Jacques Bergier

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Jacques Bergier

Activités Écrivain
Naissance
Décès (à 66 ans)
Genres Réalisme fantastique
Distinctions Prix Europa 1978 Chevalier de la Légion d'honneur

Jacques Bergier, né Yakov Mikhailovich Berger (Яков Михайлович Бергер) le à Odessa (Ukraine) et mort le à Paris d'une hémorragie cérébrale, est un ingénieur chimiste, alchimiste, espion, journaliste et écrivain de nationalité française et polonaise d'ascendance juive.

Salué dans la francophonie pour la grande diversité de ses connaissances et ses nombreux ouvrages, il a largement contribué à la promotion, en France, de phénomènes ou de faits négligés par la science, notamment avec son livre Le Matin des magiciens, écrit en collaboration avec Louis Pauwels.

Biographie[modifier | modifier le code]

L'ingénieur chimiste[modifier | modifier le code]

Le site de Peenemünde, base des fusées V1 et V2
Libération de Mauthausen

Après des études secondaires au lycée Saint-Louis, il poursuit ses études à la Faculté des sciences de Paris et à l'École nationale supérieure de chimie de Paris. Ingénieur chimiste, licencié ès sciences, il se consacre alors à la recherche scientifique, notamment à la chimie nucléaire. En 1936, il découvre, avec le physicien atomiste André Helbronner[1], l’utilisation de l'eau lourde pour le freinage des électrons et réalise la première synthèse d’un élément radioactif naturel, le polonium, à partir de bismuth et d'hydrogène lourd en volatilisant un filament de tungstène. Ses autres collaborateurs scientifiques avant-guerre sont essentiellement Vladimir Gavreau ou encore le futur résistant Alfred Eskenazi. Très vite, il développe un penchant pour l'alchimie (renforcé par une rencontre supposée avec Fulcanelli en juin 1937), et affirme au début des années 1950 avoir obtenu par transmutation alchimique du béryllium à partir de sodium.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est résistant à Lyon au sein du trio des ingénieurs, puis du réseau Marco Polo, mieux structuré, à compter de décembre 1942 (faisant à cette occasion la connaissance de son futur grand ami François Le Lionnais - membre d'un autre groupe - en 1941). Grâce à des renseignements fournis par un ingénieur russe travaillant sur place et transmis à Londres, son réseau est ainsi à l'origine du bombardement de la base d'expérimentation de fusées V2 de Peenemünde. Le lieutenant Pecquet de la branche Nord du réseau signale quant à lui les sites de V1 implantés dans la Somme aux britanniques. Le 18 août 1943 a lieu l'Opération Hydra: 598 bombardiers lourds (Avro Lancaster, Handley Page Halifax et Short Stirling) dirigés par le Wing Commander John H. Searby frappent Peenemünde. Le Ministère de l'Air centralise ensuite les renseignements de divers réseaux français dont Marco-Polo, et l'Air Chief Marshall Sir Roderic Hill, commandant de la défense aérienne de Grande-Bretagne à compter du 15 novembre 1943 et commandant en chef du "Fighter Command " de la RAF, procède le 5 décembre 1943 aux premiers bombardements de 21 sites de V1 sur le sol français, en détruisant 12 entièrement et 9 partiellement grâce au 8e Air Force. Bergier est alors - entre autres - chargé de gérer les rares postes émetteurs de Marco-Polo sur Lyon. Il y est arrêté le 23 novembre 1943 par la Gestapo, et soumis à la torture à 44 reprises[2]. Il est enfermé dans les camps nazis de mars 1944 à février 1945, d'abord au camp de Neue Bremm[3], puis à celui de Mauthausen[4]. Son passé de résistant lui permet ultérieurement quelques prises de contact directes avec Charles de Gaulle, malgré son aversion pour le personnage à compter de son retour aux affaires[5].

L'agent secret[modifier | modifier le code]

Après la guerre, il aurait été capitaine de la DGER (Direction générale des études et recherches), au sein de laquelle il aurait dirigé la branche française du CIOS (Centre interarmée de contre-espionnage alliés). Il participe ainsi durant la 2e moitié de 1945 à la MIST (Mission d'information scientifique et technique), dirigée par le capitaine Albert Mirlesse (ingénieur en mécanique, père fondateur du Normandie-Niemen) chef du 2e bureau de l'État-Major Général de l'Air -EMGA-, et rattachée au CIOS, pour des missions secrètes en Allemagne afin d'interroger des savants atomistes, et de trouver des armes secrètes dérivées de l'eau lourde. La MIST ramène ainsi de Forêt Noire le Dr Berthold, aérodynamicien directeur technique de la société d’ailes volantes Horten, jusqu’à Châtillon-sous-Bagneux (où travaille Bergier avant et après[réf. nécessaire] guerre), et capture en Bavière le Pr Willy Messerschmitt, faisant main basse sur un V1 complet, des éléments de V2, divers missiles prototypes, et sur les plans du chasseur à réaction Me 262. Bergier fait également partie alors des services britanniques de contre-espionnage, au même titre que son ami George Langelaan.

L'écrivain[modifier | modifier le code]

Ses déplacements l'amènent à fréquenter plusieurs écrivains. Il fut ainsi l'ami intime de Jean Bruce (créateur d'OSS 117), de Victor Alexandrov, et de bien d'autres auteurs parmi lesquels Arthur C. Clarke, spécialiste en ondes radar pour l'armée anglaise durant la guerre, qu'il rencontre vers 1941, et Ian Fleming, rencontré une première fois à Lisbonne fin 1942 lors de ses activités au sein du « trio des ingénieurs ». Bergier affirma à plusieurs reprises lui avoir fourni l'idée du personnage de James Bond. En 1956, il entame une collaboration avec Robert Amadou, une autre de ses relations suivies, pour sa revue La Tour Saint-Jacques.

Stèle sur le monument familial avec l'inscription « je suis providence ».

Après la mort de son compagnon de résistance Guivante (Paul Guivante dit) de Saint-Gast le 6 mars 1952 ] (membre -dirigeant- de Marco-Polo, tout comme son cousin germain député, ministre des finances, puis du commerce et de l'industrie, Henri Ulver, de 1951 à 1956), Bergier décide de délaisser ses activités d'ingénieur-conseil « chasseur de tête » scientifique et de recherches en synthèse d'ersatz de carburants pour le tiers-monde[6] au sein de la société "Recherches et Industrie", créée avec son ami de lycée -rencontré dès leur arrivée parisienne comme immigrés- Albert Mirlesse et Saint-Gast, pour se lancer dans l'écriture. Il est ainsi le premier à traduire en français Lovecraft, pour lequel il a une immense admiration, et dont il est le « correspondant » par le truchement de la revue Weird Tales.

En 1953, il soumet à l'éditeur Robert Laffont un projet de collection française de science-fiction qu'il dirigerait conjointement avec le mathématicien François Le Lionnais, mais la collection ne voit pas le jour. En septembre 1957, il classe en vingt thèmes majeurs la trame des romans policiers, avec Fereydoun Hoveyda, ami rencontré en 1953 au secrétariat de l'UNESCO… et futur ambassadeur d’Iran auprès des Nations unies de 1971 à 1979[7]. Rentré au mensuel Constellation d'André Labarthe également en 1957, il écrit de nombreux ouvrages sur l'espionnage, et publie aussi chez Gallimard en 1960 le livre Le Matin des magiciens en collaboration avec Louis Pauwels qu'il a connu en 1954 (suivi de l'Homme éternel dix ans plus tard), qui constitue le manifeste du mouvement réaliste fantastique.

La mise en forme de cet ouvrage nécessita cinq années, sur la base d'une volumineuse documentation, qui sera inventoriée en 2007 à la Bibliothèque nationale de France dans le Fonds Pauwels[8]. L'idée initiale germa dans l'esprit de Bergier alors qu'il était alité à l'infirmerie de Gusen, camp double de Mauthausen. Bien que très critique face aux arts divinatoires en général (et à l'astrologie en particulier[9]), Bergier fait la part belle dans ce livre à des thèmes ésotériques, aux civilisations disparues et aux religions occultes.

En 1961, toujours avec Louis Pauwels (et François Richaudeau[10]), il crée la revue Planète, à laquelle participeront ses grands amis Aimé Michel (connu dès 1953, avec lequel il imagine le concept de l'orthoténie… sur le coin d'une nappe de restaurant[11]), Charles-Noël Martin, Rémy Chauvin et George Langelaan. Ces travaux sont un mélange entre des éléments réellement scientifiques, des éléments qui relèvent plutôt de la science-fiction, et d'autres de l'occultisme. Si le courant issu du Matin des Magiciens relève clairement de la pseudo-science, on ne peut qu'être fasciné par la créativité de Louis Pauwels et de Jacques Bergier.

Avec son vieux complice Georges H. Gallet, lui aussi grand collectionneur de pulps, il codirige plusieurs collections chez Albin Michel de 1970 à 1975, dont la collection Science-fiction de l'éditeur. Bergier est également codirecteur de la collection Les Classiques de la S-F du Club du livre d'anticipation (CLA) aux éditions Opta avec Michel Demuth, de 1968 à 1970. Dans Admirations (réédité en 2000 aux éd. Œil du Sphinx), il rend hommage à John Buchan, Abraham Merritt, Robert E. Howard, Tolkien, etc.

Théories[modifier | modifier le code]

Œuvre de Samuel Coccius en 1566.

À travers ses écrits, Jacques Bergier a émis plusieurs théories liées à des domaines généralement exclus par la science officielle : phénomènes paranormaux, alchimie, civilisations disparues, OVNI, etc. Pour lui, le cerveau humain dispose de pouvoirs quasi illimités, et l'humanité a établi des contacts avec des extra-terrestres, notamment par l'intermédiaire d'anciennes civilisations disparues.

Les hommes en noir[modifier | modifier le code]

Caricature de Les Hommes en noir.

Dans Les livres maudits, Bergier dit avoir vu à toutes les conférences consacrées à Planète « un groupe d'hommes en noir à l'aspect sinistre, toujours les mêmes », dont le rôle serait « d'empêcher une diffusion trop rapide et trop étendue du savoir ». Il fait remonter l'existence de cette conspiration à la plus haute Antiquité, leur attribuant notamment la destruction de la bibliothèque d'Alexandrie.

L'existence des extraterrestres[modifier | modifier le code]

Dans Le Matin des magiciens et dans la plupart de ses autres ouvrages, Jacques Bergier suppose l'existence d'extraterrestres. Il cite plusieurs phénomènes comme preuves (ou « coïncidences exagérées » selon ses termes) de leur existence, notamment la constatation de traces de ventouses sur les montagnes.

Le « réalisme fantastique »[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Réalisme fantastique.
La métaphore « Il pleut des cordes » en français équivaut à « It's raining cats and dogs » en anglais (littéralement : il pleut des chats et des chiens.)
Gravure sur bois de Hans Glaser, 1561. Phénomène céleste dans le ciel de Nuremberg

Le Matin des magiciens, coécrit avec Louis Pauwels, est à l'origine du mouvement appelé réalisme fantastique. Ce courant de pensée et de recherche se veut avant tout scientifique, et a pour objet l'étude de domaines généralement exclus par la science officielle.

Le modèle absolu de Jacques Bergier est Charles Fort, auteur du Livre des damnés (1919), qui enquêtait sur divers phénomènes inexpliqués relatés dans les journaux (pluies de grenouilles, de sang, de gélatine, observations d'objets volants non-identifiés, disparitions mystérieuses…) et proposait, avec une grande liberté d'esprit, des explications qui défiaient toutes les théories habituellement admises par la science (êtres énigmatiques (ex. Kaspar Hauser), livres « maudits » (ex. le Manuscrit de Voynich)…).

Comme Charles Fort, Jacques Bergier estimait que la science a tendance à se fermer à tous les phénomènes qui viennent bouleverser ses convictions. Les domaines de prédilections de Jacques Bergier sont cependant plus ésotériques que ceux de Fort : alchimie, civilisations disparues, parapsychologie… jusqu'à des thèmes parfois moins convenus (Dicke Luft[12], ..). Deux des grandes lignes du réalisme fantastique sont la croyance au pouvoir quasi-illimité du cerveau humain, et la croyance en l'existence des extra-terrestres et des nombreux contacts de l'humanité avec eux, notamment par le passé. Jacques Bergier croyait qu'il existait avant les civilisations connues, voire avant la préhistoire, des civilisations qui auraient totalement disparu, à la suite de leur autodestruction par une technologie trop avancée. C'est cette théorie qui a donné naissance à celle des hommes en noir, qui seraient là pour empêcher de nouvelles destructions.

Le fichage de l'humanité par un ordinateur central[modifier | modifier le code]

Jacques Bergier pensait qu'un jour tous les humains seraient fichés par un ordinateur central. Ce fichage de l'humanité, décrit par Bergier dans son livre Visa pour une autre terre, est actuellement en cours[13].

Si l'on trouvait des moyens d’identification encore meilleurs que les empreintes digitales : structure rétinienne, électro-encéphalogramme, et que tous les humains soient fichés par cet ordinateur central, celui-ci s’apercevrait que certains humains survivent à tous les âges. On pourrait ainsi, d'après Bergier, découvrir les immortels…

La futurologie[modifier | modifier le code]

L'hélicoptère de Léonard de Vinci.

Dans Visa pour Demain, Bergier expose comment il est possible de connaître le futur, non pas par la divination, mais par la science. Il est, dit-il, possible, en observant les découvertes actuelles dans les sciences théoriques d'imaginer l'arrivée d'inventions utilisant ces découvertes 50 ans plus tard. Bergier aurait ainsi prévu certaines des technologies de l'an 2000, sauf la téléphonie mobile, mettant toutefois en garde contre une prospective trop rationnelle (« C’est comme si on disait que nous sommes en 1903 et qu’il y a 730 fiacres dans Paris, avec dans chacun 200 fouets pour les chevaux. Donc en 2003, il y aurait par conséquent 7 300 fiacres, avec chacun 2 000 fouets »)[14]. Cette idée de futurologie peut être rapprochée de celle de psychohistoire inventée par Isaac Asimov dans le Cycle de Fondation.

Le surhomme [15][modifier | modifier le code]

Un dessin de Léonard de Vinci (le crâne humain).

Dès 1956 il se prêtait discrètement à des expériences sur les pouvoirs télépathiques humains, en collaboration avec l'US Navy à bord de sous-marin[16]. De même que Louis Pauwels avec lequel il partageait un "bibliotropisme positif"[17], Bergier accréditait la thèse du surhomme psychique (et non physique) à venir, lui-même se reconnaissait à différentes périodes de sa vie l'acquisition de deux pouvoirs psychologiques inexpliqués : la sensation d'être suivi toujours avérée, et la perception de la sensation de faim chez autrui[18]. Mensan car polymathe, il était également doté d'hyperosmie (il appréciait ainsi tout particulièrement le Wiener Schnitzel des Deux Coqs d'or, restaurant russe parisien proche de la rue Saint-Jacques, avec violons tziganes[19])… mais devint pratiquement aveugle à la fin de sa vie, à la suite de l'évolution accélérée d'une rétinopathie diabétique instable sur fond d'une forte myopie, d'où une grave chute en octobre 1975. Il constatait également que certains de ses rêves scientifiques basés sur la prémonition avaient pu se réaliser de son vivant. Malgré sa mémoire visuelle éidétique, il avouait cependant n'avoir aucune mémoire auditive. Selon lui, l'émergence d'une supra-conscience anticipatrice[20] par modifications biochimiques cérébrales dans le cadre de la "Condition surhumaine" -terme du concept factuel, par rapprochement d'époque, d'où le lien précédent- (voir L'Homme éternel pour le titre finalement retenu pour l'ouvrage correspondant) était déjà en marche, de par l'obligation d'adaptation au progrès, grâce à la stimulation permanente et forcée de l'interprétation de l'esprit humain[21].

Par là même, Bergier ne croyait pas aux soucoupes volantes proprement dites, mais privilégiait une explication multi et inter dimensionnelle innovante du phénomène[22] au sein d'un « Multivers » -selon ses propres termes-, à système de contrôle conscient d'une telle structure aux multiples niveaux en modes interopérationnels[23] (ce qui n'est pas sans rappeler le Flatland d'Edwin Abbott Abbott).

L'ère internet[modifier | modifier le code]

Dès 1968, Berger évoqua déjà "l'espace des ordinateurs", conçu alors comme une "prise de calcul" (avec moniteur, clavier, copieur, et traitement de texte). Il parla aussi de la nécessité d'un fournisseur d'accès ("redevance permanante de location et taxe porportionnelle au nombre de communications") -les utilisateurs travaillant entre eux en "temps partagé", souvent grâce au télétravail-, de l'aspect moteur de recherche de la problématique ("permettant de poser les questions les plus diverses"), de la naissance de l'élément "portatif", du copyright, de la protection d'accès (notamment aux enfants par des "clés"), et de la protection des données sensibles (décrite comme la "discrétion des ordinateurs"), niant cependant la possibilité de "traduction automatique" (pour instantanée)[24].

Anecdotes[modifier | modifier le code]

Son père Michel - grand collectionneur d'affiches de la révolution bolchévique - le gifla enfant pour avoir voulu absolument mesurer avec un mètre de couturière la hauteur de la séance de lévitation de son grand-père maternel, Rabbi Jacob Krzemienieckaïa, rabin en ex-Union des républiques socialistes soviétiques[25]

Sa « tante Quel-Malheur » ponctuait chacune de ses phrases de l’expression incongrue « quel malheur quel malheur »[26].

Il était connu dans le fandom SF des années 1950 pour être « Un Être dépourvu de nombril, car natif de la planète Mars », comme il aimait alors à redire en petits comités[27].

De 1954 à 1960, il déjeuna très régulièrement dans le petit café-restaurant des frères Dupont, tout proche de la Bibliothèque nationale de France, dont le cadet, André (dit "Aguigui", ou encore "Mouna"), clochardisé déjà à l’époque, se présenta en 1993 face à Jean Tiberi pour la députation de la ville de Paris dans le 5e arrondissement (722 voix recueillies), à l’âge fort respectable de 82 ans[28].

Le 1er avril 1974, Bernard Pivot crut pouvoir le tromper lors de l’émission Apostrophes, en évoquant sur le plateau la participation des extraterrestres à la construction de la Ligne Maginot[29].

Il maîtrisait 14 langues modernes et anciennes, dont l'araméen… mais avouait ne pouvoir retenir le finnois.

Sur sa carte de visite, il se présentait comme « Amateur d'insolite et scribe des miracles ».

Sa mémoire eidétique lui permettait une capacité de lecture surprenante, atteignant parfois dix livres par jour, au mieux de sa forme physique jusqu'au début des années 1970[30]. Elle lui permit aussi d'assurer de 1977 à 1978 le rôle de L'Incollable dans l'émission-jeu télévisée de RTL TV du même nom présentée par l'animateur Fabrice. Il répondait de la sorte aux questions de Maître Jacques Chaussard, lorsque les trois célébrités francophones invitées faisaient des erreurs. Bergier avoua lui-même présenter « de grandes lacunes » mais « uniquement en sport et en politique locale ». À son décès, l'émission se maintint encore durant quelques semaines, désormais simplement avec des colles sur la vie quotidienne.

Déjà nommé pilote interstellaire en 1964(*), il paraît en 1968 sous la plume d'Hergé dans l'album de Tintin Vol 714 pour Sydney où il devient Mik Ezdanitoff de la revue Comète (et antérieurement sous celle de Franquin dans l'album Le Voyageur du mésozoïque en 1957 – comme Pr Sprtschk).

En 1965, Hergé prévoyait d'appeler Mik Ezdanitoff « Jacques Gerbier » ou « Korsakoff »[31].

Il est aussi l'un des personnages centraux du roman de François Darnaudet, Le Papyrus de Venise, publié en 2006.

En 2002 a été créé le « Prix Jacques Bergier », qui récompense des ouvrages de science-fiction et de fantastique.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Économie politique d'un enfer, Les Cahiers du Sud 1947
  • Cinquante années de découvertes (Collectif) 1950
  • Visa pour demain (avec Pierre de Latil) 1954
  • Agents secrets contre armes secrètes, Arthaud, 1955 ; éditions J'ai lu, coll. leur aventure, no 101 1965
  • Quinze hommes, un secret (avec P. de Latil) 1956
  • Les Mystères de la vie, Le Centurion, coll. Les Etoiles 1957
  • L'Énergie H 1958
  • Les Dompteurs de force 1958
  • Les Murailles invisibles 1959
  • Le Sous-marin de l'espace (avec Françoise d'Eaubonne et Jean-Charles) 1959
  • Les Merveilles de la chimie moderne 1960
  • Le Matin des magiciens (avec L. Pauwels) 1960
  • Le Plasma, quatrième état de la matière 1961
  • Visa pour l'humour (Collectif) 1962
  • À l'écoute des planètes 1963
  • Rire avec les savants 1964
  • Nos pouvoirs inconnus (avec P. Duval) 1966
  • L'Actuelle guerre secrète (avec P. Nord) 1967
  • La Guerre secrète du pétrole (avec Bernard Thomas) 1968; Éditions J'ai lu L'Aventure aujourd'hui N°A259
  • L'Espionnage industriel 1969; Éditions J'ai lu L'Aventure aujourd'hui N°A288
  • La Guerre scientifique (avec J-Ph. Delaban) 1970
  • Les Extraterrestres dans l'histoire 1970 ; J'ai lu, n° A250, coll. « L'Aventure mystérieuse »
  • Admirations 1970
  • L'Homme éternel (avec L. Pauwels) 1970
  • Guerre secrète sous les océans (avec V. Alexandrov) 1970
  • Les Frontières du possible (rééd. Aux limites du connu) 1971
  • L'Espionnage scientifique 1971
  • Les Livres maudits 1971 ; J'ai lu, n° A271, coll. « L'Aventure mystérieuse »
  • Les Empires de la chimie moderne 1972
  • Le Livre de l'inexplicable 1972 ; J'ai lu, n° A324, coll. « L'Aventure mystérieuse »
  • Vous êtes paranormal 1972
  • L'Espionnage politique 1973
  • L'Espionnage stratégique (avec J.-Ph. Delaban) 1973
  • Visa pour une autre terre 1974 ; J'ai lu, n° A351, coll. « L'Aventure mystérieuse »
  • Les Maîtres secrets du temps 1974 ; J'ai lu, n° A312, coll. « L'Aventure mystérieuse »
  • Les Nouveaux Mystères de l’archéologie (avec P. Chwat) 1974
  • Le Livre du mystère (avec G. H. Gallet) 1975 ; J'ai lu, n° A374, coll. « L'Aventure mystérieuse »
  • La Troisième Guerre mondiale est commencée 1976
  • Je ne suis pas une légende (autobiographie) 1977
  • Le Livre des anciens astronautes (avec G. H. Gallet) 1977 ; J'ai lu, n° A388, coll. « L'Aventure mystérieuse »
  • La Grande Conspiration russo-américaine 1978
  • La Guerre secrète de l’occulte 1978 ; J'ai lu, n° A361, coll. « L'Aventure mystérieuse »
  • Encyclopédie internationale des sciences et des techniques (sous sa direction) 1961
  • Encyclopédie de l’inexpliqué (sous sa direction) 1976
  • Les Douze Meilleurs Romans de science-fiction (sous sa direction) 1963
  • La Tribune des Nations 1947 à 1975 (journal; près de 30 années d'articles puis de chroniques hebdomadaires, sous le pseudonyme de Jérôme Cardan)
  • Tout savoir 1957 à 1968 (magazine)
  • Planète 1961 à 1971 (encyclopédie)
  • Nostra 1972 à 1978 (journal; puis magazine - rédacteur en chef Lucien Barnier)
  • L'Aube du magicien 2008 (œuvres choisies, période 1945-1960, tome 1, éd. L'Œil du Sphinx)

Articles parus dans Science et Vie[modifier | modifier le code]

  • no 443, août 1954, « L'Utilisation industrielle de l'énergie atomique en Angleterre » (avec Pierre de Latil)
  • n° Hors-Série « L'Homme dans l'espace », 1960, « Applications des satellites : laboratoires de l'espace » et « Colonisation de la lune »
  • no 736, janvier 1979, « Cet elfe qu'était Jacques Bergier » (à son décès)

Articles parus dans Sciences et Avenir[modifier | modifier le code]

  • no 111, mai 1956, « Les travaux de Pontecorvo en URSS, pour découvrir l'anatomie du proton »
  • no 112, juin 1956, « L'oxygène atomique de la haute atmosphère, combustible des engins téléguidés de demain »* no 114, août 1956, « Quand l'industrie annexe l'alchimie »
  • no 115, septembre 1956, « Le 17 septembre, la planète Mars ne sera qu'à 59 700 000 km de la terre »
  • no 117, novembre 1956, « Qu'est-ce que le feu ? »
  • no 118, décembre 1956, « Les dernières équations d'Einstein recèlent-elles les secrets de l'antigravitation ? »
  • no 122, avril 1957, « Les déchets des piles atomiques feront naître demain une radio-chimie »
  • no 123, mai 1957, numéro spécial « Les portes de l'an 2000 », auteurs non différenciés (Pierre de Latil, Albert Ducrocq, Jacques Bergier, etc.) Présomption articles de JB : « Les hommes de demains raisonneront-ils avec des machines » et Au-delà des usines sans hommes, la nation automatique »
  • no 125, juillet 1957, « La plus grande révolution de la physique depuis Einstein : le principe de parité s'effondre »
  • no 128, octobre 1957, « Des progrès décisifs dans la domestication de l'énergie H »

Citations[modifier | modifier le code]

  • L’impossible, c’est ce qui n’a pas encore été fait[32]
  • Nous devons voir les choses anciennes avec des yeux neufs[33]
  • La connaissance est la seule richesse qui ne puisse changer de main[34]
  • Passer de l’hypothèse de conversation à l’hypothèse de travail prend du temps et demande une grande rigueur[35]
  • (à propos des soucoupes volantes): vous connaissez beaucoup de nations qui vont essayer leurs prototypes chez les voisins ?![36]
  • La dianétique (de Lafayette Ron Hubbard) est une sorte de psychanalyse tout à fait faite pour séduire les Américains[37]
  • À Lanza del Vasto, fondateur des Communautés de l'Arche : quand vous attrapez la vérole, vous vous soignez avec des antibiotiques que vous fabriquez vous-même ?[38]
  • La physique répudie l’astrologie tant qu’elle en reste au principe de séparabilité, les actions instantanées à distance étant tenues comme impossibles[39]
  • Il est à peu près aussi intelligent de brûler de l'essence dans nos moteurs que d'alimenter un chauffage central avec des billets de banque![40]

Interview[modifier | modifier le code]

Biographies - Critiques[modifier | modifier le code]

  • Yves Galifret (sous la dir. de), Le crépuscule des magiciens: le réalisme contre la culture, Éditions de l'union rationaliste, 1965
  • Charles Moreau, Jacques Bergier, résistant et scribe de miracles, Éditions Anthropos Montréal, 2002
  • Louis Pauwels, Blumroch l'admirable ou le déjeuner du surhomme, Éditions Albin Michel, 1976[41],[42],[43]
  • François Membre, Les dossiers de l'oncle Georges: Jacques Bergier (no 5), Éditions du Taupinambour, 2008
  • Marc Saccardi, Amateur d'Insolite et Scribe de Miracles: Jacques Bergier (1912 - 1978), coll. «La Bibliothèque d'Abdul al-Hazred», vol. 9, Éditions ODS, 2008
  • Claudine Brelet (sous la direction de…), Jacques Bergier : une légende… un mythe, recueil de témoignages, éditions de l'Harmattan, août 2010, ouvrage collectif avec une préface d'Hélène Renard, et des contributions de Nicole Bamberger, Claudine Brelet, Serge Caillet, Patrick Clot, François Darnaudet, Jean-Pierre Desthuilliers, Georges H. Gallet, Jérôme Huck, Marc-Antoine Lumia, Janine Modlinger, Jean-Pierre de Monza, Charles Moreau, Richard Nolane, Didier Paingris, Marielle Pernin, André Ruellan, Claude Seignolle, Claude Thomas et Jacques Vallée, Éditions de l'Harmattan, Paris, août 2010[44]

Autres citations, à son propos[modifier | modifier le code]

  • Ses livres ne sont que les miettes du Petit Poucet (Aimé Michel à Geneviève Béduneau), et perpétuer son œuvre n'est pas tâche humaine (le même à Serge Caillet)
  • Si Voltaire refaisait son Dictionnaire philosophique, il parlerait de Jacques Bergier comme d'un mage, pour dire de lui ce qu'il a dit des vampires: il n'y en a plus[45]
  • Le physicien retourné à l'état sauvage (Le Figaro)[46]
  • Jacques Bergier n'est pas notre père à tous[47]; c'est plutôt l'oncle (!) un peu bizarre, dont on a honte mais dont on ne peut se passer lors des réunions de famille[48]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Extrait d'un article de Science & Vie no 736, janvier 1979.
  2. . N'avouant rien (Je ne voulais pas leur faire plaisirJean Bourdier, cf. infra-), ce qui lui fit dire un jour à Serge de Beketch (alors moins "engagé"): Le torturé cède moins par crainte de la souffrance que par honte d’une dissimulation qui est l’opposé même du comportement héroïque (Le Libre Journal du 12 mars 2003, Essai de paranoïa critique : l’art moderne comme instrument de torture, par Nicolas Bonnal et Serge de Beketch)
  3. [1]
  4. "Je ne suis pas une légende", Jacques Bergier, RETZ, Paris, 1977, page 115
  5. Histoire et légende du Grand Monarque, Éric Muraise, Ed. Albin Michel, 1976, p. 216-217; et Jean Bourdier à propos du livre "Agent secret contre armes secrètes (cf. infra, pour une lettre originale microfilmée à la bibliothèque de St Germain-en-Laye)
  6. (Essence synthétique pour l'Inde - Je ne suis pas une Légende)
  7. Histoire du Roman Policier, Fereydoun Hoveyda, Ed. du Pavillon, 1965, p. 224-227
  8. Le Fonds Bergier est, lui, actuellement rattaché à la bibliothèque de Saint-Germain-en-Laye depuis 1984
  9. Bergier aimait à redire : « La voyance ?… J'aimerais bien voir ! »
  10. Entretien avec François Richaudeau
  11. À propos des soucoupes volantes - Mystérieux Objets Célestes (MOC), Aimé Michel, coll. Présence Planète, Ed. Planète, 1966, p. 134
  12. Étude du pressentiment des périls imminents, notamment durant la seconde guerre mondiale, sujet non abordé par d'autres auteurs de son vivant: Djihad ou le salut de Mary, Ed. La Compagnie Littéraire, Tony Baillargeat, 2006, p. 54-55
  13. Étude sur la généalogie mondiale et ses conséquences. Dans son livre L'Affaire Mormon et dans sa conférence Une généalogie mondiale, pour qui? dans quels buts?, l'auteur explique de façon réaliste ce que cache le formidable engouement du public pour la généalogie et les réseaux sociaux. Partout dans le monde nos états civils et religieux sont collectés et utilisés en réseau sans notre autorisation par de grands organismes multinationaux. « Big Brother nous surveille » : c'est la fin de l'individu et de sa vie privée. L'Affaire Mormon de Franck Gordon, Yvelinedition, réédition 2010
  14. Propos rapportés par le mathématicien Pierre Blanchet-Manoury à Alain Gordon-Gentil, article Pierre Blanchet-Manoury, écrivain, mathématicien, journaliste: un homme de l'Être, quotidien "L'Express" mauricien, Ed. La Sentinelle, le 6 février 2004
  15. Source INA - Archives officielles du 06 septembre 1961
  16. Aux frontières de la science : l’étrange aventure du « Matin des magiciens » et du mouvement « Planète », Soundcloud radiophonique du Club44, à 8'55" / 33'28".
  17. Aux frontières de la science : l’étrange aventure du « Matin des magiciens » et du mouvement « Planète », Soundcloud radiophonique du Club44, à 4'10" / 33'28".
  18. L'ayant éprouvée plus qu'à son tour en déportation -39 kilos à son retour-, il répondit un jour avec dérision à la question « Que faites-vous contre la faim dans le monde ? » d'un journaliste: « Je mange ! »… réaffirmant encore quelques années plus tard « la spiritualité commence à 2500 calories par jour »
  19. Appellation d'origine incontrôlée, Philippe Curval (inédit sur papier, 2012, publié sur l'internet par Quarante-Deux le 2 janvier 2013)
  20. Aux frontières de la science : l’étrange aventure du « Matin des magiciens » et du mouvement « Planète », Soundcloud radiophonique du Club44, à 17'30" / 33'28".
  21. Le bureau des rêves perdus, ou la poursuite des rêves perdus, 6 septembre 1961, réalisateur Albert Riera (RTF, interview de Étienne Bieri)
  22. Correspondance empathique avec Jacques Vallée, 1975, rapportée dans Amateur d'Insolite et scribe de Miracles JACQUES BERGIER (1912 - 1978), Marc Saccardi, Ed. ODS, 2008
  23. Science interdite - Journal 1957-1969 : un scientifique français aux frontières du paranormal, Jacques Vallée, ed. O.P. (Observatoire des Parasciences), 1997 : épilogue de la -seule- version française de l'ouvrage, en Cinquième question
  24. Les cahiers de la publicité, n°19, premier trimestre, p.56-58, édités par François Richaudeau.;
  25. L’exil est ma patrie, Wladimir Volkoff, Ed. Le Centurion, 1982, p. 20
  26. Citation plusieurs fois répétée par Louis Pauwels
  27. Daniel Fondanèche (préf. Pierre Brunel), Paralittératures, Paris, Vuibert,‎ 2005, 734 p. (ISBN 2711772144, OCLC 300495050), p. 66
  28. Une vie sans importance, Marino Zermac, chapitre 1954-1960, également en ligne
  29. L’Effet Pivot, Édouard Brasey, éd. Ramsey, 1987, p. 112
  30. Soit plus de 4 millions de caractères par heure, voir l'article « Vous pouvez apprendre à lire plus vite » de la revue Planète, no 26
  31. Mine de plomb recto-verso (54 x 36 cm) préparatoire des planches 45 et 46 de l'album Vol 714 pour Sydney, adjugée 142 508 € lors de la vente aux enchères Artcurial le 22 novembre 2008 à Paris… 30 ans à 1 jour près après la mort de Bergier.
  32. Phénomènes Spatiaux no 8, cité par René Fouéré, article personnel du 2e trimestre 1966 (juin)
  33. Rapporté avec insistance -à deux reprises- par son vieil ami (dixit) Jimmy Guieu à propos de la néo-archéologie, dans son dernier ouvrage, posthume, OVNI - E.T. la vérite cachée: Terre, ta civilisation fout le camp !, 2000, p. 31 et p. 54 (emprunté au Matin des Magiciens: Je vis les choses anciennes avec des yeux neufs, et mes yeux étaient neufs aussi pour voir les choses nouvelles)
  34. Revue "Planète", no 20, article d'Aimé Michel Les tribulations d'un chercheur parallèle, janvier-février 1965
  35. Alpina, Le passage du seuil aller-retour (entretien), mars 2004, no 3
  36. ONDES, bulletin no 5, entretien de Francine Fouéré avec Éric Raulet, printemps 1998
  37. Les livres maudits, 1971, éd. J'ai Lu, chap. "Excalibur, le livre qui rend fou"
  38. Jean Bourdier, Visages d'une vie, Ed. Dualpha, 2008
  39. L'astrologue André Barbault à son condisciple Charles Ridoux *, à la suite d'un entretien du 6 novembre 1970 repris dans L'Astrologue no 13, en 1971
  40. La guerre secrète du pétrole, coécrit avec Bernard Thomas, Ed. Denoël, 1968, p. 9
  41. Éditions Folio, 1977
  42. (livre commenté par Pauwels le 6 février 1976 à l'émission Apostrophes)
  43. Extrait sur le site de l'INA
  44. Le Nouvel Observateur
  45. Magazine Lire no 351, décembre 2006, Entretien avec Francis Lacassin par Tristan Savin
  46. Cours, Camarade, le vieux monde est derrière toi!: Histoire du mouvement révolutionnaire étudiant en Europe, Jean-Louis Brau, Ed. Albin Michel, 1968, p. 38
  47. Clin d'œil à l'œuvre de Paul Féval et à son inhumain colonel Le Père à Tous chef de file des Habits Noirs, Bergier écrivant la préface de l'édition Marabout en 5 volumes de cette saga en 1965
  48. Jean-Daniel Brèque, traducteur littéraire de fantastique et de science-fiction, le 21 octobre 2008 sur ActuSF [2]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]