Peinture indienne

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La peinture indienne est une forme d'art indien dont les plus anciennes traces se retrouvent dans des peintures rupestres de la préhistoire. Aujourd'hui encore, la peinture indienne continue à développer son propre style.

Origines[modifier | modifier le code]

Les plus anciennes peintures indiennes sont des pétroglyphes âgés de plus de 5 500 av. J.-C. comme ceux que l'on a trouvés à Bhimbetka. Ces travaux se sont poursuivis pendant plusieurs millénaires. Au VIIe siècle, on trouve un bel exemple de peinture indienne sur les piliers sculptés d'Ellorä dans l'État du Maharashtra, présentant des nuances de couleur rouge et d'orange obtenues à partir de minerais. Par la suite, les fresques d'Ajantâ et d'Ellorâ sont apparues. La littérature bouddhiste indienne regorge d'exemples de textes qui décrivent des palais royaux et aristocratiques recouverts de peintures, mais peu de ces œuvres ont survécu.

Enluminures[modifier | modifier le code]

Dans l'ouest de l'Inde, entre le XVIe siècle et le XVIIIe siècle, les enluminures se sont développées pour illustrer des manuscrits rédigés à l'époque.

Peinture de Madhubani[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Peinture de Madhubani.

La peinture de Madhubani est un style de peinture originaire de la région de Mithila dans l'État du Bihar. Les origines de la peinture de Madhubani remontent à l'antiquité et selon la tradition, ce style de la peinture serait né à l'époque du Râmâyana, lorsque le roi Janak avait demandé à des artistes de réaliser des peintures pour le mariage de sa fille, Sitâ avec le dieu hindou Râma.

Patta Chitra[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Patta Chitra.

Le Patta Chitra est un style de peinture originaire de l'État de l'Orissa, dont les premières représentations datent du VIIIe siècle. Le style très particulier de cette peinture aux lignes appuyées et à l'utilisation de couleurs très vives indique qu'elle pourrait être influencée par l'art des tribus aborigènes voisines.

Peinture religieuse, elle est intimement liée au culte de Jagannâtha, neuvième avatar de Krishna tout particulièrement vénéré à Puri. Les œuvres représentent essentiellement des scènes de la mythologie indienne et des deux grandes épopées que sont le Râmâyana et le Mahābhārata mais aussi des légendes du folklore local.

Peinture râjput[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Peinture râjput.

La peinture râjput est un style de peinture indienne qui a évolué et s'est épanoui au cours du XVIIIe siècle, dans les cours royales du Râjputâna. Chaque royaume râjput a développé son propre style avec certaines caractéristiques communes. Les peintures râjput abordent un certain nombre de thèmes notamment les épopées comme le Râmâyana et le Mahâbhârata, la vie de Krishna ou de beaux paysages. La peinture râjput s'est principalement exprimée à travers les enluminures mais aussi sur les murs des palais, des forts et des havelîs, en particulier celles du Shekhavatî.

Peinture moghole[modifier | modifier le code]

Peinture moghole du XVIIe siècle
Article détaillé : Peinture moghole.

La peinture moghole est un style particulier de peinture indienne, généralement confiné aux illustrations de livres et aux enluminures. Il est apparu et s'est développé au cours de la période de l'Empire moghol du XVIe au XIXe siècle. La peinture moghole est un mélange unique de styles indien, persan et islamique.

L'empereur Akbar, au XVIe siècle, est le premier à avoir encouragé les peintres moghols. Après avoir consolidé son pouvoir politique, il a construit une nouvelle capitale à Fatehpur-Sikrî, où il a rassemblé des artistes d'Inde et de Perse. Plus d'une centaine de peintres étaient employés, la plupart étant des hindous du Gujarat, du Gwâlior ou du Cachemire.

Par la suite, l'empereur Jahângîr a encouragé les artistes à peindre des portraits et des scènes de darbârs. Ses plus talentueux portraitistes étaient Abul Hasan et Bishan Das.

Au cours du XVIIe siècle, l'empereur Shâh Jahân a poursuivi le patronage de la peinture. Parmi les artistes célèbres on trouve Faqirullah Mohammad Khan, Mir Hashim, Muhammad Nadir, Bichitr, Chitarman, Anupchhatar, Manohar et Honhar.

En revanche, l'empereur Aurangzeb n'avait aucun goût pour les arts, ce qui contribua indubitablement au déclin de la peinture moghole. Faute de mécénat, les artistes ont migré à Hyderâbâd dans le Deccan et dans l'État du Rajasthan à la recherche de nouveaux clients.

Peinture de Mysore et de Tanjore[modifier | modifier le code]

Peinture à l'encre de Mysore représentant Ganesh, fin du XIXe siècle
Article détaillé : Peinture de Tanjore.

La peinture de Mysore est une forme importante de peinture classique d'Inde du sud qui est née dans la ville de Mysore dans le Karnataka. La peinture de Tanjore est quant à elle originaire de Tanjore dans l'État Tamil Nadu. Ces peintures sont connues pour leur élégance, des couleurs pastel et une grande attention aux détails. Les thèmes de la plupart de ces tableaux sont des dieux et déesses hindous ainsi que des scènes de la mythologie hindoue.

École du Bengale[modifier | modifier le code]

Peinture moghole du début du XVIIe siècle

L'école d'art du Bengale a eu une grande influence sur les styles artistiques qui ont fleuri en Inde au cours du Raj britannique au début du XXe siècle. Cette école a été associée au nationalisme indien, mais elle a également été encouragée et soutenue par de nombreux administrateurs d'arts britanniques.

L'école du Bengale s'est posée comme un mouvement d'avant-garde nationaliste réagissant contre la peinture académique qui était jusque là promue en Inde, à la fois par des artistes indiens tels que Ravi Varmâ et dans les écoles d'art britanniques. Suite à la généralisation de l'influence spirituelle indienne en occident, le professeur d'art britannique Ernest Binfield Havell a tenté de réformer les méthodes d'enseignement à l'école d'art de Calcutta en encourageant les étudiants à imiter les enluminures et la peinture moghole. Cela a provoqué une immense controverse qui a déclenché une grève des étudiants et des plaintes de la presse locale, y compris des nationalistes qui considéraient qu'il s'agissait d'un changement rétrograde. Havel était soutenu par l'artiste Abanîndranâth Tagore, un neveu du poète Rabîndranâth Tagore, qui a peint un certain nombre d'œuvres influencées par l'art moghol, un style qu'Havell et lui-même considérait comme l'expression des qualités spirituelles indiennes par opposition au « matérialisme » de l'Occident.

L'influence de l'école du Bengale en Inde a diminué avec la propagation des idées modernistes dans les années 1920.

Peinture indienne moderne[modifier | modifier le code]

Sous l'ère coloniale, les influences occidentales ont commencé à avoir un impact sur l'art indien. Certains artistes ont développé un style proche de celui utilisé en occident au niveau de la composition, de la perspective et du réalisme. D'autres, comme Jamini Roy, se sont consciemment inspirés de l'art populaire.

Au moment de l'indépendance en 1947, plusieurs écoles d'art indiennes ont fourni un accès aux techniques et idées modernes. Des galeries ont été créées afin de présenter ces artistes. L'art moderne indien révèle généralement l'influence des styles occidentaux, mais il est souvent inspiré par des thèmes et des images indiennes traditionnelles. Des artistes indiens ont commencé à obtenir une reconnaissance internationale, tout d'abord au sein de la diaspora indienne, puis parmi des organisations non indiennes.

Le Groupe progressif d'artiste (Progressive Artists' Group), créé peu après que l'Inde soit devenue indépendante en 1947, visait à établir une nouvelle façon d'exprimer l'Inde à l'ère postcoloniale. Les fondateurs sont six éminents artistes : K. H. Ara, S. K. Bakre, H. A. Gade, Maqbool Fida Husain, Sayed Haider Raza et Francis Newton Souza. Bien que le groupe ait été dissout en 1956, il a profondément influencé l'évolution de l'art indien. Presque tous les grands artistes d'Inde des années 1950 ont été associés à ce groupe, parmi lesquels Bal Chabda, Vasudeo S. Gaitonde, Krishen Khanna, Ram Kumar, Tyeb Mehta et Akbar Padamsee. Les historiens de l'art comme le Rai Anand Krishna ont également fait référence à ces œuvres d'artistes modernes qui reflètent la philosophie indienne.

Depuis les années 1980, les artistes indiens montrent une plus grande vitalité et diversité dans leur travail. Beaucoup d'artistes de la nouvelle génération, venus de différents domaines dans le monde de l'art, apportent avec eux des concepts et des styles plus récents. On peut notamment citer Devajyoti Ray, Vagaram Choudhary, Karmokar Prakash, Jahar Dasgupta, Bihon Choudhuri et de nombreux autres qui ont enrichi l'art moderne indien.

Samikshavad[modifier | modifier le code]

Le Samikshavad est le premier mouvement indigène d'art moderne en Inde, qui a vu le jour dans le nord de l'Inde en 1974. Il a une identité très différente des mouvements artistiques occidentaux dont il n'est ni influencé ni inspiré. La principale source d'inspiration du Samikshavad sont les problèmes sociaux, politiques, culturels et économiques. Son but est de libérer l'art des obligations et de le socialiser, de passer d'un art mystérieux à quelque chose ayant une finalité. Parmi les quelques artistes qui ont été inspirés par ce mouvement on peut noter Ravindra Nath Mishra, Hridya Narayan Mishra, Santosh Kumar Singh, Virendra Singh Prasad, Ram Singh Shabd, Raghuvir Sen Dhir, Ved Prakash Mishra, Gopal Madhukar Chaturvedi, Bala Dutt Pandey...

Galerie[modifier | modifier le code]

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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