décoration. Les chinoiseries se sont répandues dans l'art européen dans la seconde partie du XVIIe siècle et leur popularité a connu un apogée autour du milieu du XVIIIe siècle, puis fut assimilée au rococo.

De la Renaissance au XVIIIe siècle, les créateurs occidentaux essayèrent d'imiter la sophistication technique des céramiques chinoises, avec une réussite mitigée. L'imitation directe des faïences chinoises commença vers la fin du XVIIe siècle, fut appliquée à la production européenne de porcelaine, tels que les articles liés au thé, et se développa beaucoup dans la mode des Chinoiseries du courant rococo (vers 1740-1770).

Les premiers signes cette forme d'art apparaissent au début du XVIIe siècle, dans le contexte artistique de pays tels que la Hollande et l'Angleterre[1], dont le commerce avec l'Orient est très développé. la poterie en étain, d'aspect glacé faite à Delft et dans d'autres villes hollandaises adoptent la décoration bleue et blanche de l'époque Ming du début du XVIIe siècle, et les articles en céramique de Meissen et d'ailleurs ont naturellement imité les formes chinoises pour des plats, des vases et des articles de thé. Mais dans l'univers irréel de l'art des chinoiseries, les mandarins ont vécu dans des paysages montagneux fantaisistes, avec des ponts de toile d'araignée, des parasols ornés de fleurs, ont flâné dans de fragiles pavillons en bambou, hantés par des dragons et des phœnix, tandis que des singes se balançaient sur des rebords oscillants.

Historique[modifier | modifier le code]

De la Renaissance au XVIIIe siècle, les artisans européens tentèrent de s'approprier des techniques pour imiter la porcelaine chinoise.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. puis plus tard le Portugal, dans la seconde moitié du siècle

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]