Vol 714 pour Sydney

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Vol 714 pour Sydney
22e album de la série Les Aventures de Tintin
Image illustrative de l'article Vol 714 pour Sydney

Auteur Hergé
Genre(s) Franco-Belge
Aventure

Personnages principaux Tintin
Milou
Capitaine Haddock
Tryphon Tournesol
Roberto Rastapopoulos
Allan
Lieu de l’action Drapeau de l'Indonésie Indonésie
Océanie

Éditeur Casterman
Première publication 1968
Nb. de pages 62

Prépublication Le Journal de Tintin
Albums de la série Les Aventures de Tintin
Précédent Les Bijoux de la Castafiore Tintin et les Picaros Suivant

Vol 714 pour Sydney (Les Aventures de Tintin : Vol 714 pour Sydney, Hergé, 1968) est le 22e album de bande dessinée de la série Les Aventures de Tintin et Milou.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Plage d'une île en Indonésie

En route pour un congrès d’astronautique à Sydney, Tintin, son chien Milou, le capitaine Haddock et le professeur Tournesol retrouvent, lors d’une escale sur l'aéroport de Kemayoran à Jakarta, Szut, un pilote estonien qu’ils ont rencontré dans Coke en Stock. Celui-ci leur présente son patron Laszlo Carreidas, un constructeur d’avions milliardaire (mais ayant également des intérêts dans d’autres secteurs : pétrole, électronique, coca, etc.), visiblement inspiré d’Howard Hughes, qui se rend comme eux à Sydney. Il leur propose de les y amener à bord de son tout nouveau jet. Cependant, l’avion est détourné par des hommes armés, infiltrés dans l’entourage du milliardaire : Spalding, le secrétaire de Carreidas ; Paolo Colombani, le copilote de Szut et Hans Boehm, le radio. Ces derniers obligent l’avion à atterrir sur l'île volcanique (imaginaire) de Pulau-Pulau Bompa, dont le statut n'est pas clairement défini : cette île est en effet fréquentée par des révolutionnaires sondonésiens qui réclament l'indépendance de leur pays, mais il n'est pas précisé si cette lutte est dirigée contre une puissance coloniale occidentale ou s'il s'agit d'un mouvement séparatiste interne à l'Indonésie...

Carreidas y est attendu de pied ferme par Rastapopoulos (qui s’était fait passer pour mort à la fin de Coke en stock) et Allan Thompson, son bras-droit. Rastapopoulos désire obtenir l’accès au compte suisse du richissime industriel, et n’hésite pas à utiliser un « sérum de vérité » administré par le docteur Krollspell. Les héros réussissent cependant à s’échapper et libèrent Carreidas. Ils se réfugient alors dans un temple où ils rencontrent Mik Ezdanitoff, un « initié », qui leur apprend la vraie nature du temple : un endroit visité par les extraterrestres depuis des millénaires. Rastapopoulos, voulant forcer l’entrée du temple, provoque l’éruption du volcan.

Une soucoupe volante

Finalement, tous sont sauvés par une « soucoupe volante ». Mais ils subissent un effacement de leurs souvenirs pour ne jamais révéler l’existence des extra-terrestres. Quant à Rastapopoulos, Allan et leurs complices, ils sont emmenés par Ezdanitoff dans un endroit inconnu – tous sauf le docteur Krollspell, rallié à Tintin et ses compagnons (après avoir découvert que Rastapopoulos avait prévu de le faire éliminer), qui est retrouvé complètement amnésique. Milou est le seul personnage à avoir conservé tous ses souvenirs. Mais il sait que, même « s'il pouvait raconter ce qu'il a vu, on ne le croirait pas ». À la fin de l'album, Tintin et ses compagnons embarquent à bord du vol 714 (qu'ils auraient dû prendre au début de l'album) pour se rendre à Sydney.

Contexte[modifier | modifier le code]

Avec Objectif Lune, On a marché sur la Lune, L’Affaire Tournesol et L’Étoile mystérieuse, Vol 714 pour Sydney est l’un des albums de Tintin qui relève de la science-fiction. C’est sans doute celui qui va le plus loin dans le genre (les deux albums lunaires sont davantage proches de la prospective ou de l’anticipation traditionnelle ; L’Affaire Tournesol entre presque dans le genre des romans d’espionnage).

Après l’intermède des Bijoux de la Castafiore, Hergé renoue avec une aventure classique avec en toile de fond un îlot volcanique au bout du monde. Il décide de faire intervenir des éléments surnaturels qui se combinent au vieux thème de la civilisation perdue. Le climat y est particulièrement angoissant. L’histoire est enrichie par deux personnages secondaires : Mik Ezdanitoff et Laszlo Carreidas.

Le Carreidas 160[modifier | modifier le code]

Le Carreidas 160 est un avion d’affaires supersonique occupant près du tiers des planches de l’album.

L’appareil fut conçu par Roger Leloup, à l’époque collaborateur aux Studios Hergé[1] et futur créateur du personnage de Yoko Tsuno. Plusieurs avions ont servi de modèle pour sa conception :

Plusieurs projets d’avions d’affaires supersoniques ont fait surface depuis quelques années et certains d’entre eux, comme le Sukhoi-Gulfstream S-21, sont des triréacteurs. Certains[Qui ?] concepteurs en aéronautique ont d’ailleurs fait remarquer à quel point la conception du Carreidas 160 est soignée et réaliste. Des modèles radiocommandés fidèles de l’appareil ont même été fabriqués par des modélistes aériens et se sont avérés remarquablement maniables et dociles en vol.

Un dessin de Roger Leloup du Carreidas 160 en vue éclatée a été publié dans le journal Tintin en 1967.

Autour de l'album[modifier | modifier le code]

Hergé s'emploie à ridiculiser les personnages des méchants, Rastapopoulos et Allan, qui apparaissent, l'un comme un être grotesque et immature, l'autre comme un sous-fifre peu éveillé. Il déclare à ce sujet : « En cours de récit, je me suis rendu compte qu'en définitive, Rastapopoulos et Allan n'étaient que de pauvres types. Oui, j'ai découvert ça après avoir habillé Rastapopoulos en cow-boy de luxe : il m'est apparu tellement grotesque, accoutré de cette façon, qu'il a cessé de m'en imposer ! Les méchants ont été démystifiés : en définitive, ils sont surtout ridicules, pitoyables. (...) D'ailleurs, ainsi déboulonnés, mes affreux me paraissent un peu plus sympathiques : ce sont des forbans, mais de pauvres forbans »[3].

Le « vol 714 pour Sydney » du titre ne joue en fait aucun rôle dans l'action : c'est la référence du vol que Tintin, Haddock et Tournesol auraient dû prendre au début de l'histoire (mais n'ont pas pris suite à la rencontre avec Carreidas), et vont prendre une fois le livre fini, pour se rendre au congrès d'aéronautique prévu au début.

Malgré de très nombreuses demandes de ses admirateurs, Hergé s’est longtemps refusé à représenter l’un d’eux dans une aventure de Tintin. Vol 714 pour Sydney fait exception à cette règle. En effet, Hergé, touché par une lettre d’un lecteur nommé Jean Tauré, a accepté de représenter ce dernier sous les traits du journaliste qui interroge Tintin et ses compagnons à la fin de l’album[4].

Pour composer le personnage de Lazlo Carreidas, Hergé s’est librement inspiré de Marcel Dassault. Outre le rapport aux avions, le personnage de Hergé a en commun avec son modèle une allure qui ne laisse pas deviner de prime abord sa nature de pilier du monde des affaires[5],[6].

Mik Ezdanitoff, de la revue Comète, est quant à lui inspiré de Jacques Bergier, de la revue Planète. Hergé disait à son sujet « J'aime bien dérouter, Ezdanitoff lui aussi est déroutant… Jacques Bergier a été ravi de se voir ainsi croquer dans le rôle de l'initié : il figure maintenant dans une bande dessinée ! L'étonnant Bergier... »[7].

La présence d'un temple extraterrestre sur l'île où Tintin est prisonnier peut faire penser à la théorie des anciens astronautes.

Bob de Moor dévoile l’aspect réel des habitants de la soucoupe volante dans le livre de Philippe Goddin L’Aventure du Journal Tintin, 40 ans de bandes dessinées, aux éd. du Lombard, en 1986, à la toute dernière planche (no 60) d’un Récit spatio-temporel illustré par l’ensemble des dessinateurs du journal, ou Les Aventures mystérieuses et rocambolesques de l’agent spatial, paru la même année dans Le Journal de Tintin no 23. L’aspect détaillé de cette soucoupe est également présent dans la série animée de 1992.

Cet album marque la dernière confrontation entre Tintin et Rastapopoulos, du moins dans la série officielle. En effet, Hergé avait envisagé de le faire revenir, sous les traits du faux mage Endaddine Akkas, dans l’album inachevé Tintin et l'Alph-Art. En outre, Tintin l’affronte à nouveau dans le dessin animé Tintin et le Lac aux requins.

Série animée[modifier | modifier le code]

Cet album fut adapté dans la série animée de 1992.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Benoît Peeters, Le monde d'Hergé, Tournai, Casterman,‎ décembre 1984, 2e éd. (1re éd. 1983), 320 p. (ISBN 2-203-23124-6), p. 172-174
  2. Charles de Granrut, « Hergé, un mordu des avions », Sciences & Vie, Paris « Édition spéciale », no 14H « Tintin chez les savants, Hergé entre science et fiction »,‎ mars 2002, p. 74-75
  3. Numa Sadoul, Entretiens avec Hergé : Édition définitive, Tournai, Casterman, coll. « Bibliothèque de Moulinsart »,‎ 1989, 3e éd. (1re éd. 1975), 256 p. (ISBN 2-203-01708-2), p. 70
  4. De petites surprises..., site free-tintin.net
  5. Michael Farr, Tintin, le rêve et la réalité, Moulinsart,‎ 2001, 206 p., p. 180
  6. Pierre Assouline, Monsieur Dassault, Balland, 1983,‎ 1983, 380 p., p. 344
  7. Michael Farr, Tintin, le rêve et la réalité, Moulinsart,‎ 2001, 206 p., p. 183-184

Annexes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]