Peinture râjput

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Courtisane mélancolique. Bundi ou Kota, 1610. Or, encre et couleurs sur papier, 32.7 × 27.3 cm. Metropolitan Museum of Art

L'expression « peinture râjput » (ou Râjput)  désigne diverses écoles de peinture indienne qui sont apparues au XVIe siècle ou au début du XVIIe siècle et se sont épanouies au cours du XVIIIe siècle dans les cours royales du Râjputâna en Inde.

Histoire[modifier | modifier le code]

Au XVIe siècle, ces écoles héritent de traditions variées. Certaines sont issues de la peinture moghole qui provient elle-même du métissage de l'art des miniatures persanes, du naturalisme indien et des miniatures et gravures occidentales. Mais beaucoup conservent l'efficacité du trait elliptique et de l'à-plat qui caractérise la miniature pré-moghole et les arts populaires du Rajasthan[1].

Chaque royaume Râjput développe son propre style, ce qui donne naissance à plusieurs « écoles », mais avec certaines caractéristiques communes à tous ces styles. Il existe peu de peintures sur panneau de bois. Les miniatures râjput, sur papier, illustrent les thèmes littéraires, religieux ou profanes, en particulier des épopées comme le Rāmāyana, « le parcours de Rāma », et le Mahābhārata ou la vie de Krishna.

Si les miniatures dans les manuscrits sont le médium privilégié par la peinture râjput, de nombreuses peintures murales ont également été réalisées dans les palais, à l'intérieur des forteresses et des havelîs, en particulier celles de la région du Shekhawati.

Les pigments, plus ou moins opaques ou utilisés en lavis, sont extraits de certains minéraux, comme les terres d'ocre et le lapis lazuli ou proviennent de sources végétales comme le noir de fumée, la gomme arabique servant de liant. On utilise parfois l'or et l'argent. Les miniatures sont réalisées sur divers papiers, la peinture à l'aquarelle, plus ou moins opaque, n'est appliquée qu'après un dessin précis sous forme d'esquisse. Ce dessin est parfois composé sur une feuille différente et transféré sur le vasli définitif après perforation de l'esquisse avec un tampon de poudre noire[2].

Écoles[modifier | modifier le code]

Sur une période d'environ 300 ans, débutant au XVIe siècle, les plus célèbres écoles de peinture râjput sont les écoles de Mewar, Bûndî - Kota, Jaipur, Bîkâner, Kishangârh et Jodhpur, dans l'État de Mârwar ou Mârvar, toutes au Rajasthan auxquelles il convient[N 1] d'adjoindre l'école Pahari (en), des anciens royaumes Rajputs situés sur les contreforts de l'Himalaya. Chaque "école" concerne plusieurs lieux de production :

Pari (ou Peri) conduisant un animal composite d'inspiration persane. Peinture Rajput. XIXe siècle ? Bhopal Archaeological Museum

Caractères stylistiques généraux à la peinture râjasthâni[modifier | modifier le code]

  • Le trait est rapide et simplificateur. Il s'autorise un certain schématisme et une forte stylisation qui harmonise les différents effets graphiques. Ainsi pour les corps des dieux, des humains ou animaux, la courbe souple évoque les formes et respecte les proportions sans jamais entrer dans le détail comme le fait la peinture moghole, à l'exception de Kishanghar au XVIIIe siècle[4].
  • Les villes et autres constructions sont évoquées par des vues frontales, tracées à la règle. Certaines terrasses et bassins pouvant apparaître en perspective cavalière.
  • Les volumes des corps sont évoqués par un léger passage de teinte, du sombre au clair ou de l'intense au pâle, mais l'usage de l'à-plat reste courant dans toutes les écoles Râjput[5].
  • Les drapés et les motifs décoratifs qui les couvrent privilégient la répétition méticuleuse et la parfaite régularité des espacements.
  • Les végétaux, feuillages et fleurs, sont l'occasion de motifs composés où la nature est stylisée et souvent ré-inventée[6].

Galeries de peinture[modifier | modifier le code]

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Mewar[modifier | modifier le code]

Bûndî - Kotah[modifier | modifier le code]

Amber - Jaipur[modifier | modifier le code]

Mâlva[modifier | modifier le code]

(Mârvar de) Kishangarh[modifier | modifier le code]

(Mârvar de) Bikaner[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Il convient de faire cette extension à l'école Pahari en s'appuyant sur : Ahluwalia, Roda 2008 et Goswamy, BN and Fischer, Eberhard 2009

Références[modifier | modifier le code]

  1. Chakraverty, Anjan 2005, pages 21 sq., 31, 76.
  2. Chakraverty, Anjan 2005, pages 28-29.
  3. Avec une peinture bien caractérisée : voir l'article : Nathdwara Painting (en)
  4. Voir dans la galerie la joueuse de tanpura, vers 1735.
  5. Chakraverty, Anjan 2005, page 77 : Ananda Coomaraswamy, History of Indian and Indonesian Art , 1927, p. 128.
  6. Chakraverty, Anjan 2005, page 97.
  7. Bréviaire amoureux.
  8. Kossak, Steven 1997, page 96.
  9. Barrett, Douglas et Gray, Basil 1963, page 157.
  10. Chakraverty, Anjan 2005. Page 29.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Aitken, Molly Emma, The intelligence of tradition in Rajput court painting , New Haven, Yale University Press,‎ 2010, 340 p. (ISBN 978-0-300-14229-7 (rel.)[à vérifier : isbn invalide])
  • (en) Ahluwalia, Roda, Rajput painting  : romantic, divine and courtly art from India , London, British museum press,‎ 2008, 176 p. (ISBN 978-0-7141-2435-3 (rel)[à vérifier : isbn invalide])
    Bonne synthèse, bien illustrée.
  • Barrett, Douglas et Gray, Basil, La peinture indienne, Suisse, Skira,‎ 1963, 211 p.
    Par les conservateurs du British Museum. Sur la peinture Rajput : pages 131 - 159.
  • Chakraverty, Anjan, La miniature indienne, Paris, Charles Moreau/ROLI,‎ 2005, 140 p. (ISBN 2-909458-29-6)
    Synthèse rapide, illustrée. Sur la peinture Rajput : pages 75 - 102.
  • Goswamy, Brijindra Nath : catalogue. Photographies: Jean-Louis Nou, Rasa, les neuf visages de l'art indien  : Galeries nationales du Grand Palais, 13 mars-16 juin 1986, France, Association française d'action artistique,‎ 1986, 333 p. (ISBN 2-86545-043-0)
    Approche thèmatique, études œuvre par œuvre.
  • (en) Goswamy, BN and Fischer, Eberhard, Pahari Masters  : Court Painters of Northern India, New Delhi, Niyogi Books, by arrangement with Museum Rietberg Zurich, Artibus Asiae,‎ 2009, 391 p. (ISBN 978-8189738-46-4). Format : 30 × 23,5 cm. Première édition 1992.
  • (en) Kossak, Steven, Indian court painting  : 16 th - 19 th century , London, Thames and Hudson,‎ 1997, 142 p. (ISBN 0-500-23736-0 (rel)[à vérifier : isbn invalide])
    Catalogue, bien illustré, études œuvre par œuvre.

Articles connexes[modifier | modifier le code]