La Lanterne

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La Lanterne
Présentation
Date de construction 1787
Destination initiale Pavillon de chasse du prince de Poix
Propriétaire État
Destination actuelle Résidence présidentielle
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Département Yvelines
Commune Versailles
Localisation
Coordonnées 48° 48′ 15″ N 2° 05′ 32″ E / 48.80417, 2.0922248° 48′ 15″ Nord 2° 05′ 32″ Est / 48.80417, 2.09222  

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
La Lanterne

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(Voir situation sur carte : Yvelines)
La Lanterne

La Lanterne est un pavillon de chasse situé à Versailles, utilisé comme résidence d'État de la République française. Sous la Ve République, il devient une résidence secondaire mise à la disposition du Premier ministre. Depuis 2007, il est mis à la disposition de la présidence de la République.

Bâtiment[modifier | modifier le code]

La propriété est contiguë au parc du château de Versailles et à la route départementale reliant Versailles à Saint-Cyr-l'École. Elle comprend un bâtiment d'un étage d'élévation, en forme de U ; le corps principal mesure une vingtaine de mètres de long pour six mètres de large et est flanqué sur chaque côté de longères plus basses mais plus modernes qui encadrent une cour gravillonnée[1]. Au rez-de-chaussée figurent un grand salon, une salle à manger et un bureau. À l'étage, on trouve cinq chambres avec leurs salles de bain respectives, permettant d'accueillir les visiteurs. L'une des ailes abrite le logement du personnel et la cuisine et l'autre sert aux services de sécurité du bâtiment[2]. L'aile gauche comprend deux studios aménagés sous la présidence de Nicolas Sarkozy[3]. Une allée arborée relie cette cour à la route départementale, située à 200 mètres de là ; deux bustes de cerfs surplombent l'enceinte du portail permettant d'accéder au château[2]. La propriété comprend un grand jardin avec piscine et tennis, invisibles pour le personnel présidentiel, qui travaille dans l'aile gauche[3]. Le domaine de 4 hectares est entièrement entouré de hauts murs[4].

Il tient son nom de « la Lanterne » de « l'orientation de la maison dont les hautes fenêtres laissent entrer le soleil pendant la plus grande partie du jour[2] ». Contrairement à certaines rumeurs, le célèbre refrain révolutionnaire Ah ! ça ira, ne fait pas référence au nom du pavillon « la Lanterne » ni à ses nombreuses fenêtres, trente-six en tout, qui éclairent les lieux[5], mais aux lanternes de Paris où les révolutionnaires pendaient les aristocrates.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le pavillon de la Lanterne est édifié en 1787 par le prince de Poix, capitaine des chasses et gouverneur de Versailles[2], sur un terrain situé en bordure de la ménagerie royale de Versailles (aujourd'hui détruite), offert au comte de Noailles, son père, par le roi Louis XV. Il comporte alors un rez-de-chaussée ainsi qu'un étage sous combles. Ses façades ornées de stucs comptent sept travées, celle du centre étant surmontée d'un fronton. Cependant, en l'absence d'archives, on ignore ceux qui y ont œuvré.

À la Révolution, le pavillon de la Lanterne est aliéné, comme le reste des bâtiments du château de Versailles, avant d’être racheté, sous la Restauration, par la Couronne en 1818. À la fin du XIXe siècle, il est habité par le millionnaire américain James Gordon Bennett junior[2]. Pendant la IVe République, le pavillon est loué à David K. E. Bruce, ambassadeur des États-Unis en France[2].

Résidence d'État[modifier | modifier le code]

Par décision de Charles de Gaulle en 1959, cet ancien pavillon de chasse est réservé à l'usage du Premier ministre en fonction, comme résidence de villégiature. Mais André Malraux, alors ministre de la Culture, y loge de 1962 à 1969 après que son appartement de Boulogne-Billancourt eut été détruit par un attentat de l'OAS[1]. Une grande partie de la décoration, décidée par Louise de Vilmorin, la compagne du ministre, date de cette époque ; le Premier ministre Georges Pompidou préférait pour sa part sa résidence secondaire de la Maison blanche, à Orvilliers[2].

Michel Rocard, Premier ministre de 1988 à 1991, fait procéder à une rénovation et à la construction d'une piscine et d'un court de tennis[1],[6] et s'y ressource à plusieurs reprises au cours de son mandat de chef du gouvernement. Il y négocie également une partie des accords de Matignon sur la Nouvelle-Calédonie[6]. La fille longtemps cachée du président François Mitterrand, Mazarine Pingeot y monte à cheval[7].

La résidence de la Lanterne est également un lieu apprécié par Lionel Jospin, qui vient s'y ressourcer, en compagnie de son épouse, la philosophe Sylviane Agacinski. Entre 1997 à 2002, le couple Jospin a l'habitude de se rendre à la Lanterne chaque week-end, pour y jouer au tennis et résider de façon permanente dans les appartements privés[6]. L'épouse de l'ancien chef du gouvernement écrit à ce sujet dans son Journal interrompu : « C'était pour moi comme si ce pavillon ancien, entouré d'arbres immenses peut-être aussi vieux que lui, nous mettait à l'abri du temps présent et des crises »[2]. Le Premier ministre Dominique de Villepin note qu'il possède l'« une des plus belles caves de la République[8] ».

Nicolas Sarkozy, premier président à la Lanterne[modifier | modifier le code]

En mai 2007, peu après sa victoire à l'élection présidentielle, Nicolas Sarkozy y passe son premier week-end, les 12 et 13 mai, en tant que président de la République élu, mais non encore investi, en compagnie de son épouse, Cécilia[9], sur l'invitation officielle du Premier ministre sortant, Dominique de Villepin[10]. Au cours de son séjour à la Lanterne, il travaille à la composition du gouvernement Fillon 1[9]. Peu après leur mariage qui s'est tenu civilement au palais de l'Élysée, le président Sarkozy et sa nouvelle épouse, Carla Bruni, y organisent leur dîner de noces le 3 février 2008, avec seulement quelques intimes[a 1].

Le lieu de villégiature, traditionnellement mis à la disposition du Premier ministre, est utilisé par Nicolas Sarkozy tout au long de son quinquennat présidentiel. Le survol en est interdit depuis[11],[9].

En compensation, le domaine de Souzy-la-Briche, habituellement réservé au président de la République, est mis à la disposition du Premier ministre[12], qui n'y séjourne pourtant jamais[a 2]. Jean-Pierre Raffarin lança à cette occasion à François Fillon : « Avec la perte de la Lanterne, tu as perdu le meilleur du job[6],[2] ! ». Juridiquement, le pavillon de la Lanterne reste attribué à Matignon[2]. En 2012, le successeur de Nicolas Sarkozy, François Hollande, conserve la Lanterne[8]. Dans la loi de finance discutée en 2013, la résidence doit être administrativement rattachée au domaine de l'Élysée, comme le recommande la Cour des comptes[3].

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  1. Machuret, p. 16
  2. Machuret, p. 22

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Frédéric Gerschel, « Résidence d'État : éclairage sur la Lanterne », Le Figaro,‎ 21 mai 2007, p. 3 (lire en ligne).
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Charles Jaigu, « À la Lanterne, la République se met à l'ombre des rois », Le Figaro,‎ 19 août 2011, p. 3 (lire en ligne).
  3. a, b et c Patrice Machuret et Caroline Fontaine (interview), « L'endroit le plus secret de la République », Paris Match,‎ 14 au 21 août 2013, p. 23 (lire en ligne).
  4. Didier Micoine, « Hollande souffle à la Lanterne », Le Parisien,‎ 5 août 2013 (lire en ligne).
  5. Frédéric Gerschel, « Les Sarkozy adorent la Lanterne », Le Parisien,‎ 29 juillet 2007 (lire en ligne).
  6. a, b, c et d Raphaëlle Bacqué, « Les fêtes de Malraux, le tennis de Jospin », Le Monde,‎ 14 janvier 2008 (lire en ligne).
  7. François-Xavier Bourmaud, « Le président conserve la résidence de la Lanterne », Le Figaro,‎ 30 mai 2012, p. 3.
  8. a et b Mélodie Bouchaud, « Hollande garde la Lanterne : tout un symbole », Libération,‎ 29 mai 2012 (lire en ligne).
  9. a, b et c Raphaëlle Bacqué, « Ici, Nicolas Sarkozy vit caché », Le Monde,‎ 14 janvier 2008 (lire en ligne).
  10. Richard Arzt, « Villepin veut s'éloigner », RTL,‎ 13 mai 2007, p. 23 (lire en ligne).
  11. AFP, « Un aviateur condamné à payer 800 euros pour le survol de la Lanterne à Versailles », La Dépêche du Midi,‎ 9 novembre 2007 (lire en ligne).
  12. Carole Barjon, « Fillon, un Sarko soft », Le Nouvel Observateur, no 2219,‎ 17 mai 2007 (lire en ligne).

Lien externe[modifier | modifier le code]