Châtelperronien

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Châtelperronien

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Pendeloque en os du Châtelperronien d'Arcy-sur-Cure (largeur 32 mm)

Définition
Autres noms Périgordien ancien
Lieu éponyme Châtelperron
Auteur Henri Breuil
Caractéristiques
Répartition géographique bassin de la Loire et de la Seine, sud-ouest de la France, Pyrénées, nord de l'Espagne
Période Paléolithique supérieur
Chronologie environ - 38 à - 32 000 ans avant le présent
Type humain associé Homme de Néandertal
Tendance climatique Interpléniglaciaire
période d'instabilité climatique entre deux pléniglaciaires,
marquée par des crises froides.


Objets typiques

Pointe de Châtelperron

Le Châtelperronien (ou Castelperronien) est un faciès culturel dit de transition entre la fin du Paléolithique moyen et le début du Paléolithique supérieur (environ - 38 à - 32 000 ans avant le présent).

Historique[modifier | modifier le code]

Le Châtelperronien doit son nom au site de la Grotte des Fées, à Châtelperron dans l'Allier. Il a été défini par l'abbé Henri Breuil en 1906. Il correspond également au Périgordien ancien défini par D. Peyrony en 1933. Cette dernière expression est parfois encore utilisée, notamment par les tenants d'une continuité entre Châtelperronien et Gravettien (Périgordien supérieur).

Répartition géographique[modifier | modifier le code]

Il est essentiellement présent dans le sud-ouest de la France : les Landes (Brassempouy), les Pyrénées-Atlantiques (Grottes d'Isturitz et d'Oxocelhaya), la Dordogne (La Ferrassie, Combe-Capelle), le Lot (Roc de Combe, Le Piage), la Charente-Maritime (Saint-Césaire), la Charente (La Quina), la Vienne (Quincay). On le trouve aussi dans le bassin de la Loire (site éponyme) et de la Seine (grottes d'Arcy-sur-Cure) ainsi que dans le nord de l'Espagne, en région cantabrique (Cueva Morín (es), El Pendo).

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Pointes de Châtelperron

L'industrie lithique châtelperronienne se caractérise par le développement du débitage de lames, des éclats allongés produits en série et parfois retouchés, modifiés pour réaliser des outils spécialisés (grattoirs, burins, etc.). L'un des outils sur lame caractéristiques de cette culture est la pointe de Châtelperron (ou couteau de Châtelperron), présentant un dos courbe abattu par des retouches abruptes. La forme de ce « fossile directeur » pourrait être liée à une modalité d'emmanchement à l'aide de matériaux périssables qui ne nous sont pas parvenus.

Les autres éléments importants de la culture matérielle châtelperronienne sont l'apparition de la parure (pendentifs en os ou en ivoire, dents percées ou rainurées, fossiles aménagés pour la suspension, etc.) et le développement de l'outillage en matières dures animales (lissoirs, épingles, poinçons en os, etc.)

L'auteur du Châtelperronien[modifier | modifier le code]

Il est aujourd'hui admis de manière consensuelle que les industries châtelperroniennes ont été réalisées par les derniers Néandertaliens, juste avant ou lors de l'arrivée en Europe des premiers hommes modernes porteurs de l'Aurignacien[1],[2]. Toutefois, l'attribution du Châtelperronien aux Néandertaliens ne repose que sur deux découvertes : possiblement la sépulture de Saint-Césaire[3], considérée comme associée à une industrie châtelperronienne[4],[5], et quelques restes humains d'Arcy-sur-Cure, considérés comme néandertaliens[6].

L'interprétation du Châtelperronien et la question de ses relations avec l'Aurignacien[modifier | modifier le code]

À la suite des travaux de François Bordes, le Châtelperronien et l'Aurignacien ont longtemps été considérés comme strictement contemporains. Selon cet auteur, les séquences stratigraphiques des gisements de Roc-de-Combe et du Piage auraient démontré cette contemporanéité par l'interstratification des deux industries (alternance répétée des deux faciès au cours du temps). Dans ce cadre, le Châtelperronien était interprété par certains comme une « imitation » par les Néandertaliens des comportements des hommes modernes (utilisation de parure, débitage de lames, etc.) par exemple à la suite de contacts.

Toutefois les études récentes ont montré que les interstratifications supposées résultaient de remaniements post-dépositionnels ou de problèmes de lecture de la stratigraphie[7],[8]. Rien ne permet de dire à l'heure actuelle que les Néandertaliens et les hommes modernes se sont côtoyés ou fréquentés directement. Un nombre croissant d'auteurs considère désormais que les spécificités culturelles du Châtelperronien ne sont pas liées à l'arrivée des porteurs de l'Aurignacien en Europe de l'Ouest, et qu'elles résultent plus probablement d'une invention indépendante par les Néandertaliens[9].

Une récente réévaluation des données du site de la Grotte des Fées a relancé le débat au sujet de l'interstratification Châtelperronien / Aurignacien[10],[11]. Toutefois, l'existence d'une interstratification dans la séquence du site éponyme a également été remise en question de manière radicale, également en raison de problèmes de perturbations post-dépositionnelles et du fait du manque de fiabilité de la documentation archéologique[12].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Baffier, D. (1999) - Les derniers Néandertaliens - Le Châtelperronien, Paris, la maison des roches, 120 p.
  2. Bailey, S. et Hublin, J.-J. (2006) - « Dental remains from the Grotte du Renne at Arcy-sur-Cure (Yonne) », Journal of Human Evolution, 50, pp. 485-508.
  3. http://ma.prehistoire.free.fr/sapiens_europe.htm
  4. Lévêque, F., Backer, A.-M. et Guilbaud, M. (1993) - Context of a late neandertal. Implications of multidisciplinary research for the transition to Upper Paleolithic adaptations at Saint-Césaire, Charente-Maritime, France, Monographs in World Archaeology, Prehistory Press, Madison, Wisconsin, 130 p.
  5. Lévêque, F. et Vandermeersch, B. (1981) - « Les restes humains de Saint-Césaire (Charente-Maritime) », Bulletins et Mémoire de la Société Anthropologique de Paris, sér. XIII, 8, pp. 103-104.
  6. Hublin, J.-J., Spoor, F., Braun, M., Zonneveld, F. et Condemi, S. (1996) - « A late Neanderthal associated with Upper Paleolithic artefacts », Nature, 381, pp. 224-226.
  7. Bordes, J.-G. (2002) - Les interstratifications Châtelperronien / Aurignacien du Roc-de-Combe et du Piage (Lot, France). Analyse taphonomique des industries lithiques ; implications archéologiques., Université de Bordeaux I.
  8. Bordes, J.-G. (2006) - « News from the West : a reevaluation of the classical Aurignacian sequence of the Périgord », in: Toward a definition of the Aurignacian, Bar-Yosef, O. et Zilhão, J., (Éds.), Trabalhos de Arqueologia 45, pp. 147-171.
  9. d'Errico, F., Zilhão, J., Baffier, D., Julien, M. et Pelegrin, J. (1998) - « Neanderthal acculturation in Western Europe? A critical review of the evidence and its interpretation », Current Anthropology, 39, pp. 1-44.
  10. Gravina, B., Mellars, P. et Bronk Ramsey, C. « Radiocarbon dating of interstratified Neanderthal and early modern human occupations at the Chatelperronian type-site », Nature 2005 483: 51–56. résumé
  11. Mellars, P., Gravina, B. et Bronk Ramsey, C. « Confirmation of Neanderthal/modern human interstratification at the Chatelperronian type-site ». PNAS 2007 104: 3657-3662. résumé
  12. Zilhão, J., D'Errico, F., Bordes, J.-G., Lenoble, A., Texier, J.-P. et Rigaud, J.-P. (2006) - « Analysis of Aurignacian interstratification at the Châtelperronian-type site and implications for the behavioral modernity of Neandertals », Proceedings of the National Academy of Sciences, vol. 103, n° 33, pp. 12643–12648.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Baffier D., Les derniers Néandertaliens, le Châtelperronien, Paris, La Maison des roches, 1999.
  • Pelegrin J., Technologie lithique : le Châtelperronien de Roc-de-Combe (Lot) et de La Côte (Dordogne), Cahier du Quaternaire, Paris, CNRS, 1995.